vendredi 16 novembre 2007
Les retraités victimes de la réforme
La chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain. 15/11/07
Plus d'inactifs par rapport aux actifs ? Que faire ? Allonger la durée de cotisation, augmenter les cotisations, diminuer les prestations. Il semble bien que ce soit la troisième option qui soit retenue, à côté de l'allongement de la durée de cotisation. Il y a déjà eu une réforme des retraites qui commence à porter ses fruits, ou plutôt son venin, c'est la réforme de 93, destinée aux salariés du secteur privé : la réforme Balladur. Cette réforme avait déconnecté les pensions de l'évolution des salaires. Autrement dit, pour le calcul de leur pension, les retraités ne bénéficient plus des hausses perçues par les salariés ! Comme les prix augmentent moins vite que les salaires, pour eux, c'est une perte sèche.
Deuxièmement, les pensions de retraite ne sont plus calculées sur les six derniers mois d'activité, comme pour les fonctionnaires, ni sur les dix meilleurs années, ce qui était le cas pour le privé jusqu'en 1993, mais sur les vingt-cinq meilleures années. Résultat : le salaire moyen qui sert de base au calcul s'effondre. Si l'on avait conservé l'ancien mode de calcul, les retraites du privé auraient augmenté de 39% entre 2003 et 2030. Là, elles ne progresseront que de 9%. Pendant ce temps, le salaire réel moyen devrait progresser de 56%.
Le salaire réel progresse à cause des gains de productivité et les retraités, eux, ne participant pas à la croissance, n'ont pas droit à ces gains de productivité. Deux remarques :
1) une part des gains de productivité, non négligeable part vers les profits. On pourrait envisager une ristourne vers les salariés.
2) Est-il vraiment certain que les retraités ne participent pas au PIB, au produit intérieur brut ? Tout ce qui est activité volontaire (travailler pour une mairie, pour un syndicat, une association) n'est pas comptabilisé dans la richesse nationale et pourtant accroît cette richesse ; chaque fois qu'une grand-mère apprend à lire à sa petite fille, elle accroît la richesse nationale... Les personnes âgées ne sont pas aussi inutiles qu'on le dit.
Sarkozy l'affirme en privé: en cas de référendum sur le traité de Lisbonne, le non serait gagnant partout
Marianne - Jeudi 15 Novembre 2007 -
Le quotidien The Telegraph révèle les propos tenus par le président de la République à huis clos à Strasbourg.
Pendant que Libération titrait hier sur l'inéluctabilité d'une ratification parlementaire du Traité de Lisbonne en France (et donc l'impossibilité de l'organisation d'un référendum), la presse anglaise nous donne un tout autre son de cloche, et prend largement ses distances avec le discours lénifiant du président de la République à Strasbourg.
Selon le site Internet du Daily Telegraph (quotidien de droite britannique), Nicolas Sarkozy aurait admis que les gouvernements européens ne pourraient gagner un référendum : « Un référendum aujourd'hui mettrait l'Europe en danger. Il n'y aura pas de traité si un référendum a lieu en France, qui serait suivi par un référendum au Royaume-Uni. ».
Pour le quotidien britannique, il ne faut pas chercher plus loin la volonté des gouvernements de contourner le suffrage universel (la voie référendaire) en privilégiant la ratification parlementaire : « La même chose (un vote négatif, comme le vote français en 2005) se produirait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé » aurait ajouté Sarkozy.
Quand la France va-t-elle se résoudre à respecter ses engagements internationaux ?
Un point de vue de Dominique Barella (ancien membre du Conseil supérieur de la magistrature) 15/11/07
En l’espace d’une semaine le Président de la République, loin de toute rupture, pratique comme nombre de ses prédécesseurs le non-respect méprisant de nos engagements internationaux.
Après avoir communiqué de façon non respectueuse vis à vis de la justice tchadienne à laquelle nous sommes liés par une convention bilatérale, le Président récidive en annonçant à la va-vite, lors d’un passage éclair médiatisé, des montants compensatoires illégaux aux pêcheurs victimes (comme les automobilistes VRP, les taxis, les sociétés de camions et d’autobus, sans parler des PME qui ont besoin d’énergie) de la flambée des prix du baril de pétrole brut.
La porte-parole du commissaire à la concurrence de l’Union européenne (dont nous sommes des citoyens) a dû rappeler à la France le caractère illégal des mesures de compensation annoncées par le Président français.
Régulièrement, la France est condamnée, plus que la majorité des autres pays, par la Cour européenne des droits de l’homme pour procès inéquitables. Elle est également condamnée régulièrement par la Cour de justice des communautés européennes pour non respect des réglementations européennes.
Sans parler des recommandations du Conseil de l’Europe dont plusieurs ministres ces dernières années ont considéré qu’elles sont purement indicatives ; on se demande alors pourquoi on en exige le respect en tant que preuve de démocratie par les candidats à l’entrée au Conseil de l’Europe.
Quand les dirigeants de ce pays vont-ils cesser de donner des leçons de morale démocratique et juridique à la terre entière en s’affranchissant du respect des traités ? Si notre pays cessait de considérer que depuis l’onction mythique de 1789 il a définitivement prouvé au monde qu’il est un phare de la pensée démocratique qui le dispense de respecter le code de la route international.
Pinault embauche la fille de Chirac
G.Bs. et A.G. Libération jeudi 15 novembre 2007
La fille de l’ex-président prend en charge la com du fils du meilleur ami de papa.
Le poste était vacant depuis plusieurs semaines. Et la rumeur annonçant l’arrivée de Claude Chirac au poste de directeur de la communication de PPR (anciennement Pinault-Printemps-Redoute) courait depuis plusieurs jours. La nouvelle doit être annoncée en interne aujourd’hui.
François-Henri Pinault, patron de l’empire familial depuis que le père François, intime de Jacques Chirac, a pris de la hauteur.
Après avoir passé douze années aux côtés de son père à l’Elysée, Claude Chirac a souhaité prendre tout son temps pour se trouver un point de chute. Très discrète et pudique dès lors qu’il s’agit de parler d’elle, l’ancien grand manitou de la com présidentielle a fini par céder aux sirènes de Pinault.
Gourou. Ce poste, voilà des mois qu’il lui était proposé. Tentée de tourner la page pour travailler à l’étranger à la fin du premier mandat chiraquien, Claude Chirac n’a finalement jamais réussi à couper le cordon. En raison de l’attachement de son fils Martin envers son grand-père Jacques, il n’était pas question de quitter la France. Aujourd’hui, ses visites dans les nouveaux locaux de son père sont rares. Elle estime ne plus avoir à mettre en scène le moindre de ses gestes, comme elle a pu le faire avec tant de stress durant des années.
Eduquée à l’école Pilhan, ancien gourou de la communication de François Mitterrand qui avait théorisé la rareté de la geste présidentielle, Claude Chirac avait érigé des remparts autour de l’Elysée. Convaincue que la fonction présidentielle doit être incarnée avec distance et hauteur, elle a théâtralisé jusqu’à la dernière minute toutes les apparitions de «Chirac», comme elle appelait son père avant de finir par dire «le Président».
Savoir-faire. Son obsession aura été de le (sur) protéger de la presse. D’un geste de la main, d’une parole glissée à l’oreille paternelle, elle pouvait lui faire interrompre toute discussion en cours ou lui faire dire autre chose. «Qu’en pense Claude ?» avait coutume de demander Chirac. Celle qui passait à juste titre pour l’une des personnes les plus influentes de France du temps de sa splendeur, va désormais mettre son savoir-faire au profit d’une autre marque, Pinault.
L'image de Jacques Chirac ... c'est elle ?
Police - Le malaise des forces de l'ordre grandit
SUD-OUEST 15 Novrembre 2007
SYNDICAT. --L'Unsa a décidé de porter les revendications des gendarmes
C'est une première pour la police et la gendarmerie en France. Le syndicat Unsa a décidé de se faire le porte-voix du mal-être des gendarmes de base dans le département. « Nous avons pris des contacts avec des gendarmes il y a plusieurs mois pour évoquer leurs problèmes car ils n'ont pas de structures pour en parler », explique Michel Delage, secrétaire départemental de l'Unsa.
Les gendarmes, en tant que militaires, n'ont pas de syndicat et ne peuvent pas faire grève comme leurs collègues policiers. Et comme eux, ils dénoncent une charge de travail plus importante ou des salaires trop bas. « Sur le principe, le gendarme et le policier de base font le même travail, souligne Richard Rovati, de l'Unsa-police. Il n'y a pas de conflit entre nous. »
Égalité de traitement - Aujourd'hui les gendarmes demandent « une véritable reconnaissance de leur travail passant nécessairement par une égalité de traitement avec la police nationale ».
Parmi les motifs d'insatisfaction, le volume d'heure travaillé qui a une incidence sur la vie familiale des gendarmes. « Si on prend l'exemple des gendarmes mobiles, détaille Michel Delage. Ils sont passés de 5 mois à 8 mois de déplacement par an. »
Les possibilités de reclassement après 55 ans sont aussi une source d'inquiétudes. « Concernant les salaires, ils souhaitent une revalorisation sur la base de la grille de la police », poursuit Richard Rovati.
L'Unsa participera à la manifestation commune prévue le 20 novembre. « Nous espérons que ces revendications finissent par être entendues en haut lieu. Si rien ne bouge, on pourrait imaginer une grève des PV » conclut Michel Delage.
Seniors et citoyens – exemple d’intégration à la vie sociale
SUD-OUEST – Béarn 15 Novembre 2007
AÎNÉS RURAUX. -- Dans les Pyrénées-Atlantiques, 15 500 personnes adhèrent aux clubs d'aînés ruraux. Elles ne sont pas là « pour regarder passer les trains »
Les idées reçues ont parfois la vie dure. Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, la Fédération des clubs d'aînés ruraux - qui comprend 15 500 adhérents dans le département - n'est pas composée que d'anciens agriculteurs.
« Deux générations se côtoient dans nos clubs » dit son président Alain Stagliano, 61 ans et ancien ingénieur des travaux publics.
« Les personnes d'une soixantaine d'années, venues de divers horizons, se retrouvent là avec celles de la génération précédente, d'origine agricole. Mais on s'achemine vers un basculement du mouvement ».
Une réalité qui l'amène à démentir la connotation vieillotte que pourrait avoir l'association aux yeux du public.
« On ne veut plus de l'image de gens qui regardent passer les trains. Les aînés ruraux sont totalement intégrés à la vie sociale ».
L'enjeu des municipales. « Nous sommes par exemple partie prenante du problème posé par la disparition des services publics en zones rurales » explique-t-il. « Les classes, ce sont nos petits enfants qui sont concernés. »
Raison de plus, estime-t-il, pour inviter les adhérents de l'association à se présenter aux élections municipales, partout où ils le peuvent. « Cela afin de mettre en avant les valeurs sur lesquelles nous nous appuyons : le lien social, la solidarité, l'humanisme, l'accès à la culture et aux loisirs. »
« De même, lorsque l'on parle de la protection de l'environnement, cela s'applique aussi aux aînés » poursuit-il. « Car, à nos yeux, cela recouvre le maintien des gens à domicile le plus longtemps possible, des logements adaptés aux personnes dépendantes, des lieux d'accueil humanisés, la lutte contre l'isolement qui est une forme de maltraitance. »
« Ne pas se voiler la face ». Dans les Pyrénées-Atlantiques, d'autres chevaux de bataille sont enfourchés par les Aînés ruraux.
« Nous sommes directement concernés par le débat engagé sur le maintien du pouvoir d'achat, et sur les retraites. Avec en particulier la question de la pension de réversion, qui nécessite une égalité de traitement entre hommes et femmes. »
« Par ailleurs, ce n'est pas parce que l'on arrête une vie professionnelle que l'on ne fait plus de sport, qu'on ne visite plus de musées, qu'on ne s'intéresse pas à la culture. Une transmission du savoir nous est également imposée : lire et faire lire, apporter une aide aux devoirs, ?uvrer pour la défense d'une langue qui est aujourd'hui agressée. »
« Être citoyens, ce n'est pas se voiler la face devant ce qui se passe dans sa rue, son quartier, sa commune » résume le président de la Fédération des clubs d'aînés ruraux. Qui invite donc également ses adhérents à « réinvestir tous les lieux de décision : Conseil général, Centres communaux d'action sociale, conseils d'administration des hôpitaux etc, tout en s'insurgeant de voir que, au niveau régional, les Aînés ruraux se retrouver dans l'obligation de partager le siège dont ils disposaient jusqu'à présent au sein du Comité économique et social.
« Une mise à l'écart des seniors que nous avons l'intention de combattre ».
Un bel exemple de Vie sociale
Etre enfant d'une famille nombreuse peut être un frein social
NOUVELOBS 15.11.2007
C'est le constat d'une des études menée pour le recueil de l'Insee intitulé "France, portrait social". Pour la première fois, l'étude consacre un chapitre entier aux "indicateurs d'inégalités sociales".
L'Insee publie, jeudi 15 novembre, "France, portrait social 2007", onzième édition de son étude de la population française. Pour la première fois, un chapitre est entièrement consacré aux "indicateurs d'inégalités sociales".
Ainsi, à partir d'un nombre d'enfants assez élevé (quatre ou plus), la famille peut jouer un rôle négatif sur la destinée sociale de la fratrie et en particulier freiner les possibilités de mobilité ascendante de ses membres.
En 2003, indiquent Dominique Merllié et Olivier Monso, les auteurs de l'étude pour le recueil, "en moyenne 45% des fils d'ouvriers de 40 à 59 ans sont devenus ouvriers", mais ce pourcentage tombe à 36% quand ces fils n'ont pas plus d'un frère ou sœur, alors qu'il est porté à 55% si la famille compte quatre enfants ou plus.
"Une modulation importante" - Dans les familles de cadres, la taille de la famille avait, dans des enquêtes plus anciennes, moins d'incidence sur le devenir professionnel et social de ses membres. Cela reste vrai aujourd'hui, selon l'étude, mais seulement pour la partie "supérieure" de ce groupe, "c'est-à-dire dans des milieux dotés de ressources culturelles et sociales plus importantes". Dans cette catégorie, même les fratries nombreuses parviennent à maintenir leur position dans l'échelle sociale.
Pour les deux auteurs, le nombre de frères et soeurs constitue "une modulation importante" des parcours sociaux, même "lorsqu'on tient compte de façon assez précise de l'environnement social, familial et géographique dans lequel a grandi l'individu".
Les inégalités persistent - L'Insee dresse, par ailleurs, le constat que le mouvement de baisse des inégalités de niveau de vie et de la pauvreté, régulier depuis les années 70, s'est essoufflé depuis 2002. La pauvreté a même légèrement augmenté en 2005, tandis que les inégalités de patrimoine se sont, elles, renforcées entre 1997 et 2003.
Entre 2002 à 2005 (dernière année de statistiques disponibles), "les inégalités de niveau de vie ont peu évolué", constate l'Insee.
Les 10% d'individus les plus modestes avaient en 2005 un niveau de vie inférieur à 780 euros mensuels, les 10% aux plus hauts revenus un niveau de vie supérieur à 2.450 euros.
La pauvreté monétaire est restée à peu près au même niveau, alors que, depuis les années 1970, la courbe de la pauvreté a diminué régulièrement et même fortement dans les premiers temps.
Pas de "nouvelle tendance" - En 2005, rappelle l'Insee, on dénombrait 7,1 millions de personnes pauvres au seuil de 60% du niveau de vie médian (817 euros par mois, par personne seule) et 3,7 millions au seuil de 50% (681 euros).
Les taux de pauvreté s'élèvent, selon le seuil considéré, à 12,1% et 6,3% de la population en 2005 (contre 12,2% et 6% en 2002, mais 17,9% et 12% en 1970).
La hausse entre 2004 et 2005 (+0,4 point et +0,1 point) est, selon l'Insee, peu significative et "ne saurait être interprétée comme une nouvelle tendance".
Hirsch inquiet - Martin Hirsch, Haut commissaire aux Solidarités actives, chargé par le président Sarkozy d'une mission de réduction d'un tiers de la pauvreté en France en cinq ans, estime en revanche cette hausse inquiétante. Elle correspond, fait-il remarquer, à 260.000 pauvres supplémentaires.
C'est le système de redistribution qui permet de corriger les inégalités. Le jeu des prélèvements et des prestations "réduit ainsi le niveau de vie des 20% les plus élevés de 22% en moyenne" et fait grimper de 40% le niveau de vie des 20% les moins aisés, a calculé l'Insee.
Mais, entre 1996 et 2006, "la baisse globale du poids des prélèvements, en particulier de l'impôt sur le revenu, a profité davantage aux plus aisés", alors que les prestations, qui bénéficient aux ménages les plus modestes, "en revanche ont peu évolué".
Le patrimoine des plus riches augmente - Les minima sociaux et les allocations logement représentent respectivement 12,4% et 15,1% du niveau de vie des 20% de personnes aux revenus les plus modestes, qui bénéficient de près de 80% des montants de ces prestations.
A peu près pendant la même période, de 1997 à 2003, les inégalités de patrimoine privé se sont, elles, fortement accrues, en raison de l'évolution de l'immobilier.
Le patrimoine a progressé de 40% pour les 10% de Français les plus riches et stagné pour les 10% les plus modestes, souligne l'Insee.
Les écarts entre les catégories sociales se mesurent aussi dans la consommation des ménages, le poids du logement pesant plus lourd dans le budget des plus modestes, tandis que ce sont les dépenses de loisirs et de culture qui ont augmenté pour les plus aisés.
En revanche, les uns et les autres s'accordent à dépenser moins pour l'alimentation, l'habillement, l'alcool et le tabac.
Pancho : Circulation libre ou pas ... ?
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Terre.Tv : la première Web Tv sur l’environnement et le développement durable
Jean-Yves Casgha journaliste et président du Festival Science Frontières a lancé le 15 février dernier, une Web TV dédiée à l'environnement et au développement durable.
Même si l'interface n'est pas la meilleure dans son genre, les contenus quant à eux, sont à la hauteur. On y trouve des interviews de scientifiques, écrivains, philosophes, personnages politiques... des documentaires et reportages sur les thématiques telles que le rechauffement climatique, les énergies, etc...
Bref une télé à la carte : (http://terre.tv)
Visite - Micheline Calmy-Rey explique la Suisse à Sarkozy
Tribune de Genève 15 Novembre 2007
Reçue en grande pompe à l'Elysée, la présidente de la Confédération a fait sentir les petites différences helvétiques sur trois dossiers.
Comme un couperet de guillotine, le froid est tombé hier soir sur la cour d'honneur de l'Elysée. Serait-ce pour réchauffer les relations franco-suisses que Micheline Calmy-Rey a été reçue en visite officielle à Paris par Nicolas Sarkozy? En tout cas, le président français a réservé à sa consoeur helvétique les honneurs d'une compagnie de Gardes républicains en grand uniforme commandée par un capitaine arborant une paire de moustaches en croc tout à fait impériale. Et sur le perron du palais présidentiel, un Sarkozy souriant a congratulé Micheline Calmy-Rey. Malgré la grève des transports qu'il suit à la loupe, le président a donc trouvé une heure pour discuter avec elle.
Lors du point de presse à l'ambassade de Suisse, la présidente a décrit les trois dossiers chauds abordés par les deux chefs d'Etat. Chassons tout d'abord le sujet qui fâche: la fiscalité. «Cet aspect n'a pas été évoqué car il concerne uniquement les relations entre la Suisse et l'Union européenne», avertit d'emblée la présidente.
Bien entendu, l'entente -franco-suisse confine à la perfection, nous dit-on. Pourtant sous le vernis diplomatique, il apparaît que la Suisse a fait sentir sa petite différence sur les trois sujets.
Nucléaireiranien Tout d'abord, le nucléaire iranien. On sait que le président Sarkozy et le ministre des -Affaires étrangères Bernard Kouchner qui était présent pour accueillir Micheline Calmy-Rey ont tenu des propos plutôt guerriers à l'encontre de la politique atomique de l'Iran. Sur ce point, Micheline Calmy-Rey fait résonner un bémol pacifique qui contredit la fanfare belliqueuse: «La Suisse est résolue à promouvoir la voie diplomatique pour résoudre ce problème. Il faut tout faire pour qu'il en soit ainsi. Nous n'avons pas épuisé toutes les possibilités de la diplomatie», souligne la présidente.
Autre dossier brûlant: Ingrid Betancourt et les otages détenus par la guérilla colombienne. Micheline Calmy-Rey en a longuement discuté avec Nicolas Sarkozy, la Suisse faisant partie avec la France et l'Espagne du trio chargé de faciliter un accord humanitaire avec les FARC, l'une des armées rebelles en Colombie. «Pour l'instant, le canal que nous privilégions pour aboutir est celui qu'établit actuellement le président vénézuélien Chavez et la sénatrice colombienne, Mme Cordoba», relève la présidente.
En réponse à une question relative à Nicolas Sarkozy qui s'est lancé dans des déclarations claironnantes à propos des otages colombiens, elle répond en souriant: «Je crois qu'il est efficace de démontrer que l'on veut s'emparer d'un problème. Sur ce dossier, M. Sarkozy apporte un regard nouveau et... rafraîchissant! Mais notre rôle en Suisse est de s'en tenir à la discrétion.»
Troisième sujet: TV5. La chaîne d'information internationale France 24 créée durant la fin du règne de Chirac menaçait d'avaler TV5, la chaîne des pays francophones. Or, la Suisse monte au créneau pour défendre «cette réussite de la francophonie». La présidente de la Confédération a donc redit au président français tout l'attachement que voue la Suisse à TV5. Après l'entretien, alors que Micheline Calmy-Rey avait déjà pris place dans la Mercedes de l'ambassade, Bernard -Kouchner a encore retenu la présidente. Pour, semble-t-il, parler vacances en Suisse. Cherche-t-il une bonne adresse?


