jeudi 15 novembre 2007
Les tests ADN validés par le Conseil Constitutionnel
France Info - 15 novembre 2007 - 15:29
Le recours aux empreintes génétiques pour les candidats au regroupement familial accepté par le Conseil.
"Sous certaines réserves." Les "sages" ont en revanche censuré les "statistiques ethniques."
Le Conseil a jugé que l’article 13 de la loi sur l’immigration de Brice Hortefeux n’était "pas contraire au principe d’égalité". Les tests ADN font ainsi leur entrée dans la loi française. Ils pourront être appliqués aux candidats au regroupement familial. Mais "sous certaines conditions" seulement.
Le Conseil a en effet émis plusieurs "réserves". Tout d’abord, la personne concernée doit être volontaire pour subir le prélèvement génétique.
La rue Montpensier a également rappelé que "la filiation de l’enfant étranger reste soumis à la loi personnelle de la mère étrangère". En clair, à la loi du pays d’origine de sa mère.
Dernière réserve, les neufs "sages" ont souligné que cette autorisation "ne dispensait pas les autorités diplomatiques ou consulaires de vérifier au cas par cas les actes d’état-civil produits" par les demandeurs. Réserve, qui si elle est respectée, interdit l’application systématique des tests ADN.
Le député UMP Thierry Mariani, auteur de l’amendement de la loi Hortefeux instaurant les tests ADN s’est déclaré satisfait. "Il y a quelques semaines on m’expliquait que c’était liberticide, fasciste, dangereux" et "aujourd’hui c’est validé par le Conseil constitutionnel".
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Qui sont ces prétendus « sages » dont on nous rebat les oreilles ? Sont-ils indépendants politiquement ? Comment sont-ils élus ou bien nommés ?
LES MEMBRES DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL
Jean-Louis DEBRÉ, nommé par le Président de la République en février 2007
Valéry GISCARD D'ESTAING, membre de droit,
Jacques CHIRAC, membre de droit,
Olivier DUTHEILLET de LAMOTHE, nommé par le Président de la République en mars 2001
Dominique SCHNAPPER, nommée par le Président du Sénat en mars 2001
Pierre JOXE, nommé par le Président de l'Assemblée nationale en mars 2001
Pierre STEINMETZ, nommé par le Président de la République en février 2004
Jacqueline de GUILLENCHMIDT, nommée par le Président du Sénat en février 2004
Jean-Louis PEZANT, nommé par le Président de l'Assemblée nationale en février 2004
Renaud DENOIX de SAINT-MARC, nommé par le Président du Sénat en février 2007
Guy CANIVET, nommé par le Président de l'Assemblée nationale en février 2007
ZyPrexa
Pour ceux qui ont été intéressé par l'article concernant les effets du ZyPrexa, il existe un forum entièrement consacré aux effets secondaires.
Tollé à gauche sur une franchise pour l'aide juridictionnelle proposé par Dati
REUTERS : jeudi 15 novembre 2007
La garde des Sceaux, Rachida Dati, a provoqué un tollé à gauche jeudi à l'Assemblée nationale en évoquant la possibilité d'instaurer des franchises en matière d'aide juridictionnelle.
"La formule des franchises fait florès. Hélas", a déclaré le socialiste François Hollande dans les couloirs de l'Assemblée en commentant les propos tenus en séance par Rachida Dati lors de la série de questions-réponses qui font traditionnellement suite à l'examen de son budget dans l'hémicycle.
"Non content de l'instaurer pour l'accès à la médecine, voilà maintenant que la franchise serait également imposée pour l'accès à la justice à travers un 'ticket modérateur' sur les aides juridictionnelles", a-t-il poursuivi.
"On voit le danger aujourd'hui. C'est une solidarité qui serait amputée ou plus exactement pour faire financer la maladie il faut prélever sur les malades, pour faire financer le droit des victimes prendre sur d'autres victimes qui cherchent à obtenir justice", a dit le député socialiste de la Corrèze.
"Mais dans quelle République sommes-nous où la solidarité passe non pas entre les favorisés et les autres mais entre les malades et les malades, les justiciables et les justiciables, où c'est l'effort de tous qui doit permettre à chacun en définitive d'avoir moins que ce qu'il avait précédemment", a-t-il poursuivi;
"Donc c'est un principe, celui de la franchise, qui est tout sauf de la justice et encore quand il s'agit d'accèder à la justice c'est très difficile pour un certain nombre de familles de pouvoir obtenir la validation de leurs droits", a-t-il dit.
"La vérité c'est que le gouvernement n'a plus d'argent et veut prendre sur la redistribution pour financer les cadeaux qu'il a organisé en début de mandature pour les plus favorisés à travers la loi 'paquet fiscal'", a conclu le premier secrétaire du PS.
Allemagne: une grève historique du rail perturbe fortement le trafic
Les conducteurs de train ont étendu jeudi leur grève à l'ensemble des lignes, fret et passagers, dans une épreuve de force sans précédent dans l'histoire de la Deutsche Bahn qui perturbait fortement le trafic.
Si la Bahn ne fait pas d'offre d'ici lundi, le syndicat GDL veut lancer une "grève illimitée" qui "pourrait durer jusqu'à Noël," a menacé un responsable, Hans-Joachim Kernchen, dans une interview à la radio Inforadio.
"Si GDL pense nous forcer à la capitulation inconditionnelle, cela ne leur réussira pas," a réagi un haut responsable de la compagnie publique, Karl-Friedrich Rausch.
"La plus grande grève de l'histoire de la Deutsche Bahn", selon son propre dire, contraignait des millions de passagers à trouver une alternative pour aller au travail, même si la paralysie était évitée dans la matinée.
La situation était très critique dans l'est, où seuls 10% des trains régionaux circulaient, contre 50% pour le reste du pays.
Les réseaux urbains étaient aussi particulièrement touchés. A Francfort (ouest) et Stuttgart (sud-ouest), seul un tiers des "S-Bahn" circulaient. A Berlin, Hambourg (nord) et Munich (sud) il fallait patienter entre 20 mn et une heure entre chaque train.
Sur les grandes lignes, environ deux tiers des trains circulaient, essentiellement des trains à grande vitesse (ICE). Le trafic était perturbé entre l'Allemagne et l'Autriche.
Des compagnies aériennes à bas coût comme Air Berlin et Germanwings bénéficiaient par ricochet du mouvement avec une hausse des réservations de 15 à 30% sur leurs lignes intérieures, selon la presse.
La situation était "de plus en plus tendue" dans le transport de marchandises, où les arrêts de travail commencés mercredi touchaient en moyenne jeudi 40% des trains, avec des pics de 90% à Berlin et 70% à Hambourg.
Environ 3.070 conducteurs participaient aux grèves jeudi, contre 550 la veille pour le seul fret, selon GDL.
Les grèves doivent s'achever dans tous les secteurs samedi à 01H00 GMT.
Le ministre des Transport Wolfgang Tiefensee a lancé un appel pour "retourner à la table des négociations". Le gouvernement, qui s'est longtemps tenu à l'écart d'un conflit qui ne le vise pas, multiplie les appels pour éviter l'"escalade".
Le président du petit syndicat, Manfred Schell, a déclaré n'avoir "aucun indice" que la Bahn prépare une nouvelle offre "acceptable", regrettant que la direction "continue à être bornée" dans le journal Passauer Neue Presse.
La Fédération du fret et de la logistique a mis en garde contre les conséquences de la grève. "Si les ports maritimes sont bloqués, le coût économique quotidien pourrait dépasser les 500 millions d'euros", a dit son vice-président Adolf Zobel au Passauer Neue Presse.
Les autorités du port de Hambourg, deuxième d'Europe, ont signalé mercredi des retards dans les livraisons par le rail vers et en provenance du port, portant préjudice au commerce d'import-export.
Les secteurs les plus touchés sont l'industrie automobile, chimique, et sidérurgique.
Ainsi le constructeur automobile Audi a-t-il annoncé avoir mis à l'arrêt son usine à Bruxelles à cause de la grève qui perturbe son approvisionnement.
La situation inquiétait d'autant plus l'industrie allemande que les transporteurs privés, ferroviaires et routiers, ont annoncé qu'ils étaient dans l'incapacité d'absorber les transports de marchandises de la compagnie publique.
Cette grève est le dernier épisode en date d'un bras de fer qui dure depuis des semaines et qui a déjà occasionné cinq arrêts de travail, toujours plus durs.
Le syndicat GDL, qui compte 30.000 adhérents, réclame une convention collective séparée de celle des autres corps de métiers de la Bahn, ainsi que des hausses de salaires substantielles.
Deutsche Bahn a jusqu'ici catégoriquement refuser de céder sur le premier point, au nom de l'unité tarifaire.
Pancho : Grève

Justice toujours sous pression - La police déloge des avocats en grève contre la carte judiciaire
NOUVELOBS 15.11.2007
Les avocats du barreau des Ardennes bloquaient le tribunal de Charleville-Mézières depuis lundi. La police municipale a dégagé l'entrée du parking du palais de Justice et couper les chaînes posées sur les portes d'entrée.
La police municipale de Charleville-Mézières est intervenue, jeudi 15 novembre dans la matinée, pour déloger les avocats du barreau des Ardennes qui bloquaient le tribunal de la ville depuis lundi pour protester contre la réforme de la carte judiciaire.
Vers 9h00, les policiers sont intervenus pour dégager les voitures qui barraient l'accès au parking du palais de Justice et briser les chaînes posées sur les portes d'entrée du tribunal par la cinquantaine d'avocats du barreau en grève totale et illimitée depuis lundi.
Réfugiés à l'intérieur du palais de justice, les avocats continuent de neutraliser l'activité judiciaire.
Aucune réponse de Dati "Mme Dati n'a pas compris notre détermination à sauver la justice", a déclaré Me Hervé Dupuis, bâtonnier des Ardennes, en précisant qu'il n'avait reçu aucune réponse à la demande des avocats d'être reçus par la Garde des Sceaux.
Les avocats s'opposent à la suppression prévue des trois juges d'instruction du TGI de Charleville d'ici 2010 au profit de deux pôles de l'instruction à Reims (Marne) et Troyes (Aube). (avec AFP)

Avocats et Force de Police a Rennes
Devedjian n'exclut pas d'organiser des manifestations contre la grève
PARIS (AFP) - 15/11/2007
Le secrétaire général de l'UMP Patrick Devedjian a indiqué, jeudi, que si les grèves contre la réforme des régimes spéciaux de retraite devaient "durer indéfiniment", l'organisation de contre manifestations était "est une perspective à laquelle il ne faut pas renoncer".
Interrogé sur le fait de savoir s'il avait envisagé d'organiser de telles manifestation contre la grève, il a répondu sur Canal + : "Je pense que l'on devrait pouvoir éviter cela mais l'exagération des usagers monte très fort".
Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault et le ministre du Travail, Xavier Bertrand, le 13 novembre 2007 à Paris
"Aujourd'hui, le dialogue s'ouvre, j'espère qu'il va se développer, je pense que cela devrait être inutile, je l'espère, mais s'il faut le faire parce que ça durait indéfiniment, c'est une perspective à laquelle il ne faut pas renoncer", a ajouté M. Devedjian alors que les perturbations dans les transports étaient encore fortes jeudi, au deuxième jour de grève.
"Ce que fait Bernard Thibault", le secrétaire général de la CGT, "c'est courageux, c'est réaliste mais je crains qu'il ne soit débordé par sa base", a aussi affirmé le secrétaire général de l'UMP expliquant aussi qu'il y avait des syndicats "de durs" comme Sud-rail.
Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino avait estimé mercredi qu'il serait "parfaitement irresponsable" de faire descendre les anti-grévistes dans la rue.
Nicolas Sarkozy a déclaré mercredi soir que le conflit sur la réforme des régimes spéciaux de retraites devait "s'arrêter le plus vite possible", alors que la plupart des syndicats des cheminots et la CGT de la RATP ont appelé à la poursuite de la grève jeudi. lire le dossier Le président de la République estime que "le conflit doit s'arrêter le plus vite possible dans l'intérêt des usagers", a affirmé le porte-parole de l'Elysée David Martinon. Mais six syndicats de cheminots (CGT, CFDT, FO, CFTC, Unsa et Sud Rail) ont annoncé la poursuite de la grève jeudi, ainsi que la CGT de la RATP.
Et une manif contre Devedjian ?
Vivre mieux pour vivre vieux
LE MONDE | 14.11.07
Tous les ‘’ sondages ‘’ l'attestent. Lorsqu'on demande aux Français ce qu'ils espèrent dans leur vie pour les années à venir, ils répondent majoritairement : être en bonne ou en meilleure santé.
Derrière ce souhait, c'est bien évidemment la peur de la maladie et de la dépendance qui domine. Santé rime avec qualité de vie. D'ailleurs, en soutenant la défense de l'environnement, les Français y voient aussi un moyen de préserver leur santé. Interrogées début octobre par l'institut Ipsos, six personnes sur dix déclarent s'inquiéter des conséquences de la pollution de l'air et de l'eau sur leur santé, et plus de la moitié s'interrogent de plus en plus sur la qualité de leur alimentation.
Pourtant, l'horizon de la vieillesse et de la mort ne cesse de s'éloigner. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'espérance de vie en France a connu une progression fulgurante, passant de 65 à 84 ans pour les femmes et de 60 à 77 ans pour les hommes. Un record dans l'Union européenne. Progrès de la médecine, nouveaux médicaments, système de santé solidaire, développement de la prévention ont largement contribué à cette révolution. Les personnes de plus de 60 ans devraient représenter plus de 30 % de la population, contre 20 % actuellement.
Ce vieillissement de la population a - et aura - un impact majeur sur le système de soins et sur son financement. Bien que la santé ait occupé peu de place dans les débats de la présidentielle, les comptes de la Sécurité sociale se sont très vite invités au calendrier du nouveau gouvernement de Nicolas Sarkozy. L'avenir de l'assurance-maladie, système auquel les Français sont profondément attachés, demeure plus qu'incertain. La question essentielle est de savoir comment les régimes obligatoires de protection sociale, les assurances complémentaires et les ménages se partageront la charge des dépenses dans les prochaines années. Le débat ne fait que commencer, mais il pourrait à terme bouleverser l'organisation solidaire de protection de la santé érigée en 1946.
Au-delà de la hausse globale de l'espérance de vie, le panorama de la santé des Français fait apparaître depuis plusieurs années deux problématiques majeures : des fortes inégalités sociales et territoriales de santé (entre les cadres et les ouvriers, entre le Nord et le Sud-Ouest) et une mortalité prématurée évitable (avant 65 ans) importante. En 1995 déjà, le Haut Comité de la santé publique pointait cette situation pour le moins paradoxale dans un pays où les dépenses de santé sont particulièrement élevées.
Douze ans plus tard, le problème de l'égalité d'accès aux soins et celui des comportements à risque (alcool, tabac, accidents de la route, suicides...), sources de mortalité prématurée, sont toujours d'actualité. La "réduction des inégalités de santé" figure dans les objectifs prioritaires de la loi de santé publique d'août 2004. Comment y parvenir ?
S'il apparaît nécessaire de repenser les campagnes de prévention de manière plus ciblée et de rééquilibrer l'offre de soins sur le territoire, l'enjeu dépasse largement les seules politiques de santé. "On a souvent dit que les formidables gains d'espérance de vie de la deuxième moitié du XXe siècle sont autant, sinon plus, liés aux progrès de l'hygiène, des conditions de vie qu'aux innovations médicales. Pour ce début du XXIe siècle, on pourra penser que tout ce qui réduira la précarité du travail et du logement, luttera contre la paupérisation au travail, augmentera les bas revenus, contribuera à réduire les inégalités de santé", soulignait, en début d'année, Martin Hirsch, alors président d'Emmaüs France, dans un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH).
"La réduction des inégalités de santé conditionne beaucoup d'autres politiques. Un seul exemple : la question des retraites. Si, pour des raisons économiques et démographiques, il faut continuer à reculer l'âge de la retraite, comment cette contrainte peut-elle être acceptable si les inégalités d'espérance de vie restent marquées ?", s'interrogeait Martin Hirsch. "La réduction des inégalités de santé est donc au coeur de la cohésion sociale", concluait celui qui est devenu haut-commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté.
Quand poésie rime avec sans abri
Frédérique Roussel Libération 13 novembre 2007
Marseille. Rien n’est encore prévu pour reloger le centre de poésie chassé de son site. «Centre international de poésie de Marseille, actuellement dans un ensemble architectural de prestige […], recherchons équivalent ou approchant dans l’hypercentre de Marseille, location ou achat […]. (1)» L’annonce n’est guère banale et respire l’amertume. Le Centre international de poésie de Marseille (cipM), installé depuis sa création en 1990 au sein de la Vieille Charité, un splendide bâtiment classé, édifié au XVIIe siècle par l’architecte du roi, Pierre Puget, doit plier bagage. La Direction générale des affaires culturelles ne souhaite pas renouveler la convention triennale qui prend fin en mai 2008 aux prétextes de «sécurité» et de «circulations différenciées pour des publics non muséaux».
Le Centre de la Vieille Charité, qui appartient à la ville de Marseille, abrite en effet d’autres structures culturelles, dont des musées municipaux (consacrés à l’archéologie méditerranéenne, aux arts africains, océaniens et amérindiens) et un cinéma d’art et essai, le Miroir. Le cipM occupe notamment deux grandes salles au rez-de-chaussée, dont l’une dédiée à une précieuse bibliothèque de 40 000 documents. «Mais comment différencier un public muséal d’un public non muséal?,se demande le cipM. Ne vont-ils pas, publics confondus, visiter un bâtiment, regarder une exposition, travailler dans une bibliothèque ou un centre de documentation, se restaurer dans un café, acheter des livres dans une librairie?»
Le centre organise chaque semaine des manifestations autour des poètes contemporains, des expositions (actuellement Isodore Isou, jusqu’au 19 janvier) et publie une revue, Cahier critique de poésie, dont le n°14 vient de paraître.
À l’heure de la candidature de Marseille Provence comme capitale européenne de la culture en 2013, l’association présidée par le poète Jean Daive n’a pas envie de commencer une nouvelle année sans savoir à quel lieu se vouer. Une pétition de soutien, lancée à la mi-octobre, a recueilli plus de 1500 signatures. Le cœur fendu de quitter ses historiques pénates, le cipM cherche un refuge à sa mesure. «Faire proposition au cipM par courrier, fax ou mail, uniquement.»
(1) www.cipmarseille.com
Un problème ? SOS Sarkozy
Mathieu Lindon Libération samedi 10 novembre 2007
On n’a peut-être pas fait assez attention quand Nicolas Sarkozy promettait d’être «le président de tous les Français». Ainsi, lorsque François Hollande parle de son «omniprésidence», il ne fait rien d’autre que lui reprocher de tenir ses promesses. On n’avait pas compris la portée de l’expression, de la menace. Eh oui, maintenant le président s’occupe de chacun de nous individuellement. «Pêcheur, cheminot, victime, toi aussi, je suis ton président.» Il y a un côté caïd de cour de récré qui dit «Je te prends toi, et puis toi, et puis toi.» Sarkozy nous annonce en quelque sorte : «Je suis le président de tous les Français. Je vous prends tous.» C’est la nouvelle arme contre les luttes. On n’envoie plus les CRS, on envoie Sarkozy. A chaque conflit, on va voir arriver un type demandant «Vous me reconnaissez ?» Comme les pulls de Luciano Benetton, on ne cessera pas de l’avoir sur le dos. Une urgence, un bobo ? Il y a du Sarkozy dans l’air. Vous avez un problème ? SOS Sarkozy. Il est président, et on voit qu’il a envie d’en profiter. On peut l’inviter à n’importe quoi, il viendra. Lui, toute occasion lui est bonne pour quitter son palais de Versailles. Comme Ducros, il se décarcasse, celui-là. Il n’est pas snob.
Le Président est infatigable, soit. Mais le pays ? Si travailler plus c’est gagner plus, on a fait une affaire en n’augmentant Nicolas Sarkozy que de 172 %. C’est peanuts, un cadeau qu’il nous offre. Logiquement, il devrait toucher cent fois ce que touchait Jacques Chirac. Sarkozy, c’est le président deux en un, trois en un, cent en un.
Son drame, c’est qu’il est tout seul. Personne au gouvernement n’est assez grand pour jouer avec lui. Personne n’a l’envergure médiatique de lui résister tous azimuts. C’est un véritable Sarkonami, un raz de marée qui emporte tout, on se noie sous ses apparitions. Est-ce qu’on le vaut bien ? On lui accorde le bénéfice d’une indéniable audace à aller s’affronter à tous les grévistes au risque d’être malmené.
Ce courage est cependant tempéré par le sentiment que, s’il est hué, ce n’est pas sûr qu’on nous projettera ces images (et ce son) en prime-time à la télévision. On voit des Sarkozy partout. Bientôt, on pourra se limiter à trois chaînes : Sarko-matin, Sarko-midi, Sarko-soir. C’est vingt-quatre heures sur vingt-quatre, on a un président toujours allumé. Chaque soir, on a beau nettoyer notre esprit de tout ce qu’on a vu, lu et entendu sur lui dans la journée, le lendemain matin, on est de nouveau envahi : «Vous connaissez la dernière de Sarkozy ?», «C’est Sarkozy qui…»
Notre président, parfois, on dirait un spam.Où s’arrêtera-t-il ? Maintenant, c’est à peine si on lui suffit. N’est-il pas parti à la conquête des Etats-Unis ? Ne sera-t-il pas demain le président de tous les Chinois ? En définitive, peut-être est-ce dommage que Jacques Chirac n’ait pas envoyé des troupes françaises en Irak avec tous les ennuis afférents. Parce que ça aurait forcé Nicolas Sarkozy à s’en occuper, et la situation serait réglée à l’heure qu’il est. A force de le voir débarquer tous les trois jours pour ramener des otages, les ravisseurs et autres assassins auraient craqué. Ils auraient abandonné, et la région aurait retrouvé son calme. On lui reproche de tout faire tout seul, mais si pour une mission à Bagdad il désignait un émissaire particulier, par exemple Dominique de Villepin ou Ségolène Royal, ne lui en ferait-on pas aussi grief ?

