mercredi 14 novembre 2007
Senior partage appartement : la colocation des seniors, solution pratique contre la solitude des retraités.
OLGA MOLINARI Libération mardi 13 novembre 2007
«Femme, 60 ans, cultivée, distinguée, recherche femme idem pour partager location.» Les petites annonces de ce genre, Notre Temps en publie des dizaines. Rien d’étonnant, ce mensuel destiné aux seniors est souvent le seul moyen pour les plus de 55 ans de trouver un colocataire de leur âge. Car, derrière l’anecdote, il y a une vraie tendance : les retraités se mettent à la colocation, un mode de vie qui n’est plus l’apanage des jeunes. Yvette et Denise partageant un trois-pièces, cela fait sourire ? La situation n’est pourtant pas rare en Suisse, en Allemagne ou encore en Belgique. Dans ces pays, les habitats collectifs pour personnes âgées se sont multipliés depuis quelques années.
Canicule. En France, faute d’organismes adaptés, tout commence doucement. «J’ai mis une petite annonce dans le Chasseur français, raconte Anne, 65 ans. Je ne suis tombée que sur des vicieux.» Cette retraitée au caractère solide cherche toujours une maison à partager dans le Sud. «Je n’ai qu’une toute petite retraite. La colocation serait pour moi le seul moyen de vivre plus confortablement.» Alors, quand Anne a entendu parler du projet des cocons solidaires, elle s’est précipitée sur son téléphone. L’initiative vient de la Trame (1), une association située dans le Gard, née après la canicule de 2003. Il s’agit de mettre en contact des seniors dans toute la France pour qu’ils s’écrivent, s’appellent, se rencontrent et décident de s’installer ensemble. Une solution qui tombe à pic alors que la génération du baby-boom atteint le troisième âge et que les structures d’accueil restent largement insuffisantes.
C’est en observant ses amis que la présidente de l’association, Christiane Baumelle, a eu l’idée de créer ces cocons, «unités de vie collective pour des seniors ne souhaitant pas vivre seuls». Au-delà du jargon, cette ancienne psychosociologue à l’esprit soixante-huitard parle de colocation entre trois personnes ou plus. Un petit groupe soudé, qui vivrait dans une maison rénovée. Une grande chambre avec sanitaires pour chacun, et le reste en commun. Pour elle, il existe différentes raisons de choisir la colocation à 55, 60, ou même 80 ans. «Les avantages financiers d’abord, explique cette retraitée de 67 ans. A plusieurs, le loyer et les charges diminuent. Et puis il y a la solidarité. Avec l’explosion des divorces, tant de gens se sentent seuls une fois à la retraite ! De toute façon, il faudra bien trouver des solutions, parce qu’on ne peut pas compter sur nos enfants pour nous aider.»
Depuis son lancement, à l’été 2007, le projet des cocons attire beaucoup de curieux, car il est le seul dans ce genre. Il compte même 150 fidèles, de Marseille à Nantes, qui attendent de trouver les bons partenaires de vie pour se mettre en colocation, et 80 % sont des femmes. Pour certaines, le déclic est long à venir. «Plusieurs cocons étaient formés. Et, au moment de s’installer, elles ont pris peur. Perdre ses habitudes de solitaire, c’est difficile», explique Christiane Baumelle. Pourtant, elle peut aisément témoigner du contraire. Depuis trois ans, Christiane partage sa maison de Manduel (Gard) avec Sylvain, 55 ans. Et l’installation d’un homme à domicile s’est faite «très naturellement», précise-t-elle. Le monsieur n’est pas cordon-bleu ? Qu’importe, il bricole, tandis qu’elle se charge de la cuisine. «La répartition des tâches dépend des compétences de chacun. Si je fais une lessive et qu’il a du linge sale, je mets tout dans la machine.» Rien de différent, en somme, d’un foyer normal. «Mais, attention, on ne fait pas tout ensemble, ajoute Christiane, nous avons chacun notre indépendance.»
En attendant que les premiers cocons se forment, la présidente de la Trame peaufine son projet. Elle a écrit au Premier ministre pour qu’il facilite la création de baux de location collectifs. Et contacté des architectes pour réfléchir à la construction de logements adaptés aux cocons (ascenseurs, salles de bains privatives). Enfin, elle sillonne la France pour convaincre ses adhérents de changer de vie.
Boutade. Aline fait déjà partie des convaincues. Cette retraitée de 65 ans attend la vente de sa maison à Royan, en Charente-Maritime, pour en construire une nouvelle dans la même région, où elle habitera avec d’autres. «Des femmes, insiste-t-elle. J’ai conquis ma liberté, je ne vais pas la confisquer avec un bedonnant !» Derrière la boutade, le besoin d’être entourée pour affronter les années à venir, les dernières. «Vivre avec quelqu’un, c’est comme une sécurité, là, derrière. Si ça ne va pas, on peut demander de l’aide. La maison de retraite ? J’aime mieux partir.»
(1) Rens. : www.cocon3s.fr ou 04 66 68 10 63.
La Fondation Abbé-Pierre lance l'opération "SOS Taudis"
LEMONDE Avec AFP | 12.11.07 |
Pour faire cesser "le scandale de l'habitat indigne", la Fondation Abbé-Pierre a lancé, lundi 12 novembre, l'opération "SOS Taudis" dans vingt-cinq départements. "Aujourd'hui, constate Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation Abbé-Pierre, plus de deux millions de nos concitoyens sont logés dans des conditions inacceptables et 600 000 logements sont considérés comme des taudis."
La Fondation Abbé-Pierre, qui ne touche aucune subvention publique et vit de la générosité de ses 320 000 donateurs, va consacrer 2,5 millions d'euros pour cette opération la première année."Tant que des gens vivront dans de telles conditions dans le cinquième pays le plus riche du monde, on estimera que c'est inacceptable", a expliqué Patrick Doutreligne, lors d'une conférence de presse.
UNE OPÉRATION EN TROIS TEMPS
L'opération se déroulera en trois temps. D'abord les associations, parmi lesquelles Les petits frères des pauvres, la Fédération nationale des PACT et la Confédération générale du logement, s'attacheront à recenser les logements indignes (sans eau, sans chauffage, surpeuplés, etc.). Pour y parvenir, les travailleurs sociaux pourront joindre un numéro Azur dès le 19 novembre.
Dans un deuxième temps, il s'agira d'accompagner les habitants de ces taudis en organisant, avec les associations partenaires, les travaux de mise en sécurité nécessaires. Enfin, si les situations l'exigent, les pouvoirs publics seront interpellés afin que la loi de 1998 de lutte contre l'exclusion soit appliquée. Celle-ci donne la possibilité à l'Etat ou aux mairies de se substituer au propriétaire défaillant d'un logement insalubre. Les représentants de l'Etat ou les mairies font alors exécuter les travaux à la charge des propriétaires.
De plus en plus d'enfants sont diabétiques et de plus en plus tôt
Ouest-France 13/11/07
Le diabète de type 2, dit « de la maturité », gagne les enfants. S'il y a bien prédisposition génétique, l'accroissement de l'obésité infantile semble être la cause principale de l'apparition plus précoce de la maladie.
La Journée mondiale du diabète a lieu demain. En France, la maladie, sous ses deux formes, progresse. Environ 15 000 enfants français vivent avec un diabète de type 1. Le diabète de type 2 n'est plus « réservé » aux adultes. Notamment en cause, l'obésité.
Cette maladie immunitaire, qui touche le pancréas, se déclare dès l'enfance. En France, comme dans le monde, elle a progressé au cours du XXe siècle. Plus qu'une augmentation dramatique du nombre de cas, les médecins constatent surtout que le mal se déclare de plus en plus tôt. Or, la prise en charge, chez les tout petits, est délicate.
Chaque année, 70000 enfants de moins 15 ans développent un diabète de type 1 dans le monde.
« Les taux ont doublé ces vingt dernières années dans presque tous les pays d'Europe », souligne Claire Lévy-Marchal, pédiatre et directrice de recherche Inserm.
L'obésité, cause principale
Pour les chercheurs, les causes sont forcément environnementales, même si plusieurs théories s'affrontent (ou se complètent).
Théorie alimentaire : l'introduction de lait de vache ou de céréales dans les premiers mois multiplie les risques.
Théorie infectieuse : certains virus favoriseraient son développement.
Théorie de l'hygiène : dans les pays développés, les enfants sont moins souvent en contact avec des microbes, ce qui favoriserait le développement de maladies auto-immunes.
Par contre, aucune étude n'a démontré l'implication de vaccins pédiatriques. Bref, les causes ne sont pas fermement établies, mais elles relèvent certainement de l'« hygiène de vie ».
Les raisons semblent plus claires pour le diabète de type 2, qui se caractérise par un taux de sucre trop important dans le sang. Jusqu'ici appelé diabète « de la maturité », il gagne, lui aussi, les enfants. S'il y a bien prédisposition génétique, l'accroissement de l'obésité infantile semble être la cause principale de l'apparition plus précoce de la maladie.
Aux États-Unis, depuis la fin des années 1990, on parle même d'« épidémie ». En Allemagne et en Autriche, le taux, chez les enfants, a été multiplié par trois entre 1996 et 2003.
L'Institut national de veille sanitaire révèle, dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire, une étude française certes limitée (réalisée de 2001 à 2003 à l'hôpital parisien Robert-Debré), : les taux actuels « se situent au niveau observé aux États-Unis, il y a dix ans, » relève le Dr Nadia Tubiana-Rufi.
Ce type de diabète chez les jeunes conduit à des complications « plus précoces et plus rapides que dans le diabète de type 1. En particulier rénales et l'hypertension ».
Selon les projections, au niveau mondial, le diabète de type 2 pourrait croître de 50 % chez les enfants, dans les quinze prochaines années.
Les Indégivrables et Papier de verre
papier de verre
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Hier (est-ce une fausse impression ?) les médias n'ont cessé de casser du sucre sur les grévistes et les étudiants. Car c'est aujourd'hui la journée mondiale du diabète. |

Les ordinateurs deviennent experts en art !

Par Jean Etienne, Futura-Sciences 06/1/07
Un nouveau logiciel développé par le département des sciences informatiques de l'université de Haïfa (Israël) est capable de reconnaître l'auteur d'une œuvre d'art ou de détecter s'il s'agit d'un faux.
Une équipe de recherches spécialisée dans la reconnaissance des formes par ordinateur, dirigée par le professeur Daniel Keren, a réussi à codifier et stocker dans la mémoire d'un ordinateur les techniques artistiques de plusieurs grands peintres. Les traits essentiels de représentations de la nature, des fleurs, des personnages, ainsi que de leur disposition ont été traduits en formules mathématiques donnant à l'ordinateur une certaine connaissance du style de chacun d'entre eux. Le nouveau logiciel permet à l'ordinateur d'identifier l'auteur d'une œuvre inconnue en comparant le modèle avec d'autres travaux, même s'il ne les a jamais vus.
Un test : les montres molles
Selon Keren, il permet de reconnaître le travail d'un artiste particulier sur la base de modèles, même s'ils dépeignent des scènes différentes. "Dès qu'il aura appris à reconnaître les montres molles de Dali, il pourra identifier ses autres peintures, même si elles ne comportent pas de montres", affirme Keren.
En ce qui concerne le niveau de reconnaissance atteint par le programme, Keren indique que les ordinateurs ne sont dotés de vision que depuis 30 années alors que l'œil humain bénéficie de millions d'années d'évolution. C'est pour cela, déclare-t-il, que "les ordinateurs éprouvent toujours beaucoup de difficultés à faire des choses qui sont très simples pour des personnes, comme identifier un visage, ou même tout simplement dire combien de visages il y a dans une simple image". "Cependant, ajoute-t-il, les ordinateurs s'avèrent excellents dans la synthèse d'images en trois dimensions, comme la représentation du circuit artériel dans le cerveau ou le tracé d'une voirie."
Bien entendu, le logiciel, toujours en développement, ne peut encore se substituer à un véritable expert d'art. Mais peut-être permettra-t-il un jour à un ordinateur de vous dire si ce tableau de maître acquis pour une bouchée de pain est une affaire ou non...
Les Indégivrables : Décentralisation

Bolivie, une amende du prix de cinq cigarettes par hectare parti en fumée
Libération mardi 13 novembre 2007
Une amende de 0,15 euro par hectare. C’est le montant prévu pour punir les incendies volontaires non autorisés en Bolivie ! Soit le prix de cinq cigarettes achetées au détail. Une amende dérisoire que, de surcroît, personne ne cherche vraiment à imposer.
Selon les chiffres de la direction des ressources naturelles du département de Santa Cruz (le plus touché par ces feux), 8 769 foyers d’incendie avaient été détectés en 2005. Ce chiffre est passé à 9 841 en 2006 et à plus de 17 000 en 2007, avant même que l’année ne soit finie. La grande majorité de ces feux, destinés à gagner des terres agricoles, ne sont pas contrôlés (les autorités affirment n’avoir reçu pratiquement aucune demande d’autorisation) et restent soumis aux vents fréquents qui balaient ces régions. Ainsi, ce sont plus de 2,1 millions d’hectares de savane ou de forêts qui ont été dévastés cette année, dont 15 % dans des zones protégées ou à usage restreint. Un triste record pour la Bolivie qui se place maintenant juste derrière le Brésil, toujours leader de cette sinistre compétition avec près de 90 000 foyers détectés en 2007.
Outre les conséquences directes du feu sur la faune et la flore, une grande partie du pays se retrouve pendant plusieurs semaines sous une épaisse couche de fumée affectant la santé des populations locales et les activités commerciales. En septembre dernier, trente des principaux aéroports de Bolivie ont dû cesser toute activité pendant parfois plus de dix jours consécutifs à cause du manque de visibilité.
Le pire, c’est que les conditions économiques et sociales convergent pour que de nouveaux records soient établis dans les prochaines années. Le secteur agro-industriel profite de la faiblesse du gouvernement pour agir en dehors de toute éthique de développement durable. Quant au contrôle social, il n’est pas encore à l’ordre du jour puisque les populations locales, méconnaissant les impacts des chaqueos (la technique de mise à nu des terrains forestiers par le feu pour les rendre utilisables pour l’agriculture ou l’élevage), brûlent également leurs terres pour voir reverdir leurs pâturages et accusent les feux du Brésil voisin d’être à l’origine de leurs maladies respiratoires et autres conjonctivites.
Cette année, devant l’ampleur des incendies, le gouvernement bolivien promet des «mesures drastiques» pour changer les comportements. On en attend encore le contenu et le calendrier. Il est pourtant urgent de considérer qu’un hectare vaut plus que cinq cigarettes, et que ces incendies, pour les populations des pays amazoniens et celles de la planète, sont criminels.
Marc Pouilly est écologue à l’Institut de recherche pour le développement en Bolivie.
En Suisse, un virus vert sombre
Envoyé spécial à Neuchâtel SERGE ENDERLIN Libération mardi 13 novembre 2007
Scène de marché dans un patelin provincial, odeur âcre de saucisses paysannes et de riz au curry. «Bien joué Yvan ! On va enfin pouvoir leur montrer qui a le pouvoir dans ce pays !» L’homme, dans la cinquantaine, est radieux. Quelques jours après la nouvelle razzia électorale (près de 30 % des voix) de l’Union démocratique du centre (UDC), il peut enfin serrer la main d’Yvan Perrin, champion du parti populiste dans ce canton de Neuchâtel. Perrin, bourru comme un plantigrade, la joue modeste, presque gêné par l’ampleur du succès : «Merci, merci, lance-t-il à ses partisans qui viennent lui taper dans le dos un à un. Mais le plus dur commence. Maintenant que nous avons imposé nos thèmes, il faut agir. Le temps presse.»
La contagion populiste touche les cantons de Suisse romande, traditionnellement modérés. A Neuchâtel, l’Union démocratique du centre, représentée par Yvan Perrin, surfe sur la hausse de la délinquance et la peur de l’étranger.
Bastion xénophobe sur la défensive
Au soir des élections fédérales du 21 octobre, l’UDC est devenu le premier parti dans les cantons de Genève et de Vaud. Et, même à Neuchâtel, le parti de Christoph Blocher, ministre de la Justice et de la Police de la Confédération, fait désormais jeu égal avec le Parti socialiste. La Suisse, toute la Suisse ou presque, est désormais vert sombre, la couleur de l’Union démocratique du centre. «La politique suisse est enfin intéressante. Parce que nous gagnons, bien sûr, mais aussi parce que les fronts se durcissent, explique Yvan Perrin. Nous sommes en voie de normalisation européenne, c’est la fin du consensus mou qui prévaut dans ce pays depuis tellement trop longtemps.»
L’homme, 40 ans, est l’une des stars de la nouvelle scène politique, vice-président du parti populiste au niveau national. Pendant la campagne électorale, on l’a vu chanter l’hymne national à la droite de Blocher. L’ordre, Yvan Perrin, il connaît. Inspecteur de police à La Chaux-de-Fonds, il affirme être en première ligne pour constater la dégradation du tissu social, sur fond d’immigration incontrôlée.
«Les gens en ont ras le bol de la hausse de la délinquance. La majorité du temps, ce sont des étrangers qui commettent les délits. Mais comme ce sont souvent des demandeurs d’asile, ils ressortent très vite de prison, et ils recommencent. Les socialistes ne représentent plus la population qui souffre. Nous, au contraire, nous écoutons le peuple. Il faut nommer les choses par leur nom. C’est pour cela que nous avons fait une affiche avec des moutons noirs. Ceux qui ne respectent pas nos lois n’ont rien à faire chez nous.»
L’affiche des moutons a fait le tour du monde, montrant la Suisse sous le jour peu avantageux d’un bastion xénophobe sur la défensive, debout face au péril de la pression migratoire. Les chiffres ? 21 % d’étrangers dans le pays, plutôt bien intégrés. En temps normal, les poussées de la droite dure surviennent en période de crise, d’économie en berne. Mais, en Suisse, tout va bien, merci. Plein emploi, forte croissance. Jamais, depuis des décennies, le pays ne s’est aussi bien porté. Il reste une île, au milieu de l’Union européenne, à laquelle il refuse encore et toujours d’appartenir ? Tant mieux, ça profite aux affaires : les banques engrangent des milliards et on exporte à tout-va. Comme l’on dit souvent ici : «La Suisse gagne un franc sur deux à l’étranger.» Même la puissante corporation des banquiers de Zurich, l’une des places fortes de la finance mondiale, depuis toujours derrière le Parti radical (centre droit), a fini par changer de cheval ces dernières années. Sans le crier sur les toits, elle mise désormais elle aussi sur l’UDC, avant tout parce qu’il est plus prudent de faire ami-ami avec le parti le plus puissant : elle n’a certes pas repris à son compte l’antienne xénophobe de Christoph Blocher, préférant la partie politiquement correcte de son programme électoral, celle qui porte sur le libéralisme économique. N’empêche, les milieux d’affaires cautionnent ainsi la dérive à droite du pays.
Région sonnée par le choc horloger
Alors que s’est-il passé ? Contre toute attente, l’horlogerie revit depuis une dizaine d’années. Mieux, depuis trois ou quatre ans, c’est même un nouveau miracle. Les clients du Golfe ne sont plus les seuls à s’arracher les mouvements compliqués de montres à plusieurs millions d’euros l’unité. Les oligarques russes, chinois et indiens en raffolent eux aussi.
Résultat, les carnets de commande de firmes comme Chopard ou Breguet sont pleins pour les cinq ans à venir. Le problème, désormais, est la pénurie de main-d’œuvre. Pour y pallier, on fait appel aux voisins : des dizaines de milliers de frontaliers français affluent tous les jours dans l’arc jurassien. Sans eux, l’industrie horlogère suisse se porterait moins bien. Mais on commence à les trouver trop nombreux : «Les gens râlent, parce que ces frontaliers viennent travailler en voiture, qu’ils polluent et qu’ils font du bruit le matin», dit une habitante de Couvet, consciente du paradoxe. C’est pourtant sur ce fond de prospérité retrouvée qu’a fleuri le vote UDC, isolationniste et craintif.
Vu sous cet angle, la Suisse fait un peu figure de laboratoire d’un populisme de prospérité. Elle dérive à droite quand tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le malaise est moins social que psychologique.
Nous sommes à Couvet, petite cité industrielle du Val-de-Travers, une vallée du massif jurassien, sur l’axe Paris-Berne. Zone frontalière : à un jet de pierre, c’est Pontarlier, le département du Doubs. Trop lié par l’histoire à la France voisine, trop pétri d’une tradition séculaire d’ouverture sur le monde pour céder aux sirènes d’une conception étriquée du rapport aux autres : ce territoire francophone n’a-t-il pas autrefois, et par deux fois, appartenu à la Prusse ? Et pourtant. Partie de Suisse alémanique il y a une quinzaine d’années, la contagion populiste a bel et bien gagné la Suisse romande.
Un manifestant du printemps de Pékin en 1989 libéré après 18 ans de prison en Chine
12/11/2007 par AFP
L'un des plus anciens prisonniers politiques chinois a été libéré après avoir été enfermé 18 ans pour sa participation aux manifestations en faveur de la démocratie en 1989, a-t-on appris lundi auprès jeudi auprès d'un dissident.
Li Weihong, 39 ans, a pu sortir lundi après avoir bénéficié de plusieurs réductions de peine pour bonne conduite, a expliqué Yu Zhijian, qui est un de ses amis.
"Il avait l'air un peu en retrait au téléphone, pas trop excité", a indiqué M. Yu, qui a, lui-même, passé 12 ans en prison pour avoir jeté des oeufs sur le portrait de Mao de la place Tiananmen à Pékin.
"Il vient juste de rentrer chez lui pour voir son père. Il ne savait pas que sa mère était morte il y a deux ans", a-t-il poursuivi.
Ouvrier âgé de 21 ans en 1989, Li avait été condamné à mort en 1989 pour "hooliganisme" après avoir pris part à des manifestations violentes dans la province du Hunan (centre). Sa condamnation avait ensuite été commuée en peine de prison.
Une centaine de participants au mouvement du Printemps de Pékin en 1989, qui s'est achevé par la répression sanglante de Tiananmen le 4 juin, sont encore derrière les barreaux, selon les associations de défense des droits de l'homme.
La Belgique Royaume embrouillé

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