mardi 13 novembre 2007
SNCF Presse en classe palace
Le canard enchaîné 7 novembre 2007
Pendant que les syndicats de cheminots négocient avec la direction de la SNCF pour obtenir trois francs six sous en échange de l’amputation de leur régime de retraite, l’entreprise a embarqué 35 journalistes pour un séminaire « de travail » sur la côte d’azur.
Au menu de ce conclave, qui débutait le mercredi 7 novembre : trois nuits dan un palace, déjeuners et dîners à St Paul de Vence et Mougins, dan les restaurants aussi étoilés que des maréchaux soviétiques. Plus une initiation à la gastronomie et à la « polysensorialité » aquatique, réservée aux conjoints, invités eux aussi aux frais de la princesse.
Les infortunés journalistes, quant à eux sont conviés à participer à de harassantes séances de travail au cours desquelles les dirigeants de la SNCF vont leur expliquer la fabuleuse gestion de l’entreprise, la lumineuse tarification nouvelle du TVG et l’éblouissante réforme des retraites.
Un simple oubli : aucun syndicat n’a été invité à présenter son point de vue sur la politique sociale de l’entreprise. Des fois qu’ils se moucheraient dans les mappes.
Manger sain, ce n'est pas si simple
Sud Ouest 12 novembre 2007
ALIMENTATION. -- Notre comportement alimentaire a évolué, et revenir à une nourriture saine s'impose. Mais par où commencer ?
« Que ton aliment soit ton premier médicament », disait Hippocrate, le père de la médecine occidentale, pour qui l'alimentation avait autant d'importance que le médicament. Un concept du Ve siècle avant J.-C., aujourd'hui oublié des facultés. « Mes connaissances de nutrition étaient très inférieures à celles d'un lecteur moyen de "Elle" », raconte le professeur de psychiatrie David Servan-Schreiber dans son dernier ouvrage, « Anti-Cancer », qui associe alimentation et prévention du cancer. « Notre culture médicale nous pousse à négliger cette approche et à préférer une intervention pharmaceutique, plus noble. »
S'intéresser au manger sain, c'est d'abord croire aux effets de l'alimentation sur la santé, sans oublier l'impact sur l'environnement.
Mais, aujourd'hui, difficile de se forger une opinion sur cette question, tant le discours sur la nutrition, discipline complexe, est brouillé par les intérêts de la publicité ou encore édulcoré par des conseils convenus, généralement les mêmes pour tous, qu'on lit dans les salles d'attente ou dans des magazines destinés au grand public. Manger sain, c'est quoi exactement ?
Est-ce manger sanitairement correct ? Pendant des décennies, les pouvoirs publics ont mis en place des normes d'hygiène drastiques, rendues indispensables par l'agriculture productiviste et l'allongement des circuits d'écoulement. Aujourd'hui, l'alimentation n'a jamais été aussi saine, sanitairement parlant, mais, dans la majorité des cantines ou des hôpitaux, elle est devenue insipide, appauvrie en minéraux, oligoéléments, vitamines, acides gras essentiels, éléments vitaux pour l'organisme. Parallèlement, les pathologies ont explosé, comme le diabète. Pour le cancérologue Henri Joyeux, auteur de « Changez d'alimentation. Prévention des cancers. Faut-il manger bio ? », 45 % des cancers sont d'origine alimentaire.
Manger bio ? C'est assurément un plus, mais est-ce suffisant ? Ces produits, lorsqu'ils sont complets et non raffinés, ont une meilleure valeur nutritive et protègent la planète (traitements naturels, parcelles plus petites, maintien de variétés anciennes). Mais ce n'est pas parce qu'on mange bio qu'on ne commet pas d'erreurs alimentaires.
D'autre part, un verre de jus d'orange bio venu du Mexique coûte plus cher à l'environnement, tout en étant moins nutritif (moins de vitamines et de fibres), qu'un fruit bio, de saison, de nos marchés. « Quand je fais mes courses, ceci me pose question. J'essaie toujours de privilégier les produits locaux, surtout pour les fruits et légumes. Mais, pour les bananes par exemple, elles viennent du Costa Rica. Je n'ai pas forcément envie de m'en passer », commente Ghislaine Metrat devant le rayon frais de l'Epicerie Bio, à Bordeaux.
Equilibré et varié alors ? Pas si évident ! Le « mangez varié sans excès » des diététiciens a ses limites. Ce credo est d'ailleurs repris avec profit par l'industrie agroalimentaire, qui ne veut surtout pas voir certains de ses aliments diabolisés... Mais s'il s'agit de varier entre le steak frites, les pâtes, les barres chocolatées, les produits laitiers, en soupoudrant dans les menus quelques légumes, on s'éloigne du manger sain.
Longtemps, l'enseignement de la diététique a valorisé la « densité calorique » (glucides, lipides, protides) en délaissant la « densité nutritionnelle » (composition en nutriments essentiels). Les conceptions de l'Afssa ou du Plan national nutrition santé (PNNS) sont d'ailleurs fortement nuancées par des études scientifiques récentes (lire, ci-dessous, l'expert), mais aussi par d'autres approches plus anciennes : celles de la médecine chinoise (cinq mille ans d'existence) et de la naturopathie (héritière d'Hippocrate), pour qui la chasse au gras ne réduit ni le diabète ni l'obésité, mais contribue à carencer la population en oméga 3, très utiles dans la prévention cardio-vasculaire et des allergies.
Manger naturel et local ? Ah ! les produits frais du marché ! Cuisinés maison, ils conservent mieux leurs vitamines. Leur acheminement se fait en circuit court, le coût en carbone est moindre. Ils maintiennent l'agriculture paysanne. Mais si les carottes sont enrichies aux pesticides ou les oeufs issus d'élevage en cages (le numéro sur la coquille commence par 3), quel est réellement le rapport bénéfice/risque ? L'épandage de substances toxiques dans l'agriculture conventionnelle ne fait l'objet d'aucun contrôle.
L'atout reste toutefois le contact direct et la possibilité d'aller vérifier sur place. « Je connais en général les producteurs qui sont en bio. En cas de doute, je demande ce que le producteur entend par "produit de la ferme". C'est surtout avec la viande que j'ai des difficultés », commente Marianne Vilella, 36 ans, habituée du marché de Sarlat, qui boycotte une ferme voisine de son habitation « parce qu'elle donne des aliments traités à ses poulets et ses canards ».
Loin des idées prêtes à digérer, manger sain c'est finalement s'assurer de plusieurs critères : des aliments frais, biologiques, locaux, plus naturels que raffinés, en retrouvant le plaisir de la cuisine et des saveurs authentiques. Reste à chacun le choix de sa diététique, ce qui nécessite bon sens et esprit critique face aux discours de tout bord. Manger sain, aujourd'hui, c'est donc avant tout devenir un consommateur averti !
Priska Ducoeurjoly
Les nouvelles amitiés, par Jean-Michel Dumay
Les nouvelles amitiés, par Jean-Michel Dumay
Sur Internet, il n'est pas rare de compter ses "amis" par centaines ou par milliers. Sur les sites de socialisation que sont MySpace (114 millions de visiteurs uniques en juin, + 72 % par rapport à 2006) ou Facebook (52 millions, + 270 %), les compteurs tournent sur chaque page personnelle.
Prenons celle de Laure, jeune femme du Midi, qui se définit comme "une fille tout ce qu'il y a de plus banal" et dont on ignore l'état civil comme souvent sur le Net : elle affiche 1333 "amis". Puis celle d'Anthony, un Rennais tout aussi anonyme, "passionné de sons, musique et cinéma" : elle en mentionne 1151.
En galopant à haut débit, Internet a bousculé les réseaux sociaux, ouvert le champ des amitiés spontanées et déterritorialisées. Selon un sondage canadien (gageons que les Français partagent cette même réalité !), deux tiers des internautes estimeraient que l'Internet facilite les démarches pour se faire de nouveaux amis. "A un point tel que les relations virtuelles sont devenues une forme contemporaine de l'amitié, estime André Mondoux, sociologue à l'université du Québec à Montréal, interrogé par le site du magazine canadien Coup de pouce. Si l'amitié existe depuis toujours, ce sont ses modalités qui ont changé."
A reprendre cependant les pages personnelles de Laure et d'Anthony, on s'interroge. Quelque 1333 ou 1151 "amis", cela fait du monde. Ne faudrait-il pas faire le tri ? Amis réels d'un côté, dont on croise plus ou moins périodiquement la chaleur et qu'on rappelle au téléphone ou sur messagerie instantanée, pour entretenir la relation. Amis virtuels de l'autre, qu'on ne croisera jamais autrement que par les mots, et plus précisément les mots écrits. Certains estimeront que les amitiés virtuelles sont bien réelles et reposent sur de réelles affinités. D'autres qu'il y a là surtout grossière fabrique de faux amis. Y a-t-il possibilité d'une réelle amitié en virtualité ?
On connaît sur ce point les travers du virtuel où, pour reprendre le titre d'un livre de Sylvain Missonnier, spécialiste de psychologie clinique, s'expose Le Virtuel : la présence de l'absent (éd. EDK, 2003).
Dans les chats, les forums, les blogs, les courriels, l'anonymat, le pseudonyme, ouvrent la voie (voix ?) à une mise en valeur narcissique. On y tricote un soi plus proche de l'idéal du moi que de la réalité. On contrôle son image, ses mots, ses faiblesses, ses petits secrets. On protège sa vulnérabilité. Et l'on construit ainsi, conversation faisante, parfois à son corps défendant, une relation dite "en miroir", où l'autre, modelé selon nos perceptions, idéalisé, n'est pas reconnu dans sa nature de personne, ayant une existence indépendante, des désirs propres, mais à travers la fonction qu'il remplit.
Certes, le virtuel permettrait à certains d'avoir mieux confiance en eux, d'aller plus facilement à la rencontre de l'autre. Mais qu'arrive-t-il alors, quand après avoir échappé aux premières vagues de l'émotion liée au corps, la rencontre se fait, cette fois bien réelle.
Les témoignages abondent, en amour ou en amitié, de ces douches glacées, de ces vertigineuses déceptions, de ces charmes portés aux nues et pfff... évanouis.
Car c'est oublier, d'une part, que l'amitié obéit à de fortes régularités sociales (nos amis sont souvent de mêmes conditions culturelle et sociale que nous) - ce que ne régule pas le Net, où l'on avance plutôt masqué. Et, d'autre part, que l'impact des mots dans la communication interpersonnelle est bien plus faible que le langage non verbal (le physique et l'intonation de la voix), comme l'a montré, il y a quarante ans, Albert Mehrabian, chercheur à l'université de Californie. Ancrée pour partie dans notre part d'animalité, l'amitié fonctionne aussi à l'instinct.
Chronique LE MONDE | 11.07 Jean-Michel Dumay
Pour deux tiers des Roumains, réussite et corruption vont de pair
Romandie News - / 12 novembre 2007
Deux Roumains sur trois estiment qu'on ne peut pas réussir sans corruption ou trafic d'influence, indique un sondage publié lundi. Selon l'organisation Transparency International, la Roumanie est considérée comme le pays le plus corrompu de l'UE.
Selon ce sondage réalisé par l'Institut INSOMAR, 66% des personnes interrogées estiment qu'en Roumanie il est impossible de réussir "sans donner ou recevoir des pots-de-vin, ou encore sans user de sa position pour obtenir des faveurs". Plus de 40% des Roumains assurent avoir offert des pots-de-vin à des fonctionnaires publics en échange de services qui leur étaient dûs, contre 59% qui affirment le contraire.
En outre, 30% des personnes sondées estiment que le niveau de corruption a augmenté depuis l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, au 1er janvier dernier, tandis que 59% pensent qu'il est demeuré inchangé. Seulement 17% d'entre elles, estiment que la corruption a baissé depuis cette date.
Prague fait front contre les néonazis
Courrier International 12 novembre 2007
Des milliers de manifestants ont empêché, le 10 novembre, une marche organisée par des néonazis à l'occasion de l'anniversaire de la Nuit de cristal (1938) dans le quartier juif de la capitale tchèque. Elle avait pourtant été interdite par les autorités. Des affrontements ont eu lieu entre les néonazis, les antifascistes et la police.
Neue Zürcher Zeitung (Suisse)
Selon Ulrich Schmid, cette contre-manifestation prouve l'existence d'une "société civile tchèque" et de personnes "prêtes à descendre spontanément dans la rue pour défendre la démocratie, l'Etat de droit et les minorités. (...) De nombreux touristes se sont joints à la manifestation, et nous avons pu voir une famille barcelonaise, ainsi qu'une famille milanaise, un sac rempli d'artisanat en cristal de Bohême, crier des slogans contre les néonazis. (...) L'atmosphère est restée pacifique et détendue jusqu'à la rencontre avec les néonazis. La foule agitait des drapeaux israéliens, de nombreuses personnes avait cousu des étoiles jaunes portant la mention 'Jude' [juif en allemand] sur leur veste - un acte de solidarité silencieux approuvé dans la plupart des cas, mais qu'un vieux Juif hongrois, rescapé de la terreur nazi pendant son enfance, a qualifié de 'facile'. (...) Jamais les néonazis n'avaient semblé si isolés."
Hospodarske Noviny (République tchèque)
Petr Honzejk se félicite des contre-manifestations organisées à Prague mais se demande quelle aurait été la réaction de l'opinion publique si les néonazis avaient manifesté contre les Roms, fort peu appréciés dans le pays. "Il est positif que la société tchèque ait fait obstacle à la marche des néonazis. Toutefois, ce sont les politiciens tels que Jiri Cunek, qui donnent au néonazis le sentiment qu'ils défendent une cause juste, qui posent véritablement problème. (...) Le président Vaclav Klaus devrait s'excuser d'avoir assimilé [en 2005] un camp de concentration Rom à un 'camp de travailleurs'. Le Premier ministre Mirek Topolanek doit faire du problème rom l'une de ses priorités. Les autorités locales doivent agir contre les manifestations anti-Roms de la même façon qu'ils agissent contre les néonazis. (...) Ce n'est qu'à ce moment-là que nous pourrons dire s'il y a vraiment une amélioration."
Népszabadság (Hongrie)
József Szilvássy se félicite de la solidarité des citoyens et des politiciens tchèques qu'il trouve exemplaire. "Les intellectuels et les représentants de l'Eglise ne sont pas restés passifs. La position sans ambiguïté de l'ensemble des politiciens tchèques s'est avérée décisive. Le soutien politique et social au-delà des partis et de l'idéologie a considérablement facilité la tâche de la police. Certes, des scandales de corruption ont récemment entaché la réputation des élites politiques. Toutefois, personne n'a essayé d'instrumentaliser la marche des néonazis au profit de son propre parti. Le comportement des politiciens tchèques, celui de l'Eglise et des intellectuels - en résumé, celui de la société tchèque - doivent nous servir d'exemple pour mettre fin à la peste brune."
Les Indégivrables : Invalides ...

Sarkozy-Bush : deux potes

Dessin de Dile
CHINE • Accroître les droits des salariés, c'est la révolution !
Courrier International 12 novembre 2007
De grandes entreprises s'ingénient à contourner une nouvelle loi sur le travail qui va prochainement offrir de meilleures garanties aux salariés.
Des sociétés chinoises parmi les plus grandes, comme le fabricant de matériel de télécommunications Huawei Technologies, incitent actuellement leurs employés à "démissionner" en masse. Cela avant l'entrée en vigueur, l'année prochaine, d'une nouvelle loi sur le travail, nettement plus favorable aux travailleurs, leur permettant notamment d'être titularisés à un poste après dix ans de service ininterrompu. Cette manœuvre pourrait toutefois échouer sous la pression du syndicat officiel chinois (ACFTU).
A Shenzhen, près de 7 000 employés de la société Huawei auraient ainsi démissionné. Tous devaient être réembauchés peu de temps après, mais sans l'ancienneté qui leur donnait droit aux avantages de la nouvelle loi. Cette initiative semble avoir manqué son but, attirant l'attention à la fois sur la nouvelle réglementation et sur les efforts de Huawei pour la contourner.
"Les contrevenants seront lourdement sanctionnés", a prévenu Chang Kai, responsable du Bureau des Affaires juridiques du gouvernement, cité par le China Daily. Le 10 novembre, l'agence officielle Xinhua indiquait que les dirigeants de Huawei avaient cédé aux pressions et accepté de suspendre leur très controversé programme de "démission volontaire" après s'être entretenus avec l'ACFTU. Craignant que les façons de faire du premier fournisseur chinois en télécommunications ne donnent des idées à d'autres entreprises, le syndicat, aux ordres de Pékin, lui a demandé de mieux prendre en considération les intérêts de ses employés.
Cette nouvelle réglementation, qui oblige les employeurs à offrir des compensations aux salariés renvoyés sans motif valable, suscite de plus en plus d'inquiétude chez les entrepreneurs chinois. Les compensations seront déterminées en fonction de l'ancienneté de l'employé et des salaires en vigueur. La nouvelle loi impose également aux employeurs d'informer en détail les travailleurs sur la nature de leur emploi et les conditions de travail. Elle limite aussi l'usage du travail temporaire. La loi adoptée en juin par le Parlement chinois donne droit aux salariés de plus de dix ans d'ancienneté de signer un contrat à durée indéterminée, après négociation avec les employeurs. Ces contrats à durée indéterminée protégeraient davantage les salariés du risque de licenciement.
D'autres sociétés sont soupçonnées de chercher à contourner la loi, notamment le géant américain de la distribution, Wal-Mart. Aux Etats-Unis, l'opposition des dirigeants de Wal-Mart à la création de syndicats pour ses salariés (plus de un million) a fait grand bruit. Pourtant, en Chine, la société a accueilli favorablement l'intention de l'ACFTU de créer des syndicats dans ses magasins, certainement parce que le syndicat fait toujours ce que le gouvernement lui ordonne. En l'occurrence, comme le syndicat soutient la nouvelle loi, l'entreprise américaine semble vouloir se montrer conciliante.
Toutefois, le 22 octobre dernier, le centre global d'approvisionnement de Wal-Mart a annoncé, lors d'une réunion internationale, que plus d'une centaine de salariés avaient été licenciés, dont 40 à Shanghai et 60 à Shenzhen. Une femme travaillant à Shenzhen, qui préfère garder l'anonymat, raconte qu'elle était employée depuis quatre ans quand elle a été renvoyée le mois dernier. On lui aurait dit qu'elle recevrait trois mois de salaire ainsi que d'autres compensations. Elle pensait rester au chômage pendant un ou deux mois avant de retrouver son poste.
Catherine Jiang Asia Sentinel
Le design au service des plus démunis
Graines de changement N° 35 Oct./Nov. 2007
Sur les 6,5 milliards de personnes qui vivent sur terre, près de 90% n'ont pas accès à des produits et services de base dont nous, qui avons la chance d’être né du bon côté, n'imaginons plus comment nous pourrions nous passer. Et parmi eux 50% n'ont même pas régulièrement accès à de la nourriture, à de l'eau potable ou à un toit.
Les designers, ingénieurs, étudiants, professeurs, architectes, entrepreneurs ont donc un rôle à jouer pour inventer les solutions et produits qui permettront de venir en aide aux populations les plus démunies. Une approche du design responsable pour lequel il ne s'agit plus uniquement de créer de nouveaux produits plus respectueux de l'environnement mais avant tout de concevoir des solutions qui contribuent à améliorer la qualité de vie du plus grand nombre, et des plus démunis.
C'est donc pour faire connaître cette autre forme de design, qui ne fait pas la une des magazines “branchés” et reste quasi-invisible aux yeux du grand public, que le Cooper-Hewitt National Design Museum a récemment produit, à New York, l'exposition "Design for the other 90%".
L'approche des créateurs dont les produits sont exposés est bien différente de celle du design tel qu'on le connaît : leur idée est avant tout de travailler en étroite collaboration avec les utilisateurs futurs pour inventer des produits au service des hommes, accessibles aux plus pauvres - souvent d’ailleurs, la fabrication ou la distribution de ces produits donne ensuite lieu à la création de micro-entreprises, qui sont un moyen efficace de lutter contre la pauvreté.
De "LifeStraw" (une paille permettant de filtrer et de purifier l'eau avant de la boire) à la bicyclette adaptée à ceux qui n'ont plus qu'une jambe, en passant par l’ordinateur à 100 dollars, les liseuses sans piles, les lampadaires solaires autonomes sans réseau qui font aussi borne wi-fi, le four solaire, le Q Drum (un réservoir pouvant contenir 75 litres d’eau et qui roule sans effort pour celui qui l’utilise) ou encore le projecteur de microfilms portatif permettant de contribuer à l'alphabétisation des adultes, chaque objet a une histoire qui témoigne de la manière dont le design peut sauver et transformer des milliers de vies, dans nos pays et partout dans le monde.
Pour en savoir plus sur l'exposition :
http://other90.cooperhewitt.org
