Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

dimanche 11 novembre 2007

En Belgique, "la logique est celle d'une confédération"

LE MONDE | 10.11.07

Vice-premier ministre et ministre des finances du gouvernement belge sortant, Didier Reynders est aussi, en tant que président du Mouvement réformateur (libéral), le principal négociateur francophone de l'"Orange bleue", la coalition de centre-droit que tente toujours de former le chrétien-démocrate flamand Yves Leterme.

Ce qui s'est déroulé mercredi 7 novembre dans une commission parlementaire, où les Flamands unanimes, extrême droite comprise, ont voté contre la minorité francophone le principe de la scission de l'arrondissement bilingue de Bruxelles et de ses environs, n'est pas "une simple péripétie", estime-t-il. Mais "un choc à haute teneur symbolique", une remise en question du "pacte des Belges".

"VIVRE ENSEMBLE" Comment ressusciter celui-ci ? Le leader libéral explique : "Les Flamands doivent me dire s'ils sont prêts à accepter une solution institutionnelle négociée, et si je dois encore venir, à Bruxelles, participer à un débat fédéral". "La tradition, le miracle belge c'était qu'une majorité n'utilise jamais complètement la majorité dont elle dispose et respecte un équilibre reposant sur la protection de la minorité", ajoute M. Reynders. Les Flamands devront démontrer qu'ils veulent conclure la négociation fédérale, renoncer à faire "la Belgique de leurs rêves", en acceptant le principe d'un "vivre ensemble", notamment à Bruxelles, une ville où il faut investir."

Reste à trouver, en Flandre, des personnalités politiques qui accepteront ce schéma. "Elles existent", pense le ministre. Il nourrit un doute à propos d'Yves Leterme, qui a "privilégié le succès électoral à la nécessité de gouverner, en revendiquant des avancées institutionnelles et en s'alliant à des nationalistes". "Il devra s'extraire de l'emprise de son parti, précise-t-il, et de celle de sa communauté pour devenir le responsable de l'ensemble du pays."

Mais, pour le reste, estime M. Reynders, il existe une jeune génération flamande avec laquelle il y aura moyen de redéfinir les relations entre les régions. "Il faut bien considérer que quelque chose a été cassé par le vote de mercredi. Il a démontré que des Flamands pouvaient aller loin, et assez facilement. La logique à l'oeuvre en Belgique est celle d'une confédération. L'enjeu est donc d'apprendre à faire vivre ensemble des gens qui se meuvent déjà dans des univers différents. Et c'est cela qui me semble encore possible".

L'Union européenne doit-elle s'inquiéter de ce qui se déroule à Bruxelles ? "Notre mécanisme de gouvernement d'affaires courantes assure notre représentation au plan européen et sauvegarde la situation budgétaire du pays. Ce qui peut inquiéter, c'est le risque d'une éventuelle partition évoqué par certains."

Posté par Kozett à 00:02 - Europe - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2