samedi 10 novembre 2007
Les derniers poilus refusent des obsèques nationales
LE MONDE | 09.11.07 | Francis Gouge (Val-de-Marne, correspondant) et Benoît Hopquin
A 110 ans, Louis de Cazenave et Lazare Ponticelli ont passé l'âge de se faire commander. Fini le temps où on les faisait sortir de la tranchée au sifflet. Les deux derniers poilus français veulent qu'on les laisse finir en paix.
L'un et l'autre ont peu apprécié qu'en 2005 le Haut conseil de la mémoire combattante, présidé par le chef de l'Etat, décide, sans les consulter, d'organiser des "obsèques de portée nationale" au dernier combattant de 14-18. L'idée de faire reposer le der des ders au Panthéon ou au côté du soldat inconnu avait alors germé. Sauf que les deux rescapés n'ont que faire de cette prestigieuse compagnie. Ils ont prévu d'autres dispositions.
Louis de Cazenave veut être enterré avec sa famille dans le cimetière de Saint-Georges d'Aurac (Haute-Loire), où il est né le 16 octobre 1897. Il ne décrochera pas de cette position. Le bonhomme n'a jamais aimé médailles et honneurs : "De la fumisterie !"
Revenu du front en pacifiste convaincu, il avait fallu insister pour qu'il accepte la Légion d'honneur, dans les années 1990. "Ils peuvent se l'accrocher quelque part", avait-il lancé à son fils. "Certains de mes camarades n'ont même pas eu le droit à une croix de bois", peste-t-il. Alors l'homme n'exprime plus qu'une dernière volonté : "Être tranquille."
"UN AFFRONT FAIT À TOUS LES AUTRES"
Comme chaque année, si sa santé le permet, Lazare Ponticelli assistera le 11 novembre, à 11 heures, à la cérémonie du souvenir au monument aux morts du Kremlin -Bicêtre (Val-de-Marne), ville où il habite depuis les années 1920. Cet immigré italien, né le 7 décembre 1897, s'est engagé dès 1914 pour défendre cette France qui lui "avait donné à manger". Mais il estime avoir assez donné à sa patrie d'adoption. "Je refuse ces obsèques nationales. Ce n'est pas juste d'attendre le dernier poilu. C'est un affront fait à tous les autres, morts sans avoir eu les honneurs qu'ils méritaient. On n'a rien fait pour eux. Ils se sont battus comme moi. Ils avaient droit à un geste de leur vivant... Même un petit geste aurait suffi."
A ses yeux, le travail de mémoire "arrive tard". "On s'en est foutu un peu. Il a fallu que ce soit Chirac qui commence à bouger quand on n'était plus nombreux et qu'on était fatigués." Sa fille Janine se veut plus conciliante : "Je souhaite pour papa une cérémonie très simple dédiée à tous les poilus et aux femmes qui ont participé à cette guerre. J'exige aussi que son corps nous soit restitué afin qu'il repose dans le caveau familial."
Six mois après la présidentielle et les législatives, la blogosphère politique est en plein doute
LE MONDE | 09.11.07 | Olivier Zilbertin
On les avait laissés sous la verrière du pavillon Baltard à Paris, dans la lumière grave d'un soir d'élections. On les retrouve au même endroit, trois mois plus tard, au début de l'automne, dans l'ambiance un rien potache des jours de rentrée. Il aura fallu plus d'un trimestre à la République des blogs, rendez-vous habituellement mensuel des blogueurs politiques, pour se rassembler de nouveau.
Nous sommes fin septembre. Sur les tables du café parisien qui accueille la singulière République, il n'y a plus d'ordinateurs, plus de câbles qui serpentent. Et surtout, entre les rangs, plus de journalistes, plus de caméras ni de micros tendus. La blogosphère a connu son heure de gloire. Elle se retrouve entre elle en quelque sorte, "comme avant", relève Nicolas Vanbremeersch dit Versac (versac. net), un des blogueurs à l'origine de l'événement (Le Monde du 28 avril 2007). Pendant la campagne, elle pouvait réunir jusqu'à 200 personnes. Pour cette première post-électorale, ils sont environ 80, "le noyau dur", à se retrouver au bar du Pavillon Baltard.
Désertion ? Coup de blues ? Un retour à la normale, plutôt. "Les militants purs et durs sont partis, observe Versac. La blogosphère n'est plus un champ de bataille politique. On se retrouve entre blogueurs, pour des discussions plus construites et plus sereines." Mais du coup, le paysage paraît un peu morne en regard de l'agitation frénétique des élections. En fin de campagne, les plus lus des blogueurs politiques pouvaient enregistrer jusqu'à 20 000 visites par jour. Les compteurs sont désormais revenus aux niveaux antérieurs : 2 000 visites quotidiennes pour le site de Nicolas Vanbremeersch. 7 000 visiteurs chaque jour pour le Monde citoyen de Nicolas Voisin au plus fort de la campagne ; moins de la moitié dorénavant.
Selon le site 20 minutes. fr, l'audience globale des sites politiques aurait été multipliée par trois durant la campagne, et connaîtrait une grande décrue - 30 % de pages vues en moins - depuis. Agoravox, le site de journalisme citoyen, recevait entre 100 et 120 propositions de contribution par jour pendant les élections. "Nous en recevons maintenant une cinquantaine, mais de bien meilleure qualité", confie Carlo Revelli, le patron et créateur d'Agoravox.
"Tout le monde se cherche, note encore Nicolas Vanbremeersch. Les supporteurs de Nicolas Sarkozy se demandent comment exister sur la blogosphère alors que leur candidat élu occupe déjà tout le terrain médiatique." Quant aux opposants, "pourtant majoritaires sur les blogs, analyse Carlo Revelli, ils sont sortis évidemment frustrés des élections. Ils ont le sentiment que les blogs n'ont servi à rien".
A cela est venu s'ajouter un phénomène de légitime lassitude. "Quand tu blogues depuis deux ans ou plus, tu t'essouffles, et l'inspiration se tarit, c'est normal", confient de concert John-Paul Lepers (Latélélibre. fr) et Thierry Crouzet (blog. tcrouzet. com, "Le peuple des connecteurs, le blog politique du cinquième pouvoir"). Nicolas Vanbremeersch publie des notes depuis quatre ans, et reconnaît aussi être parfois sujet à l'"usure, au ras-le-bol", avec une furieuse envie de faire autre chose, de "changer le format" de son blog.
Cette campagne, juge Versac, aura sans doute permis à la blogosphère française de "grandir en taille mais sûrement pas de se structurer". Sur le blog de Versac, un billet signé de David Carzon, journaliste à 20 minutes, a connu un joli petit succès d'estime : il est titré "Pourquoi le blog de journaliste n'a (presque) plus de raison d'être".
"C'est une activité qui se renouvelle", estime pour sa part Guilhem Fouetillou, fondateur et directeur scientifique de RTGI (Réseau territoire et géographie de l'information). Sur le site de l'observatoire présidentiel, le jeune chercheur a dressé la carte de la blogosphère politique française, la blogopole. La dernière carte datait de mars-avril, et recensait quelque 2 000 blogs. La nouvelle en dénombre plus de 3 000. "Preuve que d'un point de vue quantitatif du moins, l'activité ne baisse pas et ne s'est pas essoufflée", poursuit Guilhem Fouetillou. Entre le 25 septembre et le 2 octobre, 7 401 billets ont été publiés sur l'ensemble des carnets de la blogopole référencés par RTGI. A titre de comparaison, plus de 8 000 billets contenant au moins une fois le nom "Sarkozy" ont été publiés en une seule journée, et cela reste un record : mais c'était au soir du second tour de l'élection présidentielle.
Les minorités spirituelles ne doivent pas demeurer les victimes de mouvements anti-sectes.
Pont de Vue par André Tarassi- Nov 07- du site www.creatifsculturels.fr
Tout occupés qu’ils sont à abattre les trois ou quatre grandes sectes épouvantails, les antisectes feignent d’ignorer que quantité de citoyens respectables et respectueux subissent des rumeurs et les tracasseries quotidiennes par amalgame (près de 172 minorités qui n’ont jamais subi de condamnation continuent, quand elles existent encore, de subir les effets de la liste parlementaire de 1996, par exemple. D’autres s’y sont ajoutées par la suite).
Ces deux dernières années, le CICNS a récolté tant de témoignages accablants des dérives et égarements de la campagne antisecte que les accusations faites en vrac aux minorités spirituelles ne font plus le poids. La balance est déséquilibrée et toutes ces dénonciations sans suite, parce que sans fondement, à l’encontre de « sectes », relayées complaisamment et sans partage par les médias, finissent par révéler l’absence de crédibilité de cette campagne odieuse qui a pourtant déjà près de 25 ans.
Quand le CICNS interpelle les autorités, on lui répond que « les victimes de sectes existent ». Une fois cet alibi énoncé, la possibilité qu’il existe encore plus de victimes de la campagne antisectes laisse froid, pour le moins, ou sera présentée comme un dommage collatéral ou comme le pourcentage de pertes innocentes autorisé dans une « guerre juste ».
Il y a donc d’un côté, une poignée de mouvements livrés à la vindicte populaire et à des procès le plus souvent insipides, tous ceux-là étant bien connus ne font plus lever un sourcil au téléspectateur français, et de l’autre des milliers de personnes, anonymes et d’autant plus vulnérables, qui ont le souhait légitime de vivre leur choix de vie en paix, sans avoir à craindre des assauts insensés de gendarmes, déclenchés sur simple rumeur ou plainte d’apostats non vérifiées, des rumeurs et des calomnies innombrables.
Telle est la situation en France aujourd’hui. Un tel constat est pourtant refusé par les autorités par volonté de l’ignorer sans doute quand ce n’est pas tout simplement parce que la chasse est trop enivrante ou prometteuse et mérite bien quelques mensonges.
Nous n’avons pas grand espoir de ramener par nos seuls courriers les autorités à plus de raison sur ce sujet mais nous espérons un sursaut sérieux de la part des minorités qui continuent de dormir dans l’attente de temps meilleurs, dans la peur ou dans une volonté de rester divisées (surtout ne pas se mélanger aux autres). Les témoignages de dérives antisectaires doivent parvenir aux autorités et pour cela, nous avons besoin de votre aide. Nous ne ferons rien sans vous et cette léthargie générale n’est jamais la garantie de plus de tranquillité car les actions à l’encontre desdites sectes se multiplient.
Personne ne veut vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, dans la menace d’injustices si cinglantes que la plupart de ceux qui les subissent en restent choqués à vie. Personne ne peut accepter que la démocratie française qui a longtemps été présentée comme un exemple décline au point de ressembler par endroits à un pouvoir totalitaire en gestation. Personne ne peut rester muet devant cette ignorance collective du grand public et le cynisme du pouvoir en place au sujet de la campagne antisecte en France (que même la Chine, massacrant les pratiquants du Falun Gong et les Tibétains par milliers, nous envie).
Personne ne devrait en tous cas préférer la fuite et le reniement des valeurs auxquelles nous croyons quand une oppression de ce genre déjà ancien vient s’installer dans notre pays de naissance. Nous avons le droit et le pouvoir, en démocratie, de faire entendre raison à un gouvernement qui s’égare. C’est ainsi que les sociétés ont évolué de tous temps. Nous vous invitons à participer à cette évolution, maintenant, sans attendre.
André Tarassi est né en 1961, il est le fondateur du CICNS. Chercheur indépendant, il étudie les Nouvelles Spiritualités depuis 25 ans. Il a étudié le journalisme et la télévision aux États-Unis. Il a publié, sous un autre nom, plusieurs ouvrages sur la démarche spirituelle.
Déficit Commercial - Mauvais chiffres pour l'économie française
LEMONDE.FR avec AFP | 09.11.07
Le déficit commercial de la France s'est encore creusé en septembre par rapport à août. Il a atteint 3,083 milliards d'euros contre 2,715 milliards au mois d'août (chiffre révisé), ont annoncé vendredi les douanes.
Au mois de septembre, les exportations mensuelles ont en effet reculé à 34,411 milliards d'euros, contre 34,510 milliards en août, tandis que les importations ont, de leur côté, progressé à 37,494 milliards d'euros (37,225 milliards en août).
"En repli au mois d'août", les achats énergétiques ont à nouveau augmenté en septembre et "creusent le déficit", précise le ministère des finances sur son site Internet.
Sur le troisième trimestre, le déficit commercial diminue à 9,117 milliards d'euros, contre 9,453 milliards au deuxième trimestre, grâce à une accélération des exportations qui augmentent plus vite (+ 3,8 %) que les importations (+ 3,2%).
Sur les neuf premiers mois de l'année, la facture énergétique s'est établie à 31,3 milliards d'euros. Le déficit cumulé s'établit à 26,771 milliards d'euros (26,058 milliards en données corrigées des variations saisonnières), contre 20,436 milliards d'euros en données corrigées des variations saisonnières un an plus tôt.
BAISSE DE LA PRODUCTION INDUSTRIELLE . La production industrielle française a enregistré une baisse de 1,1 % en septembre après avoir été stable (+ 0,3 %) le mois précédent, a annoncé vendredi l'Institut national de la statistique et des études économiques. La seule production manufacturière (calculée hors énergie et industries agricole et alimentaire) est en baisse de 1,3 % (+ 0,1 % le mois précédent).
La production de biens de consommation est également en baisse de 1,2 %. Quant à celle de biens d'équipement, elle suit le mouvement (- 1 %). L'industrie automobile est aussi en repli en septembre (- 3,1 %), ainsi que les industries agricoles et alimentaires, dont la production diminue de 1,5 %, et les industries de biens intermédiaires (- 0,1 %). Enfin, la production d'énergie a légèrement augmenté de 0,3 %.
Seule note positive dans ce paysage économique morose : les investissements dans l'industrie française devraient croître de 4 % en 2007, alors qu'ils étaient stables en 2006, selon l'enquête trimestrielle d'octobre publiée vendredi par l'Insee.
Justice Pierre Méhaignerie contre la suppression des tribunaux d'instance
NOUVELOBS | 09.11.2007
Justice toujours sous pression - Le vice-président de l'UMP, reçu par François Fillon et Rachida Dati, appelle la garde des Sceaux à présenter des solutions rapidement.
Le député Pierre Méhaignerie, l'un des vice-présidents de l'UMP qui rencontrait jeudi 8 novembre François Fillon et Rachida Dati, a estimé, à l'issue de l'entretien que la "suppression des tribunaux d'instance" (TI) dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire "pose des problèmes". Il réclame "une étude d'impact et de prospective avant toute décision", alors que plusieurs parlementaires UMP ont ouvertement manifesté leur hostilité à cette réforme.
"La suppression des TI, ça pose des problèmes. Ce que je souhaite, c'est que le ministère de la Justice nous dise tout de suite comment sur le terrain les Maisons du droit et de la justice", qui se substitueraient aux tribunaux d'instance, "seront capables de répondre efficacement aux interrogations multiples" des Français, a affirmé Pierre Méhaignerie, tout en jugeant qu'"une réforme est nécessaire".
"Si elle [Rachida Dati] parvient à faire ces Maisons du droit et de la justice où le citoyen n'ait pas à faire 100 km, ça ira. C'est ce travail qu'il faut encore faire", a ajouté Pierre Méhaignerie.
Cet "effort de lisibilité", Pierre Méhaignerie "pense qu'elle [Rachida Dati] va le faire".
"Ne pas bloquer les réformes" De son côté, l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui était reçu après Pierre Méhaignerie, a indiqué à l'AFP qu'"il ne faut pas prendre tous les prétextes pour bloquer les réformes".
Une quinzaine de députés de la majorité menacent de ne pas voter le budget de la Justice si Rachida Dati n'entend pas leurs récriminations, à quelques mois des municipales. Jean-Pierre Raffarin, qui est également vice-président de l'UMP, y voit des tensions "normales" dans une "phase d'arbitrage". "Tout ça va reprendre des proportions raisonnables", a-t-il pronostiqué. "Naturellement il y a plein de problèmes mais la ministre est à l'écoute. Je suis confiant pour cette réforme. Il faut l'aider à réussir". (avec AFP)
Une drôle de maison qui consomme peu d'énergie vedette du salon Batimat Paris
Yvon LECHEVESTRIER Ouest-France 09/11/07
Construite en trois jours à l'occasion du Salon Batimat à Paris, elle montre ce qui se fera demain pour mieux protéger l'environnement. On s'y bouscule pour la visiter à la recherche de bonnes idées.
Voir la vidéo du montage de la maison
C’est une curieuse maison. Belle ou non, selon les goûts. On peut la voir et la visiter juqu’à la fin de cette semaine à la porte de Versailles à Paris, là où se tient Batimat, le plus grand des Salons professionnels consacré au batiment.
Assemblée en moins de trois jours, cette maison a été conçue par l’architecte Éric Wuilmot sur une idée d’Éric Justman, l’imaginatif directeur de publication du magazine Architecture à vivre. Elle est composée de trois modules préfabriqués en bois européens.
La maison, dont la façade s'ouvre au sud, s’organise autour d’un patio destiné à être couvert par une verrière mobile dans le prolongement de deux toit plats végétalisés. Verrière fermée, l’hiver la maison devient compacte avec une très faible consommation d’énergie : moins de 50 kWh/m2/an, contre quatre fois plus pour une maison actuelle.
« Nous voulons monter avec ce prototype qu’il est possible de construire une maison qui réponde aux critères arrêtés lors du récent Grenelle de l’environnement. Réalisée avec l’aide de plusieurs partenaires, cette maison présente un ensemble de propositions que chacun peut reprendre à son compte. Elle montre qu’une démarche envrionnementale est, dès aujoud’hui, possible, souhaitable et compatible avec une qualité architecturale. Sans jamais oublier qu’une maison doit d’abord être agréable à vivre », explique Eric Jutman.
Les Indégivrables : Chlop

Pancho : L'observatoire des prix

Nucléaire iranien : la course contre la montre
LE MONDE | 09.11.07 | Natalie Nougayrède
Cinq ans après qu'un groupe d'opposants iraniens en exil a révélé les aspects clandestins du programme nucléaire de la République islamique, celui-ci se trouve au coeur d'une crise diplomatique qui ne cesse de s'intensifier. Il met en jeu à la fois le sort du régime de non-prolifération et la montée de la puissance régionale que constitue l'Iran, placé au centre des dossiers brûlants du Proche et du Moyen-Orient. Plusieurs échéances importantes pourraient jouer un rôle dans l'issue de la crise, ou peser sur la façon dont les Occidentaux s'emploieront à la traiter, alors que ceux-ci sont aux prises avec les réticences de la Russie et de la Chine. Ces deux puissances bloquent l'adoption à l'ONU de nouvelles sanctions contre Téhéran depuis le mois de septembre.
Le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mohammed ElBaradei, doit rendre, vers le 12 novembre, son rapport sur le degré de coopération de l'Iran avec ses équipes d'inspecteurs. Ce rapport doit évaluer les résultats d'un "plan de travail" établi en août entre l'AIEA et Téhéran, qui vise à faire la lumière sur le passé du programme nucléaire iranien. Un autre rapport se profile : celui du chef de la diplomatie européenne, Javier Solana, à propos de la réponse de l'Iran à une offre de coopération des grandes puissances, transmise en juin 2006, mais dont la condition préalable est la suspension par Téhéran des activités d'enrichissement d'uranium.
STRATÉGIE D'ENDIGUEMENT
En dépit des luttes d'influence apparues au sein du régime des mollahs, l'Iran a officiellement refusé toute forme de suspension de ses activités d'enrichissement, contrairement aux demandes qui lui ont été signifiées par le Conseil de sécurité de l'ONU depuis juillet 2006. Si l'un ou l'autre des rapports de M. ElBaradei et de M. Solana est négatif, disent les diplomates occidentaux, alors le Conseil de sécurité prendra un troisième train de sanctions, après celles qui ont déjà été votées, en décembre 2006 puis en mars.
Face à l'Iran, les Etats-Unis ont déployé une stratégie d'endiguement comportant plusieurs éléments : déploiement de porte-avions dans le Golfe, efforts pour rallier les Etats arabes sunnites "modérés" contre Téhéran, sanctions à l'ONU et campagne d'étranglement financier visant à détourner les banques et firmes internationales de l'Iran. Washington affirme à la fois que "toutes les options sont sur la table", y compris l'option militaire, et que la diplomatie doit suivre son cours.
Une course contre la montre est ainsi engagée. Des diplomates qui suivent de près le dossier affirment que le seuil des 3 000 centrifugeuses a été atteint en octobre, dans l'usine iranienne d'enrichissement d'uranium de Natanz. Théoriquement, ce volume permet à l'Iran de produire, en l'espace d'un an, assez de matière fissile pour fabriquer une bombe nucléaire.
La France accusée à l'ONU de "légitimer le racisme"
LE MONDE | 09.11.07 | Philippe Bolopion
Au cours d'une session de la troisième commission de l'Assemblée générale des Nations unies, Doudou Diène, le rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme, la discrimination raciale et la xénophobie, s'en est pris, mercredi 7 novembre, au président français, Nicolas Sarkozy, qu'il a accusé de s'être inscrit dans "une dynamique de légitimation du racisme". M. Diène s'exprimait sur "la recrudescence des phénomènes de racisme à travers le monde" et sur leur "banalisation politique", voire leur "légitimation démocratique".
M. Diène a sévèrement critiqué le discours prononcé à Dakar le 2 juillet par M. Sarkozy. Dans cette allocution, le président français avait dénoncé l'esclavage et les effets pervers de la colonisation tout en estimant que "le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire" et que "jamais il ne s'élance vers l'avenir".
ACCUSATIONS "INFONDÉES"
Doudou Diène, qui dépend du Conseil des droits de l'homme de Genève, a, selon le communiqué officiel, placé le discours de M. Sarkozy dans le contexte des propos du Prix Nobel de médecine James Watson sur la prétendue infériorité intellectuelle des personnes d'ascendance africaine. Ces deux éléments illustrent, selon le rapporteur sénégalais, "la recrudescence des phénomènes et des manifestations de racisme" et participent d'une "légitimation intellectuelle du racisme".
M. Diène a également dénoncé "la criminalisation et le traitement exclusivement sécuritaire des questions relatives à l'immigration". "En France, le projet de loi introduisant les tests ADN dans la procédure de traitement administratif des postulants au regroupement familial constitue aussi une illustration de cette stigmatisation de l'immigré", a-t-il ajouté.
Le représentant de la France au sein de la troisième commission a répliqué en jugeant les accusations du rapporteur "infondées et irresponsables". Le président français "a réaffirmé dans ses discours et ses actes que la lutte contre le racisme faisait partie de ses priorités", a expliqué le diplomate, qui a assuré que les tests ADN ne seraient pratiqués que "sur une base volontaire".
Doudou Diène a repris la parole pour affirmer qu'"il était essentiel que le président français, Nicolas Sarkozy, sache que le discours de Dakar a causé une blessure profonde". "Dire devant des intellectuels africains qu'ils ne sont pas entrés dans l'histoire s'inspire des écrits racistes des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles", a ajouté le rapporteur.
