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samedi 10 novembre 2007

L'État en économisant sur les contrats d'insertion, remet en cause toute la politique d’insertion

Ouest-France 09/11/07- Monique GIRARD.

Les contrats aidés sont revus à la baisse. Au point que leur renouvellement n'est plus automatique. Les Régions doivent faire avec l'enveloppe budgétaire.

Mauvaise surprise pour Sophie. Son Contrat d'accompagnement dans l'emploi (CAE), prévu pour deux ans, ne sera pas renouvelé. Le 4 décembre, cette jeune mère de famille devra pointer à l'ANPE. « Je l'ai appris par l'association pour laquelle je suis chargée de mission depuis un an. »

C'est en sollicitant la reconduction du contrat de Sophie auprès de l'ANPE que Maxime Apostolo, directeur de Pulsart, a été alerté. « Nous nous sommes engagés à pérenniser le poste, à l'issue des deux ans, et nous apprenons, à trois semaines du terme, que les renouvellements et les nouveaux contrats aidés sont suspendus, voire supprimés. »

« Ce n'est pas un guichet ouvert »

« Les structures associatives sont au pied du mur », s'insurge le directeur rennais. Plus grave, « des salariés se retrouvent au chômage, sans aucun préavis. C'est toute la politique d'insertion qui est remise en cause ».

Le but de ces contrats, souvent à temps partiel, est d'aider les chômeurs et les RMistes à reprendre pied sur le marché du travail. Ils permettent aux employeurs privés (Contrat initiative emploi, CI-RMA) et surtout publics ou associatifs (CAE, contrat d'avenir) de bénéficier d'une prise en charge par l'État allant de 31,5 % à 90 % du coût du salaire et des cotisations. C'est aussi un bon moyen pour faire baisser le chômage, ces salariés n'étant pas comptabilisés comme chômeurs.

Selon une étude du ministère de l'Emploi (Dares), publiée en octobre, la France a connu, en 2006, une « forte hausse des embauches », avec 358 000 nouveaux contrats aidés signés (247 000 en 2005), dont pas moins de 162 000 CAE. Le ministère estime avoir été trop loin. Bercy a annoncé, cet été, la réduction d'un tiers des contrats aidés, utilisés généralement pour des missions sociales par des associations et organismes publics. Il est vrai que les vannes avaient été largement ouvertes pour embaucher des agents administratifs dans l'Éducation nationale notamment. Les contrats d'avenir ont fait un bond spectaculaire l'an dernier : 94 000 CA ont été conclus contre 18 000 en 2005.

L'enveloppe attribuée par l'État a donc fondu comme neige au soleil. Plus vite dans certains départements, comme en Vendée (1 000 personnes en contrat aidé). Pour sortir de cette situation, le préfet des Pays de la Loire a tranché. Il a fait jouer la solidarité, piochant dans les secteurs qui ont moins consommé.

En attendant le contrat unique d'insertion, « pas avant 2009 », les contrats aidés continueront en 2008, affirme le cabinet de Christine Lagarde. Tout en précisant que « le renouvellement n'est pas automatique. Il se fait au cas par cas ». Les instructions de la ministre sont claires. Il n'y aura pas de rallonge et chaque Région devra respecter l'enveloppe allouée. « Ce n'est pas un guichet ouvert. »

Posté par werdna à 00:04 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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