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vendredi 9 novembre 2007

Belgique Flamands et Wallons : Albert II demande un dialogue

NOUVELOBS. |  08 11.2007 |

Au lendemain du vote d'un texte supprimant des droits aux francophones vivant en périphérie flamande de Bruxelles, le roi demande aux présidents des deux chambres du Parlement d'entamer un "dialogue" sur les institutions.

Le roi des Belges Albert II a demandé jeudi 8 novembre aux présidents des deux chambres du Parlement d'entamer un "dialogue" sur les institutions du pays afin de "renforcer la cohésion" entre Flamands et francophones.
Albert II demandera ce week-end aux présidents de la Chambre et du Sénat de "prendre une initiative afin d'entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés", selon un communiqué du palais.

Leterme à la peine depuis cinq mois
Ce communiqué a été diffusé après que le roi eut reçu le dirigeant chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, qui tente en vain depuis cinq mois de former un gouvernement fédéral.
Le roi lui a demandé de "poursuivre sa tâche afin qu'un gouvernement fédéral puisse être rapidement constitué", selon le communiqué.
"Ceci est important pour le bien-être de tous les citoyens de notre pays, pour la crédibilité de la Belgique et sa nécessaire cohésion", ajoute ce communiqué.
Ces décisions interviennent au lendemain d'un vote par les députés flamands d'un texte supprimant certains droits pour les francophones vivant en périphérie flamande de Bruxelles, qui a marqué une rupture avec la tradition du compromis en Belgique.


La scission d'un arrondissement
Le texte adopté prévoit la scission de l'arrondissement électoral de Bruxelles Hal Vilvorde (BHV). Cet arrondissement réunit Bruxelles, ville majoritairement francophone, et 35 communes flamandes de sa périphérie.
S'il est effectivement scindé, ce que les francophones ont toujours refusé, les quelque 120.000 francophones vivant en périphérie flamande perdraient la possibilité de voter pour des candidats francophones aux élections législatives.
Bien que les francophones disposent de plusieurs mécanismes légaux pour bloquer pendant plusieurs mois la scission effective de BHV, certains de leurs responsables politiques ont prévenu qu'un tel vote constituerait un "acte de guerre" qui pourrait torpiller définitivement les négociations sur la formation d'un gouvernement fédéral.

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Pays basque - Vent d'inquiétude chez les salariés de SAGEM

SUD-OUEST 9 novembre 2007

MOUGUERRE. -- Les salariés de Sagem rejettent le projet de cession de leur groupe au fonds d'investissement américain Gores Group. Ils ont débrayé une heure hier
La tenue d'un comité central d'entreprise (CCE) de Sagem Communication, mercredi à Paris, n'a pas calmé l'inquiétude qui a gagné les salariés depuis l'annonce de la probable cession du groupe à un fonds d'investissement américain, Gores Group (voir S.O. du 30 octobre).
Hier matin, une bonne centaine d'employés du site de Mouguerre ont débrayé pendant une heure, le temps d'écouter les rapports des différents délégués syndicaux, rentrés dans la nuit de la capitale. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les projets évoqués la veille, par la direction de Sagem Communication, ont laissé les personnels circonspects.

Prêteur à gages. «La première information, c'est qu'il ne s'agit pas d'une cession, mais d'une scission, c'est en fait notre direction générale qui veut quitter le groupe Safran pour se jeter dans les bras des Américains, ce n'est en tout cas pas Safran qui veut nous pousser vers la sortie» note Serge Voise, délégué de Force Ouvrière. «Il faut savoir par ailleurs que la vente n'est pas encore faite, mais seulement en cours de négociation».
Autre élément rapporté de ce CCE parisien, l'intervention de Gores Group, si elle se concrétisait, se présenterait non pas comme une acquisition capitalistique, mais sur la base d'un emprunt obligataire. Autrement dit, l'Américain agirait comme un prêteur à gages, sur une durée relativement courte -3 à 5 ans- et avec la garantie d'un retour sur investissement de 8%.
Que se passera-t-il ensuite? A fortiori si l'objectif des 8% n'est pas atteint? Autant de questions qui ont agité les rangs hier matin, d'autant que les représentants du personnel ont été unanimes à souligner le fait que le montage financier qui leur avait été présenté la veille ne relevait pas de la plus grande clarté.
«C'était extrêmement compliqué à comprendre, il faudra d'ailleurs que nous fassions appel à un expert pour démêler tout cela» commentait Jean-Michel Goyheneche, de la CGT, plutôt perplexe également quant au projet de développement proposé par Sagem Communication. «L'argent apporté par l'investisseur américain doit permettre l'acquisition de trois autres sociétés en Europe, sur lesquelles nous ne savons rien, si ce n'est qu'elles ne sont pas forcément rentables».

Manque de visibilité. «Tout cela manque de visibilité et ne relève que d'une stratégie financière, sans projet industriel» regrette Dominique Labadie, de la CFDT. «Avec Gores Group, on ne sait pas où l'on va. Tout ce qu'on nous propose, c'est un saut dans l'inconnu».

Face à cet océan d'incertitude, l'intersyndicale de Mouguerre a adopté hier matin une motion dans laquelle elle fait connaître à Patrick Sevian, le PDG de Sagem Communication, son «hostilité au projet de sortie du groupe Safran et à l'entrée du prêteur à gages Gores Group». Solllicitée par nos soins, la direction de Sagem Communication n'a pas souhaité communiqué sur ce comité central d'entreprise.
500 salariés. SAGEM emploie environ 500 personnes à Mouguerre, dont 300 titulaires et 200 intérimaires.

L'usine produit des pièces électroniques de haute technologie, principalement des décodeurs pour la TNT et des routeurs numériques. Elle n'a en revanche aucune activité liée à la téléphonie mobile.
La société appartient à Sagem Communication, qui emploie environ 6 500 personnes et est spécialisée dans l'ensemble des activités de haut débit .
Sagem Communication fait partie du groupe Safran, né il y a deux ans de la fusion entre Snecma (aéronautique) et Sagem (électronique).

Celui-ci pèse 11 milliards d'euros de chiffre d'affaires, emploie 62 000 salariés et est présent dans 30 pays.

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JUSTICE. --Le député UMP Jean-Louis Léonard reste sarkozyste mais la réforme de la justice le met en colère

SUD-OUEST Charente-maritime 9 novembre 2007
« Je suis libre » Jean-Louis Léonard, député UMP, persiste et signe : si, comme annoncé (« Sud Ouest » d'hier), la suppression du tribunal de grande instance de Rochefort est confirmée lundi à Poitiers par la ministre Rachida Dati, il ne votera pas le budget de la justice. Quelques autres parlementaires ont également affirmé qu'ils agiraient de même.

Pas besoin de l'UMP. Symbolique, ce refus traduit tout de même une forme de rébellion dont le député ne comprend même pas que, de sa part, elle puisse étonner. « Je n'ai jamais été un godillot, se défend-il. J'ai toujours dit ce que je pensais. Par exemple, je n'ai pas voté le principe de précaution. J'étais surtout hostile à son inscription dans la Constitution, c'est une source de conflits. Vous savez, certains élus sont tenus, pas moi. En fait, il y a deux sortes d'élus. Ceux qui vont chercher leur mandat dans un parti et ceux qui apportent leur mandat au parti. J'appartiens à la deuxième catégorie. Je n'ai pas besoin de l'UMP pour être élu. Je suis très libre. »
A fond pour Sarkozy mais? Cette contestation ne l'empêche pas de plaider plus globalement pour la politique de Nicolas Sarkozy : « J'ai toujours été proche de lui, tout en reconnaissant ses défauts. Et maintenant, je suis à fond derrière lui. Mais pas pour cette réforme de la carte judiciaire. Certes, la justice a besoin d'être réformée mais pas comme cela. Personne jusqu'à présent ne m'a donné d'arguments tangibles et crédibles pour justifier la supression du tribunal de grande instance de Rochefort. C'est seulement
dogmatique. Il y a trois TGI en Charente-Maritime, celui de Rochefort est situé entre Saintes et La Rochelle, son activité est un peu inférieure à celles des deux autres, donc on le sacrifie. Il n'y a pas de logique et moi, l'ingénieur, cela me fait bondir ». 

Inutile et onéreux. Il dénonce en outre une « vision parisienne » très contestable en matière d'aménagement du territoire. Et d'insister : « Cette suppression est inutile. Et elle va coûter très cher. Autant, à Rochefort, on aurait pu trouver de la place pour agrandir, autant, à La Rochelle, c'est exclu. Il faudra donc, pour accueillir le tribunal de grande instance de Rochefort, construire une cité judiciaire. Cela coûtera quelque 18 millions d'euros. Sans parler du fonctionnement. Et de la pollution occasionnée par les nouveaux déplacements que cela induira. Si on faisait le bilan carbone de cette opération, on verrait? » Le député estime en outre que « c'est un coup dur pour Rochefort, qui n'a pas besoin de ça ».

Continuer le combat. Aux côtés des avocats, de nombreux élus de tous bords et d'habitants rochefortais dont beaucoup de commerçants, Jean-Louis Léonard a défilé dans les rues de Rochefort. À la fin de la manifestation, il a exhorté à poursuivre la lutte : « La guerre n'est pas perdue. Dans une réforme, il y a un calendrier. La fermeture du TGI est programmée pour janvier 2011. Croyez-vous que l'État soit en mesure de transférer ce TGI à cette date ? Sûrement pas. Cela va nous permettre de continuer le combat. »

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Quand Sarkozy file aux Etats-Unis, PPDA prend l'avion... pour aller interviewer Bush.

A. K. - 20 minutes 08/11/2007

Un interview qui a été diffusée hier soir au JT. Le temps d'un aller-retour éclair dans la salle des Cartes de la Maison Blanche et le présentateur de TF1 ne s'est fait remplacer que mardi par Harry Roselmack, arrivant au ras de l'antenne mercredi pour la préparation du JT.

Au final, les téléspectateurs auront pu entendre « W. » parler de lutte contre le terrorisme et dire tout le bien qu'il pense du nouveau président français « sérieux, formidable, passionnant ». De la belle ouvrage de journaliste en phase avec le déplacement du président français.

Des compliments qui tombent bien : Bush estime en effet que Sarkozy « est comme lui » !

Est-il compensé CO 2 ce voyage/interview ?

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Bruxelles remet en cause le plan d'aide à la pêche français

[ 08/11/07  - 17H30  ] Les Echos

Jugé acceptable dans les grandes lignes la veille, le plan français d'aide à la pêche est finalement remis en cause par Bruxelles   

La Commission européenne ne semble pas convaincue de la légalité du mécanisme envisagé par le gouvernement français pour compenser la hausse du prix du gazole. La veille, pourtant, l'exécutif européen ne remettait pas en cause la compatibilité de la loi avec les règles communautaires.

Depuis, Bruxelles dispose "d'autres éléments" lui permettant de considérer le plan français comme étant "une aide au fonctionnement (qui) ne serait pas compatible avec les règles communautaires sur les aides d'Etat". D'après Mirielle Thom, en charge du dossier pêche au sein de la Commission européenne, l'aide proposée par le gouvernement français n'est valable "que dans certaines conditions, dans le cadre de plan de sauvetage et de restructuration des entreprises en difficulté". Au passage, Mme Thom préconise au gouvernement français de se pencher sur la "restructuration du secteur de la pêche" estimant que la solution "n'est pas de donner des subventions mais de s'attaquer aux problèmes de fond".

Hier, les pêcheurs avaient décidé de reprendre le travail après plusieurs jours de grève suite aux propositions du ministre de la Pêche, Michel Barnier. Ce dernier avait affirmé sa volonté de compenser la hausse du gazole par la mise en place d'un mécanisme "durable de compensation des surcoûts du gazole" censé assurer "un seuil de rentabilité satisfaisant". Cette masure doit être mise en place "avant la fin de l'année". Entre-temps et pour répondre aux attentes des professionnels de la pêche, Mr Barnier avait assuré que la mise en place des exonérations des charges patronales et salariales seraient applicables "jusqu'à ce que le mécanisme de compensation [...] soit mis en place".

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La carte des pauvres de France

Stéphanie PLATAT LIBERATION jeudi 8 novembre 2007

Le Secours catholique vient de publier des statistiques sur ses bénéficiaires. Où il apparaît que la typologie de la pauvreté varie selon les régions de France.

Téléchargez le rapport du Secours Catholique «Géographie de la pauvreté» (pdf)

Le Secours catholique en France a accueilli l'année dernière 667.400 personnes dans un grand besoin. Ce qui équivaut, en comptant la famille, environ à 1.550.000 personnes à secourir. Un chiffre en baisse de 4% par rapport à 2005. L'association vient de publier ses statistiques 2006 sur les gens en souffrance qu'elle aide régulièrement. Elle en est arrivée à dessiner une carte de France de la pauvreté.

Origine, situation de famille, revenus, âge... pas de révolution dans ce qui crée et entretient la pauvreté en France, puisque ce sont à peu près les mêmes profils que l'on retrouve dans chaque étude. Toutefois, pour la première fois  cette année, celle-ci met en lumière la carte de France de la pauvreté, par régions, avec des «catégories» de pauvreté différentes suivant que l'on vit dans une région rurale ou fortement urbanisée notamment.

Globalement, les bénéficiaires de l'aide du Secours catholique dépassent les 40 ans. Pour une majeure partie d'entre eux, il y a monoparentalité (près de 30%). Ainsi, pour les trois-quarts des ménages, il n'y a qu'un seul adulte pour assumer la charge de famille. A noter que, cette année, le nombre de pères isolés est en augmentation sensible.

Pour ce qui est de la situation professionnelle, le Secours catholique a remarqué que les demandeurs d'emploi étaient plus nombreux que les années précédentes à demander son aide (43,1%). Ceux qui travaillent sont généralement à temps partiel. Conséquence : puisque le nombre de demandeurs d'emploi a augmenté parmi les bénéficiaires de l'aide du Secours catholique, l'association a aussi noté une augmentation du nombre de demandeurs qui ne vivent que grâce aux aides sociales (transferts sociaux).

Un niveau de ressources particulièrement chiche donc, pour preuve le nombre de ceux qui se situent en dessous du seuil de pauvreté. En 2002, ce seuil (établi pas l'Insee) était de 788 euros. En 2002, ils étaient 92% à être en dessous. En 2006, ils sont 91%, le seuil de pauvreté s'établissant cette fois aux alentours de 817 euros. 97% de ceux qui ne vivent que de versements sociaux se situaient en dessous du seuil.

Enfin, 64% des Français ayant fait appel au Secours catholique l'année dernière connaissaient des retards de paiement. Le loyer arrive en tête des non payés, suivi par la facture d'électricité. Ces retards équivalent à près de deux mois de salaire. Même si le pourcentage de dettes a augmenté, celles-ci sont moins lourdes que par le passé.

Le Secours catholique regroupe 103 délégations pour 4000 équipes locales. Un maillage de la France bien assuré, qui permet de faire apparaître des poches de pauvreté aux profils différents suivant les régions. Dans le Nord, les pauvres sont souvent en famille nombreuse. Et souvent, seule la mère est présente dans le foyer. C'est là aussi qu'il y a le plus d'inactifs au foyer, et que 92 à 95,8% de ceux qui ont eu recours au Secours sont en dessous du seuil de pauvreté.

La pauvreté de l'ouest de la France, de la Bourgogne et de l'Alsace touche particulièrement les jeunes, en rupture familiale pour la plupart. Les victimes sont plus âgées en Île-de-France, en Aquitaine, dans le Limousin, ou dans le bassin méditerranéen. Dans la région Paca, elles ont plus de 60 ans, leur pauvreté est due à la modestie de leur retraite. On rencontre ainsi beaucoup de femmes qui ne touchent que des pensions de réversion, ou des hommes âgés qui n'ont pour ressources que le RMI et qui se retrouvent seuls.

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Un rapport de la cour des Comptes accable la gestion de l'Etat en banlieue

Libération mercredi 7 novembre 2007

Dans un rapport rendu public aujourd'hui, la Cour des comptes épingle les retards dans le financement des crédits atribués aux associations, les lourdeurs administratives, le désengagement de l'Etat.

Un rapport de la Cour des comptes, qui doit être publié aujourd'hui et que s'est procuré Le Parisien. dresse un tableau accablant de la gestion des fonds attribués par l'Etat aux banlieues depuis cinq ans. Dysfonctionnements, retards de paiements aux associations, opacité, enchevêtrement des dispositifs, lourdeur des dispositifs, inconstance des politiques, désengagement de l'Etat avant les émeutes... L'enquête pointe l'échec  de la politique de la Ville depuis cinq ans (un précédent rapport de 2002 épinglait déjà les dysfonctionnements), alors que la secrétaire d'Etat à la Politique de la Ville, Fadela Amara, doit présenter en janvier un nouveau plan banlieue.

S'agissant des retards de paiements aux associations, le rapport révèle que les crédits, promis pour le début de l'année, arrivent généralement six mois plus tard. Dans une interview accordée au quotidien, Fadela Amara indique que le paiement en début d'année est l'un des objectifs de son plan banlieue: «On va mettre le paquet là-dessus. Mais attention, c'est pas la fête au village! il y aura une exigence de résultats.»

Sur la complexité de la politiques de la ville, la ministre réagit: «On ne capte rien aux sigles. Il faut être bac+10 pour comprendre (...). Il faut simplifier, démocratiser tout ça.» Elle estime par ailleurs que le rapport est «de bon conseil» et pourra «permettre d'éviter de refaire les erreurs du passé».

Concernant «l'inconstance des politiques», la Cour des compte propose de créer un ministère d'Etat dont le périmètre ne changerait pas pendant dix ans, afin de donner «un cadre stable à la politique de la ville et d'en évaluer les résultats». Depuis 1990, 19 ministres ou secrétaires d'Etat ont été en charge de la Politique de la ville, rappelle Le Parisien.

Enfin, la Cour des comptes épingle l'Etat sur son désengagement avant les émeutes de novembre 2005. Il précise que le Comité interministériel des villes, qui doit fixer les grandes lignes de la politique de la ville et son budget, réuni sept fois alors que Lionel Jospin était Premier ministre, n'a jamais été convoqué par Jean-Pierre Raffarin entre 2002 et 2005.

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Le oui socialiste sur la voie de droite

Europe. En choisissant d’approuver le traité, le PS s’éloigne un peu plus de la gauche.

Point de Vue - MICHEL ONFRAY –jeudi 8 novembre 2007

La trêve présidentielle terminée, le Parti socialiste retrouve ses vieux démons et ne sait plus comment se démarquer de façon crédible du libéral Sarkozy. Des ministres débauchés, des hommes de main appointés dans des commissions Théodule, des sympathisants socialistes embauchés, le parti de Hollande ne sait plus comment faire croire qu’il pourrait être encore de gauche…

Sur l’Europe par exemple : comment dire comme Sarkozy, autrement dit voter son texte, tout en laissant croire qu’on n’a rien à voir avec lui, sa politique et son gouvernement ? De quelle façon distinguer le oui sarkozyste du oui socialiste ?

Bobos. Le problème du PS, désormais dans l’opposition pour un long temps, n’est pas, semble-t-il, de se refonder au regard des idées ou d’une thématique qui reprendrait les fondamentaux socialistes, mais de reconquérir le pouvoir le regard braqué sur les sondages et les études d’opinion. Dès lors, comment tenir les deux bouts : l’alignement sur la politique européenne de Sarkozy, et une franche et claire opposition sur le fond ? Et ne pas donner aux électeurs l’impression que, sur ce sujet comme sur tant d’autres, Sarkozy et le PS dans son aile droite, c’est blanc bonnet et bonnet blanc ?

L’aile gauche du PS gagnerait à relire La Boétie qui écrivait : «Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres.» Elle est instrumentalisée par les instances dirigeantes du parti pour donner une caution de gauche à une formation politique qui a depuis longtemps cessé de parler aux classes défavorisées en ne s’adressant plus qu’aux bobos, alors que ceux-ci sont plutôt séduits par la franchise molle de François Bayrou.

Comme dans les haras à la saison de monte, l’aile gauche du PS sert depuis longtemps de boute-en-train à l’aile droite du parti qui, elle, jouit sans entraves ! Cette gauche gagnante du référendum est tout aussi négligée, méprisée, oubliée que le peuple français qui s’est exprimé. Le PS, qui va voter oui, redit que sa famille est moins le peuple souverain que la caste des politiciens de profession qui, droite et gauche confondues, peuvent légitimement prétendre aux affaires et qui, pour cette raison électoraliste, ne gâchent pas leurs chances et n’insultent pas l’avenir en s’affichant avec les gueux du non.

Que cette aile gauche du PS, qui est l’honneur des socialistes, cesse de servir de supplétif et qu’elle ramène à elle un parti qui, alors, pourra se réclamer de Jaurès en empêchant que Sarkozy le fasse à sa place…

Le projet d’Olivier Besancenot de créer un rassemblement de gauche au-dessus (au-delà ?) des partis pourrait, s’il se fait loin de l’esprit de boutique des groupuscules, sans souci d’ego, en ignorant la trivialité de la survie des petits partis (ce qui est beaucoup demander…), cristalliser une véritable opposition de gauche à la politique de Sarkozy en même temps que faire prendre conscience au PS qu’il aurait ainsi des voix à récupérer sur sa gauche et non sur sa droite, autrement dit à droite… Une gauche véritablement incompatible avec Sarkozy, avec Bayrou, avec une partie de Le Pen, donc une gauche antinomique à celle de Ségolène Royal, fournirait une force à ce qui, pour l’instant, menace d’un débordement protestataire dans la rue.

Suffrage. Dans cette logique d’un double déni sarkozyste et socialiste de l’expression du suffrage universel, il ne faudra pas s’étonner que les choses se passent désormais dans la rue. Les semaines revendicatives qui s’annoncent le rappelleront à ceux qui auraient eu le tort de l’avoir oublié trop vite…

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La peur, raison d’être du ministère de Brice Hortefeux

MARC CRÉPON - Libération jeudi 8 novembre 2007

Un ministère au bilan très controversé

Brice Hortefeux a défendu son très controversé ministère de l'Immigration, de l'Intégration et de l'Identité nationale, annonçant plusieurs actions, une nouvelle organisation et défendant à coups de statistiques son premier bilan.

Il a notamment annoncé être parvenu à 18.600 expulsions d'étrangers en situation irrégulière - le ministre emploie le terme "d'éloignements" - pour les dix premiers mois de 2007, un chiffre inférieur à l'objectif de 25.000 et au chiffre de 2006 (23.800).

Ce ministère voulu par Nicolas Sarkozy, premier du genre dans l'histoire du pays, est attaqué dans ses fondements par la gauche et par certains élus du centre, qui considèrent qu'évoquer "l'identité nationale" renvoie à une idéologie d'extrême-droite.

Concernant les expulsions d'étrangers illégaux, le ministre a confirmé qu'il s'agissait d'un des principaux objectifs de son ministère, mais a assuré qu'il n'avait encore fixé aucun objectif pour 2008. Plusieurs organes de presse affirment au contraire que des objectifs très élevés ont déjà été fixés et que Nicolas Sarkozy a exigé de son ministre des résultats sur ce terrain qu'il juge crucial.

Une culture de la peur. Le bilan du ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale, de l’Intégration et du Codéveloppement, que Brice Hortefeux présente est d’abord et avant tout celui d’une «culture de la peur» qui affecte très certainement toutes les démocraties occidentales, mais qu’il aura exemplifié et amplifié, à plus d’un titre, depuis sa formation.

Amalgame. D’abord, l’annonce et la promesse fracassante de sa création ne sont pas séparables d’une stratégie électorale qui aura consisté depuis le début à focaliser sinon détourner l’attention d’une partie de l’électorat sur ce que le sociologue Zygmunt Baumann appelle des «cibles de substitution», dans un étrange amalgame qui mêle, depuis toujours, immigration et délinquance. Elle aura consisté à institutionnaliser l’idée que les immigrés constituent une «menace» pour une «identité nationale», qu’elle aura voulue homogène et repliée sur elle-même, dans le déni de son hétérogénéité constitutive. Elle aura parié ainsi sur les effets électoraux de «la peur des étrangers».

Mais il faut aller plus loin : s’il est vrai que cette peur désigne la raison d’être de ce ministère, le génitif doit y être entendu au double sens d’un génitif subjectif et objectif. La peur, ce n’est pas seulement celle que l’on prête aux citoyens ayant droit de cité et à leur supposé besoin de sécurité et d’identité, dans une dangereuse confusion. C’est aussi et prioritairement celle des étrangers eux-mêmes – ceux qui voient s’aggraver, année après année, les règles d’une hospitalité devenue de plus en plus conditionnelle.

Ce qu’il faut comprendre alors, c’est le caractère anxiogène de ces conditions, telles qu’elles ont été proposées et votées, que celles-ci portent sur la langue, sur la culture ou sur la famille. Qu’il s’agisse d’entrer ou de rester sur le territoire, être étranger signifie aujourd’hui, en France, vivre dans la crainte de ne pas ou de ne plus remplir ces conditions, et donc vivre dans la terreur des expulsions, comme l’a rappelé, ces derniers mois, la récurrence d’actes désespérés (la défenestration de Chulan Liu le 20 septembre et celle du jeune Ivan, le 9 août, et encore mardi celle d’un jeune Sénégalais à Marseille).

Telle est, au demeurant, la raison ultime de l’acharnement gouvernemental à maintenir l’amendement sur les tests ADN : prouver qu’il n’est pas disposé à reculer sur le front de l’accroissement des conditions. Parier sur la crainte, comme le fait la politique de l’immigration que ce ministère a reçu mission de promulguer et de faire appliquer par une administration soumise à la pression de quotas imposés, c’est donc parier, comme l’aura toujours fait toute culture de la peur, sur son caractère dissuasif.

Frontière. Reste alors une dernière forme d’inquiétude : celle qui devrait affecter en droit tous les citoyens qui assistent impuissants à l’aggravation de ces conditions. Ce que celle-ci affecte, en effet, ce n’est rien d’autre que la frontière infiniment fragile qui sépare la démocratie des régimes dont, par essence, elle doit rester distincte. En démocratie, la souveraineté ne reste démocratique que tant qu’elle n’est soumise à aucune condition d’appartenance (que celle-ci soit d’ordre ethnique, linguistique, culturel ou autre). C’est ce principe qui est aujourd’hui remis en question.

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Les images violentes rendent les petits garçons agressifs

LE MONDE | 07.11.07

La question est récurrente : la violence des images diffusées par la télévision a-t-elle un effet négatif sur les enfants ?  Exposer des petits à des programmes - JT, dessins animés, fictions - comportant des scènes de violence les prédispose-t-il à des comportements agressifs ?

Une étude menée aux Etats-Unis auprès de 184 garçons et 146 filles et publiée lundi 5 novembre par la revue médicale américaine Pediatrics donne des arguments à ceux qui considèrent que les images télévisées peuvent induire une perturbation psychologique chez les enfants.

Selon cette enquête réalisée par deux chercheurs du département de pédiatrie de l'hôpital pour enfants de Seattle (Washington), Dimitri Christakis et Frederick Zimmerman, les garçons âgés de 2 à 5 ans qui sont exposés à des programmes télévisés violents ont plus de probabilité que les autres de développer entre 7 et 10 ans des comportements agressifs.

"Nous avons découvert que plus les enfants qui ne sont pas encore en âge d'être scolarisés regardent des émissions de télévision violentes, plus ils seront enclins à avoir des comportements antisociaux - agressivité, désobéissance, tendance à s'attirer des ennuis - une fois qu'ils vont à l'école", a déclaré Dimitri Christakis, qui considère que les dessins animés "sont les principaux coupables".

ABSENCE DE CONTRÔLE  Pour le chercheur, ce type de programmes, que les parents laissent leurs enfants regarder en toute confiance et où l'on voit des personnages retomber sur leurs pieds après avoir parfois affronté des catastrophes, "véhiculent une fausse impression sur la violence dans la vie réelle".

L'étude précise que les petits garçons sont particulièrement sensibles à ce type d'influence, et que ni les petites filles qui ont regardé des programmes violents ni les garçons qui ont été exposés à des programmes non violents ou à des émissions éducatives ne faisaient preuve de la même agressivité plus tard.

Depuis lundi, France 5 propose dans le magazine quotidien "Les Maternelles", une série de quatre reportages sur le sujet, intitulée "Les écrans en accusation". Aux Etats-Unis, au Canada et en France, Sarah Lebas et Richard Puech, journalistes de l'agence Capa, ont rencontré des spécialistes de l'analyse des médias, des parents, et des responsables associatifs qui réfléchissent aux effets des images violentes sur le cerveau des enfants. Pour certains, le problème n'est pas tant la violence des scènes montrées à la télévision que l'absence de contrôle, d'accompagnement ou d'explication de la part des parents.

"Les écrans en accusation", jeudi 8 et vendredi 9 novembre à 9 h 45 dans "Les Maternelles" sur France 5..

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