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mardi 6 novembre 2007

Un livret de famille nommé mouchard

CHARLOTTE ROTMAN Libération mardi 6 novembre 2007

Comme de nombreux parents adoptifs, Christian et Jeanne ont découvert récemment que leur livret de famille n’était pas comme les autres. Ils sont les parents d’une petite fille, née en Chine et arrivée au printemps 2006. Le livret de famille, qui a suivi quelques mois plus tard, mentionnait que l’enfant était adoptée.

«Adoptée ou pas adoptée, c’est ma fille, explique Christian. Déjà dans la rue les regards sont insistants, il n’y a pas besoin que l’adoption soit stipulée dans le livret de famille, en plus.» Cette inscription est illégale selon l’association Enfance et familles d’adoption (EFA), saisie par plusieurs centaines de familles. Jusque-là, à la lecture d’un livret, rien ne différenciait un enfant adopté d’un enfant conçu par ses parents, la loi protégeant (en cas d’adoption plénière) une fiction autour de la filiation. EFA a demandé le retrait de cette mention. Et assure que la chancellerie a promis de nouveaux livrets.

«Fragilisés». «Un livret de famille, on s’en sert dans les démarches de la vie courante. Or, on n’a pas forcément à savoir le mode d’entrée dans la famille de chaque enfant : qu’il soit fabriqué à la maison ou adopté», estime Janice Peyré. La présidente d’EFA a donc écrit au procureur de Nantes (qui gère les états civils des personnes nées à l’étranger), ainsi qu’à la chancellerie. Mais le débat sur la vérification ADN dans le cadre du regroupement familial est venu aviver la sensibilité des adoptants. «A cette occasion, on a affirmé que c’est la génétique qui fonde la famille. On a écarté les autres formes de lien, explique Janice Peyré. Parfois les adoptants ne sont pas considérés comme de vrais parents, ce débat politique les a fragilisés. Et là-dessus, un document officiel mentionne que votre enfant a été adopté, cela nous déstabilise.»

«Histoire». Pourquoi ne pas voir cette erreur comme une occasion de dévoiler les conditions de naissance sans maintenir de version officielle ? «Une adoption, ce n’est pas une page blanche qu’on réécrit. Il y a le jugement, les enfants savent leur histoire», répond EFA. «On ne veut pas de mentions différentes des autres enfants, tranche Janice Peyré. Mais on voudrait bien d’une mention (pour tous) qui indiquerait “fils de” à la place de “né de”.» Une piste ?

Posté par werdna à 11:48 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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