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lundi 5 novembre 2007

La mise en place du dossier médical personnel repoussée de 10 ans pour mauvaise gestion du projet !

PARIS (AFP) - 31/10/2007

La mise en place complète du dossier médical personnel (DMP), entamée en 2004, véritable "anti-modèle de gestion publique", nécessitera "au moins une dizaine d'années", selon le pré-rapport d'une mission interministérielle dévoilé mercredi par Le Point.

Le document, dont l'AFP s'est procuré une copie, dénonce, entre autres, "l'irréalisme" des objectifs initiaux du projet, dont celui d'une mise en place en 2007, "à l'évidence hors d'atteinte, mais constamment affichés par les ministres successifs". Il se prononce toutefois pour sa "relance", à condition de le faire "dans le bon ordre".

Pour y parvenir, il faudrait notamment "déclarer sans suite l'appel d'offres en cours sur l'hébergeur" informatique principal, le processus actuel pouvant entraîner des risques ".

De leur côté, les ministères de la Santé et des Comptes publics ont fait savoir que ces "premiers éléments du rapport" étaient "d'ores et déjà à l'étude par les ministres". Le gouvernement fera part "de ses premiers arbitrages" dans les "prochains jours" après la remise du rapport définitif, ont-ils indiqué.

La réforme de l'assurance maladie de 2004 prévoyait que chaque assuré social dispose d'un dossier personnel informatisé centralisant les informations médicales le concernant. Initialement prévue en juillet 2007, la mise en place de cet outil, présenté par Philippe Douste-Blazy, alors ministre de la Santé, comme la pierre angulaire de la réforme, a été repoussé à plusieurs reprises.

Ainsi, après un report à novembre 2007, le ministère de la Santé avait annoncé fin mars, quelques jours après que Xavier Bertrand l'ait quitté, un nouveau report à 2008.

L'actuelle ministre de la Santé Roselyne Bachelot, qui avait jugé, lors de son entrée au gouvernement Fillon, que ce chantier était "au point mort", souhaite le "relancer", mais n'évoque, pour 2008 et 2009, que des expérimentations.

Pour la mission interministérielle confiée à l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), l'Inspection générale des finances (IGF) et le CGTI (Conseil général des technologies de l'information), "il n'y aura pas avant au moins une dizaine d'années un dossier patient contenant en un seul endroit toutes les données médicales le concernant".

"Les modalités de lancement de ce projet en font un anti-modèle de gestion publique, le parfait exemple de tout ce qu'il faut faire pour conduire à l'échec d'un projet de portée nationale", écrivent-ils.

Le DMP s'est ainsi vu attribuer "une série d'objectifs à l'évidence hors d'atteinte, mais constamment affichés par les ministres successifs", dont un "calendrier officiel manifestement irréaliste", des coûts "longtemps et grandement sous-estimés" ou un "potentiel d'économies importantes pour l'assurance maladie".

Jugeant nécessaire de "relancer le projet dans le bon ordre", ils proposent notamment de "déclarer sans suite l'appel d'offres en cours sur l'hébergeur de référence". Un premier appel d'offres avait été annulé en octobre 2006 par la justice.

Combien ça coûte à la Sécu cette affaire

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Veolia Eau accusée de corruption systématique des négociateurs syndicaux

C. L. - 20Minutes - 04/11/2007

Tentative de corruption, les syndicats dénoncent. Après le témoignage d’un syndicaliste CFTC accusant l’UIMM d’avoir tenté de l’acheter, c’est au tour d’un responsable FO chez Veolia Eau d’accuser son groupe d'avoir tenté d'«acheter la paix sociale» à coup de «versements en espèces». Une affirmation aussitôt démentie par Veolia.

«En 1997, je suis allé négocier au siège à Paris et à la fin, on m'a emmené dans un bureau et on m'a versé 1.500 francs en liquide, cinq fois plus que les frais engagés du déplacement, et sans justificatif», raconte Christophe Mongermont.

Ce syndicaliste breton est entré en 1984 à Rennes comme comptable à la Générale des Eaux, entreprise devenue Vivendi en 1998 sous la direction de Jean-Marie Messier, puis passée dans le giron de Veolia en 2003.

Rémunérer en liquide

Il affirme qu'un «système avait été mis en place par Messier mais qui a perduré sous Henri Proglio (Pdg de Veolia Environnement), pour rémunérer en liquide quasiment tous les représentants du personnel de province qui négocient à Paris».

La direction de Véolia Environnement a réfuté dimanche matin «les propos tenus par M. Mongermont qui relèvent de la diffamation. Nous engagerons des poursuites judiciaires contre ses allégations», a indiqué une porte-parole du groupe. Jean-Marie Messier a fait savoir qu'il n'était pas joignable.

Agresser par les autres syndicats

«Il y a eu d'abord toute une bagarre pour dénoncer ce système qui se cumulait avec des milliers d'heures supplémentaires fictives payées à des représentants syndicaux», ajoute Christophe Mongermont. «A la deuxième réunion, je me suis fait presque plus agresser par les autres syndicats que par la direction».

A la même époque, selon lui, sa direction régionale lui propose «des pages de publicité dans les journaux syndicaux: 600.000 francs la page, dit-il, en échange de lever le pied au niveau syndical».

L'idée l'effleure alors brièvement d'en «informer la police pour les prendre sur le fait» mais un avocat le lui déconseille, lui expliquant qu'il risquerait certes de faire tomber des têtes, mais de le payer ensuite toute sa carrière et d'être mis à la porte.

Devant le tribunal administratif

Il sera finalement licencié en 2004 sur autorisation du directeur général du Travail intervenant en délégation de Gérard Larcher, alors ministre délégué au Travail. Entre-temps, raconte-t-il, l'entreprise lui fait des propositions qu'il refuse systématiquement.

Aujourd’hui il est actuellement devant le tribunal administratif pour demander l'annulation de la décision ministérielle autorisant son licenciement. Il reste responsable national FO de Veolia Eau et prépare un livre à paraître chez Fayard, avec un syndicaliste CGT, Jean-Luc Touly.

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Bucarest dénonce la "xénophobie" et les expulsions de Roumains par l'Italie

TV 5 BUCAREST (AFP) - 04/11/2007

Le Premier ministre roumain Calin Tariceanu s'est déclaré "inquiet" dimanche des "réactions xénophobes" et des expulsions par les autorités italiennes d'immigrés roumains et a annoncé qu'il se rendrait prochainement à Rome pour discuter avec son homologue Romano Prodi.

Dans une conversation téléphonique dans la soirée, les deux chefs de gouvernement "sont convenus que M. Tariceanu se rende dans la courant de la semaine à Rome (...) et ont souhaité que les relations roumano-italiennes reviennent rapidement à la normale", selon un communiqué du gouvernement. Cette visite intervient alors que Bucarest a mis en cause la légalité des mesures de rapatriement d'immigrés roumains, qui se sont multipliées ces derniers jours.

M. Tariceanu avait auparavant déclaré qu'il entendait "avertir" M. Prodi que "la situation commençait à se dégrader et que cette vague de xénophobie devait être enrayée". "Nous ne tolérons pas la délinquance (ndlr: au sein de l'immigration roumaine) mais nous devons en même temps protéger nos citoyens", a-t-il souligné, alors que se sont multipliés les messages d'immigrés roumains affirmant se sentir "menacés" en Italie.

M. Tariceanu s'exprimait deux jours après que trois immigrés roumains ont été roués de coups dans la périphérie de Rome. Cette attaque survenait après l'agression mortelle d'une femme mardi dernier, dont est soupçonné un jeune Roumain d'origine tzigane. Au lendemain de ce meurtre qui a suscité une grande émotion dans tout le pays, le gouvernement italien a adopté en urgence un décret facilitant l'expulsion des étrangers membres de l'Union européenne pour des motifs de "sécurité publique".

Quatre premières procédures d'expulsion ont été décidées vendredi par le préfet de Milan, suivies, pour la seule journée de samedi, de 38 procédures supplémentaires visant principalement des Roumains. Aucun chiffre n'était disponible pour dimanche. M. Tariceanu a également souhaité être informé par Rome des "critères" en vertu desquels ces personnes ont été expulsées.

Sous la pression de l'opinion, qui accuse les autorités roumaines d'avoir "réagi tardivement" aux mesures adoptées par l'Italie, le président Traian Basescu a indiqué avoir demandé au ministre des Affaires étrangères Adrian Cioroianu de "saisir la Commission européenne au sujet des nouvelles lois italiennes sur la sécurité publique". "Sur le fond, ces lois correspondent à la directive européenne en la matière, mais leur mise en application a laissé à désirer", a-t-il estimé. "La manière dont plusieurs personnes ont été rapatriées ne leur a laissé aucune chance de s'adresser à la justice pour savoir si cette mesure était justifiée ou erronée", a souligné le président.

Le maire de Rome et dirigeant du centre gauche italien Walter Veltroni avait auparavant fait appel à la "compréhension" de Bucarest au sujet des expulsions, en soulignant que "le flux migratoire, dans la capitale, n'est plus supportable".

"Je comprends l'inquiétude du gouvernement roumain. Nous devons tout faire pour que la xénophobie et l'intolérance ne l'emportent pas, et nous le ferons", a déclaré M. Veltroni dans une interview au quotidien La Repubblica. "Mais, il doit aussi comprendre la nôtre (inquiétude, ndlr)", a-t-il ajouté.

Le ministre italien de l'Intérieur Giuliano Amato a de son côté recommandé des "contrôles systématiques" des immigrés, en vue de leur éventuelle expulsion, dans une circulaire invitant les préfets à "exercer les pouvoirs attribués par les nouvelles normes" sur la sécurité publique. Dans une interview au quotidien romain Il Messaggero, le commissaire européen chargé de l'immigration et ancien ministre de Silvio Berlusconi, Franco Frattini, évoque le chiffre d'"au moins 4.000 à 5.000 expulsions", souhaitant que des fonds correspondants soient prévus dans le budget 2008.

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Cascade d'évènements climatiques en vue en Europe selon le programme scientifique Damoclès

PARIS (AFP) - 01/11/2007

D'importants bouleversements météorologiques en cours dans les hautes latitudes laissent présager une cascade d'évènements climatiques affectant la faune et la flore en Europe de l'Ouest, selon les premières observations du programme scientifique Damoclès, dont la goélette Tara, en dérive sur la banquise, est le support logistique.

Damoclès (Developping Arctic Modelling and Observing Capabillities for Long-term Environmental Studies) regroupe 45 laboratoires de 10 pays européens, des Etats-Unis et de Russie.

Projet pilote de l'Union Européenne pour l'Année Polaire Internationale (API), il vise à observer, comprendre et quantifier les changements climatiques en Arctique afin d'aider à la prise de décisions face au réchauffement de la planète. La plus importante et spectaculaire conclusion des observations réalisées par les scientifiques européens, depuis le début de la mission Tara en septembre 2006, prévoit "dans 10 à 15 ans, une fonte totale de la banquise en été, entre le mois de septembre et le mois de mai", selon Jean-Claude Gascard, océanographe et coordinateur du programme Damoclès.

Des nouvelles données ont été recueillies par les chercheurs de Damoclès qui se sont rendus sur la banquise à bord de Tara en avril. Ils ont procédé à quantité d'analyses dans l'atmosphère, la neige, la glace, et dans les profondeurs de l'océan arctique.

Du réchauffement au refroidissement

Mais c'est la fonte totale de la banquise en été qui aurait, selon Jean-Claude Gascard, la plus forte et inattendue incidence sur le climat d'Europe de l'ouest et donc la vie quotidienne de ses occupants, humains, faune et flore.

Selon un enchaînement de causalités partant de l'absorption par l'océan de 80% de l'énergie solaire (autrement réfléchie par feu la glace en été), on passe à une fonte accélérée de la calotte glaciaire du Groenland qui entraînerait une élévation du niveau de la mer d'au moins 1 mètre.

Mais, effet paradoxal et autre conséquence majeure, cet afflux d'eau douce bloquerait la montée des eaux chaudes et salées de l'Atlantique (circulation thermohaline) vers l'Arctique. Résultat pour le coordinateur de Damoclès: refroidissement (bien refroidissement) de l'Europe occidentale de plusieurs degrés.

"Si cela se produit, les mimosas en Bretagne, terminé", résume de manière lapidaire M. Gascard, qui pointe aussi dans une liste non exhaustive la modification des écosystèmes ainsi que les conséquences géopolitiques et socio-économiques de l'ouverture à l'intérieur du cercle polaire, de nouvelles voies navigables d'Est en Ouest.

Etienne Bourgois, le patron de l'expédition, mécène scientifique et directeur général de la maison de couture Agnès B., ne cache pas sa satisfaction: "Tara a rempli totalement sa mission. Contre toute attente, au bout d'un an, on doit revoir les modèles climatiques. Ces observations extraordinaires ne pouvaient être faites qu'à bord d'un bateau dérivant sur la banquise", a-t-il déclaré à l'AFP.

"Le grand public ne peut plus rien ignorer des bouleversements climatiques en cours.

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Sarkozy, Royal et Delanoë, les "bons clients" des chansonniers font salle comble

PARIS (AFP) - 03/11/2007 10h46

Avec Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, François Fillon et Bertrand Delanoë en nouvelles têtes de turc, les chansonniers font encore salle comble, en savourant le net rajeunissement d'un public amateur de bons mots et de persiflages, mais aussi l'arrivée de jeunes talents prometteurs.

"Tous les âges sont de plus en plus représentés, y compris sur scène avec de chansonniers jeunes quadras comme Michel Guidoni et Doux Douille. C'est encourageant", souligne à l'AFP Jacques Mailhot, tête d'affiche et propriétaire des Deux Ânes, haut lieu parisien de la satire politique depuis 1910, comme le Caveau de la République et le Don Camillo.

"Depuis quelques années, on assiste à un vrai regain d'intérêt. Les Guignols de l’info y ont contribué, tout comme les imitateurs à la radio en réconciliant le public avec la satire. C'est un appel d'air pour nos spectacles", ajoute Jacques Mailhot qui salue, au passage, l'initiative de Paris Première : depuis la rentrée, la chaîne ouvre son antenne au genre avec la "Revue de presse des Deux Ânes".

"La fréquentation a été remarquable pendant les élections et ne se dément pas", confirme Hugues Leforestier, directeur du Caveau de la République où a débuté Pierre Dac, et qui revendique 55.000 spectateurs par an, à quasi égalité avec ses deux concurrents.

Pour Jean Roucas, à l'affiche du Don Camillo, "les Français ont toujours adoré que l'on brocarde le pouvoir. C'est bon pour la démocratie et heureusement, on ne risque plus la Bastille !".

Nicolas Sarkozy joue les vedettes aux Deux Ânes avec un spectacle qui lui dédié: "Sarkozix, le Gaulois qui a ressuscité la Gaulle". Jean Amadou, Pierre Douglas, Bernard Mabille et Patrick Font s'en donnent à coeur joie pendant 2H30.

"Les histoires personnelles du président, son côté « je m'occupe de tout » et ce changement de ton à l'Elysée, nous donnent du grain à moudre", se délecte Jacques Mailhot.

Pensionnaire des Deux Ânes, Michel Guidoni qui a débuté à "L'oreille en coin" sur France-Inter, joue de sa ressemblance avec le chef de l'Etat. En baskets et jogging, le chansonnier décoche ses flèches avec une maîtrise certaine du dodelinement présidentiel.

L'autre vedette des Deux Ânes est Florence Burnold, seule femme chansonnier découverte par la pionnière du genre, Anne-Marie Carrière. Elle aussi joue de son physique pour incarner une Ségolène Royal, "soeur de la bravitude en colère" et "immaculée déception", plus vraie que nature.

"Mme Royal fait rire malgré elle. En tous cas, elle fait l'unanimité chaque soir!", se félicite Florence Burnold, certaine que cet humour de corps de garde n'a pas d'impact sur les électeurs. "Nous sommes un défouloir mais nous ne sommes pas, heureusement, leur seule source d'informations", estime-t-elle.

"Un bon chansonnier porte un regard à la fois acide et drôle sur l'actualité, sans être donneur de leçon. On n'est pas là pour prendre parti", ajoute Jacques Mailhot.

Le Caveau de la République mise de son côté sur le Premier ministre François Fillon pour attirer les foules. Gilles Détroit, le duo Lobo & Mie et Sylvain Coudène, notamment, sont à l'affiche de "Courage, Fillon !".

Ici, la troupe parle aussi de la vie quotidienne, sans tabous mais, selon l'épitaphe maison, c'est aux élus que la première place revient : "Aux grands hommes, les comiques reconnaissants".

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"Marche russe" nationaliste à Moscou aux relents néonazis

MOSCOU, 4 nov 2007 (AFP) - 04/11/2007

Plus de 2.000 manifestants nationalistes, nombre d'entre eux faisant des saluts nazis, ont pris part dimanche à Moscou à une "marche russe" organisée à l'occasion de la "Journée de l'Unité du peuple", célébration annuelle de toutes les rancoeurs xénophobes en Russie.

"Gloire à la Russie!", "Russes, debout!", scandaient quant à eux les manifestants de la "Marche russe", autorisés à défiler le long de Moskova, sur fond de musique militaire.

"La tolérance = le sida", pouvait-on lire sur une pancarte au cours de cette manifestation, organisée tous les ans par des groupuscules d'extrême droite, notamment le mouvement Contre la migration illégale (DPNI) et des orthodoxes. Elle avait réuni un millier de personnes l'an dernier.

Les manifestants interrogés s'en sont pris aux immigrés - souvent originaires d'ex-républiques soviétiques -, accusés de voler le travail des "Russes ethniques".

Le parti d'opposition Iabloko, dénonçant l'autorisation de cette "Marche russe", a réuni moins de 400 personnes "contre la xénophobie et le fascisme".

A Saint-Pétersbourg également, la deuxième ville de Russie, connue pour la virulence de ses groupes nationalistes, 2.000 manifestants ont participé à une Marche russe, selon une journaliste de l'AFP sur place.

"Je veux vivre dans un pays qui m'appartienne. Ceux qui viennent ici nous imposent leur culture", a déclaré un manifestant pétersbourgeois, Alexeï, 20 ans.

La "Journée de l'Unité du peuple", qui remplace la fête de la Révolution d'octobre 1917, a été instaurée en 2005. Elle célèbre notamment la libération de Moscou de l'occupation polonaise au XVIIe siècle.

Le président Vladimir Poutine a déposé une gerbe en l'honneur des libérateurs sur la place Rouge, insistant sur le fait que la dimension "multiethnique" de la Russie lui avait permis de devenir "une Grande puissance allant de la mer Baltique au Pacifique".

"Le 4 novembre est la fête rappelant des événements d'il y a 400 ans, quand les Polonais ont été chassés de la terre russe", souligne l'organisation Nachi.

Elle ne cesse par ailleurs de dénoncer la volonté des ennemis de la Russie en Occident, notamment Washington, de déstabiliser le régime et n'hésite pas à caricaturer en prostituées les dirigeants de l'opposition comme le champion d'échecs Garry Kasparov ou l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov.

Les ONG de défense des droits de l'homme accusent les autorités russes de fermer les yeux sur la montée de la xénophobie et les attaques à caractère raciste, parfois mortelles, de plus en plus fréquentes ces dernières années.

"La réaction officielle au problème est encore loin d'être adéquate", critique Amnesty international dans un communiqué publié à l'occasion de cette fête

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« S'engager à donner »

Par Didier Peyrat Magistrat et écrivain français - Nov 07

Les éditions P.U.F. re-éditent l'Essai sur le Don de Marcel Mauss (Puf, coll. "Quadrige", octobre 2007, 10€)

En cette heure où la gauche, encore sonnée par un printemps cafardeux, hésite entre crépuscule et lever de soleil, on ne saurait trop conseiller la lecture de cet ouvrage capital.

«L'Essai sur le don» n'est pas un simple manuel d'ethnologie, il s'agit d'un livre «archéologique» dans lequel Mauss (1872-1950) cherche à discerner la base durable de tout rassemblement humain organisé. Pour lui, l'aptitude au don structure toutes les sociétés, anciennes ou modernes. L'homme ne devient «une machine à calculer», qu'en procédant à une sorte d'oubli de l'être en société. Périodiquement, cependant, il reprend conscience de sa situation vis-à-vis d'autrui, renonce à son « quant à soi » et s'engage à donner.

«Donner, recevoir, rendre». Ces principes ne seraient-ils pas aujourd'hui pas d'une aide précieuse ? Certes, l'impression première est qu'ils prennent le contre-pied du fonctionnement actuel, qui serait plutôt : garder (pour soi), refuser (par crainte d'être «obligé»), ignorer soigneusement (ce qu'on doit). La générosité quotidienne ne sait pas se vendre : elle est discrète, peu alléchante pour les médias… Pourtant, c'est elle qui structure encore et toujours la majorité des comportements. Bien autre chose que de «l'utile» circule entre nous.

«Donne autant que tu prends, tout sera très bien»
dit un Proverbe maori cité par Mauss. Rien à voir avec quelques un de nos problèmes brûlants, à l'école, dans les quartiers, dans les entreprises ? Ainsi, le «donner, recevoir, rendre» n'est pas qu'un repère dans le ciel des idées. Il permet d'agir. Par exemple, d'interroger et de refonder nos pratiques éducatives. Et même, dans le registre politique, il oppose quelque chose de substantiel, à la fois au capitalisme hyper cynique de notre temps et à la montée de l'individualisme égoïste (dont la violence est la pointe dure).

Etranger au radicalisme rhétorique comme au technocratisme gestionnaire, à mon avis les deux travers de la gauche actuelle, il ouvre une sorte de troisième voie, à la fois prudente et dense en sens. On trouve de surcroît dans la théorie du don, ce qui n'est pas rien en ce moment, de quoi adosser le combat écologique à une morale de «la vie en commun», profonde et durable. Car la désinvolture environnementale n'est rien d'autre qu'un refus de rendre (ce que nous avons reçu) et de donner (à des êtres qui n'existent pas encore).

Une morale de la droiture, parfaitement laïque ? Le sens de la limite (l'obligation), en même temps que celui de la liberté ? Une « vision du monde », au-delà des tactiques et des émotions provisoires ? Exactement ce qui nous manque dans la période actuelle pour concevoir de nouvelles pratiques transformatrices, non dans la frénésie du changement pour le changement, mais dans le respect de ce qu'il y a à sauver.

Amis qui croyez encore, même en période de défaite, à la force intacte d'une certaine idée du socialisme (à la lettre : une politique de la socialité), vous qui n'avez jamais confondu la gauche avec l'amour du caviar et le mépris du peuple, vous que l'accumulation du capital laisse froids et que l'absurde mise en concurrence des égaux révulse… Vous qui préparez déjà la bataille suivante, parce que l'histoire n'est jamais finie… Lisez, relisez, faites lire Mauss.

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En Inde, quelque 60 millions d'enfants produiraient 20 % de la richesse nationale

LE MONDE | 31.10.07 | Julien Bouissou

Les autorités indiennes, en partenariat avec les organisations non gouvernementales (ONG) locales, multiplient les opérations de "sauvetage" d'enfants dans les ateliers textiles de New Delhi, après que l'hebdomadaire britannique The Observer a révélé qu'une dizaine d'entre eux confectionnaient des chemises pour la ligne Gap Kid du géant américain du prêt-à-porter.

The Observer du 28 octobre décrit le dur labeur imposé aux enfants. Des journées de travail de 15 heures, sans rémunération ou presque. Ceux arrivés il y a trois ans touchent 25 euros par mois. "Le contremaître m'a expliqué que, comme j'étais en apprentissage, je n'étais pas payé", témoigne l'un d'eux. Un autre fait le récit des violences dont ils sont victimes. "Si l'un d'entre nous pleurait, ils lui tapaient dessus avec un tuyau de caoutchouc. Certains étaient punis avec des chiffons graisseux enfoncés dans la bouche."

Quelques heures après la publication de l'article, le patron de l'atelier, en liberté, condamnait avec véhémence le raid policier qu'il venait de subir : "Leurs parents me les ont envoyés pour qu'ils apprennent un travail. Ils n'ont pas de manger, alors ils doivent travailler. Que peuvent-ils bien faire d'autre ?" Gap a immédiatement annoncé le retrait des chemisiers incriminés du circuit de distribution.

D'après les ONG, 60 millions d'enfants travailleraient illégalement en Inde. Selon les Nations unies, leur travail représenterait 20 % du produit intérieur brut local. Les enfants sont recrutés par des intermédiaires qui sillonnent les villages pauvres des Etats de l'est du pays, pour convaincre les familles d'envoyer les leurs apprendre un métier "à la ville". "Ils reçoivent entre 20 et 30 euros et la promesse que leur progéniture fera fortune. Une fois qu'ils sont partis, les parents n'ont plus de nouvelles", confie Ramesh Gupta, le président de l'une de ces ONG, La Marche mondiale contre le travail des enfants.

La loi contre le travail des enfants, votée en 1986, est peu respectée. Dans la filière textile notamment, les courts délais de livraison et les commandes en flux tendus, imposés par les groupes étrangers, obligent les fournisseurs à sous-traiter une partie de leur production à des ateliers qui échappent à tout contrôle. Rien de surprenant, dès lors, à ce que Gap, malgré ses 90 inspecteurs dans le monde, ait ignoré que des enfants travaillent dans un petit atelier de confection de New Delhi.

Lorsque les ONG identifient des enfants dans des ateliers clandestins, les tentatives de secours échouent du fait de la complexité de la procédure administrative. "Le temps de prévenir le substitut du magistrat, la police et le service de protection des mineurs, et les enfants repérés ont disparu", regrette Bhuwan Ribhu, un avocat qui milite contre le travail des enfants, avant de conclure : "Les ateliers sont clandestins, pas invisibles. Le gouvernement doit simplifier les procédures de secours."

Le ministre du commerce extérieur, Kamal Nath, s'est lui contenté d'indiquer : "les ONG font des efforts croissants pour publier des rapports donnant une mauvaise image de l'Inde. Cela pourrait limiter les importations des pays occidentaux depuis les pays pauvres comme l'Inde." Lundi, la confédération indienne de l'industrie publiait un rapport selon lequel le chiffre d'affaires de la sous-traitance textile dans le pays allait augmenter de 12 % en 2007. En 2008, il atteindrait 25 milliards de dollars (17,3 milliards d'euros).

Posté par werdna à 00:01 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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