lundi 5 novembre 2007
"Marche russe" nationaliste à Moscou aux relents néonazis
MOSCOU, 4 nov 2007 (AFP) - 04/11/2007
Plus de 2.000 manifestants nationalistes, nombre d'entre eux faisant des saluts nazis, ont pris part dimanche à Moscou à une "marche russe" organisée à l'occasion de la "Journée de l'Unité du peuple", célébration annuelle de toutes les rancoeurs xénophobes en Russie.
"Gloire à la Russie!", "Russes, debout!", scandaient quant à eux les manifestants de la "Marche russe", autorisés à défiler le long de Moskova, sur fond de musique militaire.
"La tolérance = le sida", pouvait-on lire sur une pancarte au cours de cette manifestation, organisée tous les ans par des groupuscules d'extrême droite, notamment le mouvement Contre la migration illégale (DPNI) et des orthodoxes. Elle avait réuni un millier de personnes l'an dernier.
Les manifestants interrogés s'en sont pris aux immigrés - souvent originaires d'ex-républiques soviétiques -, accusés de voler le travail des "Russes ethniques".
Le parti d'opposition Iabloko, dénonçant l'autorisation de cette "Marche russe", a réuni moins de 400 personnes "contre la xénophobie et le fascisme".
A Saint-Pétersbourg également, la deuxième ville de Russie, connue pour la virulence de ses groupes nationalistes, 2.000 manifestants ont participé à une Marche russe, selon une journaliste de l'AFP sur place.
"Je veux vivre dans un pays qui m'appartienne. Ceux qui viennent ici nous imposent leur culture", a déclaré un manifestant pétersbourgeois, Alexeï, 20 ans.
La "Journée de l'Unité du peuple", qui remplace la fête de la Révolution d'octobre 1917, a été instaurée en 2005. Elle célèbre notamment la libération de Moscou de l'occupation polonaise au XVIIe siècle.
Le président Vladimir Poutine a déposé une gerbe en l'honneur des libérateurs sur la place Rouge, insistant sur le fait que la dimension "multiethnique" de la Russie lui avait permis de devenir "une Grande puissance allant de la mer Baltique au Pacifique".
"Le 4 novembre est la fête rappelant des événements d'il y a 400 ans, quand les Polonais ont été chassés de la terre russe", souligne l'organisation Nachi.
Elle ne cesse par ailleurs de dénoncer la volonté des ennemis de la Russie en Occident, notamment Washington, de déstabiliser le régime et n'hésite pas à caricaturer en prostituées les dirigeants de l'opposition comme le champion d'échecs Garry Kasparov ou l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov.
Les ONG de défense des droits de l'homme accusent les autorités russes de fermer les yeux sur la montée de la xénophobie et les attaques à caractère raciste, parfois mortelles, de plus en plus fréquentes ces dernières années.
"La réaction officielle au problème est encore loin d'être adéquate", critique Amnesty international dans un communiqué publié à l'occasion de cette fête
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