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lundi 5 novembre 2007

Veolia Eau accusée de corruption systématique des négociateurs syndicaux

C. L. - 20Minutes - 04/11/2007

Tentative de corruption, les syndicats dénoncent. Après le témoignage d’un syndicaliste CFTC accusant l’UIMM d’avoir tenté de l’acheter, c’est au tour d’un responsable FO chez Veolia Eau d’accuser son groupe d'avoir tenté d'«acheter la paix sociale» à coup de «versements en espèces». Une affirmation aussitôt démentie par Veolia.

«En 1997, je suis allé négocier au siège à Paris et à la fin, on m'a emmené dans un bureau et on m'a versé 1.500 francs en liquide, cinq fois plus que les frais engagés du déplacement, et sans justificatif», raconte Christophe Mongermont.

Ce syndicaliste breton est entré en 1984 à Rennes comme comptable à la Générale des Eaux, entreprise devenue Vivendi en 1998 sous la direction de Jean-Marie Messier, puis passée dans le giron de Veolia en 2003.

Rémunérer en liquide

Il affirme qu'un «système avait été mis en place par Messier mais qui a perduré sous Henri Proglio (Pdg de Veolia Environnement), pour rémunérer en liquide quasiment tous les représentants du personnel de province qui négocient à Paris».

La direction de Véolia Environnement a réfuté dimanche matin «les propos tenus par M. Mongermont qui relèvent de la diffamation. Nous engagerons des poursuites judiciaires contre ses allégations», a indiqué une porte-parole du groupe. Jean-Marie Messier a fait savoir qu'il n'était pas joignable.

Agresser par les autres syndicats

«Il y a eu d'abord toute une bagarre pour dénoncer ce système qui se cumulait avec des milliers d'heures supplémentaires fictives payées à des représentants syndicaux», ajoute Christophe Mongermont. «A la deuxième réunion, je me suis fait presque plus agresser par les autres syndicats que par la direction».

A la même époque, selon lui, sa direction régionale lui propose «des pages de publicité dans les journaux syndicaux: 600.000 francs la page, dit-il, en échange de lever le pied au niveau syndical».

L'idée l'effleure alors brièvement d'en «informer la police pour les prendre sur le fait» mais un avocat le lui déconseille, lui expliquant qu'il risquerait certes de faire tomber des têtes, mais de le payer ensuite toute sa carrière et d'être mis à la porte.

Devant le tribunal administratif

Il sera finalement licencié en 2004 sur autorisation du directeur général du Travail intervenant en délégation de Gérard Larcher, alors ministre délégué au Travail. Entre-temps, raconte-t-il, l'entreprise lui fait des propositions qu'il refuse systématiquement.

Aujourd’hui il est actuellement devant le tribunal administratif pour demander l'annulation de la décision ministérielle autorisant son licenciement. Il reste responsable national FO de Veolia Eau et prépare un livre à paraître chez Fayard, avec un syndicaliste CGT, Jean-Luc Touly.

Posté par Kozett à 00:04 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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