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dimanche 4 novembre 2007

Les députés s'interrogent sur les dépenses de l'intérieur en 2006

LE MONDE | 02.11.07 Patrick Roger

L'exécution du budget du ministère de l'intérieur en 2006 - alors qu'il était dirigé par Nicolas Sarkozy - fait apparaître de franches anomalies. Au point que le rapport présenté au nom de la commission des finances de l'Assemblée nationale, mardi 30 octobre, par Marc Le Fur (UMP, Côtes-d'Armor), juge nécessaire de demander au ministère de l'intérieur une justification "fiable" des dépenses engagées.

Les crédits votés par le Parlement dans le cadre de la mission "administration territoriale de l'Etat" (1,6 milliard d'euros) - qui recouvre l'ensemble des missions des préfectures et des sous-préfectures - ont certes été utilisés dans leur quasi-totalité. Cependant, note le rapporteur, en fonction des différentes actions, "les montants consommés sont tous très éloignés des dotations initiales".

Ainsi, à peine la moitié des 245 millions d'euros engagés pour la "coordination de la sécurité des personnes et des biens" ont été consommés. M. Le Fur qualifie de "succinctes" les explications du ministère de l'intérieur. Il s'étonne "qu'ait été inscrite en loi de finances initiale une somme, a priori destinée à rémunérer des personnels, dont l'administration se rend compte, en cours d'exercice, qu'environ la moitié peut être utilisée à l'"amélioration de l'exploitation et de la maintenance immobilière et informatique"", sans plus de détails. Le rapport de la commission souhaite que soient justifiées "de manière précise et explicite les opérations de redéploiement des crédits non dépensés".

Certaines dépenses de fonctionnement ou d'investissement présentent des taux de consommation inférieurs à 10 %. Le ministère, note avec ironie l'ancien sous-préfet Le Fur, "est tout aussi disert sur ce sujet et n'apporte aucun élément susceptible d'expliquer cette sous-consommation". A tel point, ajoute-t-il, que les précisions apportées par le ministère sont "une manière d'indiquer que les chiffres fournis n'ont pas une grande signification".

"INCOMPRÉHENSIBLE" Sur l'action "contrôle de légalité et conseil aux collectivités territoriales", dotée de 206 millions d'euros, à peine 40 % des crédits inscrits auraient été dépensés. "La présentation des crédits consommés est particulièrement confuse", déplore le rapporteur, s'étonnant des distorsions entre les tableaux fournis et l'analyse qui les accompagne.

Conclusion du rapporteur de la commission des finances : "Les difficultés survenues dans la collecte des informations aboutissent à rendre incompréhensible la plupart des tableaux du rapport annuel de performances établi par le ministère et perturbent fortement le contrôle que le Parlement exerce sur l'exécution du budget 2006. Elles ne sauraient être répétées lors du prochain exercice."

Joint par Le Monde, l'ancien directeur du cabinet de M. Sarkozy au ministère de l'intérieur, Claude Guéant, à présent secrétaire général de l'Elysée, dit "ne pas voir à quoi il est fait allusion". 

Posté par Kozett à 00:03 - Partis politiques - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Soutenons les Birmans

Ouest-France – 03/11/07 François Régis Hutin – Directeur Général

Les protestations reprennent en Birmanie. Des bonzes ont recommencé à manifester. La répression se poursuit, même si le gouvernement lâche, de-ci de-là, un peu de lest. Certains, cependant, proclament qu'ils ne veulent pas bousculer le régime. Il s'agirait seulement d'améliorer les conditions de vie qui sont devenues très difficiles depuis les dernières augmentations décrétées par le pouvoir.

De plus, les mouvements n'atteignent pas l'ensemble du pays, mais surtout les villes et la capitale, Rangoun. Cependant de jeunes bonzes sont plus mordants que les vénérables plus âgés. Ces derniers ont été aidés bien souvent par le régime. Ils déplorent les manifestations dans la mesure où elles marquent une division de la Sangha, la communauté des moines bouddhistes. Le gouvernement joue de cette ambiguïté. Lui-même apparaît solide : retranché dans sa nouvelle capitale, loin de Rangoun la rebelle, que risque-t-il ? Probablement, tout de même, des divisions en son sein.

Ainsi fut écarté, voici quelques années, le Premier ministre Khin Nyunt. Ce général négocia la paix avec plusieurs ethnies révoltées, favorisa l'intégration dans l'Association des Nations Sud-Est Asiatique (ASEAN), et lança lui-même la feuille de route, en sept étapes, vers la démocratie. Il a été condamné à 44 ans de prison mais il resterait, pour beaucoup, le seul espoir (1). D'autre part, les jeunes officiers, qui n'ont pas sur la conscience la terrible répression de la révolte de 1988, seraient plus ouverts que leurs gouvernants. Tout cela peut-il entraîner une rapide évolution de la démocratie ? Rien n'est moins sûr.

L'avenir reste sombre

Pourtant, personne n'a intérêt à voir pourrir une situation qui, si elle se prolongeait, exploserait forcément. Ceci explique l'attitude de la Chine ainsi que l'ouverture à l'envoyé spécial de l'Onu, Ibrahim Gambari. C'est ce qui explique aussi, apparemment, le desserrement des contraintes imposées à Aung San Suu Kyi.

Mais la rue reste quadrillée subtilement. Les policiers sont regroupés de proche en proche dans de discrètes enceintes. Les espions pullulent et écoutent. Les gens les reconnaissent, paraît-il, à leurs doigts de pied racornis par les chaussures qu'ils ôtent pour se mêler à la foule. Celle-ci, terrorisée, se méfie et se tait. Le gouvernement est parfaitement rodé à la répression.

Beaucoup dans le monde tentent d'agir, mais comment être efficace ? L'on sait bien que les sanctions économiques, entraînant toutes sortes de restrictions, font d'abord souffrir le peuple. Les dirigeants, les militaires échapperont à la misère. Les blocages de comptes et interdictions financières risquent de détourner les échanges et les fonds placés en Occident vers d'autres régions, par exemple les Émirats. Le boycott des armes n'entamera pas de sitôt les capacités de l'armée. Il favorisera même, peut-être, certains pays vendeurs d'armes, à commencer par la Chine, leur grand fournisseur, si celle-ci ne joue pas le jeu intégralement.

On le voit, la situation est complexe et dangereuse. Sylvie Kauffman, du journal Le Monde, rapporte que l'on arrive à un tournant. Malheureusement, le pronostic reste sombre : « Je vois plus de violence, un niveau de vie en baisse, un contrôle militaire encore plus fort », a déclaré un spécialiste de ces questions (1). Devant l'impuissance internationale, les Birmans continuent et vont sans doute continuer à souffrir de la faim et de la peur. Du moins, manifestons-leur notre soutien. Faisons aussi en sorte que les autorités birmanes et leurs représentants dans le monde sachent notre réprobation.

(1) Le Monde du 30 octobre 2007.

Posté par werdna à 00:03 - Droits de l'Humain - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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