samedi 3 novembre 2007
Sans-logis de la rue de la Banque : Depardieu monte au créneau social
Le cinéma français se mobilise pour venir en aide aux familles de mal-logés qui campaient dans la rue de la Banque. Peu connu jusque là pour son activisme social, Gérard Depardieu est ainsi monté au créneau, en tant qu'habitant du 2e arrondissement de Paris. Pour cela, il a organisé une conférence de presse mercredi afin de faire entendre son avis. Sans demi-mesure, comme d'habitude.
Les coups de gueule, ça le connait. Un mois après l'expulsion des tentes installées rue de la Banque, Gérard Depardieu a décidé de se faire entendre, et fort de préférence. En tant qu'habitant du IIe arrondissement de Paris, il ne supportait plus la situation des ces familles sans toits. "Le monstre sacré" du cinéma français a donc fait parler sa faconde.
"Honte pour Christine Boutin"
Mercredi, il a donc organisé une conférence de presse en présence du maire de son arrondissement, Jacques Boutaut (Vert). "Je suis juste venu en tant qu'habitant du IIe arrondissement", annonce-t-il en guise d'introduction. "Je suis là en tant qu'habitant indigné par la situation du logement à Paris", s'emportait-il, avant de mettre une limite à son engagement: "Mais attention, il ne faut pas tout mélanger: je ne fais pas de politique, je ne suis pas Carole Bouquet." Digne allusion à son ex-compagne. A son indignation, on comprend en effet que la langue de bois chère à nos politiques n'a pas cours chez "Gégé".
"J'ai honte. Honte pour Christine Boutin, honte pour la France, honte pour le IIe, honte pour moi et pour nous." Et ce n'est pas fini car Depardieu a également "honte de voir dans la rue des gens qui ont des papiers, qui travaillent et qui n'ont d'autres alternatives que des chambres insalubres dans des hôtels minuscules." Dans la soirée, ces mêmes gens se sont rassemblés, rue de la Banque, toujours, pour se faire entendre, rejoints par des sympathisants de leur cause. Parmi eux, Guy Bedos: "On ne peut pas humilier des gens comme ça, c'est une honte de laisser femmes et enfants dormir ainsi sur des trottoirs. J'en ai après tout le monde", s'emportait l'humoriste. Une autre grande gueule du cinéma français avait fait le déplacement en la personne de Richard Bohringer, qui ne manquait pas d'égratigner au passage Bertrand Delanoë: "Je m'étonne que dans une ville avec un maire socialiste, on préfère faire Vélib' que des logements sociaux", déplorait-il.
Depardieu lui non plus ne décolère pas car "c'est terrible pour un homme, un père de famille, de n'avoir rien d'autres à offrir a sa femme et ses enfants qu'une tente", reprenait-il, avant de s'en prendre nommément à la ministre du Logement: "Christine Boutin, faites quelque chose parce qu'on va s'énerver!" Le comédien a donc laissé la place au citoyen.
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