vendredi 2 novembre 2007
La révolution est dans le jardin
Le Monde 1er Novembre 2007
On savait les Anglais champions européens des espaces verts en milieu urbain. Cela ne suffit pas à la Guerilla gardening (guérilla jardinière), un mouvement communautaire britannique composé d'activistes à la main verte, qui sévit depuis une dizaine d'années. Ces groupes bénévoles, non violents, prennent d'assaut des parcelles de terre publiques ou privées, laissées à l'abandon, pour y faire pousser des fleurs, des plantes ou pour y cultiver des légumes. Les "Guerrilla gardeners" sortent la nuit, équipés d'outils, de graines et de plantes pour nettoyer et replanter. Par ces actions, ils entendent inciter les propriétaires et les municipalités à entretenir leurs espaces verts. La plus grande communauté est à Londres, relayée sur les sites guerillagardening.org (riche en photos) et Primal Seeds. Il existe d'autres cellules vertes à travers le monde, aux Etats-Unis, au Canada ou en Belgique.
Ces accros du rateau chercheraient à s'implanter à Paris et à Toulouse.
Les Indégivrables de Xavier Gorce

AVIONS - Vols low cost en Corse : une idée anti-Grenelle
NOUVELOBS. | 31.10.2007 | 14:35
La proposition va à l'encontre de l'objectif de diviser par deux les émissions de CO2 dues au transport aérien, selon les écologistes. Les personnels de la compagnie aérienne Corse Méditerranée protestent eux aussi.
La proposition de Nicolas Sarkozy d'ouvrir les aéroports corses aux vols "low cost" apparaît aux écologistes "en complète contradiction" avec les conclusions du Grenelle de l'environnement qui stipulaient de limiter l'essor de l'aérien, apprend-on mercredi 31 octobre.
"C'est bien une rupture écologique, mais dans le mauvais sens", relève mercredi Olivier Louchard, du Réseau Action Climat (RAC) : "Au lieu de favoriser les liaisons maritimes, on encourage l'aérien, de loin le plus émetteur" de gaz à effet de serre.
Selon les calculs du RAC, un aller-retour en avion Paris-Ajaccio génère 540 kg d'équivalent CO2 (dioxyde de carbone et autres gaz à effet de serre). Pour le même trajet effectué en TGV jusqu'à Marseille, puis en ferry, le rejet s'élève à moins de 10 kg.
"A titre de comparaison, rappelle le Réseau, un ménage français émet 4,2 tonnes de CO2 par an pour l'ensemble de ses déplacements".
"Copie à revoir" "La première copie de l'élève Sarkozy, nouvel écolo, est pour le moins à revoir", ajoute Olivier Louchard.
La table ronde du Grenelle consacrée au climat concluait sur la nécessité de réduire les émissions dues aux transports de 20% d'ici 2012 et, en particulier, de diviser par deux celles du transport aérien.
La création de nouvelles infrastructures aéroportuaires devait, dans le même esprit, être "conditionnée à un déplacement de trafic pour des raisons environnementales", sans nécessairement saturer les aéroports existants.
"C'est une très mauvaise politique, contradictoire avec le Grenelle", juge également Yves Cochet, député Vert et auteur de "la Fin du Pétrole": "le transport aérien est le plus impactant sur l'environnement, en émissions de gaz à effet de serre et en bruit, il y a donc beaucoup de raisons écologiques non seulement de ne pas l'augmenter mais de le réduire".
Sans avenir "En outre, poursuit-il, au plan énergétique les low costs sont sans avenir avec la flambée du prix du baril de pétrole" qui a dépassé ces derniers jours les 90 dollars.
"Ces compagnies vivent sur des stocks de kérosène constitués en 2003 pour 2007, mais d'ici 2 à 5 ans, elles n'auront plus la trésorerie suffisante".
"Je ne comprends pas pourquoi l'ensemble du territoire français peut aujourd'hui trouver des vols à trente euros sur des compagnies à bas coût, sauf la Corse", avait déclaré mardi le président, suggérant de "laisser une place aux compagnies low-cost".
Cette "mauvaise idée" s'ajoute à celle, également "très contradictoire avec le Grenelle", selon Yves Cochet, de délocaliser le conseil des ministres sur l'île. Cette initiative ayant nécessité une escorte de 1.500 policiers, il juge l'équipée aéroportée "démesurée".
2.000 tonnes émises - Selon Europe 1, qui a fait évaluer mardi par des experts le "bilan carbone" de ce déplacement - avions, hélicoptères, transferts routiers et nuits d'hôtel compris - il occasionnera l'émission de 2.000 tonnes d'équivalent CO2 (dixoyde de carbone et autres gaz) dans l'atmosphère.
Pris la main dans le sac, l'Elysée a assuré mercredi - avec un temps de retard - que ces émissions seraient "compensées" par un investissement propre: le ministère de l'Ecologie a sélectionné un projet d'hydroélectricté au Mexique, validé par les Nations unies, qui devrait permettre d'éviter l'émission de 1,4 millions de tonnes de CO2.
La proposition de Nicolas Sarkozy de favoriser les vols low cost a également provoqué une grève au sein de la Compagnie aérienne Corse Méditerranée (CCM). Le personnel a bloqué mercredi matin trois vols au départ d'Ajaccio et trois autres au départ de Bastia.
Traité européen : Lienemann estime un référendum possible
NOUVELOBS.COM | 31.10.2007 | 16:12
TRAITÉ SIMPLIFIÉ La socialiste rappelle que la majorité (UMP et Nouveau centre) ne peut rassembler seule les 3/5e des votes requis pour modifier la constitution française, un préalable à la ratification du texte par le Parlement.
Les socialistes Marie-Noëlle Lienemann et Paul Quilès, animateurs du collectif "Gauche avenir", estime possible d''"imposer un référendum" sur le traité européen simplifié, ont-ils indiqué mardi 30 octobre au soir. Ils exhortent ainsi les parlementaires de gauche à "voter non" à la révision constitutionnelle préalable à la ratification du nouveau traité européen.
Nicolas Sarkozy veut en effet le ratifier par voie parlementaire, comme il l'avait annoncé durant sa campagne.
Lors d'une conférence de presse, l'eurodéputée et l'ancien ministre, maire de Cordes (Tarn), ont affirmé que "le PS et la gauche dans son entier ont entre les mains les moyens d'obtenir un référendum" sur le traité de Lisbonne.
Appoint -La révision de la Constitution française nécessaire avant la ratification requiert une majorité des trois cinquièmes au congrès. Selon eux, si la gauche vote contre la révision, il suffira de l'appoint de quelques non-inscrits et souverainistes pour "bloquer le processus". En effet, la majorité présidentielle (principalement l'UMP et le Nouveau Centre) ne peut satisfaire seule à l'exigence des 3/5e des votes requis.
Dans ce cas, le président Nicolas Sarkozy n'aurait d'autre choix qu'un référendum pour faire ratifier le traité tandis qu'un vote du seul Parlement serait "un mauvais coup pour la démocratie".
Le PS n'a pas encore décidé de son attitude lors de la révision.
Giscard d'Estaing - "Gauche Avenir" fait valoir que le traité de Lisbonne "est extrêmement voisin" du défunt projet de Constitution européenne, comme Valéry Giscard d'Estaing l'a expliqué au quotidien Le Monde le 26 octobre, ont-ils rappelé.
Selon Paul Quilès et Marie-Noëlle Lienemann, le PS "est en train de dire: bravo Sarkozy pour avoir sorti l'Europe de l'impasse" alors que le chef de l'Etat "a besoin de se légitimer par un consensus national".
"Qu'on dise au peuple français la vérité, et que la gauche ne se débine pas de ses responsabilités", a lancé l'ancienne ministre du Logement.
"Gauche Avenir", qui rassemble notamment des personnalités socialistes et communistes, a décidé de lancer une campagne pour informer l'opinion du contenu du traité et obtenir un référendum.
Elle devait adresser mardi à Nicolas Sarkozy une lettre demandant que "les Français puissent être informés clairement du contenu de ce traité".
Balla volonté du peuple
UNE rupture? Non, une révolution ! Le comité présidé par Sa Courtoise Suffisance Balladur a sorti de son chapeau des « propositions» ébouriffantes. Par exemple, le président de la République pourrait désormais s'adresser aux Assemblées. Quel bouleversement !
Actuellement, chacun l'a remarqué, le pauvre Sarkozy, qui a la parole naturellement embarrassée, ne peut se faire entendre des députés et des sénateurs, qui n'ont sans doute pas la télévision. Il doit se contenter, dit la Constitution, de faire lire un message devant les parlementaires.
Autre séisme, le Président « définit la politique de la nation », tandis que le gouvernement la « conduit» mais ne la « détermine» plus. Chacun aura remarqué que, sans réforme constitutionnelle, c'est à peu près ce qui se passe aujourd'hui. Oui, mais en cas de cohabitation ? Le 29 octobre. sur France Inter, le professeur Dominique Chagnollaud, membre du comité, a rassuré les citoyens : cela ne changerait rien. « Définit »? « Conduit » ? « Détermine » ? Simple querelle de juristes, at-il tranché. Le changement de régime est proche...
Tout de même, parmi les propositions du comité, figurent plusieurs dispositions qui renforcent le pouvoir du Parlement. La plus importante est sans conteste la maîtrise de la moitié de l'ordre du jour. Les députés, n'en doutons pas, vont faire souffler le vent de la révolte. 321 députés UMP vont contrôler et semer la terreur dans les rangs d'un gouvernement UMP, et faire entendre raison à un président UMP. Cela s'appelle rééquilibrer le pouvoir.
© « Le Canard enchaîné » - mercredi 31 octobre 2007.
La croisière du Club Med s'amuse...
LE « Club Med II » c'est un « bateau de croisière mythique », « l'un des plus beaux bateaux du monde"
Attention les yeux : « 187 m de long, 5 mâts, 1 750 m2 de ponts extérieurs en teck de Birmanie. 190 cabines de luxe, 2 piscines, 2 restaurants haut de gamme, des bars, des salons... », vantent les brochures du Club Med" Lequel promet du rêve à ses clients :
« Le service est exceptionnel, dans la grande tradition maritime française... La croisière est animée, mais toujours avec élégance. »
Pourtant, le 12 septembre dernier, la tradition en a un peu manqué, d'élégance...
Ce joùr-là, le fier « Club Med II », qui a quitté Tunis la veille, direction ,Alger, poursuit sa croisière en Méditerranée, avec 250 passagers à bord et 200 membres d'équipage. A 10 heures, alors qu'il navigue à environ 30 milles (55,5 km) des côtes algériennes, des clients qui déjeunent au restaurant ont l'oreille attirée par des cris venant de l'extérieur. Ils se précipitent vers la balustrade : à 200 mètres, ils aperçoivent une barcasse qui fait du surplace et où s'entassent une vingtaine de personnes. La plupart, dèbout, hurlent en élevant les bras et en agitant des teeshirts. Mais le navire les ignore superbement, ne ralentit pas et trace sa route.
Léger malaise à bord...
Illusion d'optique
Pour les témoins, la scène rappelle furieusement ces boat people qui tentent régulièrement la traversée vers l'Europe, à bord d'embarcations minables et avec des fortunes diverses. Du coup, certains passagers, un brin choqués, s'émeuvent auprès des GO du Club Med et jurent qu'ils vont « écrire pour se plaindre ». « La scène était surréaliste, rapporte l'un d'eux. Pendant que la barque s'éloignait, des clients continuaient leur aérobic sur le pont ! » Des animateurs du Club vont eux-mêmes interpeller certains officiers, et se font rembarrer.
D'autres, gênés, tentent d'expliquer aux clients qu' « il s'agissait juste de pêcheurs ». Qui criaient sûrement pour vendre leur poisson aux touristes de passage...
Depuis, au siège du Club Med, à Paris, on se contente de déplorer : « Hélas, ce sont des choses trop fréquentes qui arrivent dans ces régions ! >, Le service de communication précise en outre que le Club Med est juste « exploitant» de la partie village , dans l'affair e: « On n'y est pour rien, on n'est pas décisionnaire sur ce bateau ... C'est le commandant qui a toutes les cartes en main. »
Et de renvoyer vers l'armateur du bateau, la société V -Ships, l'un des plus gros gestionnaires de croisières du monde, basé à Monaco. Lequel, à la demande du « Canard », a fait pondre, le 29 octobre, un rapport par le 'commandant du « Club Med II ", Yvon Laloge, sur « l'événement » du 12 septembre.
Extraits de sa version, bien différente de celle des témoins: « (. . .) Entre Skikda et Alger, à une distance de 8 milles (15 km) de la côte, nous avons aperçu une, embarcation, genre barque de - pêche, d'une quinzaine de mètres, avec, à son bord; une dizaine de personnes. Les conditions météo étaient excellentes, vent de force 3, portant à la côte, ciel clair, grand beau temps, houle de nord modérée, d'environ 1 à deux mètres. »
Le même ajoute sans rire: « Deux personnes (...) agitaient leurs bras, en signe de salut, comme le font la plupart des personnes sur les embarcations que nous rencontrons. En aucun cas cette embarcation ne m'a paru en difficulté, aucun signe de détresse n'a été émis (...). Cette embarcation ne courait - aucun danger (...), j"ai donc continué ma route. »
Sans oublier de leur faire aussi un petit coucou ?
Christophe Nobili
© « Le Canard enchaîné » - mercredi 31 octobre 2007.
Comment l'Arche de Zoé a sombré au Tchad
Sur le petit aéroport de Vatry, dans la Marne, jeudi matin 25 octobre, des journalistes de TF1, de France 2 ainsi que d'Europe 1 battent la semelle. Tout le monde attend l'atterrissage du Boeing qui ramène les pauvres petits orphelins du Darfour que de gentils Français ont sauvés d'une mort certaine.
On connait la suite.
Selon l'Unicef et la Croix-Rouge, beaucoup de gamins n'étaient pas du Darfour mais de petits Tchadiens déplacés, ils n'étaient pas non plus tous orphelins. Et les familles qui avaient mis entre 2 600 et 6 000 euros sur la table n'en croient pas leurs oreilles.
Sarko a condamné, Rama Yade aussi. Les hauts fonctionnaires du Quai d'Orsay, quant à eux, s'arrachent les cheveux. « On voudrait comprendre comment on a pu faire avoir à ce point-là! ", se défendent-ils contre l'accusation de n'avoir pas tout fait pour neutraliser les apprentis humanitaires de l'Arche de Zoé.
Comment une structure qui n'a pas l'habilitation délivrée par l'Autorité centrale pour l'adoption, émanation des Affaires étrangères, a-t-elle pu à ce point abuser des diplomates ? Mieux, comment les dirigeants de cette association avançant masquée sous le nom de Children Rescue ont-ils pu emprunter au Tchad les avions de l'armée française entre N'Djamena et Abéché comme on prend l'autobus ?
Le ministère des Affaires étrangères a été très compréhensif. Bien que n'ayant pas la fameuse accréditation et, proche d'une autre association, Sauvez le Darfour, l'Arche de Zoé a été reçue à plusieurs reprises au Quai d'Orsay. La première fois, on explique à ses dirigeants qu'il y a des procédures à respecter.
Comme ils ont l'air de s'entêter, après un deuxième rendez-vous, le 9 juillet, le procureur de la République est saisi pour« exercice d'activité illégale d'intermédiaire en vue d'adoption ».
Il n'est alors plus question que de ramener des enfants. Et Rama Yade, bien crédule et trop patiente, de leur redire une troisième fois qu'on ne peut pas faire n'importe quoi. Au même moment, le Quai d'Orsay afflrme-avoir alerté les Soudanais et même la police tchadienne.
Mais jamais il n'a été donné l'prdre- et surtout pas écrit- aux chevaliers blancs de tout arrêter.« On n'est pas chargés de fliquer les ONG. Lajustice était sur le coup. On ne pensait pas qù'ils insisteraient ", lâche un diplomate dépité.
Et pourtant, à 4 000 kilomètres de là, Children Rescue a déjà débarqué à Abéché avec un projet affiché :
la mise en place d'un centre médico-social à proximité d'un camp. On le sait maintenant, Zoé et Children Rescue, c'étaient les mêmes.
Les autorités, là encore, plaident non coupables: il est passé à Abéché 75 associations en six mois. Précision, est baptisé ONG qui le décrète. Il n'existe pas; en France, de statut juridique particulier. N'importe quelle association 1901 ou fondation peut revendiquer l'appellation. L'ambassade de France à N'Djamena, qui donne l'autorisation pour le transport des humanitaires, n'y a donc vu que du feu. Et les fausses barbes de la DGSE qui sont là-bas chez elles depuis quarante ans n'ont rien remarqué non plus.
«Comment vouliez-vous qu'on fasse le rapprochement? », s'égosillent à Paris les porte-parole du Quai et de la Défense. Encore bravo!
Brigitte Rossigneux
© « Le Canard enchaîné » - mercredi 31 octobre 2007.
Un préfet dans l'urgence
un médecin, délégué de l'Association des médecins urgentistes, a été convoqué, toutes affaires cessantes, par le préfet de l'Isère. Pas content du tout, le représentant de l'Etat a brandi sous le nez du toubib une série de mails.
Il s'agissait des échanges de ce médecin avec son président, le remuant Patrick Pelloux. Et les courriels en question n'étaient pas franchement louangeux pour la politique de santé du gouvernement et autres opérations de casse de l'hôpital public.
L'interception de la correspondance privée entre deux syndicalistes par un haut fonctionnaire de la République est donc désormais entrée dans les moeurs.
La reconversion des RG est en marche!
© « Le Canard enchaîné » - mercredi 31 octobre 2007.
«Un spammeur s'expose à 300.000 euros d'amende et cinq ans d'emprisonnement»
Propos recueillis par Alice Antheaume - 20Minutes du 31/10/2007
Qui n’a jamais pesté contre les spams, ces messages indésirables qui polluent des boîtes électroniques? En France, la riposte s’organise: deux acteurs anti-spammeurs, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) et l’association Signal Spam, viennent de signer un partenariat pour s’allier contre ce qui reste «un des problèmes majeurs d’Internet (qui) mine la confiance dans l’économie numérique».
Interview de Sophie Nerbonne, directrice adjointe aux affaires juridiques de la Cnil.
A quelles sanctions s’exposent un spammeur?
Il y a plusieurs niveaux de sanctions possibles pour non-respect de la loi Informatique et libertés. Des sanctions au tribunal et des sanctions par la Cnil. Pénalement d’abord, un spammeur peut écoper de 300.000 euros d’amende et cinq ans d’emprisonnement. S’ajoutent parfois des sanctions plus spécifiques comme des contraventions de 5e catégorie pour chaque envoi de message non sollicité, sachant que l’amende est de 750 euros par spam envoyé.
En ce qui concerne les sanctions données par la Cnil, elles se font au terme d’une procédure contentieuse: rapport puis mise en demeure – souvent dissuasif – et s’il n’y a de réponse à la mise en demeure, amendes de 150.000 euros.
A quoi a servi la «boîte à spams» lancée par la Cnil en 2002 pour que les internautes puissent signaler les spams puisqu’elle s’est arrêtée trois mois plus tard?
Dès 2002, la «boîte à spams» a servi à sensibiliser l’opinion et les pouvoirs publics aux problèmes posés par le spam. Cette année-là, la condamnation d’une société spammeuse française, sur dénonciation de la Cnil, a montré que l’aspiration d’adresses électroniques par un robot constitue une collecte déloyale et illicite d’informations.
Qu’a fait la Cnil en matière de spams entre la «boîte à spams» de 2002 et l’initiative en 2007 de Signal Spam?
Entre 2002 et 2007, on a travaillé pour une meilleure concertation avec la magistrature et, surtout, une meilleure coordination avec les réseaux européens et internationaux. La Cnil est maintenant en relation avec des autorités européennes, avec l’OCDE, l’Union internationale des télécommunications et la FTC (Federal Trade Commission), chargée de lutter contre le spam aux Etats-Unis, pour s’entraider et échanger des informations sur les spammeurs. Car le spam reste un problème international, puisque la majorité des messages indésirables sont en langue anglaise.
Les squats de rue se poursuivent, malgré les évacuations. Boutin part en croisade contre les campements parisiens
Source AFP LIBERATION jeudi 1 novembre 2007
Plusieurs célébrités sont venues apporter leur soutien aux mal-logés. Ce qui a fortement irrité la ministre du Logement.
Des familles africaines mal logées – qui ont entrepris depuis un mois d'occuper la rue de la Banque, au centre de Paris – ont été à nouveau évacuées par la police jeudi. La précédente évacuation datait de la veille. Lors de cette évacuation, trois de ces femmes ont été légèrement blessées. Les blessures ont eu lieu «dans la bousculade mais les victimes n'ont pas été poussées» par les policiers et gendarmes mobiles, a assuré le porte-parole.
Le logement, c'est son affaire et certainement pas celle de vedettes de cinéma. Christine Boutin s'est énervée jeudi, après la venue de plusieurs personnalités médiatiques rue de la Banque, à Paris, où campaient des dizaines de mal-logés. Dans un communiqué, la ministre du Logement déclare qu'elle ne se laissera pas «influencer par aucune gesticulation médiatique, surtout lorsqu'elles émanent de personnalités très estimables dans leur métier mais totalement incompétentes sur les questions du logement».
Ces femmes, certaines accompagnées d'enfants en bas âge, venaient de passer la nuit sur le trottoir, à l'endroit même où la police avait évacué la veille leur campement de tentes dressées depuis un mois sous les fenêtres du «ministère de la crise du logement», un immeuble squatté du IIe arrondissement.
Balasko, Béart, Depardieu, Bedos, Bohringer...
La police a ensuite bloqué l'accès à cette portion de rue, interdisant du même coup l'accès à l'immeuble, tandis que les mal-logées recevaient la visite des actrices Josiane Balasko et Emmanuelle Béart, venues apporter leur soutien. «C'est épouvantable, ils sont exploités... Ce sont des gens qui n'ont plus rien à perdre...Ils sont en hébergement, en foyer, dans des hôtels qui sont des marchands de sommeil déguisés et ils veulent pouvoir vivre décemment», a déclaré à la presse Josiane Balasko. «Quelles sont les séquelles à long terme sur la scolarité de leurs enfants ? Sur la possibilité pour ces femmes de continuer à travailler car elles ont toutes des papiers et elles travaillent ?», a renchéri Emmanuelle Béart, favorable aux réquisitions d'immeubles vacants.
La veille, c'étaient Gérard Depardieu, Guy Bedos et Richard Bohringer qui étaient venus montrer leur solidarité, d'où la sortie de Christine Boutin, qui assure qu'elle ne se laisserait «influencer par aucune gesticulation médiatique, surtout lorsqu'elles émanent de personnalités très estimables dans leur métier mais totalement incompétentes sur les questions du logement.»
Elle s'est dite «déterminée à ne pas tolérer que des campements (de mal-logés) s'installent dans Paris» et a affirmé qu'elle attendait toujours de la part de l'association Droit au Logement (Dal), qui soutient activement ces femmes, une liste de noms des familles «jugées comme prioritaires pour le logement selon les critères de la (future) loi sur le Droit au logement opposable».
Cette liste devait être remise le lundi 28 octobre mais Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du Dal, a expliqué à l'AFP qu'il n'entendait la remettre que si toutes les familles étaient assurées d'un logement et pas seulement celles se trouvant dans «une situation épouvantable».
Un nouveau front, place Stalingrad
Choisissant le 1er novembre, premier jour de la trêve hivernale pour les expulsions de locataires, une autre association, le Comité Actions Logement (Cal), a voulu ouvrir un nouveau front en installant une centaine de mal-logés place de Stalingrad, dans le nord-est de Paris. Une centaine de mal-logés y campaient jeudi. Sous une banderole appelant à «reloger tous les mal-logés», le Cal, organisateur de la manifestation sur cette place du XIXe arrondissement, demande au gouvernement «d'appliquer la loi de réquisition».
Dans un communiqué, l'association rappelle que le 11 octobre, il avait déposé une centaine de «demandes d'attribution d'office», formulaires officiels de demandes de réquisition de logements vacants, au cabinet de la ministre du Logement Christine Boutin. Mais aucune suite n'a été donnée à ces demandes.


