Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

mercredi 31 octobre 2007

Les Etats-Unis ont dépensé 43,5 milliards de dollars pour le renseignement en 2007

The Associated Press - 30/10/07

Le gouvernement américain a dépensé 43,5 milliards de dollars pour le renseignement en 2007, selon des documents officiels rendus publics mardi dans le cadre d'une nouvelle loi destinée à faciliter le contrôle du Congrès.

Le directeur des services de renseignement nationaux, Mike McConnell, a déclaré dans un communiqué qu'aucune autre information ne serait publiée au sujet du budget, classé secret défense, ne serait publiée car "de telles communications pourraient nuire à la sécurité nationale".

Les 16 agences du renseignement ont tenté d'empêcher l'aboutissement des procédures légales lancées pour obtenir la publication de leurs dépenses, notamment celles de la CIA, du ministère de la Défense, du Trésor et de la Sécurité intérieure. Mais le président George W. Bush a promulgué en août la loi sur la publication des dépenses du renseignement dans les 30 jours suivant la clôture de l'année fiscale, en l'occurrence le 30 septembre.

Cela concerne 2007 et 2008, mais à partir de 2009 le chef de l'Etat pourra éviter la publication de ces chiffres s'il parvient à convaincre le Congrès de ce que cela risquerait de porter atteinte à la sécurité de l'Etat.

La CIA n'a révélé volontairement le montant de ses dépenses que deux fois, en 1997 et 1998, depuis sa création en 1947. Les budgets s'élevaient alors respectivement à 26,6 et 26,7 milliards de dollars. Il y a deux ans, une haute responsable du renseignement a lissé échapper lors d'une conférence publique que les dépenses totales s'élevaient à 44 milliards de dollars (30,5 mds d'euros).

Les analystes indépendants en sécurité nationale estiment généralement que le budget annuel représente environ 10% du budget total de la défense aux Etats-Unis, de quelque 600 milliards de dollars (€416,4 mds) en 2007, dépenses liées à la guerre en Afghanistan et en Irak comprises. Les agences militaires du renseignement, dont la NSA (National Security Agency) et le NRO (National Reconnaissance Office) absorbent environ 80% du budget total du renseignement.

Quel gâchis !

La confiance des consommateurs américains au plus bas depuis mai 2006

Les experts se doutaient que le moral des ménages américains n'était plus au beau fixe. Mais au point de reculer jusqu'à son plus bas niveau depuis mai 2006, il y a un pas... Il faut dire qu'entre la hausse des prix, notamment de l'alimentation et du fioul domestique, et la baisse du prix de l'immobilier, tout désormais, concourre à ce que les Américains réfléchissent à deux fois avant d'ouvrir leur porte-monnaie.

Les économistes retiennent donc leur souffle, alors que les fêtes de fin d'année approchent. Toujours est-il que pour l'heure, même les vendeurs de Harley-Davidson se plaignent d'avoir moins de clients...

On ne peut pas non plus avoir la guerre et l'argent de la guerre

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mardi 30 octobre 2007

Des moines français ont observé une journée de jeûne en solidarité avec la Birmanie

LA CROIX  -  29/10/2007 20:30 Jean-Luc POUSSIER

L'abbaye de Kergonan, comme l’ensemble de la Conférence monastique de France, a vécu samedi 27 octobre une journée de jeûne et de prière en solidarité avec le peuple et les moines birmans.

Le 14 octobre, au nom de la Conférence monastique de France qu’il préside et qui rassemble 40 monastères contemplatifs, Dom Piron écrivait en effet à l’ambassadeur de Birmanie en France pour s’inquiéter du sort des moines birmans et annonçait un jour de jeûne et de prière pour samedi dernier 27 octobre, anniversaire de la première rencontre de responsables des grandes religions suscitée en 1986 par Jean-Paul II à Assise.

Cette lettre était une première dans l’histoire de la Conférence monastique, qui s’est d’ailleurs longtemps interrogée sur le type d’action à entreprendre. Manifestation pacifique devant l’ambassade de Birmanie à Paris ? Courrier déposé à l’ambassade avec le soutien du nonce apostolique ou du ministre des affaires étrangères ?

"Rester dans notre champ d'action d'hommes de prière"

Les moines français ont finalement opté, explique Dom Piron, « pour une initiative qui reste dans notre champ d’action d’hommes de prière sans intervenir dans le champ politique. Le drame des moines birmans nous rappelle, de façon analogique, celui des moines de Tibhirine. Ce sont des faits qui ont suscité un élan dans notre prière. »

"Rester ouvert à tous les hommes"

Le calme apparent des imposants bâtiments de granit de l’abbaye Sainte-Anne de Kergonan, à deux pas du petit bourg breton de Plouharnel, des plages de Carnac et de la presqu’île de Quiberon, et à un kilomètre à vol d’oiseau des moniales de l’abbaye Saint-Michel, ravagée en avril dernier par un incendie (lire La Croix du 27 avril), n’empêche pas les bénédictins de se sentir proches de ce que vivent les moines bouddhistes de Birmanie.

Le sacrifice des bonzes birmans qui se sont opposés à la junte militaire a interpellé la communauté et chacun des moines de manière différente. « Je fais partie de ceux qui ne suivent pas l’actualité, explique par exemple le P. Xavier Perrin, prieur de l’abbaye. Mais l’implication des moines et du peuple birman est une réponse pacifique et humaine à laquelle on ne peut pas être insensible. Cela rejoint quelque chose qui est le sens même de notre vie de prière et d’intercession pour tous les hommes. C’est une dimension permanente de notre vie monastique. On ne peut pas être disciple de Dieu si l’on n’est pas ouvert à tous les hommes. »

Mais pourquoi cette réaction particulière sur la Birmanie, qui est loin d’être le seul pays ou les droits de l’homme sont bafoués ? L’implication politique directe de moines bouddhistes a-t-elle joué un rôle ? « Sans doute parce que les moines sont au contact direct de la population, un peu comme l’est le clergé dans notre pays », reconnaît Dom Piron.

"Qu'aurions nous fait à leur place?"

« Il faut se demander ce que nous aurions fait à leur place en cas d’événements aussi graves, souligne le F. Pierre-Marie Jourdan, économe du monastère. La paix et l’unité sont des causes fondamentales, et nous devons être des artisans de la paix. Que faisons-nous, à notre niveau, pour y contribuer ? Des événements comme ceux de la Birmanie nous ouvrent les yeux. »

Pour ce moine, le dialogue interreligieux devra s’imposer : « Notre vie ne nous prédispose pas à développer ce dialogue, et pourtant, à l’heure de la mondialisation, c’est maintenant une vraie nécessité de le faire dans un climat fraternel », explique-t-il. Ce n’est pas une nouveauté pour l’abbaye qui, il y a quelques années, avait reçu des moines bouddhistes tibétains.

« Nous avions passé une journée ensemble et ressenti, malgré la barrière du langage, une très grande fraternité avec ces moines », se souvient le P. Xavier Perrin. À cette époque également, le P. Robert le Gall, précédent abbé, devenu archevêque de Toulouse, avait publié un ouvrage d’entretiens (1) avec un lama tibétain.

Le Moine et le Lama, par Dom Robert Le Gall et Lama Jigmé Rimpoché (Fayard, 340 p., 20 €).

Abbé de Sainte-Anne de Kergonan, Dom Philippe Piron s’interroge : « On aimerait savoir si notre lettre a été reçue en Birmanie. Que les Birmans, moines ou non, qui sont en prison sachent que le monde monastique s’est mobilisé dans l’esprit d’Assise. Cependant, même s’ils n’ont pu le savoir, ce qui est fait dans la foi est porteur d’une mystérieuse fécondité. »

            

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L’ affaire Denis Gautier-Sauvagnac : d’où vient le trésor de guerre de l’UIMM ?

Par Pierre Héritier fondateur de Lasaire (Laboratoire social d’actions, d’innovations, de réflexions et d’échanges).

Quelle tristesse de voir le syndicalisme et les syndicalistes mêlés à une affaire sordide de financement occulte : des dirigeants, des délégués, selon la rumeur, auraient été «achetés» pour signer des accords ! Et même si cette rumeur contient une part de vérité, il faut la rendre publique pour situer les vraies responsabilités et disculper ceux qui ne sont pas concernés.

La vérité fera apparaître que la majorité des syndicats (confédérations, fédérations, unions territoriales) et l’immense majorité des syndicalistes n’ont rien à voir avec l’argent sale de l’UIMM. Ceux qui ont voulu confondre les intérêts de leur organisation avec la défense de leur base ne représentent pas la majorité des organisations syndicales. Ceux qui se seraient laissé corrompre seraient encore plus minoritaires.

La caisse noire alimentée par les entreprises pour résister aux grèves trouve un fondement historique. Il y a peu de temps, il était question de 5 à 6 millions d’euros. Aujourd’hui, à l’heure où ce texte est écrit, on parle de 500 millions. Cent fois plus en quelques semaines. Non, cet argent ne provient pas seulement, ni principalement, des cotisations patronales. Il faut chercher ailleurs.

La peur du communisme en 1947, la crainte de mouvements sociaux subversifs en 1968 puis la «menace» de l’Union de la gauche (où le PCF était en force) ont conduit le patronat à ces choix stratégiques incompréhensibles aujourd’hui et peuvent expliquer que des PMI aient cotisé pour garantir la paix sociale. Mais, faut-il insister ? il n’y a pratiquement plus de grèves dans le secteur privé depuis un quart de siècle !

Alors, d’où vient ce trésor de guerre utilisé pour gérer la paix sociale ?

La vérité, nécessaire à la crédibilité du système de relations sociales, dépend de la volonté politique. Mais celle-ci ira-t-elle jusqu’au bout ? Ne va-t-on pas nous refaire le coup de l’amnistie ? Je ne suis pas demandeur de répression, mais je crois juste et nécessaire de proclamer la vérité, autant sur l’origine des ressources que sur leurs destinataires. Ne confondons pas amnistie et amnésie.

Actuellement, la suspicion frappe l’ensemble du syndicalisme, un corps social déjà souffrant. La dissimulation des faits est un poison fatal pour les syndicats. Je ne pense pas que les confédérations aient bénéficié de l’argent sale du patronat, même si je sais que les cotisations constituent une part minoritaire des ressources confédérales.

Une partie de la caisse noire a pu servir à financer des fédérations minoritaires dans leur branche, toutes ou partie des fédérations qui signent systématiquement tous les accords minoritaires : c’est le fameux «secret de Polichinelle».

Une deuxième partie a pu aller à des personnes physiques : syndicalistes d’entreprises ou nationaux, entremetteurs, toutes personnes susceptibles de signer ou de faire signer des accords. Cela s’appelle de la corruption et de l’enrichissement personnel.

Je ne serais pas étonné non plus qu’une troisième partie ait financé des hommes ou des partis politiques. J’ai lu dans la presse que l’UIMM avait financé la campagne de Giscard en 1974 ou en 1981.

La démocratie a besoin de transparence. Une chose au moins s’impose : la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. C’est la base d’une réforme profonde et nécessaire de tout le système.

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Menace de grève contre la carte judiciaire et contre la "méthode Dati"

ONDINE MILLOT Libération mardi 30 octobre 2007

«Dati : le contrat de défiance», «Dati, garde des shows» : si les opposants à la réforme de la carte judiciaire gardent le sens de l’humour sur leurs banderoles, ils ne plaisantent pas sur leur détermination. Malgré les propositions de compensations financières faites aux avocats la semaine dernière, les manifestations organisées localement par les barreaux se poursuivent, tandis que la grogne se durcit chez les magistrats.

«Le seul but de la réforme, c’est le prestige de la ministre. Elle veut pouvoir inscrire un “grand chantier” à son blason, quitte à faire n’importe quoi.»

Hier, à Paris, leurs deux principaux syndicats, l’Union syndicale des magistrats (USM) et le Syndicat de la magistrature (SM) ont boycotté la visite de la ministre au palais de justice. Tandis que Rachida Dati annonçait la suppression de 13 tribunaux d’instance sur 76 dans les ressorts des cours d’appel de Paris et de Versailles, le SM, associé aux trois principaux syndicats de fonctionnaires de justice (Usaj, CGT et CFDT) appelait, fait rarissime, à une journée de grève nationale le 29 novembre.

Ce qui est reproché à la chancellerie : une réforme «au pas de charge», «sans concertation», «présentée au cas par cas pour empêcher toute analyse globale», entend-on partout où se rend la ministre . Mais ce qui est grave, analyse Hélène Franco, secrétaire générale du SM, «ce sont les conséquences concrètes de cette méthode. On supprime les tribunaux d’instance, car c’est ce qui peut être fait le plus facilement. Les victimes sont donc les justiciables les plus vulnérables : ceux qui vont au tribunal pour la gestion de leur tutelle ou de leur dossier de surendettement. Ceux qui n’ont précisément pas les moyens de faire des kilomètres ou de se payer un ordinateur pour rentrer en contact avec le juge».

Fait non négligeable, l’Association nationale des juges d’instance (Anji), au départ modérée sur le sujet, a adressé hier à la chancellerie une lettre dénonçant les «conséquences dramatiques» des suppressions de tribunaux d’instance, motivées, selon eux, par «un affichage purement politique».

a, magistrat.

« Il aurait fallu que la ministre de la justice présente aux Français et au Parlement un projet de modification de l’organisation judicaire adapté aux besoins des citoyens et aux exigences de la réalité du monde contemporain. Il aurait fallu qu’elle propose une vision, un schéma de pensée sur ce que doivent être la proximité, la qualité, la neutralité de la justice. Elle aurait pu prévoir, dans le champ du droit familial (affaires de divorce, tutelles, justice des mineurs), des transferts de compétence en direction des tribunaux d’instance.

Elle aurait pu prévoir, pour les affaires criminelles et délictuelles, un échelon départemental et régional pour assurer une cohérence entre la police et la justice dans le combat contre la grande délinquance organisée et contre les crimes les plus graves.

Elle aurait pu prévoir que le ressort de chaque cour d’appel coïnciderait avec une région administrative pour simplifier la vie des Français et des professionnels du droit.

Au lieu de cela, elle applique un système de réforme avec une vision du territoire mécaniste qui fleure bon le bonapartisme. Elle parle en termes de rationalité (d’ailleurs très aléatoire)  de la  carte judiciaire, utilisant un mode de décision qui court-circuite les « sachants » au profit de décisions impériales aux motivations obscures, laissant place aux interventions locales des barons de la politiques. Pourquoi tel tribunal qui « fait » un plus gros chiffre que tel autre sera supprimé ? Le gros ou le petit poids de l’élu local ? »             Dominique Barella - Magistrat

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Laporte : l’affaire du casino arcachonnais revient sur le tapis

RENAUD LECADRE Libération mardi 30 octobre 2007

Une plainte pénale visant Bernard Laporte vient d’être déposée auprès du parquet de Paris.

A la différence d’autres procédures fiscales ou commerciales en cours, qui tournent autour de la galaxie Laporte et mettent plutôt en cause ses partenaires en affaires, celle-ci le pointe directement du doigt. La plainte est initiée par un petit casino du bassin d’Arcachon, en butte à l’ostracisme du ministère de l’Intérieur qui lui mégote ses autorisations d’ouverture et de machines à sous – tout en déroulant le tapis vert aux cadors du secteur, les groupes Partouche et Barrière.

En août 2005, Laporte aurait fait miroiter ses relations avec Nicolas Sarkozy (alors ministre de l’Intérieur, tuteur des casinos) à Frédérique Ruggieri, tenancière du casino de Gujan-Mestras (Gironde), contre des parts de son établissement. En octobre, il affirne dans un entretien à L’Equipe : «C’est elle qui m’avait demandé de lui organiser un rendez-vous avec Nicolas Sarkozy. En déconnant, j’ai répondu : Donne-moi 10 % et je te l’aurai, le rendez-vous

Pour Me Francis Terquem, avocat du casino, «il est assez inopérant que M. Laporte ait tenu ces propos “pour rire” ou “en déconnant”. Les faits relèvent d’une tentative d’extorsion de capital», variante trop peu connue de l’extorsion de fonds ou de signature.

Procédures. D’autres procédures judiciaires visent indirectement Laporte. Toujours sur le bassin d’Arcachon, le maire PS du Tech, François Deluga, a lancé deux procédures visant un associé de Bernard Laporte, Didier Domonchy candidat UMP. Il s’agit d’une intrusion affairiste dans la sphère politique : «Ce n’est pas parce qu’on est dans le Sud-Ouest qu’il faut se croire au Far West. Une entreprise privée n’a pas le droit de financer un document électoral.» Laporte s’est, depuis, désolidarisé de ce brûlot et s’est séparé de son associé – «un dingue», dit-il – après avoir renoncé à concourir localement sous l’étiquette UMP. Le parquet n’a toujours pas donné suite. «Il attend les résultats de la Coupe du monde», raille Deluga.

Dans l’Isère, une autre affaire vise un autre associé de Bernard Laporte, Martin Trigano (neveu de la famille fondatrice du Club Med). En 2006, est construite une résidence touristique haut de gamme, les Rêveries du Lac. Très vite, des employés se plaignent de harcèlement, le neveu Trigano est mis sur la touche, un trou dans la trésorerie est alors découvert. Faillite, fureur des investisseurs ayant acheté des appartements dans l’espoir de les louer. Ils s’en prennent un temps à Bernard Laporte, mais lui-même aurait perdu 100 000 euros dans l’affaire. Le week-end dernier, ils ont renoncé à porter plainte. Le parquet est malgré tout saisi pour faillite potentiellement frauduleuse.

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Un système majoritaire aberrant autorise, comme vendredi dernier, l'adoption d'un texte de loi par moins de 8% des députés !

Lundi 29 Octobre 2007  - Marianne - Vincent Delhommeau 

Les députés ont approuvé dans la nuit de vendredi à samedi l'instauration de nouvelles franchises médicales, dans le cadre du projet de loi de finances de la Sécurité sociale pour 2008.

Cette disposition a été votée par 44 voix contre 27. Ce texte a donc été débattu, peut-être, et voté par 71 députés, ce qui représente 12% de l'Assemblée nationale, 577 sièges. Le nombre de voix pour, qui a permis l'adoption du texte, représente 7,6 % des députés, score qu'on a l'habitude de qualifier de « majorité écrasante ».

Consternant. Un texte qui constitue un nouveau coup de canif dans notre protection sociale, a été adopté grâce au vote de 7% de nos élus.

La plupart des députés se font élire avec un score qui oscille entre 50 et 60%. On peut donc dire que le Parlement représente grosso modo 60% des suffrages, les 40% restant ayant été donnés à un autre candidat, en quelque sorte contre le candidat élu. Par conséquent, le texte adopté vendredi a été examiné par des personnes qui représentent 7,2% des suffrages exprimés aux dernières élections législatives, et voté par des élus qui représentent 4,5% des suffrages.


Exiger une représentation minimum
Quelle est la légitimité d'un tel texte ? Les députés sont les représentants du peuple, qui leur a donné un mandat pour voter des lois à sa place, et en son nom. Curieusement, la commission Balladur, chargée de faire des proposition pour moderniser nos institutions, ne s'est apparemment pas penchée sur ce problème. Pourquoi ? Pourtant, quand on lit ou entend « moderniser », on comprend « plus efficace », « mieux », « progrès ». Et quand il s'agit de moderniser nos institutions, on pense que cela devrait, entre autres, améliorer la démocratie, et pas seulement s'occuper de l'équilibre des pouvoirs entre le législatif et l'exécutif.

Cette situation est une honte pour les députés qui acceptent de se prêter à ce simulacre de travail parlementaire, et témoigne d'une certaine forme de mépris de la part des élus, notamment les absents, pour leurs électeurs. En l'absence d'une disposition régissant cette situation, c'est-à-dire pénurie de votants, si les députés qui comptent voter contre un texte quittaient l'hémicycle au moment du vote, il serait, en tout cas je l'espère, annulé.

Il existe pourtant une solution toute simple : le quorum. Cette disposition permet d'interdire ou d'invalider toute décision qui serait prise par une assemblée alors qu'un minimum de personnes ayant un droit de vote ne sont pas présentes ou représentées. Cela se pratique couramment, dans les entreprises, les associations, les copropriétés. Bref, une décision engageant tout le monde (le Parlement dans le cas présent) ne peut être prise sans la présence d'un minimum de participants. Accepterait-on qu'un député, ou le Président de la République, soit élu avec 4,5% des suffrages, c'est-à-dire les voix de 2,7% des électeurs ?

En finir avec la « manœuvre politicienne »
Le système actuel, outre le fait qu'il constitue une insulte pour les électeurs, permet de faire passer un texte sans débat, discrètement, en catimini. En général, lorsqu'on se cache pour faire quelque chose, c'est qu'on n'est pas vraiment fier de ce que l'on est en train de faire. Et si cet état de fait, que l'on peut qualifier de « manoeuvre politicienne », est légal, il n'en n'est pas moins immoral, et contribue à la méfiance, voire au dégoût, que les Français ressentent pour leurs élus, et tout ce qui touche de près ou de loin au politique.

La commission Balladur a rendu sa copie. J'espère que ces personnalités éminentes ont été correctement rémunérées pour ce travail remarquable, et ce rapport d'une très haute qualité, qui témoigne d'une grande ouverture d'esprit, associée à une capacité d'analyse hors du commun. Je ne peux néanmoins m'empêcher de penser que si un citoyen ordinaire peut envisager un problème oublié par des experts, ceux-ci feraient bien de retourner en formation. Rémunérée bien entendu.

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Pionnière de l'éco-quartier, Fribourg attire des milliers de curieux de toute l'Europe

FRIBOURG (Allemagne) (AFP) - 29/10/2007

Avec ses toitures végétalisées, ses panneaux solaires et ses rues où le piéton est roi, l'éco-quartier Vauban de Fribourg attire des milliers de visiteurs étrangers, en majorité français, en quête d'informations sur les économies d'énergie.

C'est qu'avec le quartier Vauban, cette ville de 217.000 habitants du sud-ouest de l'Allemagne compte parmi les pionnières en la matière à l'échelle mondiale, aux côtés de Malmö en Suède, Apeldoorn aux Pays-Bas, ou le quartier zéro émission "Bedzed" au sud de Londres.

"Environ 60% de nos visiteurs étrangers sont des Français", précise Jürgen Hartwig, directeur de l'agence Freiburg-Futour qui y organise des visites depuis neuf ans. Au total ce sont chaque année entre 8 à 10.000 visiteurs qui participent à des visites guidées du quartier Vauban, ou à des séminaires sur l'éco-urbanisme et les énergies renouvelables, estime Hans-Jörg Schwander, de l'association Innovation Tours, également sur ce "créneau".

Ce jour-là, ce sont deux cars français qui se garent devant la centrale à copeaux de bois qui alimente le quartier en eau chaude et en électricité. Le déplacement a lieu dans le cadre d'une journée de sensibilisation aux énergies renouvelables de la Région Alsace.

Guidé par un habitant, un groupe grimpe sur le toit de la première "maison passive" du quartier, achevée en 1999. Grâce à l'orientation, aux fenêtres à triple vitrage, à l'isolation et au système de ventilation à double flux, le bâtiment profite au maximum des apports "passifs" que sont le soleil et les sources internes (chaleur humaine, appareils électro-ménagers...), explique Andreas Delleske. "Pour chauffer mon appartement de 90 m2 au deuxième étage, je ne paye que 90 euros... par an !", précise-t-il.

Quelques panneaux solaires sur le toit fournissent un peu d'électricité, mais 60% du courant est produit par la chaufferie au gaz, dans la cave de l'immeuble. Lorsqu'elle fonctionne en hiver, elle permet même de vendre du courant aux voisins, à un tarif très avantageux.

Les visiteurs sont émerveillés. "Chez nous, les promoteurs immobiliers ne pensent pas aux économies d'énergie. Ce n'est pas leur problème", relève un retraité de Haguenau (Bas-Rhin).

Mais la "maison passive" n'est pas le fait d'un promoteur. Ses habitants ont à l'origine formé une "Baugruppe", une sorte de coopérative de construction, pour réaliser le projet selon leurs voeux. Le surcoût n'a représenté que 7%, affirme Andreas Delleske.

Le quartier entier, composé à l'origine de casernes construites sous le IIIième Reich et occupées ensuite par l'armée française jusqu'à la Réunification, doit énormément à ses habitants: réunis au sein d'initiatives citoyennes comme le Forum Vauban, ils ont pesé de tout leur poids sur la planification urbanistique.

Il en résulte un îlot dessiné en fonction des arbres existants, où aucun logement neuf n'est autorisé à consommer plus de 65 kwh/m2 par an en chauffage, avec des trouées vertes planifiées en concertation avec les habitants, ou même un four à pain collectif.

Dans les ruelles du "Lotissement solaire", Daniel, venu de Strasbourg, n'en revient pas de voir "toutes ces surfaces de panneaux solaires". Lui-même est installateur professionel et juge qu'en la matière, la France a "cinq à dix ans de retard. Ici, c'est un peu le paradis".

"Nous montrons qu'il suffit d'un peu de volonté pour le faire, et que les progrès techniques permettent de concilier écologie et qualité de vie", résume Jürgen Hartwig. Les visites à répétition ne sont néanmoins pas toujours appréciées dans le quartier, admet-il: "il y a quelques endroits où n'emmenons plus de groupes, pour éviter les ennuis".

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Conjuguer morale et affaires : ces jeunes diplômés qui craquent pour l’éthique.

Libération du 22/10/07 – Luc Peillon

De plus en plus d’actifs surdiplômés font désormais passer le niveau de salaire après le quête du sens dans le travail. Une tendance que les grandes écoles commencent à intégrer dans leurs cursus.

Sept ans trader pour la BNP, longtemps, Gilles Hervé s’est levé tôt. 34 ans, dégaine baraquée et cerveau musclé aux meilleures écoles, dont Centrale, avant un troisième cycle en finances, option « marchés ». Griserie des montants à gérer (un portefeuille de trois milliards – l’équivalent du PNB du Gabon), ivresse du revenu (salaire annuel de 60 000 euros et des primes pouvant atteindre les 200 000 euros) mais en juillet 2007, paf, la crise de foi : « Et si l’intérêt général devait passer avant les intérêts particulier ? Et si l’on considérait qu’il y a sur Terre assez de richesses pour que chaque personne vive correctement » ?

En salle des marchés, ces interrogations s’apparentent à une bouffée délirante ou à de la schizophrénie. « Cela faisait deux ans que je m’interrogeais et il y a eu le jour de trop où ce boulot, cette vie, n’avaient plus aucun sens.» Bien sûr, dans ce milieu, oser de telles opinions revient à s’afficher renard dans un poulailler, surtout là, au centre du monde capitaliste où on ne pense pas, on compte. « J’ai demandé un congé sans solde d’un an »

Passé par les formations les plus prestigieuses, ils sont pourtant de plus en plus nombreux à s’interroger sur le finalité de leur fonction, à remettre en cause leur rôle dans le théâtre de l’entreprise. « La première année où nous avons fondé HEC Solidarité, un réseau d’anciens élèves désireux d’œuvrer dans l’associatif et l’humanitaire, nous étions vingt inscrits. C’était il y a dix ans ; aujourd’hui nous sommes 300 », constate Michel Tardieu, 63 ans, dont deux tiers de carrière bien classique. Cadre supérieur dans l’industrie chimique et pharmaceutique, il parcourt le monde jusqu’à 50 ans ; puis il décide travailler pour une ONG active sur l’Asie du Sud-est, Enfants et Développement. « Je suis passé par les grands hôtels dont je rentrais fourbu, frustré. Après je suis allé chez l’habitant, dans des chambres au confort sommaire dont je revenais plein d’enthousiasme ! »

Transformer les entreprises de l’intérieur

Michel Tardieu a fait le choix de diviser son salaire par quatre : « j’en avais les moyens, j’avais très bien gagné ma vie avant et mes enfants étaient élevés ».Gilles Hervé lui, se dit près à gagner le minimum qui lui semble nécessaire pour vivre correctement. Ni l’un ni l’autre ne sont prêts à jouer les petits frères des pauvres mais ils entendent utiliser au mieux leurs compétences. Tous deux jugent le capitalisme comme le « moins pire » des systèmes dont il convient de gérer au mieux les effets néfastes pour l’humanité.

Magali Martin, elle aussi, veut transformer les choses de l’intérieur : elle intègre cette année une préparation à l’ENA tout en continuant à consacrer son temps libre à une association d’aide au sans papiers dont le siège est une péniche, véritable arche de Noé, amarrée  à un quai de Conflans-Sainte-Honorine. « J’ai longtemps travaillé pour une banque d’affaire où j’avais le sentiment d’être un engrenage dans une machinerie sans morale. Mon combat aux côtés des démunis a redonné du sens à ma vie ».

Tenter d’inverser la vapeur au sein de l’entreprise ou la déserter, écoeuré par son fonctionnement et les rapports humains exécrables ? La RSE (Responsabilité Sociale et Environnementale) est devenue le concept dont on débat, des bancs des écoles aux fauteuils du Medef. Dominique Greiner, économiste de formation, professeur d’éthique des affaires en écoles de commerce, apporte sa pierre au débat. « Il y a de très bons cours sur la responsabilité sociale des entreprises mais ils sont totalement déconnectés de la formation de base. C’est une forme de cynisme, la RSE est conçue comme une option d’appoint tandis que les fondamentaux de la guerre économique restent inchangés.

Droit de refus 

Alors certains individus quittent des postes plaqués or pour trouver une fonction sociale plus en accord avec leur éthique personnelle. Un peu partout, une grande majorité d’étudiants refusant de sacrifier la morale sur l’autel du bulletin de paye , se tournent vers les ONG de plus en plus « professionnalisées » qui reçoivent une avalanche de CV.

Comment réagissent les entreprises ?

Pour la majorité des PME sincèrement engagées dans le développement éthique, grossir signifierait devoir renoncer à leurs principes. Problème : refuser de croître signe bien souvent le déclin. Les concepts de la décroissance s’accommodent évidemment bien mal aux lois de la libre entreprise. Jusqu’où l’entreprise est-elle capable d’intégrer les urgences sociales et environnementales ? c’est tout le débat du Grenelle de l’environnement…

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GENDARMERIE/AUCH. Un rapport sans détour

[SUD OUEST 30/10/07] 

- Un « rapport sur le moral » rédigé par le commandant de la compagnie est publié sur le site Internet d'un syndicat policier. Très pessimiste, il aurait dû rester confidentiel

« Ce rapport est un document interne qui n'aurait jamais dû se retrouver sur Internet. » L'embarras était palpable hier du côté du groupement de gendarmerie du Gers. A l'origine de cette gêne, la mise en ligne d'un « rapport sur le moral » rédigé par le commandant de la compagnie d'Auch. Ironiquement, la fuite s'est produite sur le site du Syndicat national des officiers de police (Snop). Les militaires, eux, n'ont pas le droit de se syndiquer.
« Manque de considération », « sentiment d'être taillable et corvéable à merci », « frustration »... La prose du capitaine Bernard Carbonel-Rico est sans détour. « Depuis le précédent rapport élaboré en 2006, le moral des militaires de la compagnie d'Auch, toutes unités confondues, continue de suivre une courbe défavorable. Il se dégrade toujours très rapidement. Cette dégradation n'est pas récente. »

Authentique. A l'heure où le gouvernement travaille à rapprocher civils et militaires au sein du ministère de l'Intérieur, la publication de ce document a suscité de vifs débats entre syndicalistes policiers sur le forum du Snop.
Si le groupement de gendarmerie du Gers refuse de commenter la fuite, il reconnaît toutefois l'authenticité du document publié : « Ce type de rapport est effectué régulièrement. Le chef de compagnie le transmet au commandant de groupement qui le fait remonter ensuite à la direction générale afin de disposer d'un état des lieux complet », explique le lieutenant-colonel Dalier, adjoint au commandant du groupement du Gers.

« Pas un reflet exact ». L'auteur du rapport, le capitaine Carbonel-Rico, était totalement injoignable hier. Selon le lieutenant-colonel Dalier, la fuite n'est pas de son fait. « On a du mal à comprendre comment cela est possible. Le problème, c'est que si l'on se focalise sur ce cas d'espèce, on n'aura pas un reflet exact de la réalité. »
Le rapport auscitain offre, en effet, de bien sombres perspectives. Verbatim : « La corde est prête à se rompre pour beaucoup (de militaires) qui se réfugient parfois derrière des arrêts maladie pour souffler, faire redescendre le stress ou bien encore éviter certaines missions. (...) Il est probable que si ce mal-être n'est pas entendu, à terme un nouveau mouvement pourrait surgir avec les conséquences malheureuses pouvant en découler. »

Ailleurs en France. Le spectre d'un nouvel hiver 2001, avec des manifestations de gendarmes ? « Je n'en suis pas persuadé », tempère le lieutenant-colonel Dalier pour qui « il ne faut pas généraliser ce cas d'espèce ». Le problème, c'est que le rapport auscitain n'est pas le seul à tirer la sonnette d'alarme. « Chasublorange », l'internaute qui a allumé la mèche sur le forum du Snop, publie également des rapports similaires pour les groupements de la Haute-Vienne, de l'Hérault ou du Finistère.
Voilà qui donne le ton en vue du séminaire des 12, 13 et 14 novembre à Montluçon (Allier) réunissant les cadres de la gendarmerie et auquel se rendent les ministres de l'Intérieur et de la Défense. Et quelques mois après l'envoi à Nicolas Sarkozy d'une « lettre ouverte » de gendarmes, demandant une loi organique les mettant à égalité avec les policiers (« Sud Ouest » du 1er juin 2007).

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A son tour, le Premier ministre canadien reçoit le dalaï-lama, Pékin de nouveau irrité

OTTAWA (AFP) - 29/10/2007

Le Premier ministre canadien Stephen Harper bravait la mauvaise humeur de la Chine lundi en recevant officiellement le dalaï-lama, après plusieurs responsables mondiaux dont le président George W. Bush.

En visite au Canada depuis dimanche, le leader spirituel tibétain devait être reçu dans l'après-midi par M. Harper dans son bureau du parlement. C'est la première fois que le leader bouddhiste, désormais un "citoyen honoraire" du Canada, est reçu dans un cadre officiel par un Premier ministre canadien.

La Chine a averti Ottawa que la rencontre risquait de nuire aux relations entre les deux pays, dans une déclaration au grand quotidien de Toronto The Globe and Mail. Le ministère chinois des Affaires étrangères a rappelé que Pékin est intervenu à plusieurs reprises auprès d'Ottawa à propos de cette visite, accusant au passage le dalaï-lama de mener des activités "séparatistes, sous couvert de religion". "Nous appelons la partie canadienne à ne pas permettre (au dalaï-lama) d'utiliser le Canada pour des activités visant à faire éclater la Chine et à ne rien faire de nature à nuire aux relations sino-canadiennes", ajoute la déclaration chinoise.

Pékin avait déjà vivement protesté en vain lorsque le chef spirituel tibétain avait été honoré la semaine dernière par le président George W. Bush et le Congrès américain. C'était la première fois qu'un président américain apparaissait en public avec le lauréat du prix Nobel de la paix de 1989, qui a aussi rencontré dernièrement le Premier ministre australien John Howard et la chancelière allemande Angela Merkel.

Evoquant sa rencontre avec M. Bush, le dalaï-lama a indiqué qu'il avait des réserves sur sa politique, en Irak et en Afghanistan. "Lorsque j'ai rencontré le président Bush, je lui ai dit directement: « en ce qui concerne certaines de vos politiques j'ai des réserves, mais en tant que personne je vous aime », a-t-il dit à la presse lundi.

Le dalaï-lama a souligné que sa visite au Canada n'avait pas "d'ordre du jour politique" et visait à promouvoir "les valeurs humaines et l'harmonie religieuse". Mais il a ajouté que si le sujet de l'Afghanistan était évoqué, il dirait à M. Harper que "la non-violence est la meilleure voie pour régler les problèmes". Le Canada a déployé en Afghanistan un contingent de 2.500 militaires qui combattent les talibans dans le sud du pays.

Le leader bouddhiste a aussi vanté le multiculturalisme canadien estimant que la Chine devrait s'en inspirer sur la façon de "promouvoir l'unité sur la base du respect mutuel".

Le dalaï-lama a été fait "citoyen honoraire" du Canada, une distinction honorifique rarement attribuée qu'il partage avec Nelson Mandela et l'opposante birmane Aung San Suu Kyi. Pékin avait jugé "absurde" cet honneur accordé au dalaï-lama.  Ce dernier doit aussi être reçu par la gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean, puis rencontrer mardi les principaux leaders de l'opposition. Il avait rencontré pendant quelques minutes le prédécesseur de M. Harper, Paul Martin en 2004, mais dans un cadre non officiel.

Les relations entre le Canada et la Chine, marquées par des frictions depuis l'arrivée des conservateurs au pouvoir à Ottawa au début 2006, ont connu un regain de tension ces derniers mois, à propos du cas de Huseyin Celil, un imam canadien d'origine chinoise condamné à la prison en Chine.

Dalai_lama_Canada

Le dalaï-lama montre le foulard qui lui a été offert au début de sa rencontre avec Stephen Harper.
Photo Reuters

La Presse Canadienne Jennifer Ditchburn Ottawa 30 Octobre 2007

L'accueil réservé par le gouvernement conservateur
au dalaï-lama a suscité lundi l'ire des autorités chinoises, qui ont prévenu que les relations bilatérales entre Ottawa et Pékin seraient «sérieusement» menacées à moins que le Canada n'agisse afin de se distancier du leader spirituel en exil du Tibet.

Toutefois, il est peu probable que le premier ministre Stephen Harper, qui a déclaré par le passé qu'il ne reculerait pas devant la Chine et le «puissant dollar» quand viendrait le temps de parler de droits de la personne, réponde aux autorités chinoises.

M. Harper a accueilli le dalaï-lama publiquement, et de façon délibérée, dans son bureau de la colline parlementaire, lundi, donnant un air de soutien politique à la visite. D'autres dirigeants occidentaux, incluant le président américain George W. Bush et la chancelière allemande Angela Merkel, ont aussi rencontré le dalaï-lama dans un contexte officiel, récemment.

Quelques heures après que le gouvernement fédéral eut déroulé le tapis rouge pour accueillir le leader spirituel, des responsables de l'ambassade de Chine à Ottawa ont fait part du mécontentement des autorités chinoises, lors d'une conférence de presse tenue en fin de journée. «Il s'agit d'une ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Chine et cela a durement heurté les sentiments de la population chinoise et va sérieusement menacer les relations entre la Chine et le Canada», a affirmé le conseiller politique Sun Lushan, qui s'est abstenu de préciser quelles pourraient être les conséquences concrètes de cette affaire.

Il a ajouté: «Si vous faites quelque chose pour interrompre le cours normal des échanges commerciaux entre les deux parties, l'une et l'autre seront affectées et fondamentalement, les intérêts des deux parties et des deux peuples seront affectés».

Le secrétaire d'État au Multiculturalisme et à l'Identité canadienne, Jason Kenney, a clairement fait savoir que le gouvernement fédéral demeurait imperturbable. Il a fait remarquer que les exportations canadiennes en Chine et que le tourisme chinois avaient en fait augmenté lors de l'année ayant suivi l'octroi par Ottawa du titre de citoyen d'honneur au dalaï-lama. Le Canada et la Chine sont également en désaccord au sujet de l'emprisonnement du ressortissant sino-canadien Huseyin Celil, présenté comme un terroriste par le gouvernement chinois.

Posté par Kozett à 00:04 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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