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mercredi 31 octobre 2007

CORSE : Sarkozy et ses ministres dans une Corse divisée

OUEST-France mardi 30 octobre 2007 AJACCIO, BASTIA (de nos envoyés spéciaux).

Le Président revient sur l'île aujourd'hui et y tient,  un Conseil des ministres. Quatre ans après l'échec de son référendum. Quinze jours avant le procès Colonna. 

- Sur l'île, au moins, on le connaît ! Nicolas Sarkozy n'est-il pas venu une vingtaine de fois ? Et qui n'a pas entendu parler de sa première femme, Marie-Dominique Culioli, la fille des pharmaciens de Vico ? Un été, un fils Sarkozy fit un stage de berger du côté de Cargèse. Il fut même ramené au petit matin par Christine Colonna, la soeur d'Yvan, le célèbre fugitif dont le procès va s'ouvrir le 12 novembre... Voilà qui pourrait faire une belle histoire à conter le soir au village.

« Il parle trop » 

« Il y a eu le Sarkozy n° 1 qui voulait réformer, déclare dans son bureau, à Bastia, l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, chef de Corsica Nazione, puis le Sarkozy n° 2 qui a rempli les prisons ; on attend le Sarkozy n° 3... Fin août, il a prononcé un discours prescriptif, paternaliste, comme à Dakar : post-colonialiste. Même s'ils ont voté à 60 % pour lui à la présidentielle, les Corses n'aiment pas trop qu'on leur parle comme ça... » Joseph-Guy Poletti, le directeur de la revue Corsicale dit autrement : « Il parle trop... »

Un jour, surtout, il a trop parlé et il traîne toujours cette erreur. En 2002, sitôt après le « processus de Matignon » lancé par Lionel Jospin et accordant plus de pouvoirs à l'assemblée corse, le nouveau ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy propose de remplacer les deux conseils généraux par une collectivité unique. Il soumet la réforme à référendum le 6 juillet 2003. Le vendredi 4, Nicolas Sarkozy annonce, triomphant, l'arrestation de « l'assassin du préfet Erignac », Yvan Colonna, dont on ignore, quatre ans après, s'il est le tueur. Du coup, la réforme institutionnelle est rejetée par 51 % des voix. À Ajaccio, le père Gaston Piétri, 75 ans, animateur du groupe Corte 96 qui tente de « faire avancer une dynamique de paix », s'en désole encore : « Il y a eu un malentendu considérable, une coalition des non. La jubilation de Sarkozy a braqué les nationalistes. »

« La campagne était close, je ne pouvais plus lancer un nouvel appel à voter oui », regrette encore Talamoni. Des nationalistes ont voté contre avec leur pire ennemi, Emile Zuccarelli, le maire de Bastia, qui exulte encore : « J'ai fait une campagne de folie. Je crois ne m'être jamais battu à ce point. »

Sarkozy est tombé dans le piège corse. Sa réforme offrait l'occasion de s'extirper du clanisme, du clientélisme, de l'archaïsme. Raté. « L'Assemblée n'utilise même pas ses pouvoirs : pas une seule fois elle n'a adapté les règlements comme le prévoit la loi de 2002 ; pas facile de changer un âne qui a toujours porté licol et entraves », se lamente Edmond Siméoni, père du nationalisme corse, l'homme de la révolte d'Aléria en 1975, qui a appelé à la mi-septembre à un large dialogue.

« Une moitié prête à évoluer »...

« Face aux nationalistes, la politique de l'État de refuser le dialogue favorise les plus radicaux, les plus violents », insiste le journaliste Sampierro Sanguinetti, connu pour son indépendance. « Les nationalistes font autour de 16 % aux élections, ce n'est pas une minorité qui peut se traiter par la simple répression », rappelle aussi le père Gaston Piétri.

Cet été, les indépendantistes de Corsica Nazione ont rompu l'union avec les modérés du PNC et de A Chjama Naziunale à l'Assemblée corse. « Nationalistes, droite, gauche : chaque camp est scindé en deux avec une moitié prête aux évolutions et l'autre pas », note Joseph-Guy Poletti, le directeur de Corsica. Question : quelle moitié Nicolas Sarkozy, qui veut faire de la Corse une région pilote pour l'environnement, va-t-il conforter en gérant les dossiers explosifs de l'île ?

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L'ONU exhorte à nouveau Washington à lever son embargo contre Cuba

NEW YORK (AFP) - 30/10/2007

L'Assemblée générale de l'ONU a exhorté mardi, à la quasi-unanimité, les Etats-Unis à lever l'embargo économique qu'ils imposent à Cuba depuis 45 ans, malgré la détermination de Washington de le maintenir en place.

L'organe plénier des Nations unies, où siègent les 192 Etats membres, a adopté une résolution en ce sens, pour la 16e fois depuis 1992, à l'issue d'un débat devenu rituel. Le texte, adopté par 184 voix contre 4 avec une abstention, s'intitule "Nécessité de lever le blocus économique, commercial et financier imposé à Cuba par les Etats-Unis d'Amérique".

Il "exhorte de nouveau tous les Etats à s'abstenir de promulguer ou d'appliquer" un tel embargo et à ceux qui l'appliquent à cesser de le faire, "conformément aux obligations que leur imposent la Charte (des Nations unies) et le droit international qui, notamment, consacrent la liberté du commerce et de la navigation".

Comme l'an dernier, les quatre voix contre sont les Etats-Unis, Israël, Palau et les îles Marshall. La Micronésie s'est abstenue.

L'embargo économique contre Cuba a été imposé par les Etats-Unis en 1962, après l'échec de l'invasion de l'île pour tenter de renverser le régime de Fidel Castro --l'épisode de la baie des Cochons. Il a ensuite été renforcé à plusieurs reprises, notamment par la loi Helms-Burton de 1966 et des restrictions aux voyages des citoyens américains à Cuba.

Les résolutions de l'Assemblée générale n'ont pas d'effet contraignant mais reflètent l'opinion internationale. L'embargo américain contre Cuba est condamné par une majorité toujours plus large de pays: lors de sa première introduction en 1992, cette résolution n'avait recueilli que 59 voix. Elle en avait obtenu 179 en 2004 et 183 en 2006.

Le vote intervenait six jours après un discours du président américain George W. Bush, qui a affirmé sa volonté de maintenir l'embargo jusqu'à un "changement" de régime dans l'île, provisoirement dirigée par Raul Castro, depuis l'hospitalisation de son frère Fidel en juillet 2006.

A la tribune de l'Assemblée, le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque, n'a pas directement répondu à M. Bush, évoquant seulement "les menaces de ces derniers jours" et précisant que "Cuba ne capitulerait pas".

Le ministre cubain a chiffré à "pas moins de 222 milliards de dollars" l'impact économique du "brutal" embargo sur l'île depuis son instauration en 1962. "Le gouvernement des Etats-Unis a interdit aux compagnies américaines de fournir des services internet à Cuba", a-t-il dit, affirmant que pour cette raison, les Cubains ne peuvent accéder par exemple à Google Earth.

Plusieurs autres pays ont pris la parole pour fustiger l'embargo, dont le Mexique, le Vietnam, l'Afrique du Sud et la Chine. L'ambassadeur du Venezuela, Jorge Valero, a qualifié le récent discours de George W. Bush de "nouvelle et vaine tentative de renverser la révolution et reconquérir Cuba".

Le groupe des 77 (représentant quelque 130 pays en développement et la Chine), par la voix de l'ambassadeur adjoint du Pakistan Farukh Amil, a appelé Washington à "remplacer la politique de l'embargo par celle du dialogue et de la coopération".

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La Maison Blanche "formelle": aucune raison de craindre une attaque en Iran

WASHINGTON (AFP) - 30/10/2007

La Maison Blanche a assuré mardi de manière "formelle" qu'il n'y avait pas lieu de craindre une prochaine attaque contre l'Iran, malgré un haussement de ton récent qui fait redouter un tel dénouement aux crispations croissantes entre les deux pays.

"Les gens n'ont aucune raison de penser que le président (George W. Bush) est sur le point d'attaquer l'Iran. Je crois qu'il faut que cela soit clair", a déclaré la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino. "Je suis formelle. Nous suivons la voie diplomatique" pour convaincre l'Iran de renoncer à ses activités nucléaires les plus sensibles, a-t-elle dit.

L'apparent durcissement récent de l'administration Bush vis-à-vis du régime islamique, de nouvelles sanctions américaines annoncées la semaine passée et la persistance de la République islamique à défier les sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU et à poursuivre l'enrichissement d'uranium ont ravivé le souvenir de l'escalade ayant précédé la guerre en Irak.

Au cours des dernières semaines, M. Bush a mis en garde contre le danger d'un "holocauste nucléaire" et d'une Troisième Guerre mondiale si l'Iran possédait la bombe atomique. De son côté, son vice-président Dick Cheney a menacé l'Iran de "graves conséquences". M. Bush a toujours refusé d'écarter l'option d'un recours à la force contre l'Iran.

Mohamed ElBaradei, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) qui tente de maintenir la surveillance du programme nucléaire iranien, a accusé les dirigeants américains de jeter de "l'huile sur le feu" alors qu'il dit n'avoir aucune preuve que l'Iran a effectivement entrepris de fabriquer la bombe atomique.

La porte-parole de la Maison Blanche a invoqué les efforts diplomatiques menés par les Etats-Unis avec leurs partenaires internationaux pour que l'Iran cesse d'enrichir l'uranium. Elle a souligné que M. Bush devait discuter la semaine prochaine avec deux de ses principaux interlocuteurs sur le sujet, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel, au cours de leurs visites aux Etats-Unis.

M. Bush "ne veut évidemment pas que l'on craigne" une attaque contre l'Iran, a-t-elle dit. "Il croit qu'il est important pour lui d'utiliser tous les moyens diplomatiques possibles pour convaincre l'Iran de cesser de vouloir s'équiper de l'arme nucléaire", a-t-elle dit.

Cependant, elle a affirmé que l'aggravation des tensions n'était pas le fait de l'administration américaine: "Ce n'est pas la faute des Etats-Unis si nous sommes dans cette position. C'est la récalcitrante de l'Iran qui est en cause", a-t-elle dit.

Les Etats-Unis cherchent à convaincre leurs partenaires au Conseil de sécurité d'adopter une troisième série de sanctions plus vigoureuses contre l'Iran. La réticence de la Chine, et surtout de la Russie, ajoute cependant à l'inquiétude que les Etats-Unis, faute de parvenir à leurs fins au Conseil de sécurité, ne recourent à d'autres moyens, comme avec l'Irak.

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Sécheresse sans précédent dans le sud-est des Etats-Unis: l'aquarium d'Atlanta mis à contribution

The Associated Press - 30/10/07

Le sud-est des Etats-Unis est confronté à une sécheresse sans précédent, et l'aquarium d'Atlanta (Géorgie), un des plus importants du monde, a été mis à contribution pour les économies d'eau.

La direction de l'établissement a ainsi fermé diverses attractions, cascades, lacs et douves, qui ne renfermaient cependant pas de poissons. Les aquariums en contenant continuent à fonctionner normalement, a précisé une porte-parole, Meghan Gibbons.

D'autres mesures ont été prises pour restreindre la consommation d'eau, dont la réduction du débit des canalisations et l'installation de WC chimiques. La direction espère ainsi économiser au total 3,8 millions de litres d'eau chaque année.

L'Etat de Géorgie a également pris divers arrêtés interdisant l'arrosage des pelouses ou le lavage des voitures. La sécheresse, considérée comme "exceptionnelle" par la météo nationale américaine, concerne près d'un tiers du sud-est des Etats-Unis.

A l'aéroport international Hartsfield-Jackson d'Atlanta, la tradition fait les frais du temps sec. Depuis des décennies, les pompiers saluent le dernier vol d'un avion ou d'un pilote partant en retraite en arrosant copieusement à la lance l'appareil après son atterrissage. Mais l'opération consomme près de 1.900 litres d'eau et "nous préférons garder l'eau pour les activités essentielles", explique le capitaine Bill May, porte-parole des pompiers.

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En Grande-Bretagne, les Noirs ont sept fois plus de risques d'être contrôlés par la police

The Associated Press - 30/10/07

Les Noirs en Grande-Bretagne ont sept fois plus de risques que les Blancs d'être interpellés et fouillés par la police et six fois plus de risques d'aller en prison, montrent des statistiques publiées mardi par le ministère britannique de la Justice.

Les Noirs représentent plus de 15% de l'ensemble des contrôles menés par la police en 2005-2006 alors qu'ils ne représentent que 2,8% de la population britannique, selon ces chiffres.

Ils constituent également plus de 15% de la population carcérale en Grande-Bretagne et ont plus de risques d'être arrêtés et jugés.

Et chez nous, ça donne quoi les sondages ?

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L'Autriche contrainte de revoir ses méthodes d’intégration pour une politique d’immigration indispensable à son économie

LE MONDE | 30.10.07 | Laurence Monnot

Pressé par l'écho médiatique donné aux récents cas d'expulsions de familles pourtant bien intégrées, le ministre autrichien de l'intérieur, le conservateur Günther Platter, a lancé une "plate-forme sur l'immigration". Ses recommandations, notamment celle d'un renforcement des cours d'allemand pour les immigrés, serviront de base à un nouveau projet de loi du gouvernement de coalition du chancelier social-démocrate Alfred Gusenbauer.

Le ministre de l'intérieur, qui s'oppose à la création d'un secrétariat d'Etat à l'intégration, souhaite aussi qu'une cour spéciale soit mise en place en 2008 afin d'accélérer le traitement des 33 000 demandes d'asile non considérées durant la dernière décennie.

L'Autriche découvre qu'elle est un pays d'immigration, et ses hommes politiques qu'il est temps de songer à mettre en place une politique d'intégration. D'autant que les milieux économiques font pression pour obtenir l'ouverture du marché du travail aux travailleurs spécialisés.

Sortant de sa réserve, le président de la République, Heinz Fischer, a plaidé pour l'octroi de la résidence aux familles intégrées présentes depuis plus de sept ans. Les conservateurs s'y opposent, les sociaux-démocrates sont divisés.

En dépit des quelques voix solitaires, comme celles de la présidente de la Chambre des députés, Barbara Prammer, et de la ministre de la justice, Maria Berger, qui réclament une révision rapide du droit, le toilettage de la législation héritée de la précédente coalition alliant la droite conservatrice à l'extrême droite ne devrait pas avoir lieu avant la fin de 2008.

En 2006, le Mipex, une étude portant sur l'intégration dans les pays membres de l'Union européenne, le Canada, la Norvège et la Suisse, plaçait l'Autriche en 26e position devant la Lettonie et Chypre. Nulle part ailleurs, il n'est plus difficile d'acquérir la nationalité. Concernant le regroupement familial, seule Chypre est plus stricte.

ECHEC SCOLAIRE

L'immigration autrichienne est issue de plusieurs vagues : celles des immigrants économiques arrivés de Yougoslavie puis de Turquie entre le milieu des années 1960 et 1970, puis essentiellement de Pologne, Hongrie et Slovaquie, au début des années 1990 après l'ouverture du rideau de fer. Enfin, une nouvelle vague issue de l'ex-Yougoslavie et des guerres dans les Balkans, à partir de 1993.

Près de 18 % des élèves du primaire et du secondaire sont d'origine immigrée. Bien que nés et scolarisés en Autriche, ils maîtrisent mal la langue allemande. Un handicap qui se traduit souvent par l'échec scolaire et la marginalisation sur le marché du travail.

La coalition gouvernementale a récemment adopté un projet de loi rendant obligatoire la fréquentation de la dernière année de Kindergarten, avant l'entrée au primaire, pour les enfants dont la maîtrise de l'allemand est faible. Mais le coût élevé reste un obstacle pour les familles d'origine étrangère.

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Polémique autour d'un projet d'une immense usine de papier en Australie

LE MONDE | 30.10.07 | Marie-Morgane Le Moël

La construction de la plus grosse usine de pâte à papier d'Australie, dans le nord de la Tasmanie, va pouvoir débuter, après le feu vert donné, début octobre, par le ministère fédéral de l'environnement.

C'est une victoire pour Gunns Ltd, l'un des plus gros exploitants forestiers de l'hémisphère Sud, à l'origine du projet, et pour le gouvernement travailliste de l'Etat de Tasmanie. Ce projet a relancé le débat sur l'exploitation des forêts tasmaniennes. Et la polémique, qui mobilise écologistes et personnalités de tous bords, a pris une dimension nationale. Le ministre de l'environnement, Malcolm Turnbull, risque même d'en faire les frais dans sa région de Sydney, à l'occasion des élections fédérales prévues le 24 novembre.

En Tasmanie, île de 476 000 habitants située au sud de l'Australie, la déforestation est un enjeu majeur. Selon l'organisation écologiste WWF, l'équivalent de 44 terrains de football serait rasé chaque jour par des bombes au napalm, pour être ensuite replantés en espèces exotiques.

La future usine de pâte à papier consommera 4 millions de tonnes de bois par an. La compagnie Gunns achètera notamment chaque année à Forestry Tasmania, le département responsable des forêts de Tasmanie, un million et demi de tonnes de bois, soit la moitié des ressources disponibles dans les forêts de l'Etat.

Les craintes des opposants au projet ne s'arrêtent pas à la déforestation. La vallée de la Tamar, où l'usine doit être construite, est une zone viticole importante, visitée par 150 000 touristes chaque année. "Nos trois principales peurs sont l'odeur, les émissions de dichlorophénol pouvant affecter le vin et le passage continu des camions à proximité de la route des vignobles", explique Allison Williams, de Wine Industry Tasmania, l'association des viticulteurs tasmaniens.

UN ACCORD À 48 CONDITIONS 

Les pêcheurs de la région sont également inquiets. L'usine doit en effet reverser 64 000 tonnes d'effluent par jour dans le détroit de Bass. "On ne pourra plus se permettre de pêcher dans cette zone, on ne peut prendre aucun risque pour le consommateur en cas de pollution", commente John Hammond, représentant des pêcheurs de coquilles Saint-Jacques de Tasmanie.

A terme, c'est l'image de marque "nature" de la Tasmanie qui pourrait pâtir du projet. Sur son site Web, Gunns affirme pourtant que la future usine sera "la plus propre du monde". Un système de blanchiment sans chlore sera mis en place, ainsi qu'un traitement de l'effluent à deux niveaux. Et le gouvernement fédéral a soumis son accord à 48 conditions.

La construction de l'usine coûtera 1,1 milliard d'euros, mais à terme, selon le gouvernement tasmanien, son implantation devrait rapporter 4,3 milliards d'euros de retombées à l'Etat le plus pauvre d'Australie.

On nous a pourtant annoncé il y a longtemps la disparition du papier au profit des écrans informatiques

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Les sidérurgistes européens demandent à Bruxelles d'imposer des taxes sur l'acier asiatique

LEMONDE.FR avec Reuters et AFP | 30.10.07 |

Après le bond des exportations d'acier de la Chine vers les l'Europe des 27, la fédération patronale européenne des industries de l'acier et du fer, Eurofer, a demandé, lundi 29 octobre, à la Commission européenne, d'imposer des taxes anti-dumping sur l'acier importé de Chine, de Corée du Sud et de Taïwan.

Ses deux plaintes – contre les produits laminés inoxydables à froid de Chine, de Corée du Sud et de Taïwan, et contre les produits revêtus de Chine – pourraient être suivies d'autres. Bruxelles dispose de 45 jours pour décider s'il y a suffisamment d'éléments pour lancer une enquête.

Eurofer affirme que des milliers d'emplois européens sont en péril à cause des importations d'acier asiatique à bas coût."Les exportations des produits concernés ont inondé le marché de l'UE, à la suite d'une croissance exponentielle des exportations dans notre marché de 3 300 % durant les quatre dernières années", et "des volumes massifs ont été vendus à perte sur le marché de l'UE, avec des marges de dumping de 40 %", précise le communiqué de la fédération, qui prévoit un doublement des exportations asiatiques en 2007, à 10 millions de tonnes.

LES ACHETEURS EUROPÉENS D'ACIER RÉSERVÉS 

"Nous pensons qu'il y a une preuve suffisante pour faire naître une présomption de dumping et si les importations ne baissent pas, elles causeront sans nul doute un dommage sérieux aux producteurs européens", a déclaré Ian Rodgers, qui dirige UK Steel, l'association des sidérurgistes britanniques.

Qi Xiangdong, vice secrétaire général de l'Association chinoise du fer et de l'acier, a répondu lundi :"Ils disent que nos prix de vente sont trop bas mais je ne sais pas ce qu'ils veulent dire par là."

La fédération européenne Orgalime, qui regroupe les industries de l'électrotechnique, de la métallurgie, de l'électronique et de la mécanique et représente de grands consommateurs d'acier importé, estime qu'il sera difficile aux sidérurgistes de prouver le dumping, étant donné que la Chine lève une TVA de 17 %, ainsi qu'une taxe à l'exportation de 10 %. Selon Adrian Harris, secrétaire général d'Orgalime,"certaines sociétés membres nous ont déjà dit qu'elles allaient se déclarer parties intéressées pour contrecarrer la plainte." Il ajoute :"Cela ne sert à rien de se baser sur l'augmentation des importations. Il est clair qu'il y en aura, parce que notre industrie, qui consomme les deux tiers de la production européenne d'acier, est en croissance forte."

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Les pays émergents malades de la hausse des prix

LE MONDE | 30.10.07 |Alain Faujas

Nombre de pays émergents sonnent le tocsin. Ne parlons pas du Zimbabwe et de sa hausse des prix de 8 000 % en rythme annuel : l'incurie du gouvernement de Harare est trop atypique.

En revanche, Vladimir Poutine redoute à juste titre les 10 % d'augmentation des prix - vraisemblables cette année en Russie - et leurs conséquences sur l'élection présidentielle de mars 2008. Soulignons aussi les 10 % de hausse constatés, lundi 29 octobre, par les experts du Fonds monétaire international (FMI) dans les pays pétroliers du Golfe. Sans oublier l'alarme de Jacques Diouf, le directeur général de l'Agence des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), qui confie au Financial Times du même jour : "Si les prix continuent à augmenter, je ne serais pas surpris que l'on assiste à des émeutes de la faim", se souvenant des troubles de 2006 au Mexique, au Yémen et au Burkina Faso, où les prix alimentaires avaient flambé.

L'inflation ne concerne pas les pays industrialisés et demeure, malgré quelques soubresauts, à près de 2 % aux Etats-Unis comme en Europe, et moins encore au Japon. Mais elle frappe de plein fouet l'Afrique du Sud, où elle accélère de 4,9 % en 2006 à 7,2 % ; la Chine, qui ambitionnait de ne pas dépasser 3 % cette année et qui a atteint 6,2 % en septembre ; le Vietnam, qui est à 8,8 %. L'hyperinflation gagne irrésistiblement l'Iran : 13,5 % en mars, 16 % en octobre et vraisemblablement 20 % à la fin de l'année.

"Dans les pays en développement, la cause principale d'inflation est l'augmentation des prix des produits de base alimentaires qui pèsent beaucoup plus dans les budgets des ménages que dans les pays développés, explique Boris Cournède, économiste à la division des politiques monétaires et économiques de L’OCDE. De même, pour les prix de l'énergie." Il faut aussi incriminer le manque de concurrence dans beaucoup de pays émergents. Lorsque l'emprise politique (partis communistes chinois ou vietnamien, pasdarans iraniens, silovikis russes, bolivariens vénézuéliens) s'étend au commerce, à la finance et à l'industrie, le consommateur subit de plein fouet des prix arbitraires.

PAIX SOCIALE

Le cas de la Chine illustre la difficulté à traiter le mal inflationniste. "Les Chinois n'ont pas d'autre solution que de laisser leur monnaie s'apprécier pour calmer l'inflation, qui est une gangrène absolue, puisqu'elle pénalise les plus pauvres, affirme Daniel Cohen, professeur à l'Ecole normale supérieure et à Paris-I. Mais ils hésitent à le faire parce qu'ils savent que, s'ils réévaluent le yuan, ils augmenteront de facto le pouvoir d'achat des côtiers qui jouissent déjà de revenus importants et de devises." Un cercle tout à fait vicieux.

L'efficacité désinflationniste d'une monnaie forte - et d'une banque centrale indépendante et prudente - est confirmée par le sort des pays africains de la zone franc. L'inflation de ceux-ci progresse de quelque trois points de moins que celle de leurs voisins, en raison de l'arrimage du franc CFA à l'euro fort... qui pénalise leur compétitivité à l'export.

Si l'on excepte les politiques budgétaires restrictives qui ont eu le mérite de réduire la dette et les déficits dans les pays industrialisés, les remèdes à l'inflation relèvent le plus souvent d'un opportunisme à courte vue et coûteux. Dans la panoplie, le contrôle des prix occupe la première place. C'est lui que M. Poutine a choisi en faisant signer "volontairement", le 24 octobre, aux producteurs et aux distributeurs russes de produits alimentaires un gel des prix du lait, du fromage, des oeufs, du pain et de l'huile, jusqu'à la fin de l'année.

Vient en deuxième rang l'abaissement des droits de douane sur les produits de première nécessité, comme l'a pratiqué le Maroc pour le blé.

Troisième outil - et avec les mêmes effets ravageurs sur le budget de l'Etat -, les subventions qui permettent de maintenir les prix artificiellement bas : l'Egypte y a recours pour des produits alimentaires de base ; l'Iran consacre une dizaine de milliards de dollars (6,9 milliards d'euros) à maintenir le prix du litre d'essence au quart de sa valeur. Les gouvernements veulent la paix sociale et la victoire électorale à tout prix.

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1,2 million : le nombre de bébés qui naissent chaque année en Chine avec des malformations !

LE MONDE | 30.10.07 |

Les malformations congénitales ont augmenté de 40 % depuis 2001 dans les zones très polluées de Chine. Un enfant malformé naît toutes les trente secondes. Dans tout le pays, les taux de malformation ont augmenté de 104,9 pour 1 000 naissances en 2001 à 145,5 pour 1 000 en 2006, selon un rapport de la Commission de la population nationale et du planning familial.

Les anomalies affectent 1,2 million de bébés sur les 20 millions nés chaque année. Selon le Centre national pour la santé des femmes et des enfants, les principales raisons de l'accroissement du taux de naissance d'enfants déficients sont la pollution, une mauvaise hygiène de vie ainsi que des grossesses tardives.

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