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vendredi 26 octobre 2007

Le monde prunicole s'inquiète de la chute de Laparre

SUD-OUEST Lot et Garonne 26 Octobre 2007

PRUNEAU. --Le tribunal de commerce de Villeneuve statue aujourd'hui sur l'avenir du numéro 2 du marché, exsangue financièrement

Le tribunal de commerce de Villeneuve va-t-il prononcer ce matin la liquidation judiciaire du numéro 2 du pruneau ? Cette semaine, le monde économique villeneuvois n'hésitait pas à spéculer sur cette issue extrême pour le transformateur Laparre. En fait, le tribunal a encore un choix assez vaste, entre « simple » redressement judiciaire ou extension de la procédure de sauvegarde, dont Laparre fait l'objet depuis mai. Tout pour allonger la vie de l'entreprise, qui compte une centaine d'employés, jusqu'à une éventuelle reprise, voire l'apparition tant espérée d'un soutien financier.
D'après nos informations, des négociations ont mené le PDG Bernard Laparre vers un « partenaire » tunisien, puis égyptien, sans suite. Du coup, il n'a pu acheter ses 6 000 à 7 000 tonnes habituelles de récolte. Selon plusieurs sources, il n'aurait réuni « que » 400 tonnes.

La cause : deux années de baisse des aides à l'achat du pruneau (soit 32 % cumulés) et la logique hausse du prix de revient de la prune. « Nous n'avons pu répercuter que 6 % à peine du prix sur le marché », expliquait Bernard Laparre à « Sud Ouest », en juin.

Ultimatums. Surtout, les trois organisations de producteurs (OP) qui vendent habituellement à Laparre (1) se sont tournées vers les concurrents. En mai, ces OP ont signé des contrats de vente, comme chaque début de saison avec le transformateur. Selon l'usage : les OP s'engagent à livrer le fruit de la récolte, l'entreprise à payer. Sauf que cette fois, vue les circonstances, les OP ont posé deux dates ultimatum à respecter : le 20 septembre et le 5 octobre.

« À chaque fois, Laparre n'a pu apporter de fonds ou de preuves qu'il était en mesure de payer la récolte », explique un producteur. Ainsi, toute cette récolte a été dispatchée de France-Prune à Prunidor, en Dordogne. Laquelle deviendrait numéro 2 du secteur en cas de disparition de Laparre. Mais s'ils ont tous vendu leurs fruits, les producteurs craignent désormais un déséquilibre entre secteur coopératif, dont le leader France-Prune prospère sur 60 % du marché, et le chapelet d'entreprises, dont Laparre était la championne à 12 % du marché. Et certains voient d'un mauvais ?il l'ampleur que prendrait France-Prune sans son concurrent (avec qui elle partage certains marchés, d'ailleurs). C'est-à-dire encore plus près du monopole.
(1) Les producteurs ne peuvent vendre en gros individuellement. Ils sont regroupés dans des OP, dont le président est mandaté pour vendre les récoltes.

Posté par Kozett à 12:00 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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