mardi 23 octobre 2007
Financement des partis : le Nouveau Centre sauvé par l'Assemblée ?
NOUVELOBS.COM | 23.10.2007 |
La proposition de loi du Nouveau Centre visant à permettre à un parti qui dispose de seulement 15 députés de bénéficier d'un financement public sera examinée, "en urgence" mercredi 24 octobre, à l'Assemblée nationale.
L'inscription à l'ordre du jour de ce texte intervient, fait inhabituel, en plein débat budgétaire. Le NC, ce parti composé de centristes ralliés à Nicolas Sarkozy, n'avait pas rempli, lors des élections législatives, les conditions nécessaires pour obtenir un financement public. C'est-à-dire avoir au moins 50 candidats ayant obtenu 1% des suffrages exprimés.
La proposition de loi du Nouveau Centre, intitulée "pluralisme et indépendance des partis politiques", est soutenue par les groupes UMP et GDR (Gauche démocrate et républicaine), tandis que le groupe PS a fait part de son opposition "tant sur la forme que sur le fond".
"On a protesté. Ce débat est précipité, le texte est examiné en commission aujourd'hui, il est voté demain. Je pense qu'on va voter contre", a déclaré le vice-président PS de l'Assemblée, Jean-Marie Le Guen, qui représentait son groupe en conférence des présidents mardi.
"Il ne s'agit pas de changer les règles"
Enregistrée le 17 octobre par la présidence de l'Assemblée, la proposition de loi NC doit être examinée par la commission des Lois.
"Dans notre esprit, il ne s'agit pas de changer les règles mais de compléter un dispositif et de permettre que le pluralisme soit garanti et que le financement soit assuré pour des partis politiques représentatifs et qui contribuent à la vie démocratique française", a déclaré le président du groupe NC, François Sauvadet.
Selon François Sauvadet, "on reste avec la règle des 50 candidats ayant obtenu 1% et on complète le dispositif en disant 'si 15 candidats se réclamant d'un parti ont été élus au Parlement, il faut que ce parti soit éligible au financement'".
"Une forfaiture", selon Bayrou
Le président du groupe GDR (un groupe technique qui réunit 24 députés PCF, Verts et ultramarins), Jean-Claude Sandrier (PCF), a apporté son soutien au texte NC. "Il s'agit d'améliorer le pluralisme. C'est une mesure de bon sens", a-t-il fait valoir.
"Ca me paraît normal que ça vienne maintenant en débat", a souligné de son côté le vice-président de l'Assemblée, l'UMP Marc Laffineur.
Le Nouveau centre compte actuellement 20 députés et un apparenté.
Pour bénéficier du financement public, les formations politiques doivent avoir au moins 50 candidats ayant obtenu aux législatives 1% des suffrages exprimés. Le NC n'a eu que 43 candidats remplissant cette condition.
Le président de l'UDF-MoDem, François Bayrou (dont le parti a droit au financement public), avait estimé mi-septembre que changer les conditions pour le NC serait "une forfaiture".
Ecoeurant ! Les règles démocratiques ne sont plus du tout respectables quand elles deviennent ainsi bricolées sur mesure et par opprtunisme.
Pouvoir d'achat : le PS accuse Sarkozy de ne rien faire
NOUVELOBS.COM | 23.10.2007 |
A la veille de la conférence sur le pouvoir d'achat, le parti socialiste dénonce "le président de la baisse du pouvoir d'achat".
Le directeur de cabinet de François Hollande et porte-parole du parti socialiste Stéphane Le Foll, a, dans un point presse tenu lundi 22 octobre, accusé le président Nicolas Sarkozy d'être le "président de la baisse du pouvoir d'achat". Ceci se situe à la veille de conférence que tiendra demain le gouvernement sur la question.
"Après avoir dit et redit que c'était un grand sujet, le président de la République ne fait rien. Il est le président de la perte du pouvoir d'achat", a déclaré Stéphane Le Foll. Puis, résumant à sa façon le bilan provisoire du gouvernement en la matière : "Rien n'a été fait sur les salaires, et en particulier pas d'augmentation du SMIC. Pas de coup de pouce à la prime de rentrée scolaire. Rien contre l'augmentation continue du prix des loyers. Rien pour réagir à la lourde augmentation du prix de l'essence".
Problème lourd
"Seuls les prix alimentaires, avec des mesures de remise en cause des lois sur le commerce, mais qui ne sont pas à la hauteur de l'enjeu, font figure de réaction", a affirmé le porte-parole du parti socialiste, ajoutant que "le gouvernement n'entend pas régler le problème du pouvoir d'achat des Français, qui devient pourtant très lourd", pour conclure sur un cinglant : "Nicolas Sarkozy est le président de la baisse du pouvoir d'achat".
Cinq minutes pour la planète
Cinq minutes de répit pour la planète ce soir
Cette initiative, qui vise à éteindre les lumières entre 19h55 et 20h, avait déjà eu lieu en février.
MAIRIE DE PARIS Faux électeurs : l'Etat assigné pour déni de justice
NOUVELOBS.| 23.10.2007
Benoît Brasilier, ancien candidat aux législatives, porte plainte pour déni de justice car "le Procureur de la République de Paris n'a pris aucune réquisition" depuis la mise en examen le 21 mars 2005 de Jean Tiberi.
Le dossier des faux électeurs du Ve arrondissement de Paris n'étant toujours pas traité, Benoît Brasilier, ancien candidat aux législatives, a assigné l'Etat devant le tribunal de Paris pour déni de justice, a-t-on appris mardi 23 octobre, auprès de son avocat.
Cela fait dix ans à présent que l'ancien maire de Paris, Jean Tiberi, est visé par cette affaire mais le dossier est "depuis dix-huit mois entre les mains du Procureur de la République de Paris qui n'a pris aucune réquisition", a dénoncé Me Vincent Toledano.
Le délai raisonnable prévu par la loi pour prendre de telles réquisitions est normalement de trois mois.
En qualité de partie civile, Benoît Brasilier, ancien candidat aux législatives au titre de l'Organisation contre le système ENA (OCSENA) dans la 2e circonscription qui regroupe le Ve et une partie du VIe arrondissement de Paris, "demande réparation à l'Etat du préjudice causé par le déni de justice" dont il considère être victime. Il réclame 20.000 euros de dommages-intérêts.
"Manœuvres frauduleuses" Jean Tiberi avait été mis en examen le 21 mars 2005 pour "manoeuvres frauduleuses de nature à fausser la nature du scrutin".
L'enquête avait débuté à la suite d'une plainte de Lyne Cohen-Solal, actuelle adjointe PS au maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui dénonçait des inscriptions ou radiations indues sur les listes en vue des élections municipales de juin 1995 et des législatives de mai-juin 1997.
De nombreux témoignages recueillis par les enquêteurs dénonçaient un système organisé dans lequel des personnes ne résidant pas dans l'arrondissement étaient "incitées" à se faire inscrire sur les listes électorales. On leur promettait en contrepartie divers avantages tels qu'une place en crèche ou un logement.
Au total, 13 personnes sont poursuivies. Une quatorzième, qui était également poursuivie dans ce dossier, est décédée.
BIRMANIE La junte accepte la visite d'un émissaire des droits de l'Homme
NOUVELOBS. | 23.10.2007
Les généraux birmans se disent prêts à accueillir le représentant du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, persona non grata dans le pays depuis 2003.
L'ONU a annoncé, lundi 22 octobre, que la junte militaire birmane a accepté de recevoir le représentant du Conseil des droits de l'Homme des Nations unies, qui est interdit d'entrée dans le pays depuis 2003.
Le ministre des Affaires étrangères birman, Nyan Win, propose, dans une lettre adressée vendredi au secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, que Paulo Sergio Pinheiro, expert de la Birmanie du Conseil des droits de l'Homme, se rende dans le pays avant le sommet de l'Association des nations du sud-est asiatique (ASEAN), qui doit avoir lieu le 17 novembre prochain, selon la porte-parole de l'ONU Michele Montas.
Aucune autorité contraignante Le Conseil des droits de l'Homme, qui n'a aucune autorité contraignante sur les pays-membres de l'ONU, avait condamné la répression des manifestations pro-démocratie en Birmanie fin septembre, lors d'une réunion extraordinaire le 2 octobre, appelant à l'ouverture immédiate d'une enquête sur la situation des droits de l'Homme dans le pays.
L'envoyé spécial de l'ONU pour la Birmanie, Ibrahim Gambari, qui s'est déjà rendu en Birmanie après la répression des manifestations, ne devrait pas y retourner avant la mi-novembre, comme le Conseil de sécurité l'avait souhaité, faute de visa accordé par les autorités birmanes. (avec AP)
Pourquoi sommes-nous malades de la grippe en hiver ?
NOUVELOBS 22.10.2007
Depuis fin septembre, le vaccin contre la grippe est disponible dans les pharmacies de France, afin d’anticiper la saison annuelle de grippe qui commence en novembre et s’achève en mars. Pourquoi l’hiver est-il, dans l’hémisphère nord, la saison la plus propice à la transmission du virus grippal ? Cette saisonnalité a beau être bien connue elle n’est pas vraiment expliquée. Une nouvelle série d’expérience menées en laboratoire montre que, de fait, le virus de la grippe se transmet plus facilement avec des températures basses et une humidité faible.
Peter Palese (Mount Sinai School of Medicine, USA) et ses collègues ont placé cinq cochons d’Inde infectés par un virus humain de la grippe à côté de cinq autres cochons d’Inde non malades et ils ont fait varier la température et l’humidité de l’air pour déterminer les conditions idéales de la transmission du virus grippal. Résultat : une température de 5°C et un degré d’humidité de 20% sont parfaits pour que les hamsters malades contaminent les autres. A 30°C les chercheurs n’ont observé aucune transmission virale. Lorsque l’humidité atteint 80% la transmission est bloquée.
Les chercheurs ont également mesuré le niveau d’activité de plusieurs agents responsables de la défense immunitaire dans les muqueuses nasales. Cette réponse immunitaire innée est la même entre 5°C et 20°C, ont constaté les chercheurs. Ils estiment donc que les conditions environnementales, plus que la faiblesse immunitaire, jouent un rôle majeur dans le pic hivernal de grippe. Leurs travaux sont publiés dans la revue PLoS Pathogens.
Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer la saisonnalité de la grippe : la baisse des températures favorables à la stabilité du virus, les regroupements humains plus importants dans des espaces fermés, un système immunitaire affaibli en hiver, des muqueuses plus sensibles avec les chauds et froids… Cependant peu d’hypothèses ont réellement été testées. Une chose est certaine : l’épidémie de grippe va bientôt entrer en scène.
C.D. Sciences et Avenir
TESTS ADN - La pétition anti-ADN rassemble 250.000 signatures
NOUVELOBS | 23.10.2007
La pétition lancée par SOS Racisme et Charlie Hebdo contre l'amendement Mariani instituant la possibilité de contrôles ADN dans le cadre du regroupement familial des étrangers, rassemblait, mardi 23 octobre, plus de 250 000 signatures.
L'association rappelle que "si les Assemblées votaient le texte", ce mardi "le Conseil Constitutionnel aurait toujours la possibilité de le censurer". Elle appelle à continuer cette "démonstration de résistance citoyenne face à un amendement qui, sur les plans éthique, scientifique et du vivre ensemble introduit des changements profondément négatifs". La pétition est diffusée depuis le mardi 2 octobre.
Parmi les premiers signataires de la pétition initiée par Dominique Sopo (SOS-Racisme), Philippe Val (Charlie) et Bernard-Henri Lévy entre autres, on compte notamment l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, le président du Modem François Bayrou, le Premier secrétaire du PS François Hollande, le généticien Axel Kahn, le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault et les actrices Jeanne Moreau et Isabelle Adjani.
Dérive inquiétante On retrouve également le chanteur Akhénaton, l'ensemble de l'équipe de Charlie Hebdo et la secrétaire nationale du PCF Marie-Georges Buffet.
Les auteurs de la pétition appellent le président de la République Nicolas Sarkozy et le gouvernement "à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration".
Selon Charlie Hebdo, la société civile "s'oppose à l'amendement Mariani (Thierry Mariani, UMP, auteur de l'amendement sur l'ADN) dont les implications sont jugées inacceptables". "Chacun peut y voir une dérive inquiétante dans la manière de traiter les questions d'immigration", ajoute Charlie Hebdo.
Philippe Val, directeur de l'hebdomadaire, affirmait dans son éditorial du 2 octobre, que "cet amendement est la porte ouverte à une classification biologique des personnes, dont les implications vont au-delà des questions d'immigration".
Les six étapes de la naissance et du développement d'une rumeur
Ouest-France du mardi 23 octobre 2007
Le 5 novembre 1977, René Goscinny mourait à l'âge de 51 ans. À l'occasion des trente ans de sa disparition, un livre (1) regoupant seize chroniques écrites par le scénariste d'Astérix et illustrées, pour la première fois, par ses amis dessinateurs va paraître aux éditions IMAV. Rumeurs, une de ces savoureuses nouvelles, vous est proposée, aujourd'hui, en avant-première.
Les rumeurs naissent dans toute communauté mal ou insuffisamment informée. Elles obéissent à certaines règles qu'il est intéressant d'étudier. Petites bêtes fragiles, elles ont besoin d'un habitat favorable pour se développer convenablement ; les rumeurs naissent de préférence dans les couloirs, mais elles affectionnent aussi les bistrots, les toilettes et autres lieux propices aux réunions impromptues.
La rumeur naît d'un petit fait insignifiant, elle avance doucement, prend de la vitesse, se développe, se nourrit en avançant de plus en plus rapidement, pour retourner enfin à son point de départ, métamorphosée, méconnaissable, terrifiante. Voici un trajet type :
Monsieur X., excellent collaborateur d'une société anonyme, s'aperçoit un jour que son stylo à bille est à sec. Il en demande un nouveau à la personne chargée de distribuer les fournitures de bureau ; celle-ci lui donne l'objet en lui disant : « C'est pas possible, vous les bouffez ! »
Un peu vexé, Monsieur X., son stylo tout neuf à la main, croise un collègue dans un couloir. Une force incoercible lui fait déclarer alors :
« Il paraît qu'on va nous rationner les stylos à bille. »
Ça y est, c'est parti ; la rumeur est née, et il ne reste qu'à la suivre dans d'autres couloirs, dans les bistrots, dans les toilettes :
- « Ah, dis donc, chacun de nous devra rendre compte des stylos à bille utilisés dans le mois ! »
- « Ceux qui auront utilisé trop de stylos à bille seront pénalisés. Le prix sera déduit de leur salaire. »
- « Il paraît que nous serons tous diminués. Les frais généraux de la maison sont trop élevés. »
- « Le bilan est catastrophique. Les frais généraux ont mangé tout le bénéfice. »
- « La Société est au bord de la faillite ! »
- « La Société a fait faillite ! »
- « La Société va être rachetée par des étrangers. Mais il paraît qu'ils vont amener leur propre personnel. »
Et c'est ainsi que Monsieur X., repassant dans un couloir, apprendra terrifié qu'il sera prochainement viré et que toute la direction générale de la société qui l'emploie se prépare à prendre la fuite au-delà des frontières.
(1) René Goscinny. Du Panthéon à Buenos-Aires, Chroniques illustrées, éditions IMAV, 120 pages, 15 euros (Sortie le 26 octobre).
Et si on parlait pouvoir d'achat ?
Pierre PINSON.Ouest-France 23/10/07

Quatre ministres seront, aujourd'hui, au chevet du pouvoir d'achat des Français. Un chantier présidentiel qui devrait déboucher l'été prochain.
Objectif avoué du gouvernement avec sa conférence sur l'emploi et le pouvoir d'achat qui s'ouvre aujourd'hui : faire mieux que l'équipe de Dominique de Villepin, il y a moins d'un an, sur le même sujet. Et parvenir à du concret.
Christine Lagarde (Économie), Xavier Bertrand (Emploi), Martin Hirsch (Solidarités), Luc Chatel (Consommation) vont donc relayer le volontarisme du chef de l'État qui, la semaine dernière, souhaitait « que la question du pouvoir d'achat devienne une vraie priorité nationale et qu'elle trouve, à ce titre, toute sa place dans les négociations avec les partenaires sociaux ».
On va donc causer de tout un peu : du Smic, du Revenu de solidarité active (RSA) des coûts salariaux, de la situation des cadres, mais aussi d'un possible « élargissement » de l'indice des prix à la consommation, de la concurrence à tout va dans la grande distribution, des numéros de téléphone surtaxés, des frais bancaires injustifiés, etc.
Un contexte « fourre-tout » qui ne satisfait pas vraiment les syndicats. Pour FO, par exemple, « l'augmentation des salaires est une revendication prioritaire qui ne saurait être renvoyée à la mise en place de groupes de travail ou de conférences à rallonge ». Côté CGT, on regrette que « les ambitions affichées se soient réduites comme peau de chagrin ». Et de demander, pêle-mêle, l'ouverture de négociations salariales dans le public, la revalorisation du Smic, la suppression d'exonérations de cotisations patronales non liées à des accords salariaux, etc.
Même la cantine...
Cette conférence intervient au moment ou le fameux « ressenti » de vie chère passe de plus en plus mal dans l'opinion. Depuis 2002, la hausse du pouvoir d'achat s'est ralentie. Et sa mesure est contestée. Dans l'immobilier, les prix restent à la hausse (+2,76% pour les loyers). Les franchises médicales pointent le bout de leur nez. Le prix du pétrole, lui, bat tous les records, grevant d'autant le budget transport et loisirs des Français. Il pousse aussi les prix de l'alimentaire vers le haut (certaines grandes marques comptent d'ailleurs en profiter). Cela devrait - aussi - se traduire par la prochaine augmentation du ticket de cantine (environ 10 %)...
Face à cette poussée de fièvre, le gouvernement apparaît mal armé pour apaiser nos concitoyens. Une croissance mollassonne, un déficit budgétaire pansu, un commerce extérieur à la ramasse et une dette pharaonique n'inclinent pas à la générosité. Mais manquer d'argent n'a jamais empêché d'en parler.
L’Italie veut ficher les blogeurs
Eric Jozsef Libération mardi 23 octobre 2007
Web. Polémique autour d’un projet de loi liberticide.
Bévue gouvernementale ou tentative de restreindre la liberté sur Internet ? Les blogeurs italiens sont en tout cas en agitation permanente. Ils fulminent sur la Toile contre Romano Prodi depuis que le conseil des ministres a adopté le 12 octobre dernier un projet de loi sur la presse qui, à travers un article, pourrait durement frapper les internautes. Le dispositif imaginé par les services du président du Conseil prévoit qu’à l’avenir, toute personne «ayant une activité éditoriale», y compris sur le Web, devra se faire enregistrer auprès de l’Autorité pour les Communications.
L’alerte est d’autant plus forte que la mesure risquerait d’augmenter les peines encourues par les internautes en cas de diffamation sur le Web, les blogs devenant de facto des organes de presse. Plusieurs ministres dont celui de la Communication sont finalement intervenus pour demander une modification du projet. Son auteur, le secrétaire d’état Riccardo Franco Levi, a assuré qu’il «n’était pas question de baillonner Internet» et que seuls les journaux en ligne seront concernés, pas les blogs. Pas convaincu, Grillo a annoncé une prochaine «journée du Vaffanculo» : protestation anti-élites, consacrée à l’information.
Ainsi rédigée, la mesure obligerait tout blogeur à s’inscrire sur un registre et à présenter un certificat d’identité accompagné de timbres fiscaux. «Quel internaute se soumettra à une telle procédure pour créer un blog ?» s’indigne sur son site l’acteur Beppe Grillo, sorte de Coluche italien qui depuis des semaines sème le trouble avec sa populaire campagne contre la classe politique. «99 % des blogs risquent de fermer. Si la loi passe au Parlement, ce sera la fin d’Internet en Italie.»
