dimanche 14 octobre 2007
Manifestation à Paris contre les franchises médicales
REUTERS : samedi 13 octobre 2007
Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris pour protester contre l'instauration à partir du 1er janvier 2008 de "franchises" médicales, un dispositif qui laisse une partie des dépenses de santé à la charge des malades.
Partis de la gare Montparnasse, les manifestants - 10.000 selon la préfecture de police, 15.000 selon les organisateurs - qui répondaient à l'appel de plusieurs dizaines d'associations, de syndicats et de partis de gauche, ont gagné le quartier des ministères, près des Invalides.
Des représentants des manifestants devaient être reçus aux cabinets du ministre du Travail Xavier Bertrand et de la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, ont annoncé les organisateurs.
Les présidents de l'Association des accidentés de la vie et de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante ont lu en fin de cortège des discours critiquant les intentions du gouvernement.
"La France qui se lève tôt a mal au travail, la France qui se lève tôt ne veut pas travailler plus pour gagner plus, elle veut travailler mieux et ne pas arriver à la retraite usée et malade", a déclaré François Desriaux, président de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante.
"Est-ce de votre faute s'il faut acheter une boîte de médicament ou payer une séance de rééducation parce que les règles élémentaires de sécurité n'ont pas été respectées dans l'entreprise ?", s'est interrogé Arnaud de Broca, président de l'association des Accidentés de la vie dans son texte.
Il a estimé que les franchises médicales revenaient à faire porter la charge de la solidarité sur les malades. "Faut-il comprendre que vous êtes responsables de votre accident du travail ou de votre maladie professionnelle?", a-t-il lancé.
A partir du 1er janvier, les malades devront payer 50 centimes d'euro sur chaque boîte de médicament et acte paramédical et deux euros par transport sanitaire. Ces "franchises médicales" seront plafonnées à 50 euros par an et ne toucheront pas les Français les plus pauvres.
La mesure, censée financer la lutte contre la maladie d'Alzheimer et contribuer à résorber le déficit de la sécurité sociale, qui a atteint 11,7 milliards d'euros en 2007, rapportera 850 millions d'euros, selon les prévisions du gouvernement.
ADN : la mobilisation monte au Zénith
Citoyens, artistes et politiques opposés à l’amendement Mariani se retrouvent dimanche pour un concert-meeting à Paris.
Par CATHERINE COROLLER Libération samedi 13 octobre 2007
Il n’y a pas que les politiques pour s’opposer à l’amendement ADN du projet de loi de Brice Hortefeux sur la maîtrise de l’immigration. Vendredi soir, 170 000 citoyens, célèbres ou anonymes, avaient signé la pétition «Touche pas à mon ADN» lancée par SOS Racisme, Charlie Hebdo et Libération. Point culminant de cette mobilisation, le meeting-concert «d’opposition à l’amendement Mariani»(du nom du député UMP du Vaucluse auteur de la disposition),dimanche, au Zénith de Paris. François Hollande, François Bayrou et François Goulard, député UMP du Morbihan (lire ci-contre), y participeront, aux côtés notamment de Bernard-Henri Lévy (1) et de nombreux artistes.
Résistance Par laurent Joffrin Libération samedi 13 octobre 2007
Ce sera le premier meeting d’opposition de l’ère Sarkozy. A l’appel de Charlie, de SOS Racisme et de Libération, réunis dès l’origine dans la protestation, le Zénith de Paris accueillera dimanche à 18 heures la grande foule des «anti-ADN». Autrement dit, tous ceux qui ne veulent pas voir la République prendre le risque de banaliser les tests ADN et encore moins voir les étrangers servir de cobayes pour cette expérience.
Opposition systématique, militantisme mécanique ? En aucune manière. La résistance, démarrée à gauche, a été relayée très vite par les autorités spirituelles, les scientifiques de «Sauvons la recherche» et une bonne partie de la droite démocrate-chrétienne, gaulliste ou simplement républicaine. Le gouvernement a tenté de biaiser en ôtant au projet une bonne partie de son efficacité pratique et en concédant des garanties juridiques et matérielles. Il était trop tard.
Quelques heures après cette annonce, le Comité d’éthique donnait le coup de grâce moral au projet en rappelant qu’il contredisait tous les efforts déployés depuis des années pour encadrer l’usage des tests ADN dans la société.
Peu après, le Premier ministre qualifiait de «ridicules» ceux qui continuaient la controverse, c’est-à-dire une bonne partie de sa majorité, plusieurs de ses ministres et l’ensemble des autorités morales justement mobilisées. François Fillon, qui peine à trouver sa place dans l’action gouvernementale, a décidément choisi de prouver son existence par la gaffe…
L’enjeu est d’importance, parce qu’il dépasse de loin la question des tests ADN. Au lieu de stabiliser le dispositif légal qui organise l’immigration - attitude minimale et civique -, le gouvernement ne cesse de le renforcer pour complaire à la partie la plus anxieuse, ou intolérante, de son électorat. Manœuvre politique peu glorieuse qu’une réunion à la fois festive et déterminée contribuera à déjouer. Au Zénith doit commencer une reconquête. A dimanche…
Trois voix contre une loi «inhumaine» Par Nathalie Raulin Libération samedi 13 octobre 2007
Ils ont signé la pétition initiée par SOS-Racisme, Charlie-Hebdo et Libération. Ils seront dimanche à 18 heures au Zénith pour «exiger le retrait de l’amendement Mariani» sur les tests ADN de la loi Hortefeux. Elles sont trois personnalités, de la culture, scientifique et politique. Trois parmi des milliers de pétitionnaires de droite comme de gauche, connues ou anonymes.
Michel Piccoli Comédien «Vrais pères, fausses mères, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ?»
«Je n’en peux plus depuis longtemps de ce monsieur qui a été notre ministre de l’Economie, de l’Intérieur et qui est aujourd’hui notre Président. Des pétitions, j’en signe depuis cinquante ans, j’ai commencé par me prononcer au moment de la guerre du Vietnam. Déjà, à l’époque, on disait que c’était une honte qu’un comédien s’occupe de ce qui ne le regarde pas, que j’allais ruiner ma carrière. C’était déjà très comique à l’époque mais M. Sarkozy doit savoir qu’en France, il n’y a pas que les chanteurs de la Concorde. Je ne supporte pas qu’on nous ait imposé ce ministère de l’Immigration. Qu’est-ce que c’est que ce flicage ?
Mais là, ces tests ADN impliquent que l’on se mêle de l’amour entre un père, une mère et leurs enfants, qu’ils soient les leurs biologiquement ou qu’ils soient adoptés, c’est leur problème, on n’a pas à bouleverser leur histoire. De vrais pères, de fausses mères, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ? Nicolas Sarkozy ferait mieux d’assouplir les conditions de l’adoption. Au lieu d’empêcher des enfants d’entrer, il devrait aider les parents qui veulent adopter à l’étranger. Quant aux déclarations de François Fillon sur le «détail», c’est pour moi l’apolitisme le plus honteux. Dire des choses importantes qu’elles sont un détail, c’est un procédé qu’on a déjà connu avec les camps de concentration. Fadela Amara, a, elle, eu une réaction de femme ni pute ni soumise. C’est bien qu’on sorte de ce discours diplomatico-hypocrite.»
Axel Kahn Généticien «Un message d’égoïsme»
«Je dis aux parlementaires : ne faites pas de caprices, retirez cet amendement. Il est inutile, il demeure néfaste. Thierry Mariani l’a dit lui-même, ce dispositif est devenu «une usine à gaz», les tests ne concerneront qu’un nombre infime de personnes, une centaine peut-être par an. Il est néanmoins dévastateur au regard de notre définition, sociale, de la famille, car il indique la possibilité de réduire la filiation à une définition biologique.
Mais il y a plus, cette loi est inhumaine. Dans l’Afrique malheureuse, il y a des femmes généreuses qui adoptent des orphelins, survivants de massacres, de famines, d’épidémies. Ces tests ADN apprendraient à ces enfants qu’ils n’appartiennent pas au lignage de la mère qui les a adoptés, aimés, et qu’ils aiment. Ainsi, la République française, dont la générosité a inspiré la Déclaration universelle des droits de l’homme, enverrait à ces femmes un message d’égoïsme : si vous voulez un jour rejoindre votre mari émigré en France, soyez prudentes, n’adoptez pas d’enfants. Cet amendement déshonore la France.»
François Goulard Député UMP du Morbihan «Le combat est aujourd’hui largement symbolique»
«Je suis contre cet amendement ADN. Je l’ai dit, je le répète. Mon engagement est public. Je trouve donc logique de participer à une manifestation qui réclame son retrait. Dimanche soir, il y aura sans doute plus de personnalités de gauche que de droite. Peu m’importe. La question dépasse largement les clivages partisans. Je pense qu’il est bon de montrer qu’il y a aussi à droite, des hommes et des femmes attachés au respect des droits de l’homme. Je suis convaincu que beaucoup de parlementaires UMP n’ont pas osé exprimer une opinion défavorable mais que, dans leur for intérieur, ils sont d’accord avec moi. Ancien ministre de la Recherche, je ne peux, pour ma part, qu’être sensible à la présence de nombreux scientifiques également hostiles à cette disposition. Le combat est aujourd’hui largement symbolique. L’amendement, sous-amendé deux fois, par l’Assemblée nationale puis par le Sénat, est inapplicable et vide de sens. Mais je fais de son retrait une affaire de principe et de morale politique.»
(1) membre du conseil de surveillance de Libération
Claude Guéant exclut tout recul sur la réforme des retraites
REUTERS : samedi 13 octobre 2007
Le secrétaire général de l'Elysée exclut samedi tout recul du gouvernement sur le projet de réforme des régimes spéciaux de retraite, malgré la mobilisation syndicale prévue le 18 octobre.
"Il n'y aura pas de recul possible", dit-il dans les colonnes du Monde publié samedi, ajoutant que le chef de l'Etat est "dans une logique d'aboutir".
Il prévoit cependant une mobilisation "significative" le 18 octobre. Mais, ajoute-t-il, les manifestations ne changeront rien. "La France a changé et nous sommes déterminés", affirme-t-il.
Le projet présenté cette semaine prévoit d'imposer aux salariés qui bénéficient actuellement des régimes spéciaux de passer progressivement, pour bénéficier d'une retraite à taux plein, de 37,5 à 40 années de cotisation d'ici à 2012.
Les régimes spéciaux de retraite concernent un peu plus de 1,1 million de retraités et quelque 500.000 actifs. Ils ne représentent cependant que 6,4% du volume des pensions versées en France.
La réforme ne suffit donc à refinancer les retraites en général, et le gouvernement laisse entendre que la durée générale de cotisation dans le public pourrait passer prochainement à 41 ans.
Les régimes spéciaux les plus importants sont ceux d'EDF, GDF, de la SNCF et de la RATP.
Hewlett Packard et Sanmina: 323 salariés attaquent pour licenciements abusifs
20 minutes Samedi 13 Octobre 2007
323 salariés de l'ancienne usine Hewlett Packard (HP) de l'Isle d'Abeau (Isère), vendue en 2002 à la société Sanmina, qui avait fermé le site en 2005, attaquent lundi devant le conseil des Prud'hommes de Vienne (Isère) HP et Sanmina pour licenciements abusifs.
Les salariés ont entrepris chacun une action individuelle, comme le requiert la juridiction prud'homale, et le procès qui se déroulera lundi à partir de 14H00 dans un gymnase de la ville pourrait durer deux ou trois jours.
L'usine HP de l'Isle d'Abeau, qui employait 500 salariés à la fabrication d'ordinateurs PC ou de serveurs destinés à la clientèle professionnelle en Europe, avait été vendue au printemps 2002 à une société américaine, spécialisée dans la sous-traitance informatique, Sanmina-SCI.
Au moment de la vente, le responsable de la stratégie industrielle de HP, Xavier de Montgros, avait assuré qu'il n'y aurait pas de licenciements mais avait ajouté que le sous-traitant "devait améliorer la compétitivité de l'usine, notamment en servant d'autres clients".
Trois ans plus tard, Sanmina, qui n'avait jamais réussi à obtenir pour son son site isérois des commandes d'autres clients, invoquait "la concurrence des pays d'Europe de l'est et de l'Asie" et décidait de fermer l'usine.
"Nous poursuivons ces deux firmes pour usage abusif de l'article 122-12 sur les cessions d'entreprises qui stipule que nous aurions du être repris avec les mêmes contrats de travail et les mêmes avantages, ce qui n'a pas été le cas", a indiqué Georges Muratore, délégué syndical CGT.
"D'autre part le repreneur aurait dû être une entité propre, par exemple avoir son propre service commercial, ce qui n'était pas le cas", a-t-il ajouté précisant que chaque salarié demande une moyenne de 30.000 euros de dommages et intérêts.
Acheter du bois tout en protégeant les forêts africaines
LE MONDE | 13.10.07
Après l'appel au boycottage des salons de jardin fabriqués en teck illégal d'Indonésie en 2006, l'association de préservation de la nature WWF a lancé, vendredi 12 octobre, une campagne pour freiner l'exploitation des forêts tropicales du bassin du Congo.
La France est le premier importateur de bois tropical africain en Europe. Près de 40 % du bois tropical importé est issu de coupes illégales pratiquées dans des zones protégées ou d'abattage dans des aires concédées sans respecter des plans d'exploitation destinés à assurer le renouvellement de la forêt.
Ce bois est principalement utilisé dans la construction de volets, de portes, de parquets, d'escaliers ainsi que dans la menuiserie de gros oeuvre pour les charpentes. Ce sont les produits visés par la campagne baptisée "Je dis non au bois illégal". Le chanteur Yannick Noah en est le parrain.
Il est aujourd'hui quasiment impossible pour le consommateur d'identifier la provenance de ces produits. Selon l'enquête menée par le WWF auprès des principales enseignes du secteur, l'origine des bois utilisés n'est pas mentionnée dans 70 % des cas, et la dénomination scientifique des essences dans 90 %. Seulement 13 % des quantités importées sont certifiées par le label FSC (Forest Stewardship Council), créé au lendemain du Sommet de la Terre de Rio pour permettre d'identifier le recours à des pratiques durables dans la gestion forestière.
A l'occasion de cette campagne, Castorama et Leroy-Merlin ont accepté de nouer un partenariat avec le WWF. Outre leur engagement d'étiqueter plus systématiquement leurs articles et d'importer de préférence du bois FSC, ils accompagneront la campagne de sensibilisation menée auprès du public, et 15 000 guides d'achat seront distribués.
Un site Internet (WWF.fr/jedisnonauboisillegal) permet aux consommateurs citoyens de trouver des informations sur le deuxième plus grand massif forestier tropical au monde après l'Amazonie.
Laurence Caramel
Pessin - Confidentialité

Un ancien général US en Irak s'en prend à l'administration Bush
REUTERS : samedi 13 octobre 2007 par Randall Mikkelsen
WASHINGTON (Reuters) - La gestion de la guerre en Irak par l'administration Bush est "un échec catastrophique" qui a plongé les Etats-Unis dans un conflit cauchemardesque dont on ne voit pas la fin, a déclaré vendredi un ancien commandant des forces terrestres américaines en Irak.
S'exprimant devant des journalistes, le général Ricardo Sanchez a violemment tancé la manière dont les autorités américaines ont géré le conflit depuis le début de l'intervention, en 2003.
"Nos dirigeants ont fait étalage d'une incompétence stratégique patente", estime le militaire, qui a dirigé les forces de la coalition de juin 2003 à juillet 2004.
"L'Amérique continue son combat désespéré en Irak, sans être capable d'élaborer une stratégie permettant d'aboutir à une "victoire" dans ce pays déchiré, ni même dans la lutte contre l'extrémisme."
Sans jamais nommer le président George Bush, il a qualifié la stratégie de renforcement de la présence militaire américaine en Irak de "tentative désespérée menée par une administration qui n'a pas pris en compte la portée politique et militaire de cette guerre."
"Il ne fait aucun doute que l'Amérique vit un cauchemar dont on ne voit pas la fin", a-t-il déploré.
Sanchez n'a pas ménagé le Conseil de sécurité national de la Maison blanche, qui était dirigé, alors qu'il servait en Irak, par Condoleezza Rice, désormais secrétaire américaine d'Etat.
"Notre Conseil national de la sécurité est un échec catastrophique", a-t-il dit, reprochant à ses membres d'avoir préféré une approche reposant uniquement sur les militaires sans parvenir à impliquer les forces politiques.
Sanchez a également vilipendé l'attitude du Congrès et de l'ensemble de la classe politique.
"L'Amérique n'a pas fournis les efforts nécessaires pour remporter cette guerre", juge-t-il, "les querelles partisanes ont entravé l'effort de guerre."
Il a déclaré que les commandants militaires déployés sur le terrain continueraient à obtenir des résultats, si on leur donne du temps et qu'on leur fournit "une stratégie globale", mais qu'en attendant, les militaires continueraient à mourir.
Sanchez a déclaré qu'il fallait une réduction des effectifs "étant donnée l'absence de stratégie", même s'il a reconnu que les Etats--Unis resteraient encore longtemps en Irak, car un retrait précipité ajouterait à l'instabilité régionale.
"Ce qui se passe aujourd'hui à Washington ne me donne aucun espoir", a-t-il regretté.
Plantu - Le Pacs

