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dimanche 14 octobre 2007

Les victimes de maladies professionnelles interpellent Nicolas Sarkozy

AP 12/10/07

Plusieurs milliers de personnes (10.000 selon la police, 20.000 selon les organisateurs) parmi lesquelles de nombreuses victimes de l'amiante, ont défilé samedi à Paris pour exiger la reconnaissance et l'indemnisation intégrale des maladies professionnelles ou encore dénoncer la mise en place des franchises médicales prévue par le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2008.

"Il y a quelques mois, un candidat a parcouru la France entière dans tous les sens, et les plateaux de télé dans tous les sens aussi, pour répéter qu'il 'voulait faire du travail une valeur centrale'!", a déclaré le porte-parole de l'Association nationale de défense des victimes de l'amiante, François Desriaux, à l'origine du défilé avec la FNATH (accidentés de la vie).

"Maintenant qu'il est président de la République", a-t-il lancé à l'issue de la manifestation, "il est temps de lui demander si avoir trois millions et demi de situations d'exposition à des cancérogènes sur les lieux de travail, c'est ça la 'revalorisation du travail'?, Est-ce que 'mettre le travailleur au centre de la société' comme il l'a promis, cela passe par 70% des chantiers de désamiantage qui ne respectent pas la réglementation censée protéger la santé des travailleurs"?

Les victimes de l'amiante -qui réclament un procès pénal au même titre que celui du sang contaminé- ouvraient la marche, derrière deux banderoles sur lesquelles on pouvait lire: "Pas de concessions sur l'indemnisation" et "Les victimes ont leur mot à dire".

"Amiante: 10 morts par jour. Ni responsables, ni coupables?", interrogeait une pancarte. "Tous les ans, on a un nombre d'amiantés qui va en s'aggravant. Nous, on dit aux pouvoirs publics que ça suffit! Les empoisonneurs que sont les patrons et les actionnaires doivent payer", a déclaré à l'Associated Press André Pousse, porte-parole de l'Association de défense des victimes de l'amiante Renault Le Mans (ADVARL), dans la Sarthe.

"On veut un procès pénal de l'amiante puisque c'est en toute connaissance de cause qu'on nous a fait employer ces produits. Il y a eu un décret d'interdiction en 1997, mais on connaissait la dangerosité bien longtemps avant", a-t-il ajouté. André Pousse a souligné que ses deux frères étaient décédés d'un cancer provoqué par l'amiante, à l'âge de 60 et 61 ans.

"L'amiante abrège nos vies. La préretraite, c'est un droit, pas un privilège", pouvait-on d'ailleurs lire sur plusieurs pancartes.

Les manifestants étaient également venus dénoncer la mise en place des franchises médicales prévues dans le plan de redressement de la Sécurité sociale.

"Avec ces nouvelles franchises, les victimes de risques professionnels vont devoir financer elles-mêmes la réparation de leurs préjudices. Est-ce de votre faute, s'il vous faut acheter une boîte de médicament ou payer une séance de rééducation parce que les règles élémentaires de sécurité n'ont pas été respectées dans l'entreprise?", a déclaré le porte-parole de la FNATH Arnaud de Broca, lors d'un discours à l'issue du défilé.

Posté par werdna à 00:03 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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