vendredi 12 octobre 2007
Lyon : Une maire abrite des sans-papiers
Libération mercredi 10 octobre 2007 OLIVIER BERTRAND
Par réaction «humanitaire», elle a hébergé des clandestins dans des locaux municipaux.
«Elle avait été emprisonnée et violée dans son pays, se trouvait dans une grande détresse, pas loin de mettre fin à ses jours», raconte l’élue, qui a alors hébergé la petite fille, pendant que la mère effectuait un séjour en clinique posttraumatique.
«En tant qu’élue, je dois respecter la loi, poursuit l’élue. Je ne me sens pas l’âme d’une révolutionnaire, je ne prône même pas la désobéissance civique, et je préférerais répondre à ces situations d’urgence légalement.» Elle explique qu’elle a accompagné des sans-papiers en préfecture et en est revenue inquiète.
«J’ai réalisé
«Urgence».
Plusieurs familles qui se retrouvaient à la rue ont alors été hébergées, dans une salle municipale puis au troisième étage de la mairie.
Un médecin légiste a ensuite confirmé les violences subies ainsi que le risque de suicide, et la mère a obtenu une autorisation provisoire de séjour, jusqu’en décembre. «Qu’elle soit femme et qu’elle ait une enfant a sans doute constitué une porte d’entrée qui m’a touchée, poursuit la maire. C’était une réaction humanitaire. Puis une dimension plus politique s’est inscrite. Ce qui m’a posé question, c’est qu’elles se soient sorties de cette situation grâce aux parents d’élèves, pas aux institutions.»
«Détresse».
Mais, en 2005, une directrice d’école maternelle l’alerte sur le cas d’une femme originaire de la république démocratique du Congo, présente depuis cinq ans en France, mais sans papiers et à la rue depuis peu avec une petite fille.
Nathalie Perrin, jeune maire (PS) du I er arrondissement lyonnais, a confié cette semaine à l’hebdomadaire Lyon Capitale qu’elle avait abrité des sans-papiers, chez elle mais aussi en mairie. «La question de l’immigration n’était pas au cœur de mes engagements», dit-elle.
Paris : Des milliers d'internes ont manifesté
NOUVELOBS.| 12.10.20071
Accompagnés d'étudiants en médecine, ils ont défilé pour protester, notamment, contre la limitation du nombre de médecins libéraux en zones rurales.
Des milliers d'étudiants et d'internes en médecine (10.000 selon les organisateurs, 7.500 selon la police) ont manifesté, jeudi 11 octobre à Paris, contre une éventuelle limitation du nombre de praticiens dans les zones où ils sont déjà assez nombreux.
Les manifestants portaient des blouses blanches avec l'inscription "internes en grève" dans le dos. Ils ont défilé derrière un corbillard qui transportait un cercueil dans lequel se trouvait une jeune interne, elle aussi en blouse blanche, couverte de fleurs pour symboliser la "mort de la Sécu".
Des manifestants en noir avec des panneaux indiquant "ministère de la Santé", "Cnam" (Caisse nationale de l'assurance maladie, ndlr), ou "assurance privée" faisaient office de proches de la morte "en deuil".
Le long du cortège, parti de Montparnasse (XIVème arrondissement) pour se diriger vers le ministère de la Santé, avenue de Ségur (VIIème), des pancartes indiquaient: "pour un système de soins solidaire, contre une médecine à deux vitesses", "système des USA, ici on en veut pas" ou "oui à la carte vitale, non à la carte bleue".
Créer de nouvelles structures en milieu rural comme en périphérie. Les manifestants protestaient contre un éventuel "conventionnement sélectif pour l'installation des professionnels libéraux médicaux et paramédicaux" à l'appel de plusieurs organisations dont l'Anemf (étudiants), l'Isnih (internes), l'Isnar-IMG (internes en médecine générale) et le SNJMG (jeunes généralistes).
Parmi eux, Marie-Cécile, 25 ans, interne en pneumologie, venue avec 300 camarades de Toulouse, qui estime que "le gouvernement doit créer des réseaux de soins dans les milieux ruraux" et "des structures en périphérie".
Un point de vue partagé par Nicolas, 26 ans, interne à Bordeaux : "il faut créer des maisons médicales de soins car l'isolement c'est l'impuissance absolue".
Gabriel Ko, président du Sihp (internes), qui fait partie de l'Isnih, juge "quand même étonnant qu'un gouvernement libéral propose de la planification. On peut imaginer que derrière se cache un lobby de mutuelles".
Japon / Mourir de faim au Japon
Le Monde du 12 Octobre 2007
"Il est 3 heures du matin. Cet être humain n'a pas mangé depuis dix jours, mais est toujours en vie. Je veux manger du riz. Je veux un bol de riz".
Le journal intime de cet homme de 52 ans a été retrouvé près de son corps, partiellement momifié. Il est mort de faim, dans son taudis, deux mois après que la municipalité lui a refusé toute aide sociale, écrit le NYT. Kitakyushu était pourtant présenté comme l'"élève modèle" en la matière par le gouvernement, qui n'a de cesse de rogner les budgets sociaux depuis 2003.
L'avancement des 142 travailleurs sociaux y est conditionné au fait qu'ils éliminent chaque année au moins 5 des 73 récipiendaires dont ils sont chargés. Cette politique de quotas devrait cesser l'an prochain : c'est la 3e fois, en trois ans, qu'un homme meurt de faim dans son appartement.
Au Japon, 2e économie mondiale, sans tradition religieuse de charité, il est honteux de demander de l'aide aux autorités, au motif que ce serait gâcher l'argent de ceux qui paient des impôts.
Le journal intime se finit par : "Je veux un bol de riz, je n'ai pas mangé depuis 25 jours". Au Japon, le bol de riz coûte 1 $.
Loi sur les chiens : les maîtres vont en baver
François CHRÉTIEN - Ouest – France 12/10/07
Approuvée, hier, en Conseil des ministres, elle va obliger des dizaines de milliers de propriétaires (et d'animaux) à passer des contrôles. Pas facile à mettre en oeuvre...

Un permis de chien. Les propriétaires de chiens dangereux (classés en catégories 1 et 2) seront obligés de suivre une formation diplômante. Ils se rendront, une journée au moins, dans un centre agréé pour apprendre les règles de base d'éducation et de maîtrise de leur rottweiller ou autre staffordshire. La formation se terminera par un test. Il y aura donc des recalés. Et sans « attestation d'aptitude », pas de déclaration en mairie, donc pas de droit de posséder le chien... Les maires pourront d'ailleurs demander l'euthanasie des chiens de maîtres non formés.
Évaluer le comportement du toutou
Qui organisera ces formations? Rien n'est défini. Il faudra attendre que la loi soit votée et que les décrets d'application soient rédigés. Cela risque d'être coton, vu l'ampleur du chantier. Le ministère entend notamment s'appuyer sur la SPA et les clubs canins. Le nombre de chiens dangereux étant estimé à 80 000, il va falloir recruter du monde. Et dédommager les vétérinaires qui assisteront aux sessions. Avec quels financements? « La formation sera à la charge des maîtres », indique le ministère de l'Intérieur.
Contrôle des chiens mordeurs. C'est le volet le plus lourd du projet de loi. Il s'appuie sur le principe, bien connu des vétérinaires, que les labradors et autres toutous non classés mordent autant, sinon plus, que les chiens dangereux. Le texte instaure une procédure contraignante après toute morsure. Primo, le maître doit déclarer les faits en mairie. Secundo, il doit suivre et payer le même type de formation que celle du «permis de chien» (cité plus haut). «A la différence qu'il n'y aura pas d'obligation d'obtenir le diplôme », précise le ministère. Tertio, le propriétaire devra ensuite conduire son animal chez un vétérinaire agréé - la préfecture en définira la liste -, lequel procédera à « l'évaluation comportementale » du toutou.
Combien de propriétaires potentiellement concernés ? Les assureurs (fourchette haute) parlent de 500 000 morsures canines par an. Les urgentistes comptabilisent 70 000 patients blessés. Même si l'on s'en tient à cette fourchette basse, l'application de la loi va générer une nouvelle activité économique. Sauf, bien sûr, si la préparation des décrets n'est pas étouffée par celle d'une loi suivante. Dans le domaine des chiens, on les enchaîne...
Éradication des chiens d'attaque. Les chiens de catégorie 1, nés après le 7 janvier 2000, vont être interdits. Mais c'est ce que disaient déjà les textes précédents! La loi de 1999, « anti-pittbull », instaurait en effet la stérilisation obligatoire des animaux et l'interdiction de leur cession, vente et importation. Conclusion : aujourd'hui, il ne devrait déjà plus y avoir de chiens de catégorie 1 de moins de sept ans. « Le problème, c'est qu'il y avait une faille dans la loi qui n'interdisait pas la reproduction à partir de croisements. Et que s'est développée une véritable «industrie» de fabrication de chiens d'attaque», explique l'entourage de Michèle Alliot-Marie, la ministre. Dorénavant, donc, les jeunes molosses trapus, de type 1, seront tous illégaux et susceptibles d'être euthanasiés. Les vieux chiens, eux, pourront mourrir tranquillement dans leur niche. À condition qu'il ne sortent pas sur la voie publique, ce qui est déjà interdit.
La confiance est aussi une valeur économique
Jacques Le Goff - Professeur de droit public, université de Brest.
Ouest – France 12/10/07
D'où vient la richesse des nations ? « De la confiance », répondait Kenneth Arrow, Prix Nobel d'économie en 1972. La réponse surprenait. On s'attendait au travail, au capital... Mais la confiance ?
L'idée est pourtant de plus en plus prise au sérieux par les sociologues et par les économistes. Récemment, Thomas Philippon a conclu à un lien direct entre « déficit de confiance », chômage et mauvaises conditions de travail (1). Le déficit expliquerait 66% de l'écart des revenus entre la France et ce modèle de coopération qu'offre la Suède. C'est dire la place d'une valeur longtemps tenue pour exclusivement morale.
D'où l'effet désastreux de l'affaire EADS qui témoigne, de la part des 1 200 probables initiés, à l'égard de leur entreprise, d'une désinvolture de nature à renforcer l'idée selon laquelle les détenteurs du capital ne sauraient « rouler que pour leurs intérêts ». Bien loin d'être fausse, cette thèse ne rend pourtant pas compte de toute la réalité.
Mais pas de confiance, évidemment, sans une condition élémentaire : le dépassement des intérêts particuliers par le souci de l'intérêt collectif de l'entreprise, envisagée, non comme simple patrimoine à la disposition des bailleurs, mais comme un bien partagé.
Hier comme aujourd'hui, une telle approche de l'entreprise fera sourire ceux qui croient à un clivage irréductible entre « Eux » et « Nous ».
Il ne s'agit pourtant pas d'une rêverie du style « on s'aime tous » ! La confiance n'est ni fusion ni confusion. Les intérêts différents peuvent se heurter, mais ils le font dans un cadre capable de résister au conflit et qui permet un progrès novateur. Le problème français, c'est que les désaccords sont dramatisés, ce qui empêche de voir les divergences comme un moment utile des rapports sociaux. Résultat : c'est ou bien le silence qui pourrit l'atmosphère ou bien la montée aux extrêmes, les partenaires devenant adversaires avant l'armistice final. On n'est pas fiers d'apprendre que, des vingt et un pays de l'OCDE, la France demeure le plus conflictuel. Et la raison continue d'en être la peur du face-à-face et la difficulté à entrer dans des rapports de confiance, dépassant l'épreuve du désaccord pour aboutir à un accord à un niveau supérieur.
Le préalable est la loyauté des partenaires qui semble avoir fait défaut chez EADS. Or, qu'est-elle cette loyauté, sinon la juste expression d'un désir de faire prévaloir l'intérêt général de l'entreprise, son « idée d'oeuvre », comme disait le grand juriste Maurice Hauriou, sur toute autre considération ? Bien des pays y parviennent sans trop de peine. Pourquoi pas nous ?
Jacques Le Goff (*)
(1) Le capitalisme d'héritiers. La crise française du travail, Seuil.
La commission Attali veut faire surgir de terre une dizaine de villes modèles, les « Ecopolis »
[ 12/10/07 ] VÉRONIQUE LE BILLON
La commission présidée par Jacques Attali sur la « libération » de la croissance française a presque rempli la première partie de son contrat. Elle s'apprête à soumettre au chef de l'Etat de premières propositions. Outre la vaste réforme qu'elle suggère pour le secteur de la distribution (« Les Echos » d'hier), elle plaide pour « fluidifier » le marché du logement, tant social que privé.
De nombreuses pistes ont été explorées ces dernières semaines : assouplissement des relations entre bailleurs et locataires, baisse des coûts de transaction (frais de notaire et frais d'agence), accès facilité à des terrains constructibles, création d'une bourse au logement dans le parc social pour faciliter les échanges d'appartements. « Rien n'est mis aux voix, c'est une sorte de consensus qui se dégage, mais nous avons évité la machine à fabriquer de l'eau tiède », assure un membre.
La commission a planché sur un projet plus conceptuel, la création d'une dizaine d'« Ecopolis », cités modèles, technologiques et écologiques. D'une taille de 50.000 habitants, ces villes seraient créées de toutes pièces et n'utiliseraient que les technologies les plus innovantes et respectueuses de l'environnement en matière de construction et de communication, avec par exemple des connexions Wi-Fi sur leur territoire.
Mixité sociale
La commission veut éviter de parler de « villes nouvelles », une expression connotée trop négativement depuis les années 1970. Ce ne seraient pas non plus des villes-dortoirs, l'ambition étant de proposer résidences, activités et équipements sociaux, et d'y assurer la mixité sociale. « Ce qui tient au coeur de Jacques Attali, c'est que les propositions soient mobilisatrices et constructives, souligne un membre. Il ne faut pas que cela apparaisse ingrat ou punitif. »
Parmi les autres pistes débattues ces derniers jours, le développement de l'accès au crédit des particuliers. « La crainte du surendettement ne doit pas empêcher le développement d'un crédit responsable », explique un membre. Le rapport ne se prononce pas, à ce stade, sur le travail le dimanche, un atelier étant consacré à la fluidité du marché du travail. De même, les éventuelles propositions pour assouplir l'exercice des professions réglementées interviendront plus tard.
Ces villepinistes qui veulent enfoncer un coin dans la majorité
[ 12/10/07 ] ELSA FREYSSENET ET PIERRE-ALAIN FURBURY
Ils ne sont qu'une poignée mais ont parfaitement compris que les critiques sont toujours plus relayées lorsqu'elles émanent de la majorité. Plusieurs proches de Dominique de Villepin prennent l'exécutif pour cible.
« Le départ de M. Hortefeux est plus souhaitable que celui de Mme Amara. » L'auteur de ce voeu assassin, formulé hier sur France Inter, n'est pas membre du PS, ni même du Modem. Il a pour nom François Goulard, député UMP et ancien membre du gouvernement Villepin. Depuis septembre, lui et quelques autres, tous proches de l'ancien Premier ministre, multiplient les attaques contre Nicolas Sarkozy et le gouvernement, ciblant avec précision les sujets sensibles : des tests ADN à l'« ouverture », en passant par le manque de maîtrise des déficits publics et « l'absence de rupture dans la politique économique et sociale ».
Ils ne sont qu'une poignée mais ont parfaitement compris que les critiques sont toujours plus relayées lorsqu'elles émanent de la majorité. Ils justifient tous leur attitude par la « liberté » des parlementaires, élus du peuple, comme le président, soulignent-ils en substance. Leurs motivations sont diverses : question de principes, esprit de revanche, volonté d'exister et parfois un peu des trois. Leur modus operandi sont eux aussi différents. En « franc-tireur », François Goulard est celui qui, le plus calmement du monde assène les coups les plus rudes, jusqu'au coeur même du pouvoir : en jugeant hier que la commission d'enquête parlementaire sur la Libye « a tout à fait le droit d'entendre l'épouse du chef de l'Etat » et en suggérant, la veille, un « favoritisme d'Etat choquant » (l'Elysée s'est senti visé) au profit d'Arnaud Lagardère dans l'affaire EADS. Des attaques dignes d'un Dominique de Villepin ; et pourtant son ancien ministre « ne veut pas s'enfermer dans un club d'anciens combattants ». Question d'efficacité pour celui qui « espère » à terme élargir le front.
Une « ligne jaune »
Georges Tron et Hervé Mariton n'ont pas cette réserve-là : ils se concertent régulièrement, parfois avec Dominique de Villepin. Leurs attaques à eux sont spécialisées : au premier la dénonciation de l'« ouverture », au second les commentaires mordants sur les finances publiques. « Je suis libre mais pas irresponsable. Dans la majorité, il y a une ligne jaune à ne pas franchir », précise Hervé Mariton. Cette « ligne jaune », Jean-Pierre Grand l'a franchie aux yeux de la direction de l'UMP : le député de l'Hérault appelle à voter pour la candidate socialiste aux municipales à Montpellier. Les raisons sont avant tout locales, mais l'élu ne résiste pas au plaisir de justifier ses actes par... « l'ouverture » qui doit se pratiquer « dans les deux sens et pour tout le monde ». Son parti devrait le suspendre dans les jours prochains. Une mesure préférée à l'exclusion pour « ne pas en faire un martyr », dit un proche du chef de l'Etat.
L'Elysée ne peut plus se contenter d'ignorer les villepinistes; « plus précautionneux », Hervé Mariton n'est pas considéré comme une cause perdue. Et puis, il y a une agréable surprise, un homme « d'avenir » : Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin, très discret depuis son élection dans l'Eure. « Je ne suis pas un homme d'étiquette, j'ai gagné mon autonomie et j'y tiens », explique ce dernier. S'il s'abstient de critiquer les villepinistes, le jeune élu, trente-huit ans, prend garde à ne pas heurter le chef de l'Etat, dont il salue d'ailleurs la politique économique et sociale... sauf lorsqu'il s'agit de « conscience » : « Je doute fort de l'efficacité et de l'opportunité des tests ADN », a-t-il tenu à préciser hier.
Turquie : L’antiaméricanisme progresse inexorablement
[Fenêtre sur l'Europe] S.B. Vendredi 12 Octobre 2007
Suite au vote très controversé d'une résolution reconnaissant le génocide arménien par la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants la Turquie a rappelé son ambassadeur à Washington. Le président Bush avait tout fait pour éviter une telle résolution.
La population et la presse turque sont unanimement dépités : "Bush n'était pas d'accord, mais le texte est passé" écrit le quotidien Aksan. En première page de Vatan, on lit "27 Américains idiots" en référence aux 27 membres de la commission qui ont approuvé la résolution.
Quant aux personnes interrogées au hasard, elles sont sur la même longueur d’onde: "Les Etats-Unis sont mal placés pour dire quelque chose à propos du problème du génocide arménien. Ils devraient d'abord faire le ménage devant leur porte. Ils doivent assumer leur propre génocide, il n'y a plus d'Indiens." ou encore : "Je n'ai jamais considéré les Etats-Unis comme un pays ami. Ils prétendent être des amis mais c'est purement par intérêt. En général les Etats-Unis ne sont pas nos amis".
Pratiquement au même moment, l'ambassadeur des Etats-Unis en Turquie, Ross Wilson, était convoqué au ministère des Affaires étrangères, où des responsables turcs passablement énervés se sont exprimés sur le "malaise" qu’avait créé la résolution. Selon une source officielle, ils ont ainsi demandé à l'administration Bush de faire tout son possible pour que le texte ne soit pas transmis puis adopté par la Chambre des représentants.
Le président arménien Robert Kotcharian, de passage à Bruxelles s'est en revanche félicité de cette reconnaissance du génocide arménien :"Le fait que la Turquie refuse de reconnaître le génocide ne lui permet pas d'obliger d'autres pays à renier eux aussi la vérité historique".
Ces tensions surviennent au plus mauvais moment pour les Etats-Unis qui tentent d’empêcher une opération transfrontalière de l’armée turque en Irak désireuse de détruire les bases arrière du PKK au Kurdistan irakien, ce dernier ayant revendiqué quatre attaques distinctes cette même semaine ayant entrainé la mort de quinze soldats et d’un policier. Cette intervention permettrait également d’empêcher le rattachement de la ville stratégique de Kirkuk aux kurdes d’Irak ce qui serait perçu comme un premier pas vers l’indépendance pour ces derniers.
A ce propos, Javier Solana, haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, a tenu pour la première fois à mettre en garde la Turquie, estimant que : "Toute éventualité de complication supplémentaire de la situation sécuritaire en Irak est quelque chose qu'il faut éviter et c'est notre message à nos amis turcs".
JO-2008 - Les Tibétains en exil en Inde veulent organiser leur compétition
le 15/5/2007 par AFP
Les Tibétains exilés en Inde ont annoncé mardi qu'ils allaient organiser une grande compétition l'an prochain afin de tenter de voler un peu la vedette aux jeux Olympiques de Pékin-2008.
Ces "Jeux" dureront dix jours à partir du 10 mai 2008 et auront lieu à Dharamsala (nord-ouest de l'Inde), quartier général du Dalaï Lama, chef spirituel du bouddhisme tibétain.
"Ce sera un événement purement sportif pour les Tibétains exilés puisqu'ils ne pourront pas aller à Pékin pour les jeux Olympiques", a déclaré à l'AFP Kobsang Wangyal, chef du comité organisateur.
"Trouver des fonds afin de financer cette compétition ne sera pas un problème car toutes les organisations tibétaines dans le monde feront des dons", a-t-il ajouté, dans un entretien téléphonique depuis Dharamsala, ville qui abrite le gouvernement tibétain en exil.
Le Dalaï Lama vit en Inde depuis qu'il a dû fuir le Tibet en 1959 après une tentative avortée de soulèvement contre Pékin. La Chine avait envoyé des troupes dans cette région en 1951 pour la "libérer" d'une oppression féodale et elle a depuis lors réprimé de nombreuses tentatives de soulèvement.
Amnesty International, organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres, a accusé Pékin de se servir des Jeux, qui auront lieu du 8 au 24 août 2008, pour réprimer toute velléité de dissidence, même pacifique, au nom de la stabilité. Des accusations que la Chine a réfutées.
Le Dalaï Lama a abandonné ses revendications passées d'indépendance, se bornant désormais à demander "une large autonomie" pour sauvegarder la langue, la culture et l'environnement du Tibet. a Chine a repoussé ces ouvertures.
Le parcours de la flamme olympique, a donné lieu récemment à polémique puisque qu'il passera par le Tibet, et le plus haut sommet du monde, l'Everest.
La flamme olympique ne passera pas par Taïwan, précédent fâcheux pour Pékin
"Le relais de la flamme olympique ne viendra pas à Taïwan car les deux parties n'ont pas été capables de trouver un consensus après plus d'un mois de discussions. Nous le regrettons profondément", a déclaré le ministre taïwanais des Sports, Yang Jong-her.
Les négociations ont achoppé sur l'usage de symboles nationaux (drapeaux, hymnes) pendant l'événement. Les organisateurs chinois avaient réclamé que seuls les symboles reconnus par le Comité international olympique soient utilisés, excluant de fait les symboles taïwanais.
Dépénalisation des Entreprises : Le juge Halphen accuse Sarkozy de vouloir "enterrer les affaires"
NOUVELOBS.COM | 12.10.2007
"On ne peut pas à la fois parler de tolérance zéro à l'égard des délinquants de droit commun et favoriser l'impunité à l'égard des patrons et des politiques", affirme le vice-président du tribunal de Paris. "Ou alors que les choses soient claires: Nicolas Sarkozy veut enterrer définitivement les affaires".
Le juge Eric Halphen, vice-président du tribunal de Paris et membre d'Anticor, une association de lutte contre la corruption, soupçonne Nicolas Sarkozy de vouloir "enterrer les affaires", dans un entretien à Aujourd'hui en France/Le Parisien vendredi 12 october.
"On ne peut pas à la fois parler de tolérance zéro à l'égard des délinquants de droit commun et favoriser l'impunité à l'égard des patrons et des politiques", dit-il.
"Que les choses soient claires"
"Ou alors que les choses soient claires: Nicolas Sarkozy veut enterrer définitivement les affaires", affirme le juge à propos de la dépénalisation des affaires prônée par le président de la République.
"Nicolas Sarkozy veut-il remercier les patrons qui l'ont porté au pouvoir?", s'interroge-t-il, car selon lui, "il ne faudrait pas que le projet de réforme vise, au nom de ces intérêts-là, à empêcher les juges de faire leur travail".
Pour le juge Halphen, "la justice, en France, est plus clémente à l'égard des puissants".
A la question de savoir s'il se sentait "mis au placard" dans ses fonctions actuelles (chargé des indemnisations des victimes d'accidents de la route), le juge répond: "il est clair qu'on ne m'a pas affecté ni à l'instruction ni aux affaires financières...".
