samedi 29 septembre 2007
Villepin et Bayrou, seuls opposants ?
Mercredi 26 Septembre 2007 - Philippe Cohen – Marianne
L'opposition à Sarkozy ? En entendant François Hollande s'empêtrer, le 26 septembre sur France Inter, dans une critique « technique » des dérapages budgétaires probables du gouvernement Fillon (comme si cette orthodoxie budgétaire était l'atout maître de la gauche), on se dit forcément que Nicolas Sarkozy ne dispose plus que deux opposants résolus en face de lui. Le premier s'appelle Dominique de Villepin.
Villepin attaqué. Villepin inculpé par une plainte que le président a lui-même déposée et qu'il refuse de retirer, ce qui est inédit dans l'histoire de la République. Villepin moqué par les roquets sarkozystes. Villepin ignoré par les médias qui ont à peine évoqué sa lettre au Président pourtant oh combien instructive sur l'affaire Clearstream. Villepin boycotté par France 2 qui a annulé son invitation au JT. Mais Villepin debout. Villepin résistant contre la tyrannie du chef de l'exécutif. Villepin plébiscité par les lecteurs qui se ruent en librairie pour acheter son dernier livre, un pavé historique sur Napoléon, le hissant ainsi au top 50 de la librairie générale. Villepin ? Le dernier homme politique français.
Ou l'avant-dernier, avec François Bayrou. Lui aussi reste debout. Malgré son échec aux législatives. Malgré la trahison de ses lieutenants tous passés chez Sarkozy pour un maroquin. Bayrou lui aussi auteur de l'année, loin devant Sarkozy avec son « projet d'espoir » (Plon) vendu à 370 000 exemplaires. Bayrou qui seul a su capter l'esprit du régime en dénonçant le cirage de pompes, le Fouquet's et l'escapade à Malte, les cadeaux fiscaux aux riches et les errements de la politique étrangère.
Le PS ? La gauche ? Ils paraissent plus motivés par la conservation des « acquis municipaux » que par la lutte contre Sarkozy. Quand on ne voit pas un à un, les élus de la gauche rêver tout haut d'un poste dans le deuxième gouvernement de Sarkozy. Voir Allègre. Voir Valls. Après Jouyet, Kouchner et les autres.
Est-ce un hasard ? Bayrou et Villepin ont un même référent, le Général de Gaulle, celui-là même qu'Henri Guaino, la plume du Président s'efforce d'installer comme « l'inspirateur » du sarkozysme. Le souci est louable et pertinent : le besoin d'un nouveau de Gaulle est fort dans la société française. Mais le général savait concilier la centralisation et la hiérarchie des priorités avec une vision de long terme, une intuition forte sur l'horizon de la nation. En regard de ce référent nécessaire, Nicolas Sarkozy, qui gouverne à la godille, est un nain politique.
Dans cinquante ans, les historiens évoqueront encore le discours de Villepin à l'ONU. Celui de Sarkozy lundi sera vite oublié….
Le spectacle offert par la gauche confirme chaque jour un peu plus cette réalité : Dominique de Villepin et François Bayrou apparaissent comme les seuls hommes politiques debout face à Nicolas Sarkozy.
Pré-retraites, régimes spéciaux, l'incroyable exception des imprimeries de quotidiens
Jeudi 27 Septembre 2007 - Sylvain Lapoix - Marianne
Réforme des régimes spéciaux, surtaxe des préretraites ? Le syndicat du Livre s'en moque : un accord de départ anticipé le concernant va être prolongé dans un silence général. Coût : 80 millions d'euros !
En novembre 2004, Jean-Pierre Raffarin a signé avec le Syndicat de la presse quotidienne nationale (SPQN) un accord permettant d'envoyer en préretraite les ouvriers du Livre qui auraient 50 ans avant le 31 décembre 2005, afin d'alléger le poids financier d'imprimeries de plus en plus modernes. Nom de code « Recapp » : régime exceptionnel de cessation d'activité en presse parisienne. En voilà une jolie cible pour les réformes Sarkozy : refonte des régimes spéciaux + augmentation de la taxe sur les préretraites, ça va chercher loin… sauf que le Recapp n'est ni un régime spécial, ni un programme de préretraites !
Jouons sur les mots
Jean-Pierre Guérin, directeur de la commission technique de la SPQN et ancien directeur des imprimeries du Figaro et du Monde, explique la pirouette : « Le Recapp n'est pas concerné par la loi Fillon car c'est un accord de branche sur les préretraites et pas un plan au sein d'une entreprise. » Donc pas de taxation à 24,1% puis à 50% pour le financement de la Sécurité sociale. Et le régime spécial ? « Ce n'est pas un régime spécial, c'est un régime exceptionnel. » Voilà qui explique tout…
Le principe du Recapp est simple : entre 50 et 56 ans, le salarié reçoit 85% (prime comprise) de son revenu selon la grille de base, 48% payés par l'Etat et le reste par l'entreprise. Passé cet âge, c'est la Capsag, une caisse de compensation à laquelle cotisent les employeurs de la presse, qui prend intégralement en charge la pension. Coût total de l'opération pour l'Etat : 80 millions d'euros sur 10 ans. Le Recapp concerne entre 450 et 500 personnes qui représentent chacun un coût annuel évalué à 50 000€ par les patrons de presse et 90 000€ par Emmanuel Schwartzenberg.
Prolongation en vue
Du côté du syndicat du Livre, on voit la chose autrement : « C'est un plan social qui nous a été imposé : c'est le patron du Figaro qui discute avec le Premier ministre et c'est la Direction pour le développement des médias [organisme dépendant de Matignon, NdR] qui finalise l'accord », résume Marc Norguez, secrétaire général de l'organisation. Pour l'instant, seuls 300 des personnes concernées auraient profité de l'offre. Raison pour laquelle le SPQN a présenté il y a une dizaine de jour au gouvernement une proposition de prorogation pour trois ans du plan qui se termine à la fin de l'année 2007. « Le plan a démarré en retard, notamment au Monde, avec les problèmes de gouvernance, » explique un représentant du syndicat. Le gouvernement, pour sa part, n'a pas répondu à nos questions.
Mais à l'arrivée, la prolongation de ce plan constitue un sérieux coup de canif dans la législation que le gouvernement tente de mettre en place. Sans pour autant aider réellement nos quotidiens à s'en sortir : le livre de Swchartzenberg montre par ailleurs que la politique du syndicat du Livre conduit à faire payer plus cher l'impression des quotidiens payants que celle des quotidiens gratuits.
On voudrait comprendre !
L'Express célèbre les Sarkozy comme « famille recomposée » modèle
Samedi 29 Septembre 2007 - Sylvain Lapoix – Marianne
Comment résumer le cas des familles recomposées en une image ? Avec une photo des Sarkozy bien sûr ! A ceux auxquels ce raisonnement paraîtrait absurde, nous conseillons la lecture du dernier numéro de L'Express qui consacre son dossier à cette situation familiale. Seule justification de ce sujet : la sortie d'un livre sur la famille de David Douillet.
« C'est une histoire simple »
Mais le « cas Sarkozy » est bien plus vendeur : présenté en couverture, souligné en ouverture du dossier, annoncé en attaque de l'article principal par un tonitruant « C'est un couple rayonnant »… c'est bel et bien la « tribu » des enfants du Président de la République et de sa compagne qui justifie ce choix. Cécilia et Nicolas ne sont-ils pas « à l'image de leur époque », comme le clame l'auteur de l'article ?
Et encore, si ce n'était que ça ! En p. 44 un encadré intitulé « Les « filles » du président » présente un Nicolas Sarkozy qui « [brave] les conventions et les qu'en dira-t-on » en demandant à Cécilia de l'épouser après son divorce. Quel courage au coeur des années 1980 ! Comme un refrain lancinant à ce vibrant hommage résonne la phrase « c'est une histoire simple ». Une semaine après la mort de Jacques Martin, c'est ce qui s'appelle de l'irrévérence !
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Figaro : la direction recule, les journalistes s'entêtent
Vendredi 28 Septembre 2007 - Philippe Cohen Marianne
Nicolas Beytout et Francis Morel ont annoncé que la rédactrice en chef culture n'était pas menacée. Mais la SDR défend deux autres journalistes menacés et s'en prend à la brutalité de la direction.
Le 18 septembre dernier, Marianne2.fr se faisait des menaces de placardisation, voire même d'éviction pesant sur trois journalistes dont Armelle Héliot, rédactrice en chef culture qui avait été reçue par le directeur général Francis Morel et le directeur de la rédaction Nicolas Beytout. La publication de cet article a au moins eu un effet positif : la direction semble reculer, affirmant à la délégation de la Société des rédacteurs, qu'elle a reçue le 25 septembre que l'impétrante, qui a toute fois pris la précaution de prendre un avocat, Maitre Charrière-Bournazel, futur batonnier de Paris, avait mal compris ce qu'on lui avait dit.
Selon le compte rendu de la réunion signé par les deux parties, « A chaque cas soulevé, NicolasBeytout et Jean-Michel Salvator ont réfuté nos arguments. Selon eux, les journalistes qui se plaignent d'un traitement inéquitable ont tous été maintes fois mis en garde auparavant, que ce soit par eux-mêmes ou par leurs chefs de service. Vous n'êtes saisi que lorsque les gens sont au taquet , a notamment argumenté Nicolas Beytout. ». Arguments auxquels la SDR a sèchement répondu, dans un communiqué, qu'elle ne peut « croire que tous les journalistes qui la saisissent, au taquet ou non, interprètent le climat de ces entretiens de manière erronée. Nous sommes choqués du fait que la Direction, systématiquement, laisse entendre qu'ils sont des menteurs, et leurs représentants des naïfs. »
La SDR pousse le bouchon un peu plus loin en déplorant le « manque d'écoute et une brutalité qu'elle a déjà plusieurs fois soulignés, pratiques qui nuisent au climat, à la motivation et donc à l'efficacité de la rédaction ». Plus embêtant pour Beytout et Morel, la SDR annonce une prochaine Assemblée générale au cours de laquelle la question de la direction sera mise au débat.
Par ailleurs, treize des seize membres du Service Culture du Figaro, dont Beytout prétendait qu'ils se plaignaient d'Armelle Héliot, ont au contraire signé une pétition pour sa défense. Les journalistes du Figaro n'avaient, ces derniers jours, qu'une seule raison d'espérer : la rumeur, démentie par Beytout dans le magazine Challenges, selon laquelle le directeur de la rédaction serait appelé, si le groupe LVMH finissait par racheter Les Echos , à remplacer Eric Israelevicz, directeur de la rédaction favorable à l'offre de la Fimalag. On imagine mal en effet Bernard Arnault travailler avec un patron de rédaction qui n'a pas ménagé ses efforts pour éviter la reprise du quotidien économique par le groupe de luxe. La même rumeur inquiète en revanche certains journalistes des Echos dont certains perçoivent l'éventuel retour de Beytout comme « un cauchemar ».
Au Figaro cependant, on hésite à se réjouir trop tôt d'un possible départ de Beytout : en juin, quelques secrétaires de rédaction avaient débouché le champagne pour rien à la suite d'un papier sur le site jdd.fr annonçant l'embauche de Beytout par TF1.
Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel ne sert à rien !
Par Laurent Neumann, directeur de la rédaction de Marianne. Vendredi 28 Septembre 2007
Si l'instance de régulation ne perçoit pas l'incroyable déséquilibre entre le temps de parole offert au pouvoir et celui concédé aux oppositions, c'est qu'il ne mérite pas de survivre.
La question est grave : à quoi sert encore le Conseil Supérieur de l'audiovisuel ? La réponse est encore plus grave : à rien ! Le Parti socialiste, par la voix de son Premier secrétaire François Hollande, vient de saisir le CSA à propos du « temps d'exposition médiatique » de Nicolas Sarkozy. Enfin, serait-on tentés de dire. Pourquoi, en effet, depuis le 6 mai dernier, le CSA, cette vénérable institution chargée de la régulation de l'audiovisuel, ne s'est-elle pas elle-même autosaisie de ce problème qui met en danger le fonctionnement même de la démocratie ?
Depuis près de cinq mois, Nicolas Sarkozy est omniprésent sur les antennes, matin, midi et soir. Même Poutine se fait plus rare sur les télés russes ! Et encore ne parle-t-on pas de ses propres collaborateurs - Claude Guéant, Henri Guaino, David Martinon…- qui, contrairement à leurs prédécesseurs à l'Elysée, s'expriment fréquemment devant micros et caméras. La semaine dernière, l'intervention télévisée du Président de la République face à Arlette Chabot et Patrick Poivre d'Arvor, 50 minutes en direct, était simultanément diffusée sur TF1, France 2, France 24 et TV5 Monde. Sans parler des chaînes d'information continue qui en ont proposé de larges extraits. Quel chef d'Etat peut dire mieux ?
Or, que fait le CSA ? Rien. Que propose-t-il ? Rien. Et pourquoi ne dit-il rien ? Alors là, accrochez vos ceintures : parce que, fait-il savoir, le temps de parole du chef de l'Etat « ne peut être assimilé à aucune catégorie donnant lieu à un décompte (gouvernement, majorité parlementaire, opposition parlementaire, autres formations) ». Sarkozy est à lui seul chef du gouvernement, ministre de l'Intérieur, des affaires étrangères, de l'économie, des affaires sociales, de la Santé, de l'industrie, des affaires européennes, patron de l'UMP et de la majorité parlementaire… mais il ne rentre dans aucune catégorie. On rêve !
En vérité, la présidentialisation de fait du régime rend obsolètes tous les règles de comptage du temps de parole. Si le CSA ne s'en est pas rendu compte, c'est qu'il ne sert à rien. Et s'il ne sert à rien, autant le supprimer ! CQFD
Nouvelle négociation sur la pénibilité au travail, avec "des avancées"
PARIS (AFP) - 26/09/2007
Les partenaires sociaux se sont retrouvés mercredi pour une nouvelle séance des laborieuses négociations sur la pénibilité au travail, qui a débouché sur des "avancées", à huit jours de la conférence tripartite sur les conditions de travail.
La réunion a été marquée par une déclaration de Denis Gautier Sauvagnac, négociateur pour le Medef, mis en cause dans un rapport d'enquête sur des retraits de fonds suspects des caisses de l'Union patronale de la métallurgie (UIMM) qu'il préside, qui a clamé son innocence avant d'entrer en salle de réunion.
"Il y a des avancées", a admis Jean-Christophe Le Duigou (CGT), tout en reconnaissant qu'"un certain nombre d'insuffisances" subsistait. "On rentre dans le coeur du sujet, qui est la réparation de la pénibilité", s'est félicité Joseph Thouvenel (CFTC), tout en refusant de se prononcer pour l'instant sur un texte de travail remis par le Medef.
Une prochaine réunion a été programmée le 22 octobre, avec en parallèle, une négociation le 13 novembre, sur la transcription en droit français, de l'accord européen sur le stress au travail.
Le Medef a proposé un texte à partir des "convergences" entrevues, selon lui, lors de la dernière négociation, le 19 juillet, qui portaient sur "un cadre collectif de réparation de la pénibilité, incluant une approche personnalisée". Il a notamment formalisé les critères d'accès qui donneraient droit à une cessation d'activité anticipée pour travaux pénibles: 40 ans d'activité salarié sans limite d'âge, 30 ans d'exposition à des contraintes physiques ou psychiques marquées, à un environnement agressif, à certains rythmes de travail, et l'existence de "traces durables, identifiables et irréversibles" sur la santé.
Le salarié remplissant ces conditions passerait ensuite devant une commission ad hoc, qui validerait ou non sa demande de retraite anticipée. La rupture du contrat de travail serait ensuite à l'initiative du salarié, lui donnant droit à "une indemnité de rupture", similaire à une indemnité de licenciement, "d'un montant à définir". Il percevrait ensuite une "pension d'invalidité de l'assurance maladie".
Ce dernier point notamment rencontre une vive opposition syndicale. Pour Jean-Louis Malys (CFDT), "il n'est pas question que ce soit financé par l'Assurance-maladie. Il faut une contribution patronale". Danièle Karniewicz (CFE-CGC) confirme: "le financement doit être de la responsabilité de l'employeur".
Les syndicats refusent également les critères du patronat pour une cessation d'activité anticipée: Michèle Biaggi (FO) n'est "pas d'accord" sur les 40 ans de cotisation et les 30 ans d'exposition, tout comme la CFTC ou la CFDT, qui veut un "système progressif, qui tienne compte de la durée de pénibilité de chaque salarié", sous forme de "bonification" en fonction du temps passé sur un poste "pénible".
La négociation sur la pénibilité au travail, voulue par la réforme Fillon des retraites de 2003, a été entamée il y a plus de deux ans et demi, mais avance avec une extrême lenteur. Les partenaires sociaux souhaiteraient pourtant aboutir avant d'entamer les discussions sur les régimes spéciaux de retraite, et plus largement avant le rendez-vous de 2008 sur les retraites.
D'autant qu'en parallèle se tient le 4 octobre une Conférence tripartite sur les conditions de travail, portant sur l'amélioration des conditions de travail et la prévention des risques professionnels (cancer, troubles musculo-squeletiques, stress), des thèmes qui chevauchent ceux de la négociation sur la pénibilité.
Euro fort: l'inquiétude grandit en Europe
BRUXELLES (AFP) - 28/09/2007
Les dirigeants européens, après avoir longtemps minimisé l'impact de l'euro fort, se sont clairement dits préoccupés vendredi par l'appréciation de la monnaie, qui commence à miner la confiance des entreprises et des consommateurs.
Jean-Claude Juncker, le président de l'Eurogroupe (forum des ministres des Finances de la zone euro) , a indiqué à l'AFP que les pays de la zone euro envisageaient d'interpeller le G7 au sujet de l'appréciation de la monnaie unique, qui commence à les "préoccuper beaucoup".
Lors de la réunion des ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G7 prévue le mois prochain à Washington, "nous allons sans doute renforcer le message que nous avons adressé à nos partenaires (sur l'euro) lors des réunions précédentes" de ce forum, regroupant les Etats-Unis, le Japon, le Canada, le Royaume-Uni, l'Allemagne, la France et l'Italie, a déclaré M. Juncker.
Lancé à l'origine en 1999 à quelque 1,17 dollar, l'euro n'en finit pas de grimper. Il a dépassé pour la première fois le seuil de 1,42 dollars vendredi.
La ministre française de l'Economie Christine Lagarde a indiqué vouloir contacter ses homologues européens "dès la semaine prochaine", afin de "parvenir à des propositions". Le niveau de l'euro "met les marges de nos entreprises exportatrices en péril, pas seulement pour les sociétés françaises mais également pour toutes les sociétés européennes", a-t-elle ajouté.
Dans une interview au Figaro vendredi, le commissaire européen aux affaires économiques, Joaquin Almunia, a également reconnu que la faiblesse du dollar face à l'euro était "préoccupante", alors qu'il s'était jusqu'ici toujours voulu rassurant. Cette hausse présente l'avantage de limiter la facture énergétique des Européens, payée pour l'essentiel en dollar. Mais elle pénalise aussi leurs entreprises sur les marchés mondiaux face à leurs concurrentes d'Asie ou des Etats-Unis.
"Chaque fois que le dollar perd 10 cents, nous perdons 1 milliard d'euros par an", a souligné cette semaine le président du groupe européen d'aéronautique et de défense EADS, Louis Gallois.
M. Juncker s'en est justement pris aux Etats-Unis, que nombre d'économistes accusent de s'accomoder parfaitement de la baisse du billet vert à un moment où la première économie mondiale ralentit, mais aussi à la Chine et au Japon, soupçonnés d'encourager la faiblesse de leurs monnaies.
La croissance européenne, qui avait retrouvé de la vigueur l'an dernier et au début de 2007, commence à donner des signes de faiblesse. En septembre, l'indice de confiance économique dans la zone euro, qui résume l'opinion des chefs d'entreprise et des consommateurs, a reculé de près de trois points à son plus bas niveau depuis plus d'un an, selon une enquête publiée vendredi par la Commission européenne.
Pour ne rien arranger, l'inflation redémarre. Les prix à la consommation en zone euro ont augmenté de 2,1% en septembre en glissement annuel, soit la plus forte inflation depuis un an, selon des chiffres publiés aussi vendredi.
En cause: le bond des prix de l'énergie mais également des produits alimentaires, du fait de l'envolée des tarifs des matières premières agricoles.
Cette situation place la Banque centrale européenne face à un dilemme. Elle peut être tentée de remonter ses taux directeurs pour freiner l'inflation, mais avec pour risque de propulser la monnaie unique vers de nouveau records, les placements en zone euro devenant en effet plus attrayants.
Inondations en Afrique: le bilan s'alourdit, l'aide tarde
KAMPALA (AFP) - 28/09/2007
Démunis face aux inondations catastrophiques frappant près de la moitié des pays africains, des centaines de milliers de sinistrés plaçaient leur espoir vendredi dans une aide qui tarde à venir, renforçant les menaces d'épidémies, notamment de choléra. Le bilan humain - plus de 350 morts depuis juillet - des pluies diluviennes qui s'abattent des côtes de l'Atlantique à celles de l'océan Indien s'alourdit de jour en jour et reste partiel.
De nombreuses régions inondées sont très difficiles d'accès et les moyens de communications y sont rares, que ce soit au Soudan - où le nombre de sinistrés est évalué à 625.000 par l'ONU - ou encore en Ouganda. La Croix-rouge nigériane a ainsi revu à la hausse son bilan des morts, le faisant passer de 24 à 64. "Ce sont les pires inondations que nous ayons eues ces cinq dernières années", a commenté le porte-parole de la Croix-rouge, Patrick Bawa. "Les pluies continuent à être fortes dans la plupart des 10 Etats (fédérés touchés par les inondations), nous craignons qu'il n'y ait d'autres déplacés", a-t-il ajouté.
Situation similaire au Togo voisin, où le bilan des pluies diluviennes tombées ces derniers jours dans le nord est passé de 20 à 23 morts. En Algérie également, le bilan est passé de 13 à 16 morts dans les intempéries qui ont touché plusieurs régions du nord du pays en fin de semaine dernière. Les dégâts matériels - routes et ponts emportés, cultures détruites, logements noyés sous les eaux - s'annoncent considérables. L'Algérie, bien moins touchée que d'autres pays du continent, estime que les pluies ont fait plus de 21 millions d'euros (29,5 millions USD) de dégâts.
Au Togo, "des milliers d'hectares de champs de cultures vivrières et plus de 29.400 cases ont été détruites", selon le directeur du ministère des Affaires sociales, Roger Tamassé Danioué. Pour les sinistrés, ces dégâts ont une autre conséquence immédiate: ils retardent l'acheminement de l'aide. En Ouganda, où 400.000 personnes sont affectées par les inondations, les intempéries paralysent le trafic routier et des centaines de poids-lourds ravitaillant d'ordinaire le sud du Soudan ont dû emprunter des itinéraires beaucoup plus long.
"Le réseau routier a été paralysé. La situation est traumatisante", a commenté le secrétaire d'Etat ougandais aux Réfugiés et à la Prévention des désastres, Musa Ecweru. Mais des ONG mettent également en cause l'incurie des pouvoirs publics dans la gestion de la crise. "La réponse du gouvernement ougandais sur le terrain est très lente, bien que beaucoup ait été promis depuis que les inondations ont été déclarées catastrophe nationale", a ainsi critiqué ActionAid.
Dans des régions où le choléra est parfois endémique, des premiers cas liés aux inondations ont également été signalés, faisant craindre de possibles épidémies.
Au Rwanda, deux malades ont été recensés dans deux districts de l'ouest du pays touchés il y a deux semaines par les intempéries. "Nous avons pris des mesures de prévention contre une éventuelle propagation de cette épidémie", a déclaré l'AFP à Kigali le secrétaire d'Etat rwandais chargé de la lutte contre le sida et les pandémies, Innocent Nyaruhirira. Au Soudan, le pays le plus touché par les inondations, 68 décès dus au choléra ont été signalés.
Pour lutter contre les épidémies, particulièrement de paludisme, l'Union européenne a accordé environ deux millions d'euros au Togo, au Ghana et au Burkina Faso. Selon les météorologues, ces inondations catastrophiques sont probablement la conséquence du phénomène climatique "La Niña" de refroidissement des eaux de l'océan Pacifique, qui provoque notamment un temps particulièrement pluvieux en Afrique.
Des enfants esclaves cultivent le cannabis anglais
De notre correspondant à Londres RÉMI GODEAU - Le Figaro 28 septembre 2007
Des centaines de jeunes clandestins sont exploités par des gangs asiatiques en plein coeur de quartiers paisibles.
TUAN NGUYEN est un esclave porté disparu. Et son histoire se passe en 2007, dans une Grande-Bretagne grande consommatrice de haschisch. En août, la police perquisitionne une maison d'un quartier tranquille de Salford, dans le grand Manchester, et découvre ce jeune Asiatique, seul au milieu de centaines de pieds de cannabis. Il ne parle pas anglais, mais les enquêteurs devinent qu'orphelin, de 12 ans environ, il a été kidnappé au Vietnam, introduit en Angleterre clandestinement, vendu, puis asservi. Sa tâche : arroser et traiter les précieux plants. Placé dans un centre social après son arrestation, Tuan Nguyen s'est volatilisé mi-septembre, a priori enlevé par le gang qui l'exploitait.
Ces nouveaux forçats seraient des centaines, selon The Independent. Les cas répertoriés d'adolescents d'Asie du Sud-Est tombés en esclavage ont quintuplé en un an, confirme Christine Beddoe, directrice d'un organisme de lutte contre l'exploitation des enfants (ECPAT) : « Ces petits soldats d'organisations criminelles sont parfois condamnés et emprisonnés pour trafic de drogue alors qu'ils sont victimes du travail forcé. » Les séquestrés seraient souvent victimes de la « servitude pour dettes » : ils travaillent sans salaire pour rembourser un emprunt - une pratique assimilée à de l'esclavage par les Nations unies.
Manchester, Cardiff, Birmingham, Gillingham, Buxton... en moyenne, la police démantèle trois « usines à cannabis » par jour. À Londres, 1 500 sites ont été fermés en deux ans. Les images des raids sont toujours les mêmes : des fenêtres occultées, des centaines de plants entreposés dans les chambres et le salon, des ampoules chauffantes pour faciliter la croissance, une ventilation de fortune, une baignoire remplie d'engrais... « Scotland Yard a découvert des enfants vivant au milieu d'installations électriques instables dans des placards ou des greniers, pour maximiser la place dédiée aux plants », note l'organisation Drugscope.
En juin, le ministère de l'Intérieur s'est inquiété de ce trafic en pleine expansion dont on sait encore peu de chose. Partis du nord du Vietnam, les futurs serfs traverseraient la frontière chinoise, puis gagneraient Pékin où ils seraient acheminés jusqu'aux portes de l'Europe via le Transsibérien.
Vendus aux enchères
Achetés 15 ou 20 euros, ils seraient vendus, parfois aux enchères, pour plusieurs milliers d'euros. Membre de l'organisme Stop the Traffic, Peter Stanley évoque un commerce à la demande : « En Asie du Sud-Est, les villages sont ciblés. Les criminels savent que le Vietnam est spécialisé dans la main-d'oeuvre pour usines à cannabis. »
Pour la police britannique, l'explosion de la production de chanvre a suivi le déclassement du stupéfiant, en 2004. Production, possession ou vente restent illégales, mais les peines encourues sont désormais moindres. Résultat, le cannabis « est devenu la cash machine du crime organisé », selon un commissaire. Lorsqu'elles sont équipées en matériels hydroponiques, les « fermes » de trois chambres procurent un profit annuel de 450 000 euros. Les gangs vietnamiens ont été les premiers à s'engouffrer dans la brèche. Une vraie offensive ! Le directeur de l'Agence écossaise contre le crime et la drogue a récemment déclaré avoir « fermé 60 usines à cannabis en 2006 alors qu'il n'y avait pas de production de masse en Écosse en 2005 ». Selon les experts, 11 % du haschisch fumé en Grande-Bretagne était cultivé sur place voilà dix ans. Aujourd'hui, la proportion est passée à 60 %. Grâce aux enfants esclaves.
La justice allemande autorise les citoyens à réclamer la limitation d’un trafic trop polluant.
NOUVELOBS.COM | 28.09.2007 | 13:08
Un tribunal administratif a autorisé les citoyens à réclamer une limitation du trafic automobile dans leur rue si le taux de particules de poussière est trop haut.
Les écologistes allemands ont remporté une belle victoire. Le tribunal administratif fédéral de Leipzig (est) a autorisé les citoyens des grandes villes allemandes pourront dorénavant réclamer une limitation du trafic automobile dans leur rue si le taux de particules de poussière ne correspond pas aux normes légales.
"Il y a un droit à l'air pur", a salué l'association Deutsche Umwelthilfe (DUH), qui avait soutenu le plaignant à l'origine de cette décision qui fait jurisprudence et est destinée à motiver les villes à engager des mesures de réduction de la pollution de l'air.
Un habitant d'une artère de Munich avait réclamé auprès du tribunal administratif de la capitale bavaroise une limitation du trafic pour les véhicules à moteur diesel non équipés de filtre. Rejetée à Munich, l'affaire avait été transmise au niveau fédéral.
70 villes concernées
Depuis 2005 en Allemagne, la limite des émissions de particules de poussière est fixée à 50 micro-grammes par mètre cube d'air, conformément au droit européen. Celui-ci autorise 35 dépassements par an de ce seuil, mais dans de nombreuses villes allemandes comme Munich, les dépassements sont de fait bien plus fréquents.
Quelque 70 villes d'Allemagne sont concernées par ce problème selon le DUH, qui relève que la décision de Leipzig peut les contraindre à fermer plusieurs de leurs rues à la circulation

