samedi 29 septembre 2007
Figaro : la direction recule, les journalistes s'entêtent
Vendredi 28 Septembre 2007 - Philippe Cohen Marianne
Nicolas Beytout et Francis Morel ont annoncé que la rédactrice en chef culture n'était pas menacée. Mais la SDR défend deux autres journalistes menacés et s'en prend à la brutalité de la direction.
Le 18 septembre dernier, Marianne2.fr se faisait des menaces de placardisation, voire même d'éviction pesant sur trois journalistes dont Armelle Héliot, rédactrice en chef culture qui avait été reçue par le directeur général Francis Morel et le directeur de la rédaction Nicolas Beytout. La publication de cet article a au moins eu un effet positif : la direction semble reculer, affirmant à la délégation de la Société des rédacteurs, qu'elle a reçue le 25 septembre que l'impétrante, qui a toute fois pris la précaution de prendre un avocat, Maitre Charrière-Bournazel, futur batonnier de Paris, avait mal compris ce qu'on lui avait dit.
Selon le compte rendu de la réunion signé par les deux parties, « A chaque cas soulevé, NicolasBeytout et Jean-Michel Salvator ont réfuté nos arguments. Selon eux, les journalistes qui se plaignent d'un traitement inéquitable ont tous été maintes fois mis en garde auparavant, que ce soit par eux-mêmes ou par leurs chefs de service. Vous n'êtes saisi que lorsque les gens sont au taquet , a notamment argumenté Nicolas Beytout. ». Arguments auxquels la SDR a sèchement répondu, dans un communiqué, qu'elle ne peut « croire que tous les journalistes qui la saisissent, au taquet ou non, interprètent le climat de ces entretiens de manière erronée. Nous sommes choqués du fait que la Direction, systématiquement, laisse entendre qu'ils sont des menteurs, et leurs représentants des naïfs. »
La SDR pousse le bouchon un peu plus loin en déplorant le « manque d'écoute et une brutalité qu'elle a déjà plusieurs fois soulignés, pratiques qui nuisent au climat, à la motivation et donc à l'efficacité de la rédaction ». Plus embêtant pour Beytout et Morel, la SDR annonce une prochaine Assemblée générale au cours de laquelle la question de la direction sera mise au débat.
Par ailleurs, treize des seize membres du Service Culture du Figaro, dont Beytout prétendait qu'ils se plaignaient d'Armelle Héliot, ont au contraire signé une pétition pour sa défense. Les journalistes du Figaro n'avaient, ces derniers jours, qu'une seule raison d'espérer : la rumeur, démentie par Beytout dans le magazine Challenges, selon laquelle le directeur de la rédaction serait appelé, si le groupe LVMH finissait par racheter Les Echos , à remplacer Eric Israelevicz, directeur de la rédaction favorable à l'offre de la Fimalag. On imagine mal en effet Bernard Arnault travailler avec un patron de rédaction qui n'a pas ménagé ses efforts pour éviter la reprise du quotidien économique par le groupe de luxe. La même rumeur inquiète en revanche certains journalistes des Echos dont certains perçoivent l'éventuel retour de Beytout comme « un cauchemar ».
Au Figaro cependant, on hésite à se réjouir trop tôt d'un possible départ de Beytout : en juin, quelques secrétaires de rédaction avaient débouché le champagne pour rien à la suite d'un papier sur le site jdd.fr annonçant l'embauche de Beytout par TF1.
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