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vendredi 28 septembre 2007

Les amphibiens victimes de la fertilisation des terres agricoles

NOUVELOBS.COM | 26.09.2007

Les grandes quantités d’azote et de phosphore déversées par les agriculteurs sur leurs champs contribuent au développement de difformités chez les amphibiens des lacs et des étangs en Amérique du Nord, affirment des chercheurs américains. Le nombre croissant de grenouilles ayant des pattes en plus ou en moins, ou des membres difformes, a défrayé pour la première fois la chronique dans les années 90 lorsque des écoliers du Minnesota avaient découvert que plus de la moitié des grenouilles léopards d’un étang étaient anormales.

Une nouvelle étude, publiée cette semaine par l’équipe de Pieter Johnson, de l’Université du Colorado (Boulder), montre par quelle cascade l’usage des fertilisants agricoles favorisent les difformités chez les amphibiens. L’azote et le phosphore stimulent la croissance des algues qui à leur tour favorisent l’essor des populations d’escargots qui véhiculent un grand nombre de parasites, détaillent les chercheurs. Les larves de ces parasites forment des kystes dans les membres en développement des têtards, provoquant de sévères déformations chez les amphibiens.

Le parasite en question est un trématode, un vers dont le cycle de reproduction se déroule chez trois hôtes différents : les escargots, les amphibiens et certains prédateurs des amphibiens, comme les oiseaux, qui remettent les parasites en circulation dans le système via leurs fientes.

Johnson et ses collègues ont construit 36 étangs artificiels dans le Wisconsin, lieu de reproduction des amphibiens. Ils ont constaté que l’eutrophisation du milieu aquatique - l’apport de nutriments dans l’eau - entraînait une augmentation de 50% de la population d’escargots. Un seul escargot infecté par un trématode peut produire jusqu’à un millier de larves en une nuit. Or une douzaine de larves suffit à rendre une grenouille difforme, précisent les chercheurs.
Ces travaux sont publiés dans les Proceedings of the National Academy of Sciences.

Cécile Dumas Sciences et Avenir

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Cancer: découverte d’un nouveau responsable de la métastase

NOUVELOBS.COM | 27.09.2007

Les micro ARN sont des brins composés d’une douzaine de nucléotides (les lettres de notre code génétique) qui jouent un rôle majeur dans la régulation de l’expression des gènes, que ce soit chez les plantes, les invertébrés ou les mammifères. Cependant on ne les connaît que depuis peu et toutes leurs fonctions n’ont pas encore été explorées. Aujourd’hui, dans un papier publié en ligne par la revue Nature, des chercheurs américains expliquent qu’un micro ARN (miARN) particulier est impliqué dans la capacité des tumeurs du sein à essaimer ailleurs dans l’organisme.

Pour fabriquer une protéine, les instructions contenues dans l’ADN sont copiées et transportées par un ARN messager. Les miARN peuvent se lier à un ARN messager et stopper sa mission. Ils régulent ainsi l’expression des gènes. De précédents travaux ont montré que certains miARN entraînaient une division rapide et incontrôlée des cellules, favorisant la formation de tumeurs.

L’équipe de Robert Weinberg et Li Ma, de l’Institut Whitehead (USA), ont sélectionné une liste de 29 miARN présents dans des tumeurs cancéreuses - –et non dans des tissus sains- et ont étudié leur rôle dans les métastases. Ils ont ainsi constaté que l’une de ces petites molécules, miARN-10b, était présente en plus grande quantité chez des cellules cancéreuses métastasées. Les chercheurs ont forcé des cellules humaines de cancer du sein à produire ce micro ARN en abondance. Une fois réinjectées chez les souris, elles ont provoqué des métastases.

Les mécanismes par lesquels le miARN-10b induit la métastase n’est pas encore clair. L’une de ses cibles serait le gène HoxD10, précisent Weinberg et ses collègues, qui freine le processus de migration des cellules cancéreuses
. D’autres travaux seront nécessaires pour confirmer le rôle de ce micro ARN dans la métastase des cancers du sein et pour étendre les résultats à d’autres types de tumeurs.
Cécile Dumas Sciences et Avenir

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Plantu : Grenelle de l'environnement

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EVO MORALES • "Délocalisons le siège des Nations unies !"

Courrier International 27 Septembre 07

Lors de son discours prononcé devant l'Assemblée générale de l'ONU, le président bolivien Evo Morales a demandé la "délocalisation du siège des Nations unies". "Pendant vingt minutes, il a critiqué le concept de mondialisation gérée par les Etats-Unis", rapporte le quotidien de La Paz La Razón.

Le chef de l'Etat bolivien s'est plaint des difficultés rencontrées par les membres de sa délégation pour obtenir des visas en vue de se rendre à New York. Morales affirme ainsi : "Mes ministres indiens sont soumis à des contrôles heure par heure, et certains d'entre nous ont reçu des menaces du maître de maison, le président George Bush."

Et d'ajouter : "Sérieusement, si cela continue, je pense que nous, les présidents, les nations, devons penser à déplacer le siège des Nations unies. En ce qui me concerne, je refuse d'être soumis à une enquête parce que je me rends aux Etats-Unis."

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Les taxis de la colère

L’Est-Républicain 27 Septembre 07

Des milliers d'artisans ont manifesté hier dans les grandes villes de France pour protester contre le projet de déréglementation de la profession.

« C'est une très forte mobilisation », s'est félicité Bertrand Casagrande, vice-président de la Fédération nationale des artisans taxis (FNAT). A l'appel de leurs syndicats départementaux, ils étaient 3 à 5.000 à Paris, environ 1.000 à Marseille, 600 à Lyon, 500 à Toulouse...

Plusieurs milliers de taxis ont perturbé la circulation hier, dans la capitale et dans les principales villes de France, pour protester contre le projet de déréglementation de la profession et la fin de la détaxe du carburant, notamment.
La grogne a commencé le 30 août 2007 lorsque le président de la République a déclaré qu'il fallait « supprimer les barrières qui existent dans différentes professions réglementées », lors de l'installation de la commission Attali sur « les freins de la croissance ». Nicolas Sarkozy a dénoncé « les rentes de situation » auxquelles il convenait évidemment de mettre fin.

« Nous nous sommes sentis concernés », explique un chauffeur de taxi parisien qui refuse d'être classé parmi « les professions privilégiées » que sont les pharmaciens et les notaires. « Il n'y a pas chez nous de numerus clausus, c'est un fantasme. Nous travaillons 70 heures par semaine pour des salaires qui tournent souvent autour du Smic ».

Détaxe de carburant


« C'est un métier d'intégration », précise un cadre de la FNAT en rappelant que de nombreux chauffeurs de taxis sont des immigrés qui trouvent ainsi un moyen de s'intégrer ou des salariés qui s'endettent pour sortir du chômage. « La profession est strictement encadrée mais pas fermée comme le laisse croire le gouvernement ».
Quant à la détaxe sur la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) qui doit prendre fin en 2008 selon les voeux de Bruxelles, « elle représente 15 % du revenu moyen d'un chauffeur de taxi », constate Karim Asnoun, secrétaire général du syndicat CGT-Taxis. « Nous savons que cet avantage doit prendre fin », ajoute un autre responsable syndical parisien. « Nous souhaitons, pour amoindrir le choc, une prime à l'investissement lorsque les artisans achètent une voiture propre ».

50.000 taxis

créée en 1939, la Fédération nationale des artisans taxis regroupe 115 syndicats départementaux et environ 30.000 taxis dans tout le pays, soit l'essentiel de la profession. Il y a aujourd'hui en France environ 50.000 taxis qui transportent quelque 700.000 passagers par jour et effectuent 70.000 km (hors Paris).

En Ile-de-France, 17.440 taxis transportent chaque année environ 130 millions de passagers. Dans la seule ville de Paris intra-muros, les taxis effectuent près de 200.000 courses par jour et transportent 350.000 passagers.
Le prix moyen de la course, celui en-dessous duquel il ne peut être facturé, est fixé chaque année par le ministère de l'Economie et des Finances. Il varie ensuite en fonction de la prise en charge du nombre de passagers, d'animaux, de bagages, de lieux spécifiques (gares, aéroports etc. ) et des heures. En 2007, le prix moyen de la course a été fixé à 5,6 €.
Les autorisations de stationnement, ainsi que l'on appelle officiellement les licences donnant le droit d'exercer la profession de taxi, sont gratuites lors de leur création par la préfecture de police de Paris (pour la capitale) et les mairies pour la province.

L'artisan taxi ne peut pas la céder à titre onéreux avant quinze ans. Quant à celles qui existent, elles s'achètent et se vendent selon le prix du marché. Environ 180.000 € à Paris, près de 300.000 € sur la Côte d'Azur. « Le métier est très difficile », constate un chauffeur marseillais. « Si l'on nous fait passer pour des nantis et si l'on ouvre la profession à tout le monde, nos licences ne vaudront plus rien. Où irons-nous trouver du boulot ? Pourquoi veut-on tuer les chauffeurs de taxis ? Je suis très en colère ».

Marcel GAY

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Attentat contre le palais de justice de Bastia

C'est le deuxième attentat visant un tribunal corse en 24 heures.

Nouvel attentat en Corse, où une charge d'explosifs a visé jeudi une annexe du palais de justice de Bastia. Une dizaine de personnes «commotionnés» par le souffle de l'explosion ont été prises en charge par les pompiers. C'est le deuxième attentat en 24 heures alors que la ministre de la Justice Rachida Dati effectue une visite dans l'île: dans la nuit de mercredi à jeudi le tribunal d'instance de Sartène, en Corse-du-Sud, a été mitraillé par des inconnus sans qu'il y ait de victimes. Aucun des deux attentats n'a été signé ni revendiqué.

A Ajaccio, où elle s'est rendue jeudi à l'occasion du congrès national des greffiers des tribunaux de commerce, Rachida Dati s'est exprimée sur la question du rapprochement des détenus corses, incarcérés sur le continent, de leurs familles. Une mesure réclamée par les nationalistes, et qui sera selon la ministre étudié au cas par cas. Des rapprochements de détenus condamnés «ont déjà eu lieu» et «il y en aura d'autres», a-t-elle assuré. Elle a par ailleurs procédé à l'installation du magistrat référent anti-discrimination d'Ajaccio.

Tout va s'arranger à l'amiable, ce n'est rien...

Par Liberation (source AFP) jeudi 27 septembre 2007

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Polynésie Le revers de Nicolas Sarkozy, par Xavier Ternisien

LE MONDE | 27.09.07 Analyse

Bien sûr c'est loin. Bien sûr, cela intéresse peu les commentateurs politiques, plus préoccupés par ce qui se passe à Londres, Berlin ou Washington. Il n'empêche : le retour de l'indépendantiste Oscar Temaru à la tête de la Polynésie française, élu grâce à une majorité relative le 13 septembre, constitue un revers pour Nicolas Sarkozy.

Depuis son arrivée au pouvoir, le président de la République a apporté son appui, de manière ostensible, au président autonomiste Gaston Tong Sang, qui avait été élu le 26 décembre 2006. Il l'a reçu à l'Elysée début juillet. Il a annoncé la signature d'un contrat de projets avec le gouvernement polynésien pour un montant de 430 millions d'euros.

Mieux, M. Sarkozy devait réserver sa première visite en outre-mer à la Polynésie, fin octobre ou début novembre. Cette politique a trouvé ses limites lors du renversement du gouvernement Tong Sang, le 31 août, censuré par une coalition hétéroclite rassemblant des indépendantistes et des autonomistes du Tahoeraa huiraatira, le parti de Gaston Flosse.

Territoire d'outre-mer vaste comme l'Europe, la Polynésie est dotée, depuis 2004, d'un statut de large autonomie. Elle élit une assemblée territoriale, laquelle élit à son tour un chef de l'exécutif, qui porte le nom de président de la Polynésie.

Le fenua ("pays" en polynésien) possède tous les symboles de la souveraineté : drapeau, hymne national, gouvernement. L'Etat français y conserve ses prérogatives régaliennes : police, justice, armée, politique étrangère. Enfin, le président de la République a le pouvoir de dissoudre l'assemblée territoriale.

Désormais, le gouvernement français va devoir composer avec un partenaire peu commode. Fondateur du parti indépendantiste Tavini huiraatira, M. Temaru a déjà présidé la Polynésie à deux reprises, de mai à octobre 2004, et de mars 2005 à novembre 2006. Fantasque, imprévisible, il a multiplié les provocations, annulant au dernier moment une entrevue avec M. Chirac en juin 2006, enchaînant les déclarations indépendantistes dans les enceintes internationales, notamment devant le Forum des îles du Pacifique à Fidji, en octobre 2006.

Toutes ces outrances ont effrayé les alliés autonomistes du Tavini et lassé ses soutiens en métropole, y compris au Parti socialiste, lié au parti indépendantiste par un accord politique. Le bilan du gouvernement indépendantiste a été bien mince, comme l'a relevé Alex W. du Prel, directeur du mensuel indépendant Tahiti Pacifique : "Hormis les incessantes déclarations hostiles à la France ou pro-indépendantistes de M. Temaru, qui ne faisaient que donner à ses ennemis des bâtons pour mieux le battre, les faiblesses de la gouvernance UPLD (indépendantiste) peuvent essentiellement se résumer à l'incapacité d'Oscar à prendre des décisions fermes et réfléchies."

Le gouvernement français, par la voix du secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Christian Estrosi, déclare qu'il respectera le résultat de l'élection. Il appelle de ses voeux une plus grande stabilité politique en Polynésie. Un projet de loi organique réformant le mode d'élection de l'Assemblée de la Polynésie et visant à dégager une majorité plus nette doit être déposé à l'Assemblée nationale dans les prochaines semaines. Le gouvernement souhaite aller vite afin que, après dissolution de l'Assemblée territoriale, de nouvelles élections puissent avoir lieu avant la fin de l'année ou au début de 2008.

Il n'est pas sûr que ce délai pourra être tenu. Le calendrier est extrêmement serré. En outre, M. Temaru a fait valoir qu'il souhaiterait que les élections territoriales aient lieu après les municipales de mars 2008. Ces dernières élections sont les plus importantes en Polynésie, car elles sont à la base de toutes les carrières politiques.

Le tavana ("maire" en tahitien) est censé apporter les voix de sa ville aux élections territoriales ou nationales. Le pari de M. Sarkozy, en Polynésie comme dans le reste de l'outre-mer, repose sur un renouvellement du personnel politique à droite. Il a en partie réussi. En Nouvelle-Calédonie, Jacques Lafleur, qui n'a pas obtenu l'investiture UMP aux législatives, paraît définitivement écarté de la vie politique. En Guadeloupe, la défaite des candidats soutenus par Lucette Michaux-Chevry semble sonner le glas de l'influence politique de "la Dame", comme on la surnomme.

NOUVEL INTÉRÊT STRATÉGIQUE

Reste M. Flosse en Polynésie. Symbole entre les symboles des réseaux chiraquiens en outre-mer, le sénateur UMP et fondateur du parti autonomiste Tahoeraa huiraatira n'a jamais digéré d'avoir été écarté, en 2005, du fauteuil de président de la Polynésie. Une fonction qui avait pourtant été taillée à sa mesure par son ami Jacques Chirac. Grâce à un coup de poker, il est en train de revenir au centre du jeu politique polynésien.

Début juillet, le quotidien Les Nouvelles de Tahiti a révélé l'existence d'un protocole d'accord négocié entre les deux ennemis de toujours, M. Flosse et M. Temaru. Ce document prévoit que la Polynésie française devienne, dès 2008, un "pays associé de la République française" et prenne le nom de "Polynésie française-Tahiti Nui". Un référendum d'autodétermination aurait lieu en 2028. Ainsi, M. Flosse, qui a toujours combattu farouchement les thèses indépendantistes, est-il prêt à envisager une transition ouvrant la voie aux "accords de Tahiti Nui", équivalent des accords de Matignon pour la Nouvelle-Calédonie. L'allié encombrant, dont M. Sarkozy aurait aimé se débarrasser, a su se rendre incontournable. Le renouvellement du personnel politique, incarné par M. Tong Sang, a fait long feu.

La question de l'évolution des institutions va de nouveau être sur la table. M. Sarkozy va devoir préciser sa vision de la présence française dans le Pacifique. Que la France le veuille ou non, elle est une puissance régionale à travers ses trois collectivités que sont la Polynésie, la Nouvelle-Calédonie et Wallis-et-Futuna. Auxquelles il faut ajouter l'atoll de Clipperton, au large du Mexique.

Depuis que le contentieux nucléaire n'existe plus, l'Australie et la Nouvelle-Zélande comptent sur l'influence française pour contribuer à la stabilité de la région, politiquement émiettée en micro-Etats et soumise à l'influence grandissante de la Chine.

A l'époque de la construction européenne, la présence de la France dans les "confettis d'Empire" pouvait paraître anachronique. A l'heure de la mondialisation, les collectivités d'outre-mer - qu'on désigne volontiers comme "la France des trois océans" - pourraient revêtir un nouvel intérêt stratégique. En termes diplomatiques et économiques. Mais aussi du point de vue écologique, en raison de la richesse biologique de ses espaces marins et coralliens.

Xavier Ternisien

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