vendredi 28 septembre 2007
Les médias chinois font l'impasse sur la répression en Birmanie
le 27/9/2007 à 16h06 par AFP
Les principaux médias officiels chinois passaient sous silence jeudi la répression des manifestations massives d'opposants en Birmanie, proche allié de la Chine. Ni les journaux de la télévision centrale, ni le Quotidien du Peuple, organe du Parti communiste chinois, n'en ont fait mention.
Les autres quotidiens et les grands portails internet, dont certains avaient publié des photos ces derniers jours, reprenaient la même dépêche du correspondant de l'agence officielle Chine Nouvelle, évoquant les manifestations mais pas la répression.
"Les autorités birmanes ont toujours fait preuve de retenue pour gérer les différentes manifestations de moines et n'ont pas utilisé la force militaire pour disperser les manifestants", indique l'article.
Un spécialiste chinois des affaires asiatiques, Xu Liping, interrogé par Les Nouvelles de Pékin, souligne la place importante des moines dans un pays "où plus de 80% des Birmans croient au bouddhisme".
La Chine a connu dans le passé des manifestations de moines bouddhistes au Tibet, une province qu'elle occupe depuis 1951. La crise birmane ne figure pas parmi les sujets les plus commentés sur la Toile chinoise. Si certains internautes soutiennent les moines, d'autres s'en prennent aux pays occidentaux, en particulier les Etats-Unis, et à leur politique d'intervention. "Il faut fusiller Aung San Suu Kyi (...).
Même à 3 % de croissance, la Sécu serait encore déficitaire en 2012
[ 27/09/07 ] ÉTIENNE LEFEBVRE Les Echos
Le gouvernement vient de transmettre aux caisses de Sécurité sociale le rapport sur les prévisions financières pluriannuelles annexé au budget 2008. Celles-ci portent jusqu'à 2012 et envisagent deux scénarios économiques, l'un à 2,25 % de croissance par an (scénario « bas »), l'autre à 3 % (« haut »). Dans les deux cas, le gouvernement table sur une inflation annuelle de 1,6 %, avec une progression des dépenses d'assurance-maladie « d'au plus 2 % en volume », de moins de 1 % pour les prestations familiales, et une diminution progressive du rythme de hausse des prestations vieillesse de 4 % par an à 3,2 %, grâce au passage de 40 à 41 ans de la durée de cotisation.
Il en ressort que, même dans le scénario « haut », le régime général serait encore déficitaire (1,6 milliard d'euros) à la fin de la législature, en raison du besoin de financement élevé de l'assurance-vieillesse (8,7 milliards). La branche maladie serait tout juste à l'équilibre. Dans le scénario « bas », celui qui caractérise l'année 2008, le déficit du régime général atteindrait 7,6 milliards d'euros en 2012, et la Sécurité sociale accumulerait 42 milliards d'euros de pertes en cinq ans. Et encore, cette évaluation n'intègre-t-elle pas les 15 milliards d'euros de déficits cumulés sur la période par le régime des exploitants agricoles (FFIPSA)... Le Fonds de solidarité vieillesse (FSV) renouerait, lui, avec les excédents, mais cela ne suffirait qu'à éponger ses dettes.
Autant de réformes urgentes : le projet de loi de financement de la Sécurité sociale relève l'autorisation de découvert du régime général à 36 milliards d'euros l'année prochaine, et celui du FFIPSA à 8,4 milliards.
Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2008 fait état d'un déficit prévisionnel cumulé de 42 milliards d'euros sur cinq ans pour le régime général, avec une progression de l'activité de 2,25 % par an.Le Figaro aussi voit des Sarkozy sur tous les écrans
Laurent Suply (lefigaro.fr) avec AFP 27 septembre 2007
Le président de la République est trois fois plus présent que son prédécesseur dans la lucarne télévisuelle.
Nouveau site internet, nouveau service de presse à l’américaine, et nouvelle stratégie médiatique, l’ère Chirac est définitivement révolue. Alors que l’ancien président, et plus encore son prédécesseur François Mitterrand, se montraient relativement avares en apparition médiatique, Nicolas Sarkozy marque de son empreinte le petit écran, selon le baromètre Ina’Stat de l’Ina.
L’institut a en effet dénombré 224 passages du nouveau président de la République dans les « JT » depuis son élection. Sur un même intervalle de temps, Jacques Chirac n’était apparu que 94 fois après son élection de 1995, et 75 fois en 2002. Ce classement prend en compte tous les passages lors des journaux du soir des six chaînes hertziennes, que ce soit à l’image ou par la parole.
Comptabiliser le temps de parole du président ?
Parmi les faits notables, l’absence de « vacances médiatiques » de Nicolas Sarkozy, avec 44 apparitions durant ses vacances américaines du mois d’août. Par ailleurs, les archives du classement montre que la présence exacerbée de Nicolas Sarkozy à la télévision n’est pas une nouveauté. Ainsi, en juillet 2002, celui qui était ministre de l’Intérieur « battait » son président Jacques Chirac, avec 30 apparitions contre 19.
Des chiffres qui devraient donner du grain à moudre à l’opposition, qui a dénoncé « l'accaparement des médias » par Nicolas Sarkozy, et saisi le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel pour lui demander de se prononcer sur la nature du « temps de parole » du président, qui n’est pour l’instant pas décompté dans celui de la majorité. L'entourage du chef de l'Etat botte en touche, estimant que ce dernier n’a pas de commentaire à faire sur « la façon dont on fait les journaux télévisés », tandis que le porte-parole de l'Elysée David Martinon estime qu'il « revient au CSA d'exprimer son point due vue ».
Chine - Le barrage des Trois-Gorges pollue et c'est les Chinois qui le disent !
Courrier International 27 Septembre 07
Ecologie - La Chine a reconnu publiquement les "dangers potentiels" inhérents au projet du barrage des Trois-Gorges avec "une franchise inhabituelle", souligne le quotidien The Wall Street Journal.
Une franchise d'autant plus inhabituelle que les critiques concernant ce projet avaient souvent, par le passé, été étouffées, voire réprimées. "Si des mesures de prévention n'étaient pas prises, des catastrophes environnementales pourraient se produire", ajoute l'agence officielle chinoise Xinhua sur son site, en citant les propos d'experts prononcés pendant une réunion officielle cette semaine.
Selon The Wall Street, c'est une des premières fois que les autorités chinoises reconnaissent les risques environnementaux que pourraient provoquer ces travaux pharaoniques. L'agence Xinhua explique notamment que des glissements de terrain ont déjà été constatés ainsi que la multiplication anormalement élevée d'algues et de mauvaises herbes aquatiques.
Class action: une pétition signée par 100.000 personnes réclame l'adoption d'une loi
La tribune 27/09/07
Cette pétition, lancée à l'initiative de L'UFC-Que Choisir et de la CLCV, réclame une procédure où toutes les victimes pourraient être dédommagées et pas seulement celles qui se sont manifestées avant un procès. 210 parlementaires et 200 chefs d'entreprises figureraient parmi les signataires.
L'autre procédure, dite avec "option d'inclusion", dédommage uniquement les victimes qui se sont manifestées avant le procès. Nicolas Sarkozy a demandé en juillet, dans sa lettre de mission à la ministre de l'Economie Christine Lagarde, de créer avec le secrétaire d'Etat à la Consommation et au Tourisme Luc Chatel une "action de groupe à la française".
Le texte pourrait être présenté au Parlement au printemps 2008, selon le secrétariat d'Etat à la Consommation. Un précédent projet de loi a été déposé sous le gouvernement de Dominique de Villepin, puis finalement retiré de l'ordre du jour de l'Assemblée. Il était jugé trop restrictif par les associations de consommateurs.
L'UFC-Que Choisir et la CLCV demandent l'instauration d'une "véritable" procédure de class action - ou action de groupe - sur le modèle américain en s'appuyant sur les 100.000 signatures qu'a recueillie la pétition que les deux organisations ont lancée. Les deux organisations de consommateurs, en pointe depuis plusieurs mois dans ce dossier, demandent que la procédure d'action de groupe soit assortie d'une "option d'exclusion". Celle-ci permet de rendre un seul jugement pour toutes les victimes, y compris celles qui ne se sont pas manifestées.
Les Français seront consultés sur le Grenelle de l'environnement
REUTERS : jeudi 27 septembre 2007
PARIS (Reuters) - Après plus de deux mois et demi de négociations, les groupes de travail du "Grenelle de l'environnement" lancent une consultation nationale sur leurs propositions visant à préparer une "révolution" écologique.
"Ce sont des propositions, il faut maintenant que les Français s'en emparent", a lancé Jean-Louis Borloo, lors d'une conférence de presse avec les principaux acteurs du dossier. "Nous n'avons aucune autre perspective que de changer radicalement la donne et de faire cette révolution écologique", a-t-il ajouté. Les propositions retenues à la fin du "Grenelle de l'environnement" devraient déboucher sur 15 à 20 programmes d'actions concrètes et d'objectifs chiffrés. "Au bout du compte, le gouvernement et le Parlement trancheront", a souligné Jean-Louis Borloo dans Le Monde daté du 28 septembre.
Des organisations de défense de l'environnement s'inquiètent pour leur part de voir qu'aucun financement n'a été acté et doutent que le gouvernement puisse s'engager sur le plan budgétaire dans la période actuelle.
Selon un sondage LH2 réalisé pour le ministère de l'Ecologie, 93% des Français se déclarent prêts à faire des efforts quotidiens pour la planète, contre 7%, et 49%, contre 42%, se disent plutôt optimistes sur l'issue du Grenelle. La consultation se déroulera sur internet (www.legrenelle-environnement.fr), lors de réunions dans une quinzaine de villes de province et à l'occasion d'un débat sans vote les 3 et 4 octobre au Parlement, notamment.
Une synthèse des débats sera présentée avant la table ronde finale du Grenelle, qui se tiendra fin octobre à une date qui n'a pas encore été fixée, selon le ministère de l'Ecologie.
DES BLOCAGES PERSISTENT
Si le diagnostic est largement partagé, les acteurs du "Grenelle" ne sont pas parvenus au consensus sur de grands sujets, notamment sur l'avenir du parc nucléaire et du réacteur EPR où le groupe concerné a émis un "constat de désaccord".
D'importants blocages persistent également sur la construction des autoroutes, la place de l'incinération dans la politique de gestion des déchets, le rythme de réduction de l'utilisation des pesticides.
En revanche, un accord s'est dégagé sur les organismes génétiquement modifiés (OGM).
Les participants proposent la création d'une haute autorité unique donnant des avis au gouvernement sur chaque OGM et préconisent l'adoption avant la fin du printemps 2008 d'une loi déclinant les principes du "libre choix de produire et de consommer avec ou sans OGM."
D'autres sujets font également consensus, comme la relance de la politique des transports, une nouvelle réduction de la vitesse sur les routes, la volonté de ramener les émissions des transport à leur niveau de 1990.
Les acteurs du "Grenelle de l'environnement" préconisent également un plan d'économies d'énergie dans le secteur du bâtiment, notamment un programme de rupture technologique sur le bâtiment neuf, un réseau de protection de la biodiversité, la relance de l'agriculture biologique, etc.
Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace France et porte-parole de l'Alliance pour la planète :" le Grenelle doit déboucher sur des propositions concrètes, financées et à la hauteur de la crise écologique, rien de tout cela n'est pour l'instant acté. Globalement, aucun consensus ne s'est dégagé sur les moyens à mettre en oeuvre pour dépasser cette crise", a-t-il ajouté.
"Il ne s'agit pas d'afficher des objectifs louables sans prendre les mesures pour les faire aboutir, c'est à dire sans organiser les transitions sociales nécessaires en termes d'emploi, de formation, de financement", écrit son secrétaire général, Bernard Thibault, à Jean-Louis Borloo.
Le Parti socialiste attend également du "Grenelle de l'environnement" des résultats concrets et pas seulement une fiscalité supplémentaire.Il réclame une loi-cadre sur le développement durable et un suivi du "Grenelle de l'environnement", avec présentation annuelle devant le Parlement.
Retraites : Fillon braque la CFDT; le syndicat accuse Matignon de remettre en cause l’accord négocié en 2003.
Par FRANÇOIS WENZ-DUMAS Libération jeudi 27 septembre 2007
François Chérèque n’a pas du tout apprécié la façon dont François Fillon a cadré mardi le rendez-vous de 2008 sur les retraites. Dans son discours pour le soixantième anniversaire de l’Agirc (association regroupant les institutions de retraite des cadres), le Premier ministre a souligné le coût élevé du départ avant 60 ans des salariés ayant commencé à travailler très jeunes et qui représente «la moitié du déficit du régime général».
Cette mesure avait été la principale concession obtenue par la CFDT en mai 2003, lors de la négociation sur la réforme des retraites.
Or la loi de 2003 prévoit que ce calendrier peut être modifié par décret, selon les conclusions du rendez-vous de 2008.
Hier à Matignon, on essayait de calmer le jeu. «Le Premier ministre n’a jamais eu l’intention de revenir sur le dispositif des carrières longues», assurait l’un de ses proches collaborateurs : «Il n’a fait que rappeler qu’il rencontrait un tel succès, que cela pesait sur les comptes de l’assurance vieillesse.» Quant au calendrier du passage de 40 à 41 annuités, on précisait qu’il était prévu dans la loi et que le décret n’était qu’une possibilité ouverte pour le modifier. «Le Premier ministre n’a fait que rappeler ce qui est dans la loi», soulignait-on à Matignon.
Pour le secrétaire général de la CFDT, les déclarations du Premier ministre sont «une véritable provocation». «Le Premier ministre est en train de transgresser sa propre loi», estime François Chérèque, pour qui «il n’est pas question de remettre en cause le dispositif pour les carrières longues».
François Fillon a par ailleurs expliqué mardi que le passage de 40 à 41 annuités se ferait entre 2009 et 2012, au rythme d’un trimestre par an.
Les Indégivrables : supplique

La réforme des institutions fait face à ses premiers accrocs
LE MONDE | 27.09.07
Avant même d'être élaborée, la réforme des institutions telle que l'imaginait Nicolas Sarkozy a déjà quelques plombs dans l'aile. Deux premiers fronts sont ouverts.
Primo, la volonté du chef de l'Etat d'être "un président qui gouverne" - et de voir la Constitution lui reconnaître ce rôle - irrite la gauche et provoque un casse-tête juridique ; au point de susciter l'opposition - sur ce point - du président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer (UMP).
Secundo, l'accord trouvé entre le Parti socialiste et les centristes de François Bayrou, mercredi 26 septembre, sur plusieurs "principes essentiels" (dont l'introduction d'une dose de proportionnelle aux élections législatives) constitue une autre menace pour M. Sarkozy, l'UMP et ses alliés ne disposant pas de la majorité des trois-cinquièmes requise pour l'adoption d'une révision constitutionnelle.
La (très) délicate réécriture de l'article 20. L'"hyperprésident" Sarkozy verrait d'un bon oeil la loi fondamentale lui reconnaître un rôle à sa mesure. Aussi a-t-il suggéré au comité sur la réforme des institutions, présidé par Edouard Balladur, de réfléchir à une réforme de l'article 20 de la Constitution, qui prévoit que "le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation".
La piste envisagée - "le président détermine" et "le gouvernement conduit" - aurait l'avantage d'accorder le droit avec la réalité. Mais elle se heurte à un obstacle de taille : que se passerait-il si le président qui "détermine la politique de la nation" n'obtenait pas de majorité aux élections législatives ? Comment alors résoudre la crise ? Par une dissolution ? Elle n'a pas toujours les résultats escomptés, comme l'a montré le précédent chiraquien de 1997. Par une démission du président ? A ce jour, aucun des successeurs du général de Gaulle ne l'a envisagée.
Ce qui pouvait paraître comme une évidence, destinée à marquer la fin d'une hypocrisie, suscite de plus en plus de réticences. Jusque-là cantonnées dans le cercle des constitutionnalistes (Le Monde du 13 septembre), elles sont désormais partagées par le président de l'Assemblée nationale : "L'article 20 illustre à la fois la solidité et la plasticité de nos institutions. Quand on les modifie, il faut éviter de créer des situations dont on sait qu'elles pourraient déboucher sur des crises", a indiqué au Monde M. Accoyer. "On ne va pas changer la Constitution parce qu'une personnalité en place à tel trait de caractère ou tel mode d'action. Sinon, où va-t-on !", s'exclame-t-il.
Hostile à tout ce qui, de près ou de loin, pourrait ressembler à une présidentialisation du régime, le bureau national du PS a réclamé une application stricte de l'actuel article 20, s'opposant également à ce que le chef de l'Etat puisse s'exprimer directement devant le Parlement.
L'esquisse d'un front uni de l'opposition. A l'issue d'un tête-à-tête de près d'une heure, François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, et François Bayrou, président du MoDem, ont fait état de plusieurs convergences. Le sujet le plus sensible est l'introduction d'une part de représentation proportionnelle "correctrice" concernant 10 % des députés, permettant aux partis ayant obtenu plus de 5 % des suffrages d'obtenir des élus. M. Hollande juge nécessaire une telle modification même s'il souligne que celle-ci "n'avantagerait pas le PS".
Entendu quelques heures plus tôt devant le comité Balladur, le chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, a prévenu qu'"une écrasante majorité (d'entre eux) est totalement hostile à l'instillation d'une dose même minime de proportionnelle".
Socialistes et centristes du MoDem souhaitent également, pour le Sénat, un scrutin "plus juste" accordant davantage de poids aux représentants des grandes villes. "Si ces principes ne sont pas retenus, nous ne voterons pas le texte", a indiqué M. Hollande.
"Si nos priorités ne sont pas retenues, nous n'accepterons pas le texte", a renchéri M. Bayrou, en observant que, du fait de la majorité des trois-cinquièmes nécessaire, le PS et le MoDem tenaient "en partie la clé de la réforme institutionnelle".
Jean-Baptiste de Montvalon et Jean-Michel Normand
Un objectif clairement signifié dans la lettre de mission
Extrait de la lettre de mission que Nicolas Sarkozy a adressée, le 18 juillet, à Edouard Balladur : "L'importance prise par l'élection présidentielle au suffrage universel direct, le passage au quinquennat et la réforme du calendrier électoral se sont conjugués pour donner au président un pouvoir très large sur l'ensemble de nos institutions et de l'administration, et un rôle essentiel qui - à la différence de celui du premier ministre - n'est pas assorti d'un régime de mise en cause de sa responsabilité.
Il convient dès lors : En premier lieu, d'examiner dans quelle mesure les articles de la Constitution qui précisent l'articulation des pouvoirs du président de la République et du premier ministre devraient être clarifiés pour prendre acte de l'évolution qui a fait du président de la République le chef de l'exécutif.
Tauromachie - La nouvelle charge des anticorridas
Sud Ouest 27 Septembre 2007
Le mouvement contre la tauromachie monte en puissance et rallie à sa cause célébrités, associations et politiques
« Je hais la corrida. Parce que je hais la mort. La mort n'est pas un spectacle. La mort n'est pas un jeu. » On l'avait presque oublié, mais un des opposants historiques à la tauromachie porte de grandes moustaches. L'écrivain François Cavanna, l'un des fondateurs de « Charlie Hebdo », est tellement contre presque tout que sa croisade s'essoufflait. Du moins le croyait-on. Et puis en 1994, Francis Cabrel sort un « Samedi soir sur la Terre » avec « La Corrida » comme chanson phare : « Je les entends rire comme je râle. Je les vois danser comme je succombe. Je ne pensais pas qu'on puisse autant s'amuser autour d'une tombe. » Le chanteur d'Astaffort n'a pas souhaité pousser plus loin son engagement anticorrida.
D'autres l'ont fait pour lui, quitte à passer pour des rêveurs, parfois agressifs, qui lancent du Mercurochrome sur les chemises blanches des aficionados qui se rendent aux arènes. Leur présence pour la première fois de leur histoire devant les arènes de Dax le 14 août dernier n'est pas passée inaperçue et pas seulement parce qu'à leur tête se trouvait l'ancienne star du porno Zara Whites. La mouvance « abolitionniste » se structure depuis plusieurs années.
Des associations comme la Flac (Fédération des luttes pour l'abolition de la corrida), l'Alliance anticorrida ou le Crac (Comité radicalement anticorrida) ont vu le jour.
Depuis 2006, elles ont reçu, renfort non négligeable, l'appui des troupes de la nouvelle présidente de la SPA, Caroline Lanty. D'ores et déjà, celle-ci demande l'interdiction d'accès aux arènes aux moins de 16 ans.
Privés de télé. Le nouvel élan des opposants à la tauromachie est parti d'un concours de circonstances, avec Renaud comme nouvelle égérie de la cause. Le chanteur, dont « Rouge sang » est le dernier album en date, a prêté sa voix à un spot publicitaire qui devait passer à la télévision. Mais le Bureau de vérification de la publicité (BVP) a décidé de ne pas le diffuser, arguant que les images de mise à mort pouvaient heurter la sensibilité des jeunes téléspectateurs.
« Nous avons alerté le président de la République. Il s'agit d'atteinte à la liberté d'expression. On dit vouloir protéger les enfants de ce spectacle alors que les portes des arènes leur sont grandes ouvertes et que parfois la gratuité est proposée aux moins de 14 ans pour des novilladas », affirme l'ancien rugbyman Thierry Hély, responsable de la communication du Crac.
L'association s'est servie de l'incident comme d'un levier médiatique. Le vent en poupe, le Crac et son nouveau bureau ont déménagé d'Alès pour s'installer en Dordogne, du côté de Saint-Astier.
L'espoir ouvert par la promesse de Nicolas Sarkozy d'inscrire la corrida à l'ordre du jour du Grenelle de l'environnement, qui s'ouvrira en début de semaine prochaine, a dopé les énergies (1). Thierry Hély a envoyé à 785 députés européens le film « Alinéa 3 », de Jérôme Lescure.
De quoi s'agit-il ? D'abord le titre : il fait référence à la loi dite Ramarony-Sourbet, du 24 avril 1951, qui, par l'article 521-1 du Code pénal, introduit une tolérance en faveur de la pratique de la tauromachie dans les communes où existe « une tradition locale ininterrompue ».
Le coup de pouce des « people ». Le film est une compilation d'images d'un quart d'heure, sans commentaires, de piques, de banderilles, d'épées, d'estocs et de sang, beaucoup de sang. « Il n'y a pas si longtemps, un nombre surprenant de députés pensait qu'il n'y avait pas de mise à mort en France. Il nous fallait combattre cette ignorance au sujet de ce soi-disant art, à l'éthique contestable », poursuit Thierry Hély.
Pour appuyer son propos, l'homme est allé jusqu'à s'introduire une fois dans sa vie dans une arène avec une caméra cachée qu'il a braquée sur l'animal. C'était à Nîmes en 2000, pour l'alternative de celui qui est devenu la grande « figura » française, Sébastien Castella.
Les images ont donné « Juste pour le plaisir, le film de la honte », présenté à Cannes hors sélection lors du Festival 2002.
Pour faire entendre leur voix qui, selon eux, a longtemps été muselée, les anticorridas avaient besoin d'un coup de pouce (financier), qui est venu des « people » qui se sont ralliés à leur cause, avec l'ancienne patineuse Surya Bonaly en première ligne.
Aujourd'hui, le Crac se vante d'avoir fait signer la pétition abolitionniste à près de 600 personnalités. Parmi elles : Yannick Noah, Alain Delon, Françoise Hardy, Jean-Claude Van Damme, Arielle Dombasle, Laurent Gerra, Michel Onfray, Nicolas Hulot, Hubert Reeves, Geneviève de Fontenay... Une liste à laquelle s'est ajouté ces derniers jours Jean-Pierre Rives.
Pour Claire Starozinski, fondatrice d'Alliance anticorrida en 1994, ce sont ces nouveaux adhérents et donateurs qui ont permis à son association d'avoir deux salariés et un budget annuel de 70 000 euros, investi en grande partie dans des coups publicitaires comme cet avion qui a survolé Nîmes pendant la feria avec une banderole anticorrida.
Comme des bisons. Dans une ville « taurine » comme Béziers, le Crac a obtenu 23 000 signatures contre la tauromachie sur 70 000 habitants.
En 2001, à Toulouse et Fréjus, plus de 80 % des personnes interrogées rejetaient ce spectacle. Comme quoi une feria sans taureaux est imaginable. Encore une brèche dans laquelle se sont engouffrés les anti.
Quand on parle à Thierry Hély de culture et de disparition de la race taurine, il s'emporte : « Au nom des traditions, combien de barbaries ont-elles été commises ? Les exécutions sur les places publiques étaient des traditions et d'une certaine manière, l'esclavage aussi. Tous deux, que je sache, ont été abolis. »
Peintre de la cause anticorrida à ses heures, le natif du Cap-d'Agde croit que la tauromachie disparaîtra à court ou moyen terme, du moins en France. Et espère que les taureaux se retrouveront dans des parcs comme, en d'autres lieux, on préserve les bisons. Car pour lui, la seule chose magnifique dans la tauromachie, c'est l'animal, dont il accepterait cependant l'extinction de la race pour que cesse le spectacle.
Le spectre de cette fin hante de plus en plus les aficionados, y compris en Espagne où les arènes, hormis à l'occasion des grandes ferias (Séville, Madrid), n'annoncent que rarement le « no hay billetes » (complet). Le monde taurin souffre de désaffection.
Selon un sondage Gallup de décembre 2006, seulement 26,7 % des Espagnols se disent encore intéressés par la corrida.
La fameuse « Fiesta Nacional » a du plomb dans l'aile. La télévision publique espagnole (TVE) pourrait ne plus retransmettre les corridas en direct. Et dans l'autonomie catalane, 30 villes se sont déclarées anticorridas pour lutter contre « l'espagnolisme ».
Le 17 juin dernier, la Monumental de Barcelone a fait cependant le plein avec le retour du matador José Tomas. Ce n'était pas arrivé depuis vingt-deux ans. Qu'ils soient 3 000 manifestants anticorridas au pied des arènes ce même jour, c'était du jamais-vu !
(1) Surya Bonaly et la présidente de la SPA, Caroline Lanty, ont été reçues hier après-midi par Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo.
Dans une ville « taurine » comme Béziers, le Crac a obtenu 23 000 signatures contre la tauromachie sur 70 000 habitants
