jeudi 27 septembre 2007
LIBAN • "Damas refuse la main tendue de Sarkozy"
Courrier International 26 Septembre
Voulant rompre avec la politique étrangère de Jacques Chirac, le nouveau président français a entrepris une opération de séduction avec le régime de Damas. Aujourd'hui, il doit changer d'avis, constate une journaliste libanaise.
Lorsque Bernard Kouchner a déclaré que la France serait prête à reconnaître un président libanais qui soit désigné par une majorité des voix au Parlement plutôt que par une démarche consensuelle entre majorité et opposition [prosyrienne], ce n'était pas un lapsus.
Certes, dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, on affirme que la France continue de chercher le consensus et de favoriser une politique d'équilibre, mais il a fallu se rendre à une évidence : la Syrie ne comprend pas les messages qu'on lui envoie.
C'est ce que montre l'évolution de la situation sur le terrain et surtout l'assassinat du député [antisyrien] Antoine Ghanem [le 19 septembre 2007].
La France de Sarkozy a envoyé plus d'un signe à la Syrie afin de lui faire comprendre qu'elle aurait intérêt à ne pas intervenir dans les affaires libanaises, à laisser la démocratie suivre son cours à Beyrouth et à s'abstenir de pressions via ses alliés locaux.
Sarkozy a maintes fois répété qu'il comptait rompre avec la politique de son prédécesseur. [Jacques Chirac refusait tout contact avec le régime syrien du président Bachar Al-Assad.] La France a donc tendu la main à la Syrie, tout en exigeant qu'elle prouve sa bonne volonté.
Pour favoriser la recherche d'un consensus entre les partis libanais, Bernard Kouchner a reçu des députés du Hezbollah à Saint-Cloud. Or il s'est heurté à l'obstination de ceux qui pratiquent la violence, la menace, la déstabilisation. Car Damas s'en tient à la conduite qui est la sienne depuis des décennies et préfère s'enfoncer dans l'isolement ou le conflit plutôt que de suivre les Européens et d'écouter les conseils amicaux de ses frères arabes, qui l'ont pourtant aidé et soutenu.
Aujourd'hui, après l'assassinat d'Antoine Ghanem, Sarkozy demande à Kouchner de ne pas rencontrer le ministre syrien des Affaires étrangères en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Le président connaît l'histoire de la diplomatie française et sait que le fait d'avoir tendu la main à Damas n'a pas produit l'effet escompté par le passé, bien au contraire.
Les candidats dont les noms circulent actuellement au sein de la majorité [antisyrienne] ne sont pas des va-t-en-guerre. Ils savent tous que Beyrouth ne peut faire autrement que d'avoir de bonnes relations avec Damas. Ce qu'ils veulent, c'est simplement l'indépendance et la pleine souveraineté de leur pays. Est-il acceptable que des députés libanais vivent cachés parce qu'ils craignent d'être assassinés ?
La "diplomatie de l'attentat" peut-elle continuer à défier le monde libre ?
Les semaines à venir seront décisives, mais l'élection d'un nouveau président ne résoudra pas tous les problèmes. Former un nouveau gouvernement, définir son programme et réaliser des réformes sera tout aussi capital pour l'avenir du pays. Il faut espérer que les alliés de la Syrie et le général rebelle – et présidentiable – Michel Aoun se rendent compte que le pays a besoin de respirer et qu'il est urgent de rétablir sa situation économique dangereusement dégradée. D'en finir avec ce climat de menaces et de peur. Or l'assassinat d'Antoine Ghanem n'est pas un signe d'espoir pour ceux qui espéraient que Damas et ses alliés allaient enfin entendre les appels du Conseil de sécurité de l'ONU.
Randa Takieddine
Al Hayat
Opération de forage sans précédent sur une zone sismique redoutée
NOUVELOBS 26.09.2007
SISMOLOGIE
L’exploration de la fosse de Nankaï est la première mission du Chikyu, un vaisseau de 210 mètres de long, construit par le Japon pour forer la croûte océanique jusqu’à six ou sept kilomètres de profondeur. Ce bateau de forage et son équipage scientifique international a quitté vendredi dernier le port de Shingu, au Japon, pour se diriger vers la fosse de Nankaï, une zone de subduction située à une centaine de kilomètres à l’est des côtes de l’archipel nippon. C’est de là que sont venus les plus forts séismes qui ont secoué le Japon, atteignant 8 ou 9 sur l’échelle de Richter. Grâce à une série de forages, les chercheurs espèrent mieux comprendre comment se forment ces terribles tremblements de terre.
Sous la fosse de Nankaï la plaque des Philippines plonge sous la plaque eurasienne au rythme d’environ 4 cm par an. En certains points de cette ligne de dangereuses tensions s’accumulent. Au moins deux de ces points sont bien connus des sismologues : ils sont à l’origine des deux séismes historiques de 1944 et 1946 au Japon et ils pourraient en produire d’autres.
La première étape de la mission NanTroSEIZE* qui vient de commencer à bord du Chikyu est un relevé de mesures sur les six sites où le vaisseau doit forer. Les opérations de forage en elles-mêmes ne commenceront que fin novembre. En décembre un forage de 1.000 mètres doit être entrepris sur deux autres sites. L’ensemble de la mission ne sera achevé qu’en 2012. Certains scientifiques espèrent installer au fond des trous forés par le Chikyu des instruments de surveillance pour mesurer des variations de températures, de pression, d’activité sismique. Reste à mettre au point et à financer la construction d’instruments capables de résister à de telles profondeurs.
Cette campagne est entreprise sous l’égide du programme international de forages océaniques (IODP), fruit d’un effort entamé il y a 35 ans. Le précédent bateau de forage, le JOIDES Resolution, qui a pris sa retraite en 2003, a foré jusqu’à plus de 2.000 mètres de profondeur. Le Chikyu est conçu pour descendre jusqu’à 7.000 mètres, grâce à un système inspiré de l’industrie pétrolière qui stabilise les roches au fur et à mesure de la descente de la tige de forage. Cette dernière est entourée d’une colonne (riser en anglais) qui permet de faire circuler de la boue et de faire remonter les débris pour qu’ils ne bloquent pas le train de forage.
Après la fosse de Nankaï, le Chikyu devrait participer à des recherches de paléoclimatologie dans l’océan Indien et de sismologie au large du Costa Rica. Des sociétés d’exploitation pétrolières font également appellent au Chikyu pour mener des forages.
Cécile Dumas Sciences et Avenir
*Nankai Trough Seismogenic Zone Experiment
Sénat : la commission des lois retoque l'amendement ADN
NOUVELOBS 26.09.2007
La Commission des lois du Sénat a supprimé mercredi 26 septembre l'article du projet de loi Hortefeux (Immigration, Intégration) sur la maîtrise de l'immigration, instaurant un recours éventuel à des tests ADN pour le regroupement familial.
Jean-Pierre Bel, président du groupe socialiste au Sénat se félicite de cette suppression, qui a été obtenue par 24 voix contre 13.
La suppression de l'article est "conforme à la vision" que les sénateurs socialistes se font "de la France, de ses valeurs républicaines et de son image de pays des droits de l'homme", souligne Jean-Pierre Bel
Adopté par l'Assemblée
Les sénateurs PS "attendent du Sénat la confirmation de ce vote important lors de l'examen en séance publique" du projet de loi adopté en première lecture par les députes le 20 septembre.
Le projet de loi du ministre Brice Hortefeux sur l'immigration a été adopté par l'Assemblée Nationale le 20 septembre.
Le texte, voté par les députés autorise, à titre expérimental, et jusqu'au 31 décembre 2010, les tests ADN pour les étrangers candidats au regroupement familial voulant apporter une preuve de leur filiation.
L'examen génétique, facultatif et fait après consentement express du demandeur, lui sera remboursé si le visa est accordé.
REFORME DES INSTITUTIONS : Rencontre entre Hollande et Bayrou
NOUVELOBS.COM | 26.09.2007 | 10:24 Le Premier secrétaire du PS et le président du Modem doivent se retrouver à huis-clos, afin de dégager une position commune sur la réforme voulue par Nicolas Sarkozy Le Premier secrétaire du PS François Hollande et le président du Modem François Bayrou discuteront mercredi 26 septembre à 17h30 à l'Assemblée nationale de la réforme des institutions, a annoncé mardi le député des Pyrénées Atlantiques, à l'origine de cette réunion, qui se déroulera à huis clos. Pas de discussions sur une alliance De même, les positions convergent s'agissant du renforcement des pouvoirs du Parlement, de la création d'un référendum d'initiative populaire, de la saisine par les citoyens du Conseil Constitutionnel. Ou encore, sur l'indépendance de la justice, en supprimant la direction du Conseil Supérieur de la Magistrature par le Président de la République. Divergence sur la nature du régime
Selon le leader centriste, "il ne peut y avoir de réforme des institutions sans les voix du PS ou celles de [son] courant politique", et par conséquent, "nous avons la clé" du scrutin sur ce dossier. De fait, les voix cumulées des députés socialistes et Modem permettraient d'atteindre les deux cinquièmes des parlementaires, seuil indispensable afin de bloquer une réforme constitutionnelle.
Pour sa part, François Hollande a tenu à expliquer que " nous parlerons avec François Bayrou des institutions". "Sur le contenu des politiques, c'est une autre affaire", a-t-il ajouté, semblant de facto exclure du menu des discussions la question d'une alliance pour les prochaines échéances électorales entre les deux formations.
Les deux dirigeants pourraient s'accorder sur un certain nombre de sujets, tels que l'instauration d'une dose de proportionnelle, concernant 10% des sièges de l'Assemblée nationale. Ce qui permettrait aux petits partis de disposer d'une représentation.
En revanche, François Bayrou et François Hollande divergent sur la nature du régime. Le premier défend l'idée d'un "régime présidentiel équilibré", où le président détermine la politique de la Nation et le gouvernement la conduit. Tandis que le second préfère en rester aux termes de l'article 20 de la Constitution, qui veut que le gouvernement "détermine et conduit la politique de la nation".
Le comité sur la réforme des institutions, présidé par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur, doit remettre les conclusions de ses travaux au Président de la République le 1er novembre. L'Elysée aimerait boucler le dossier avant les élections municipales, prévues en mars prochain
SDF Augustin Legrand décline la proposition de Boutin
NOUVELOBS 26.09.2007
Le porte-parole des Enfants de Don Quichotte préfère "rester dans le rôle de témoin vigilant" plutôt que d'accepter une mission pour le gouvernement.
Augustin Legrand, le porte-parole de l'association des Enfants de Don Quichotte a refusé mercredi 26 septembre la mission que voulait lui confier Christine Boutin, ministre du Logement et de la Ville.
"On m'a proposé le suivi du "Plan grand froid", mais quelle légitimité ai-je sur ce dossier? Il faut qu'ils trouvent un meilleur pilote que moi pour ce plan", a déclaré à l'AFP Augustin Legrand qui venait d'être reçu par le directeur de cabinet de Christine Boutin.
Augustin Legrand a indiqué qu'il préférait "rester dans le rôle de témoin vigilant".
Christine Boutin avait proposé à nouveau mardi à Augustin Legrand d'accepter une mission.
"J'ai proposé à Augustin de rentrer dans mon cabinet comme chargé de mission. Je le connais depuis un certain temps, je le respecte et je l'admire", avait-elle expliqué à l'occasion d'une de ses "Réunions de chantier", dans le cadre de la décentralisation à Lyon, pour deux semaines, de son ministère.
Christine Boutin souhaitait que le comédien, qui reproche au gouvernement ne de pas tenir ses promesses envers les SDF, prenne ainsi "conscience de l'ensemble des difficultés concernant le logement."
Critiques contre le gouvernement
"Il aurait l'accès à toutes les questions aujourd'hui restées sans réponses, il verra que ma volonté d'agir est totale et réelle", avait-elle ajouté.
"Si tu acceptes la mission, tu verras qu'il n'y a pas que l'administration qui bloque", avait poursuivi la ministre à l'adresse du comédien.
Augustin Legrand, qui présidait mardi à Lyon un comité de suivi du Plan d'action renforcé en faveur des sans-abri, avait réitéré pour sa part ses critiques, sans rejeter d'emblée la proposition de Christine Boutin.
"On nous avait promis 27.100 places pour les sans-abri pour le 1er janvier 2008. A priori il y a déjà beaucoup de retard, on n'arrivera qu'à 14.000", avait-il dit.

