jeudi 27 septembre 2007
Brice Lalonde, nommé négociateur écologique, dernière recrue de Sarkozy
20 Minutes 26/09/07
L'écologiste Brice Lalonde a été nommé mercredi ambassadeur chargé des négociations sur le changement climatique, a annoncé le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez, en mettant en avant «une façon de continuer l'ouverture» voulue par Nicolas Sarkozy. «Sa qualité ne fait aucun doute et c'est une façon aussi de continuer l'ouverture», a-t-il dit.
Nom de l'environnement
Lalonde, qui fut candidat écologiste à la présidentielle de 1981, «est évidemment reconnu pour ses compétences en la matière et notamment sur le développement durable», a ajouté Wauquiez.
Cousin éloigné de l'ancien candidat démocrate à la présidentielle américaine de 2004, John Kerry, Brice Lalonde, 61 ans, a été secrétaire d'Etat puis ministre de l'Environnement dans des gouvernements de gauche de mai 1988 à avril 1992. Il a également fondé en 1990 le parti Génération écologie. Il s'est ensuite rapproché de la droite, notamment des libéraux d'Alain Madelin. Il est aussi maire de Saint-Briac (Ille-et-Vilaine).
Téléphone mobile : «On peut interdire les contrats de 24 mois, peut-être qu'on le fera»
Par François VIGNAL Libération mercredi 26 septembre 2007
Alors qu’un projet de loi pour limiter les abus des opérateurs télécom est annoncé pour octobre, le secrétaire d’Etat à la Consommation Luc Chatel reste flou sur l'interdiction éventuelle des contrats liant les consommateurs pour de longues périodes.
Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la Consommation et au Tourisme, a rassemblé hier associations de consommateurs et opérateurs de téléphonie et d’Internet au sujet des relations entre opérateurs et clients. Si un volet télécoms dans le projet de loi sur la concurrence et la protection des consommateurs est prévu pour octobre, il reste encore à définir son contenu. Luc Chatel revient sur les deux points sensibles : la réduction de la durée d’engagement minimal des contrats et le prix d’appel des hotlines. Entretien.
Les associations de consommateurs attendaient des annonces précises hier, lors de la table ronde. Mais les décisions sont repoussées d’ici deux à trois semaines. Quelles sont les difficultés ?
Moi je ne vois pas de difficultés. C’est le premier gouvernement qui annonce clairement la couleur et prend ses responsabilités en proposant de légiférer. Hier, nous sommes partis des 21 engagements des opérateurs, issus des rencontres précédentes. 7 sur 21 sont tenus. On aurait pu dire «on relance la concertation», mais nous avons décidé de légiférer sur les quatre sujets les plus importants.
Sur la question des durées minimales d’engagement, il n’est pas sûr qu’on se dirige vers une interdiction des contrats de plus de 12 mois, mais plutôt vers un aménagement des contrats de 24 mois. Est-il difficile de légiférer face au lobby des opérateurs ?
Il n’y a pas d’un côté l’UFC Que choisir et de l’autre le Medef. Les choses sont très partagées. Sur ce sujet, l’autorité de régulation a attiré notre attention sur le fait que les durées minimales d’engagement, et notamment celles à 24 mois, avaient une conséquence néfaste sur la concurrence. Sur le marché français, 75% des abonnés par forfait ne sont actuellement pas libres. Il y a plusieurs formules pour y répondre : interdire tout contrat supérieur à 12 mois, permettre des sorties possibles pendant les 24 mois, ou agir sur la durée des réengagements. Mais imaginez qu’hier je sorte de mon chapeau un texte de loi, tout le monde aurait dit «il nous met devant le fait accompli, il nous prend pour qui ?» Donc on va y travailler avec les acteurs.
Mais sachant que dans d’autres pays d’Europe la durée maximale est déjà à 12, voire 6 mois, qu’il est même interdit d’imposer une durée en Finlande, pourquoi n’est-il pas possible de le faire en France ?
Ce n’est pas généralisé à tous les pays d’Europe. Ensuite, j’ai mis l’accent sur ce problème, donc je ne vais pas vous dire que ce n’en est pas un. Charge à nous de le résoudre. Mais certains acteurs, y compris certaines associations de consommateurs, disent que l’interdiction des contrats de plus de 12 mois entraînerait une augmentation de l’abonnement.
Sur les hotlines, n’est-il pas anormal que les consommateurs paient pour un problème dû à l’opérateur, alors qu’il a une obligation de résultat ?
Il n’est pas acceptable qu’on paie le temps d’attente, donc on légiférera sur la gratuité du temps d’attente. Sur la surfacturation d’un appel, il n’est pas logique que l’opérateur facture le dépannage d’un service pour lequel on paie. Donc ça devrait faire partie du forfait. La facturation doit se faire de manière transparente et il ne doit plus y avoir de surfacturation. Après, quand on parle de gratuité, il ne faut pas oublier que rien n’est gratuit en économie.
«Le consommateur est enfermé dans une prison de 24 mois»
UFC Que choisir participe aujourd’hui à la table ronde avec les opérateurs de télécoms. Qu’allez-vous demander ?Edouard Barreiro, de l'UFC Que choisir, explique ce que demande l’association de consommateurs. Entretien.
Nous demandons le plafonnement de la durée d’engagement à 12 mois, alors que certains opérateurs imposent encore une durée de 24 mois. Nous demandons aussi la gratuité des hotlines (services d’aide téléphonique Ndlr). A l’heure actuelle, ces hotlines sont en appels surtaxés, allant jusqu’à 0,34 euros la minute. Le consommateur doit payer à chaque fois qu’il a un problème. Or les opérateurs ont une obligation de résultat. C’est dans la loi. Il est donc inacceptable que le consommateur paie. Nous voulons que lorsqu’on prend un abonnement, le coût de la hotline soit compris. Le risque d’augmentation des abonnements sera minime, le coût étant réparti sur l’ensemble des clients.
Les opérateurs viennent d’annoncer la création d’une fédération française des télécoms pour parler d’une seule voix. Craigniez-vous qu’ils fassent blocage ?
Il est vrai que ce sera très difficile. Le lobby des opérateurs télécoms est très fort. Ils ne veulent pas changer. Actuellement, le marché est sclérosé. Le consommateur est enfermé dans une prison dorée de 24 mois. Il n’y a pas de concurrence. Les trois opérateurs se contentent de gérer leur parc d’abonnés et ne font pas d’efforts pour améliorer leur prestation. C’est un état de collusion : personne ne bouge et ça arrange tout le monde. Mais demander la gratuité n’est pas irréaliste. Un opérateur, Alice, le propose déjà d’ailleurs. Quant à la durée d’engagement, elle est de 12, voire 6 mois dans les autres pays de l’Union européenne. Il est même interdit d’en imposer une en Finlande. C’est donc économiquement viable.
Accepteriez-vous une solution intermédiaire sur les hotlines, comme une réduction du coût au prix d’un appel normal ?
Ce sera un progrès pour le consommateur, mais ce sera toujours le même problème : le consommateur n’a pas à payer pour un problème dû à l’opérateur. Donc nous ne venons pas pour discuter. C’est le moment de l’action. Il faut que Luc Chatel impose le plafonnement à 12 mois. En 2005 et 2006, des tables rondes avaient déjà eu lieu et avaient débouché sur 21 engagements, dont une durée d’engagement maximale de 12 mois. Ça n’a pas été respecté. Maintenant, il faut une loi.
Echange virulent entre la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lav
REUTERS : mercredi 26 septembre 2007
NEW YORK (Reuters) - La secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov ont eu un échange de mots virulent à propos de sanctions contre l'Iran lors d'une réunion du G8, rapportent des participants.
"Il y a eu un échange très direct entre Sergueï et Condi", a déclaré un responsable européen présent lors de ce déjeuner des ministres des Affaires étrangères du Groupe des Huit. Washington et Paris poussent en faveur d'un renforcement des sanctions contre Téhéran qui refuse de suspendre ses activités d'enrichissement de l'uranium, que l'Occident soupçonne de pouvoir servir à des fins militaires.
Moscou s'oppose à de nouvelles sanctions, en faisant valoir que l'Iran coopère avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Lavrov, indiquent les participants, s'est montré particulièrement cinglant sur l'éventualité de sanctions occidentales hors du cadre des Nations unies en cas de blocage au Conseil de sécurité.
A la question de savoir si la réunion avait permis des progrès sur le dossier iranien, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner s'est esclaffé: "Je ne dirais pas exactement ça, non."
Le secrétaire d'Etat britannique aux Affaires étrangères Mark Malloch-Brown, en charge de l'Afrique, de l'Asie et des Nations unies, a évoqué un ton "assez dur".
Le bouclier fiscal fonctionne : le fisc rembourse bien les riches
Par Muriel Gremillet LIBERATION mercredi 26 septembre 2007
Edifiant: 2398 contribuables, parmi les plus aisés, ont touché chacun 50.000 euros en moyenne grâce au bouclier fiscal.
C’est ce qu’on appelle un télescopage. Alors que le budget présenté aujourd’hui par Christine Lagarde et Eric Woerth serre la vis, notamment sur le nombre de suppression de postes de fonctionnaires, un document, que Libération s’est procuré, donne les premiers résultats du bouclier fiscal.
Et les premiers résultats, sont assez édifiants: 2398 contribuables ont bénéficié de cette restitution. 2398 contribuables qui se partagent 121 107 041 euros. Soit en moyenne, un chèque de 50 000 euros par personne. Les dossiers viennent majoritairement de contribuables parisiens, puis de la région PACA, du Languedoc Roussillon et du Nord pas de Calais.
A l’époque de la création du premier bouclier à 60%, le gouvernement ciblait une grande partie des 335 000 contribuables assujettis à l’ISF (Impôt sur la fortune.) La gauche avait dénoncé cette saignée pour les finances publiques, expliquant que le dispositif n’était finalement qu’un cadeau de plus aux plus aisés. Affirmation confirmée par les premiers chiffres.
Ce dispositif plafonne à 60%, puis à 50% des revenus d’un contribuable le montant de ses impots, commence à fonctionner. Depuis le premier janvier, les contribuables les plus aisés peuvent demander aux services fiscaux une restitution, c’est à dire un chèque de remboursement de trop-perçu de leurs impôts.
Sept manifestants anti-Sarko lavés de toute accusation d’outrage
Par CAROLE RAP (A MONTPELLIER) LIBERATION mercredi 26 septembre 2007
Six nullités de procédures et une relaxe au fond: tel est le jugement rendu ce matin par Suzanne Eyraud, vice-présidente du Tribunal de grande instance de Montpellier à l'encontre de sept jeunes gens soupçonnés d'avoir injurié les forces de l'ordre le 16 mai lors des manifestations qui ont suivi l'élection de Nicolas Sarkozy.La vice-présidente du TGI a estimé que « dans un contexte de manifestation, le 16 mai, il n’est pas possible de savoir ce qui (leur) était reproché ».
Six des prévenus bénéficient donc d’une « nullité des citations » s’appuyant sur le fait que dans les citations des policiers, l’identité de la personne outragée n’est pas indiquée. Le septième manifestant a été relaxé sur le fond, parce que « si le terme de facho a bien été proféré le 16 mai, il existe cependant un doute suffisamment important sur l’identité de l’auteur de l’outrage ».
« Une décision courageuse, qui protège la liberté d’expression et de pensée avec pour corollaire la liberté de manifester », a commenté leur avocat Me Fernandez.
Une manifestation de soutien au peuple birman organisée à Bruxelles
L'Union Bouddhique Belge (UBB), touchée par la tournure dramatique des événements en Birmanie, demande aux autorités birmanes d'intervenir afin que cessent immédiatement les exactions à l'encontre de la population et des moines du pays qui ont tenu, avec un courage remarquable, à exprimer leurs revendications de manière pacifique. L'UBB rappelle que le Bouddha considérait la lutte contre la pauvreté comme un des premiers devoirs de tout gouvernant. Elle demande aux autorités birmanes de libérer immédiatement de Aung San Suu Kyi ainsi que tous les manifestants interpellés ces dernières heures et de préparer l'avènement d'une société juste et solidaire. L’UBB signale qu’une manifestation de soutien à la cause du peuple birman sera organisée le samedi 29 septembre à Bruxelles, de 12h00 à 13h00, Place de la Liberté à Bruxelles, à l'initiative de différentes associations dont Actions Birmanie, Amnesty et La Ligue des Droits de l’Homme. |
François Fillon juge le budget "juste" et sans "cadeaux fiscaux"
REUTERS : mercredi 26 septembre 2007
PARIS (Reuters) - Le budget 2008 est "destiné à nourrir la relance de la croissance" et est un budget sérieux et juste sans cadeaux fiscaux, a déclaré mercredi François Fillon, selon des propos cités par Laurent Wauquiez.
"C'est un budget sérieux avec une meilleure maîtrise de la dépense. (...) C'est un budget juste tourné avant tout vers les Français modestes qui travaillent", a dit le Premier ministre lors du conseil des ministres, rappelant que l'objectif principal de ce budget était de favoriser le travail, la recherche, l'innovation et l'université. "Il n'y a pas de cadeaux fiscaux, on favorise le travail, le revenu des salariés", a-t-il ajouté, d'après le compte rendu du porte-parole du gouvernement.
Toujours selon ce dernier, le président Nicolas Sarkozy a insisté sur le fait que ce budget était tourné vers "la valorisation du travail pour créer de la richesse et de l'activité". "Le mot rigueur n'a pas été prononcé. (...) Ce n'est pas un budget de rigueur, c'est un budget volontariste", a précisé Laurent Wauquiez.
Rapportant les propos du ministre du Budget et des Comptes publics, Eric Woerth, Laurent Wauquiez a fait valoir que ce budget 2008 reposait "sur la norme zéro croissance en volume". "C'est la première fois depuis longtemps que l'on casse l'effet boule de neige - un déficit qui grossit et qui en grossissant augmente le poids de la dette en pourcentage du PIB", a-t-il expliqué. Cette fois, "en pourcentage du PIB, la dette de la France baisse".
Nicolas Sarkozy a précisé qu'il souhaitait être jugé après la mise en place des mesures de relance de l'économie, et notamment la défiscalisation des heures supplémentaires, qui prendra effet le 1er octobre.
Que ceux "qui émettent des jugements sur la stratégie de relance du gouvernement, qu'ils nous fassent au moins la grâce d'attendre que les mesures qui ont été adoptées entrent en vigueur", a dit Laurent Wauquiez, qui a dénoncé la "mauvaise foi" des détracteurs du chef de l'Etat.
En toute sincérité, c'est un gros menteur et tout le monde le sait, surtout les journalistes !
La mise en examen d'André Santini confirmée par la chambre de l'instruction
AFP 26.09.07 | 18h19
La cour d'appel de Versailles a confirmé mercredi la mise en examen d'André Santini pour des infractions financières présumées dans le cadre de la création de la Fondation Hamon, a-t-on appris de source judiciaire.
La chambre de l'instruction a en effet rejeté la requête en annulation de procédure déposée par M. Santini, suivant ainsi les réquisitions de l'avocat général, a expliqué une source judiciaire.
André Santini, secrétaire d'Etat chargé de la Fonction publique, a été mis en examen le 30 mai 2006 pour "prise illégale d'intérêt", "faux et usage de faux" et "détournement de fonds publics".
Son avocat, Me Grégoire Lafarge, a confié à l'AFP son intention de se pourvoir en cassation, en sollicitant un examen immédiat. "Nous sommes très déçus par cet arrêt qui n'entame en rien notre détermination et notre combat sur le fond du dossier", a-t-il expliqué.
Ces infractions présumées auraient été commises entre 2001 et 2003 à l'occasion de la création avortée en 2004 de la fondation d'art contemporain Hamon, qui devait exposer sur l'Ile-Saint-Germain (Hauts-de-Seine) 192 toiles données par le riche promoteur et mécène Jean Hamon. La justice s'interroge notamment sur une somme de 750.000 euros versée au mécène via le syndicat mixte de l'Ile-Saint-Germain, créé en 2000 par le conseil général et la ville d'Issy-les-Moulineaux pour gérer cette donation.
Charles Pasqua, ancien président du conseil général et du syndicat mixte, a été mis en examen dans ce dossier, ainsi que Jean Hamon, deux cadres du conseil général et Bernard Bled, ex-bras droit de Jean Tiberi à la mairie de Paris et directeur général des services du conseil général des Hauts-de-Seine au moment des faits. M. Santini, interrogé sur la "jurisprudence Balladur" qui empêchait tout ministre faisant l'objet d'une mise en examen d'appartenir au gouvernement, avait déclaré en juin, peu après sa nomination au gouvernement: "j'attends simplement un non-lieu et autrement, je prendrai les décisions qui s'imposent".
Cette confirmation de la mise en examen de M. Santini n'entraîne pas nécessairement le renvoi de ce dernier en correctionnelle, a expliqué une source judiciaire. L'instruction, qui continue son cours, pourrait conclure soit à un non-lieu, soit au renvoi des personnes mises en examen devant le tribunal correctionnel, a précisé cette source.
Copé, un avocat d'affaires à la limite de la légalité
Propos recueillis par Eric Lecluyse L’Express 25/09/07
Député de Seine-et-Marne, président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, maire de Meaux... il trouve encore le temps de travailler pour un cabinet d'avocats.
Le site Capital.fr a révélé l'embauche par Gide Loyrette et Nouel du député Jean-François Copé "à temps partiel". Est-ce légal?
Oui, on peut exercer la profession d'avocat tout en étant député. Il n'est d'ailleurs pas le seul dans ce cas: une quarantaine de députés font aussi profession d'avocat, c'est d'ailleurs l'une des plus représentées à l'Assemblée. Certains l'étaient avant, d'autres le sont devenus: les parlementaires et les ministres peuvent s'incrire au barreau sans passer l'examen d'avocat. C'est ainsi que Strauss-Kahn était devenu avocat-conseil pour la Mnef - ce qui ne lui a pas porté chance- ou que François Baroin a pu se reconvertir depuis quelques mois. "L'exemple" vient d'en haut: Mitterrand et Sarkozy ont tous deux, à une époque, cumulé des responsabilités politiques et l'activité d'avocat.
Cette activité de "député-avocat" est-elle encadrée?
Jean-François Copé a soumis sa demande au bureau de l'Assemblée, qui l'a acceptée. La règle est claire: il n'a pas le droit de plaider dans des affaires qui concernent l'Etat ou des collectivités territoriales.
C'est difficile à vérifier...
Effectivement... Copé affirme sur RTL que "cette activité d'avocat, bien sûr, ne concernera en aucun cas ni l'Etat, ni les dossiers [qu'il a] pu traiter en tant que ministre". Mais le cabinet qu'il rejoint est impliqué dans des milliers de dossiers, parmi lesquels la fusion GDF-Suez par exemple. Il dit qu'il ne travaillera pas sur ce genre de dossiers, mais c'est impossible à vérifier. Il respecte la loi à la lettre, mais il y a effectivement un mélange des genres. Comment savoir s'il ne va pas s'intéresser à des affaires en rapport avec des causes défendues à l'Assemblée?
Comment éviter ce mélange des genres?
Le bureau de l'Assemblée pourrait être plus strict. Le Conseil national du barreau, qui se réfugie derrière la loi, pourrait également donner des directives aux grands cabinets. D'autant que le cas de Copé est quand même caricatural, avec un précédent assez contrariant pour lui: Xavier de Roux, qui était associé du même cabinet, avait décidé de se désassocier lorsqu'il a été élu député en 2002, pour éviter, justement, tout mélange des genres. Ensuite, Copé est très peu disponible étant donnés ses différents mandats. On peut donc imaginer que le cabinet est davantage intéressé par son carnet d'adresses que par ses talents de plaideur...
Nicolas Sarkozy / Mahmoud Ahmadinejad
La Republique-des-Lettres 24 Septembre 2007
Nicolas Sarkozy, George W. Bush et Mahmoud Ahmadinejad à l'Assemblée générale des Nations Unies.
Les dirigeants du monde se sont réunis à New York pour une petite semaine de discours diplomatique à la tribune de l'Organisation des Nations Unies.
Pour Nicolas Sarkozy -- désormais désigné de plus en plus souvent dans la presse étrangère comme "l'américain", ou encore "le petit Napoléon" --, c'est la première intervention devant cette Assemblée générale de l'ONU, 62eme du genre, où se rencontrent une centaine de chefs d'Etats et de gouvernements.
C'est l'occasion pour le nouveau président français amateur de sunlights de satisfaire ses vices, c'est-à-dire se placer devant les caméras du monde entier, cotoyer les puissants de ce monde et faire parler de lui. Ce d'autant plus que la rencontre se déroule en pleine crise internationale sur le nucléaire iranien et que, après ses déclarations va-t-en-guerre -- la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran -- c'est sa modeste personne elle-même qui présidera mardi matin une séance spéciale du Conseil de sécurité consacrée à "l'Afrique face aux défis de la paix et de la sécurité internationale", en présence de George W. Bush et du secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon.
Auprès donc de son meilleur ami, le président américain George W. Bush, et face à son meilleur ennemi, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, Nicolas Sarkozy parlera entre autres de réchauffement climatique -- l'objectif de Ban Ki Moon est de mobiliser la communauté internationale sur cette question avant l'ouverture prochaine de négociations sur l'après protocole de Kyoto -- mais surtout des dossiers chauds où il tente d'imposer de toute la hauteur de ses 1m 58 ses points de vue en matière de diplomatie et de relations internationales, c'est-à-dire essentiellement les points de vue de George W. Bush et Ehud Olmert.
Depuis l'arrivée au pouvoir de l'hyperprésident atlantiste, la diplomatie française s'est en effet alignée toute entière sur celle des Etats-Unis, où plus exactement sur les pires positions du néo-conservateur réactionnaire et fauteur de guerre George W. Bush. Le très complexe dossier du Darfour a par exemple été propulsé cause sarkozyste prioritaire, comme tout dossier international où il est possible de guerroyer contre des islamistes sous couvert de politique humanitaire et de droits de l'Homme, alors que les véritables enjeux sont eux généralement beaucoup plus bassement politiques et économiques.
Nicolas Sarkozy et son ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner se sont démenés tout l'été pour inciter la communauté internationale à déployer au Soudan une force mixte ONU-Union Européenne, composée notamment d'un fort contigent de soldats français, appuyée en 2008 par celle de l'ONU-Union Africaine, afin de protéger les victimes civiles de cette guerre où 200.000 personnes ont trouvé la mort depuis 2003. Paris tente également de faire adopter une résolution autorisant le recours à la force au Soudan.
Pour la plupart des experts sérieux et des organisations humanitaires présentes sur le terrain, telle entre autres Human Rights Watch, l'initiative est malheureusement bien trop tardive et inutile. Elle risque même de compliquer les choses en relançant des violences actuellement calmées, par exemple entre rebelles tchadiens et centrafricains, et en créant un bourbier pour les soldats onusiens. Les rebelles tchadiens ont déjà averti l'Europe; pour eux les "initiatives françaises visant à transformer les troupes françaises au Tchad en une force européenne" mènent directement "à un conflit avec nos forces armées".
Pour les observateurs, cette opération sarkozyste au Darfour est donc surtout un écran de fumée cachant en réalité la véritable guerre de contrôle économique et d'influence politique que se livrent sur le dos de la région les Etats-Unis et la Chine, soutien du régime de Khartoum. En poussant à l'occupation militaire du Soudan et de son ancien pré carré africain (Tchad et Centrafrique) via les troupes européennes de l'ONU, la France apporte un soutien stratégique manifeste aux Etats-Unis.
L'Iran, cet État "de l'axe du mal" selon Bush, est l'autre principal dossier brûlant où Nicolas Sarkozy veut à tout prix intervenir -- c'est ce qu'il appelle "le retour de la France sur la scène internationale". Depuis que Mahmoud Ahmadinejad a décidé de développer un programme nucléaire civil pour son pays, suscitant les craintes d'Israël qui y voit "une menace existentielle", George W. Bush, Ehud Olmert et Nicolas Sarkozy ne cessent d'appeler la communauté internationale à punir le président iranien par des sanctions de plus en plus lourdes.
Les trois va-t-en-guerre -- dont deux ont déjà montré récemment de quels désastres stratégiques et humanitaires ils étaient capables en Irak et au Liban -- laissent lourdement planer la menace d'une attaque militaire contre l'Iran, quitte à déclencher une terrifiante troisième guerre mondiale.
Outre une diabolisation à outrance de Mahmoud Ahmadinejad auprès de l'opinion publique mondiale, le président américain accuse de plus en plus agressivement Téhéran de soutenir tous les terroristes islamistes de la planète et surtout d'armer les milices chiites irakiennes, n'hésitant plus à employer le terme de "guerre par procuration".
Des plans de bombardement de l'Iran ont été établis par les état-majors militaires américains et israéliens et l'armée US commence depuis quelques semaines à répartir ses troupes et à établir des bases dans toute la région en vue d'un tel conflit. Mahmoud Ahmadinejad et l'ayatollah Ali Khamenei, actuel Guide suprême de la révolution islamique, ne sont pas en reste en matière de menaces et ont mis leurs ennemis en garde contre toute attaque militaire de l'Iran.
La semaine dernière, ils ont fermé leur frontière avec la région du Kurdistan irakien à la suite de l'arrestation d'un diplomate iranien, le cinquième emprisonné par les américains depuis le début de l'année sous l'accusation d'aide aux insurgés irakiens. À l'occasion des commémorations de la guerre Iran-Irak (1980-1988), ils ont aussi largement diffusé les images d'un impressionant défilé militaire et exposé un nouveau missile, le Ghadr-1, d'une portée de 1.800 km, donc capable d'atteindre Israël et les bases américaines dans tout le Proche-Orient.
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