mardi 25 septembre 2007
Belgique - Débat houleux entre Francophones
Actu 24. be - 25 Septembre
Le débat sur l'avenir des francophones a été tout sauf serein dimanche sur les plateaux de télévision. Les hommes politiques invités par la RTBF et par RTL-TVi ont échangé des noms d'oiseaux.
Anne-Marie Corbisier, la chef de groupe cdH au parlement de la Communauté française, a notamment parlé d'un "débat de sales gamins" tantis que le ministre-président wallon Rudy Demotte qualifiait les propos du MR d'indignes. Tant la RTBF que RTL-TVi consacraient leur débat dominical à l'avenir des francophones après l'appel lancé par la ministre-présidente de la Communauté française Marie Arena en faveur d'une Commission composée de représentants des partis démocratiques et de la société civile pour réfléchir à l'avenir des francophones.
Tous les partis - MR, cdH et Ecolo - ont redit leur accord pour participer à une telle réflexion sous certaines conditions mais on n'est guère allé au-delà de cet accord formel. "Je suis inquiet. Ce débat est un début inquiétant", a notamment souligné le chef de groupe Ecolo au parlement de la Communauté française, Marcel Cheron.
"Nous avons une vision des choses et nous la défendrons", a dit Richard Miller (MR). "On ne fera pas l'économie d'un débat démocratique sur le sujet", a lancé le président du FDF, Olivier Maingain. "Je ne suis pas prêt à suivre les déclarations confédéralistes de José Happart (président PS du parlement wallon).
Nous n'allons pas faire comme les flamands où tous les partis s'alignent sur les positions du plus radical d'entre eux", a-t-il ajouté.
Richard Miller, s'est montré très critique sur la politique menée par l'actuelle majorité PS-cdH à la Communauté et à la Région. Il s'est aussi interrogé sur l'absence du ministre-président bruxellois Charles Picqué au côté de Marie Arena lorsqu'elle a lancé son appel. "Alors que le ministre-président wallon Rudy Demotte était là, où était Charles Picqué? Sa présence aurait pourtant été symbolique pour le lancement d'un tel projet", a dit M. Miller.
Comme Olivier Maingain, il a aussi mis en évidence le fait que Bruxelles est très souvent oubliée dans les synergies entre la Communauté française et la Région wallonne. Il a reçu l'appui de Christos Doulkeridis (Ecolo). Le président de la Cocof a reconnu que le MR avait raison sur ce point. "C'est vrai. Le fait qu'il n'y ait pas de ministre francophone bruxellois au sein du gouvernement de la Communauté est sans doute un obstacle pour organiser de bonnes collaborations. La présence d'un ministre wallon favorise les synergies", a-t-il dit.
Le MR veut depuis tout un temps déjà - et son président Didier Reynders le rappelle régulièrement - un exécutif commun réunissant les ministres wallons, ceux de la Communauté française et les ministres francophones bruxellois afin de mieux coordonner les politiques. Marie Arena a reconnu qu'"on sera plus forts lorsqu'il y aura un Bruxellois dans l'exécutif de la Communauté". Selon elle, cela ne s'est pas fait "parce que personne n'était prêt".
Rudy Demotte a quant à lui qualifié les propos du MR d'indignes. "On a entendu le président du MR dire qu'il n'était pas opposé à des transferts de compétences à condition que cela se fasse après 2009 (date des élections régionales)", a-t-il rappelé. Pour lui, il s'agit d'une "reculade car on veut participer au pouvoir quelles que soient les concessions à faire".
En conclusion, M. Demotte a plaidé pour que les partis retrouvent ce qu'il a appelé "l'esprit de Saint Polycarpe" tandis que Marcel Cheron disait qu'il fallait dépasser "le lourd passif francophone du passé". (Belga)
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