Résistance Inventerre

-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

jeudi 20 septembre 2007

LE PROJET DE LOI HORTEFEUX

La lettre ouverte des associations

NOUVELOBS 18.09.2007

Voici la lettre que la LDH, la Cimade, la Pastorale des migrants et RESF ont adressée mardi 18 septembre à Nicolas Sarkozy pour lui faire part de leurs préoccupations quant au sort des étrangers en situation irrégulière en France, alors que le projet de loi Hortefeux est examiné au Parlement.

"Lettre ouverte de la LDH, de la Cimade, de la Pastorale des migrants et du RESF.

        Monsieur Nicolas SARKOZY

        Président de la République  Palais de l’Elysée

        55, rue du Faubourg Saint Honoré  75008 Paris

      

Paris, le 18 septembre 2007

Monsieur le Président,

Nous représentons des organisations de sensibilités diverses qui partagent, néanmoins, les mêmes préoccupations quant au sort des étrangers en situation irrégulière qui vivent dans notre pays.

Nous constatons avec inquiétude des drames humains inacceptables dont le nombre ne cesse de grandir. Cela concerne des enfants ou des jeunes adultes et leurs parents ou des personnes installées parfois depuis plusieurs années sur notre sol ; cela concerne aussi des réfugiés venus de pays où leur sécurité n’est pas assurée et qui ont cherché asile sur le territoire de la République.

Nous n’ignorons pas que le Parlement a voté, à votre initiative, de nombreuses lois sur ce sujet et s’apprête à en voter une nouvelle. Vous savez que nous n’approuvons pas ces textes qui se sont succédé et qui ne nous paraissent pas apporter une réponse pertinente aux questions que peuvent poser l’immigration ou le droit d’asile. Mais ceci relève, au fond des choses, du débat public que nous appelons de nos vœux et qu’il appartient aux responsables politiques et aux citoyens d’engager sans démagogie et en ayant toujours présents à l’esprit les principes de la République.

Ce sont ces principes qui nous imposent de venir vous dire qu’aucune politique ne peut conduire à bannir des enfants, à les détenir dans des lieux nécessairement inadéquats ou à les séparer de leurs parents, qu’aucune politique ne peut conduire à pousser des personnes au suicide ou à mettre en danger leur vie par des grèves de la faim qui sont la marque de leur désespoir.

A la vérité, c’est l’ensemble de la vie sociale qui est menacé par les pratiques actuelles. Nous voyons s’installer dans le pays une suspicion généralisée qui, de proche en proche, concerne tout étranger, puis fait de celui qui ressemble à un étranger un suspect. C’est l’idée même de l’accueil de l’autre qui est aujourd’hui mise en péril par la désignation de l’étranger comme un fraudeur potentiel, voire comme un danger pour notre pays.

De plus en plus de femmes et d’hommes, souvent même parmi celles et ceux qui peuvent approuver votre politique, se révoltent contre le sort infligé à des personnes qui n’ont commis aucun crime. Les membres des forces de l’ordre commencent eux-mêmes à ressentir un profond malaise face à des considérations humaines auxquelles ils ne peuvent rester insensibles. Cette situation provoque l’incompréhension, quand elle n’engendre pas des conflits qui voient des hommes et des femmes se rebeller contre ce qu’ils estiment, en conscience, relever de la force injuste de la loi, voire de l’arbitraire qui l’accompagne.

Avec eux, parce que ce que nous voyons se dérouler tous les jours sous nos yeux heurte nos valeurs, nous continuerons à être aux côtés de ceux et de celles qui souffrent ou qui paient le prix de leur solidarité.

Nous voudrions vous entretenir de cette situation et de notre souhait, qui est pour nous un impératif moral, de voir respecter la dignité et les droits élémentaires de toute personne vivant sur le territoire de la République.

Compte tenu des circonstances, vous comprendrez que nous rendions cette lettre publique.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.

Jean-Pierre DUBOIS, Président de la LDH

Laurent GIOVANNONI, Secrétaire général de la Cimade

Stéphane JOULAIN, Directeur du Service national de la Pastorale des migrants

Richard MOYON, Porte-parole du RESF"

Posté par Kozett à 00:22 - Solidarités - Social - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le calcul des montants de la dette relevés pour 2007 et 2008

REUTERS : mercredi 19 septembre 2007

Le gouvernement a relevé les prévisions de dette publique pour 2007 et 2008. Le gouvernement table désormais sur une dette publique représentant 64,2% du PIB à fin 2007 et "autour de 64%" à fin 2008, a-t-on indiqué à Bercy. L'objectif de déficit public pour l'année prochaine demeure inchangé à 2,4% du PIB, a-t-on précisé de même source.

Dans le document sur la programmation pluriannuelle des finances publiques de la France transmis la semaine dernière à Bruxelles, le gouvernement tablait sur une dette publique stabilisée à 63,7% du PIB à la fin de cette année comme à fin 2006 et sur une légère réduction à 63,6% du PIB à fin 2008.

Le ratio dette/PIB au 31 décembre 2006 est finalement rehaussé à 64,2%.

UNE DETTE DE 1.150,3 MILLIARDS D'EUROS A FIN 2006

La dette publique de la France à fin 2006 ressort ainsi à 1.150,3 milliards d'euros contre 1.142,2 milliards précédemment.

Posté par werdna à 00:17 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bernard Kouchner se dit prêt à se rendre à Téhéran

REUTERS : mercredi 19 septembre 2007

Bernard Kouchner se déclare prêt à se rendre à Téhéran et à laisser le temps nécessaire au directeur de l'AIEA pour vérifier si l'accord passé en août avec l'Iran sur son programme nucléaire est respecté.

"On doit absolument laisser une chance supplémentaire pour qu'un accord puisse être trouvé entre l'Occident et l'Iran, sur la base d'une suspension du programme d'enrichissement d'uranium", déclare le ministre français des Affaires étrangères dans Le Figaro, à paraître jeudi.

Bernard Kouchner se dit prêt à accepter l'accord passé au mois d'août par le directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) avec Téhéran et à lui "donner le temps nécessaire" pour aller sur place et "vérifier qu'il est appliqué."

Prié de dire s'il est prêt à se rendre lui-même à Téhéran, s'il y est invité, le ministre répond par l'affirmative.

Après l'escalade verbale de ces derniers jours entre Paris et Téhéran, Bernard Kouchner s'était déjà défendu mardi d'être un "va-t-en guerre."

Dans une interview au quotidien Le Monde, il recadrait ses propos du week-end, soulignant qu'il avait simplement voulu "attirer l'attention sur la gravité de la crise" liée au programme nucléaire iranien.

Il répète dans Le Figaro avoir été "mal compris".

"Nous ne sommes pas hostiles au dialogue avec les Iraniens, au contraire. Nous l'avons toujours maintenu. J'ai moi-même reçu à Paris Ali Larijani", président du Conseil de sécurité iranien, dit-il.

"Aucun échec ne nous fera renoncer au dialogue nécessaire. Mais ces discussions ne peuvent pas durer des années : il faut trouver une solution", précise cependant Bernard Kouchner.

"Je ne veux surtout pas faire de procès d'intention à l'Iran, mais certains observateurs estiment que l'accord que l'Iran a passé avec l'AIEA est une façon de gagner du temps. Tous les experts de la planète sont inquiets."

Bernard Kouchner réaffirme que la France "est l'un des rares à pouvoir dire qu'elle est l'amie des deux parties" et qu'elle est "disponible pour faire avancer la paix."

Posté par werdna à 00:10 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

L'Iran se dit prêt à des représailles contre Israël

20 Minutes 19/09/07

Le ton n'en finit plus de monter au Proche-Orient. Le commandant-adjoint des forces aériennes iraniennes a assuré mercredi avoir «un plan selon lequel, dans l'éventualité d'un geste fou» d'Israël, «les bombardiers iraniens pourraient exécuter une attaque de représailles contre le territoire israélien».

La force aérienne iranienne est considérée comme largement obsolète par les experts militaires occidentaux. Ses 287 appareils encore en service ont été achetés notamment aux Etats-Unis avant la révolution islamique de 1979. Une attaque aérienne supposerait de violer l'espace aérien de pays comme l'Irak, où les Etats-Unis dominent le ciel, ou d'alliés américains, comme les monarchies du Golfe, l'Arabie Saoudite ou la Jordanie.
   
Le général a pourtant indiqué que «nous pouvons les attaquer avec nos avions de chasse et répondre à leur attaque improbable avec une attaque aérienne sur leur sol». Improbable selon le responsable iranien Israël n'a pas, selon lui, «la capacité d'attaquer l'Iran par les airs».

Israël prend les menaces «au sérieux»
Des menaces qu'Israël dit prendre «très au sérieux». «Nous entendons trop souvent malheureusement des déclarations haineuses et belliqueuses venant des dirigeants iraniens», a déclaré le porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, Mark Regev.

Washington a également réagi en qualifiant ces propos d' «inutiles, pas constructifs et presque provocateurs». Selon la porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino, «Israël ne cherche pas la guerre avec ses voisins et, tous autant que nous sommes, nous cherchons à ce que l'Iran se conforme à ses obligations en vertu des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU».

La Russie, quant à elle, a appelé au calme. «Tout doit mener à résoudre le problème par des moyens politiques ou diplomatiques et non à faire monter la tension soit en adoptant des résolutions de sanctions soit, Dieu nous garde, en élaborant des projets d'actions militaires», a déclaré Vitali Tchourkine, ambassadeur russe auprès de l'Onu.

Ahmadinejad en visite la semaine prochaine à Ground Zero?

Provocation? Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad souhaite se rendre à Ground Zero lors de sa visite à New York la semaine prochaine où il va pour assister à l'Assemblée générale des Nations unies.

La police «est prête à cette éventualité si cela se produit», a déclaré à la presse mercredi le chef de la police de New York, Ray Kelly. Un porte-parole de la police a précisé que la requête du chef de l'Etat iranien était «en cours d'examen». Le président iranien a également proposé un débat au président américain George Bush. Des sources proches de la Maison Blanche ont écarté une telle éventualité.
   

Posté par werdna à 00:10 - International - Diplomatie - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le MEDEF réclamait depuis longtemps la dépénalisation. Sarkozy a promis de s’y atteler…

                         

…et d’être plus accommodant sur les abus de biens sociaux.

Le Canard Enchaîné du mercredi 19 septembre

Depuis bientôt plus de quinze ans, les dirigeants patronaux attendaient cette phrase bénie de Sarko prononcée le 30 Août à l’université du Medef : « la pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur, je veux y mettre un terme. » L’abus de biens sociaux terrorise les patrons car il est devenu le synonyme de détention provisoire et d’imprescriptibilité. Plusieurs d’entre eux ont été écroués et condamnés, ces dernières années, pour avoir confondu l’intérêt de leur entreprise avec la leur. Enfin, un chef de l’Etat qui promet de remettre sur ses pieds un droit des affaires qui marche sur la tête des dirigeants ! Chirac lui-même n’avait pas osé le faire.

Las, le 14 septembre, la rupture Sarkozienne semble marquer un coup d’arrêt. En conseil des ministres, Rachida Dati explique qu’« il n’y aura pas de dépénalisation d’abus de bien sociaux ». Le président démenti par son garde des Sceaux, il ferait beau voir ! Heureusement, l’entourage de la ministre s’empresse aussitôt de préciser au Canard que « l’abus de biens sociaux ne sera pas dépénalisé, mais, en revanche, sa prescription sera revue et alignée sur le droit commun ». Traduction : le gouvernement maintiendra le délit, mais restreindra la possibilité, pour les juges, de les poursuivre. Malin !

L’harmonieuse rupture

Dati, en la circonstance, ne fait que marcher dans les pas de Sarko. Depuis plus de dix ans, l’ancien ministre du Budget se bat pour dépénaliser le droit des affaires, comme le réclame le Medef dont son frère Guillaume Sarkozy est un des représentants éminents. Dès 1995, le CNPF (ancêtre du Medef), écrit à Jacques Toubon alors ministre de la Justice, pour lui proposer de supprimer de « nombreuses sanctions pénales » et de les « remplacer par des sanctions civiles ». Sarko relaie l’organisation patronale et réclame, en 1996 que « la prescription sue l’abus de biens sociaux soit la même que pour n’importe quel autre délit ». La même année, Pierre Mazaud, président de la commission des lois à l’assemblée, dépose une proposition de loi pour fixer un « délai raisonnable » de prescription, entre cinq et dix ans. Mais Chirac, empêtré dans les affaires, recule devant la bronca et les accusations d’autoamnistie.

Sark continue le combat : « Qui peut prétendre qu’un crime se prescrive au bout de dix années, alors que le délit d’abus de bien social est devenu de facto imprescriptible ? », écrit-il dans « Libre », le bouquin qu’il propose en 2001. La réforme Sarko est donc écrite depuis longtemps. Elle aura pour conséquence d’empêcher l’éclosion de beaucoup d’affaires. Et d’étouffer toutes celles qui demeurent ennuyeuses pour certains. Le président Sarko, lui aura bien mérité du Medef pour avoir porté opiniâtrement pendant dix ans, l’une de ses principales revendications. Une belle constance pour qui prône la rupture !

Les élus locaux ne seront pas oubliés

Sarko envisage également de s’attaquer à la dépénalisation du Code des collectivités locales.

La question a été soulevée par Michèle Alliot-Marie à la fin du conseil des ministres, le 12 septembre. Une fois n’est pas coutume, la ministre de l’intérieur a eu droit aux félicitations du président qui a « marqué son soutien à cette démarche ».

Le sujet est sensible : de nombreux élus locaux ont été mis en examen et parfois condamnés pour les motifs les plus divers. Par exemple à la suite d’accidents dus à des équipements en mauvais état.

Mais aussi pour des marchés truqués, des délits de favoritisme ou des trafics d’influence. Le porte parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, a assuré que le but de la réforme envisagée était seulement d’éviter de se retrouver en correctionnelle pour « un panneau de basket qui s’effondre ». mais il a tout faux car le problème ne se pose plus. Depuis juillet 2000, la loi Fauchon a réglé la question à la satisfaction générale.

Contactés par le canard, l’Association des Maires de France (majoritairement à droite), assure d’ailleurs : « Il n’y a plus de problème, nous ne sommes demandeurs de rien. » Alors ? Que veulent Michèle Alliot-Marie (qui est aussi ministre des collectivités locales et adjointe au Maire de Saint-Jean de Luz) et Sarko (ex-maire de Neuilly et ancien président du Conseil Général des Hauts-de-Seine) ? Préparent-ils une réforme inavouable qui leur permettrai d’envoyer à la poubelle les vieilles affaires de marchés truqués et d’emploi fictifs ?

Posté par werdna à 00:09 - Justice - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Laurence Parisot entendue par la brigade financière de Dijon

REUTERS : mercredi 19 septembre 2007

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a indiqué mercredi soir dans un communiqué qu'elle "déposait plainte sans délai auprès du parquet" à la suite d'une information révélée par la presse faisant état de son audition dans le cadre d'une enquête préliminaire.

Selon France-Info qui a divulgué cette information, Laurence Parisot aurait été entendue comme "simple témoin" par la brigade financière de Dijon, dans une affaire d'abus de biens sociaux relatif à "un détournement de plus de 200.000 euros de la société familiale". L'entreprise familiale, située en Haute-Saône, est spécialisée dans la fabrication de meubles.

La présidente du Medef confirme dans son communiqué avoir été "récemment entendue en temps que simple témoin à Dijon dans le cadre d'une enquête préliminaire". "Cela à la suite d'un conflit commercial concernant une société héritée de mon père et à la suite d'un jugement du tribunal de commerce qui m'a été totalement favorable", tient à préciser Laurence Parisot.

Elle s'insurge contre la publicité médiatique donnée à cette affaire se déclare "choquée par cette violation du secret de l'enquête et les rumeurs fallacieuses" dont elle se considère "victime".

La dépénalisation des patrons arrive à point

Posté par werdna à 00:08 - Justice - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le président cannibale veut tout : «vous m'entendez, je les boufferai tous...».

De Hervé Algalarrondo - Le Nouvel Observateur 19/09/07

Nicolas Sarkozy est à la fois Premier ministre, ministre de l'Economie, de l'Intérieur, ministre de tout. Comment ne pas voir dans l'omniprésence et l'omnipotence présidentielles une régression démocratique ?

Sur la route de l'Elysée, Nicolas Sarkozy a eu pendant vingt ans un seul objectif : «Les bouffer tous.» La formule lui venait aux lèvres (spontanément, dans les circonstances les plus improbables : «Vous m'entendez, je les boufferai tous», assénait-il à des interlocuteurs ébahis venus l'interroger sur tout autre chose. Pour devenir président, il pensait devoir littéralement avaler ses rivaux et adversaires. Il parviendrait au sommet, pronostiquait-il; parce qu'il avait plus faim que les autres : l'Elysée était hors d'atteinte pour les appétits d'oiseau.
Les bouffer tous : loin de l'avoir rassasié; l'élection à la présidence de la République de Nicolas Sarkozy semble avoir décuplé sa boulimie. Pendant la campagne présidentielle; il a confié à Yasmina Reza (1) : «l'ambition n'est pas finale, il y a un lendemain à l'ambition.» Manifestement; ce «lendemain» n'est pas d'actualité. L'ambition est toujours là; vorace. Avec Sarkozy, les Français ont porté à l'Elysée le premier président cannibale. Cannibalisé; le Premier ministre; dont il ne reste plus que la peau et les os; cannibalisés; les ministres; tous les ministres; les victimes de la semaine étant le ministre du Travail et le secrétaire d'Etat à la Fonction publique; réduits à enregistrer la feuille de route présidentielle sur les retraites ou la carrière des fonctionnaires; domaines il n'y a pas si longtemps du ressort exclusif du gouvernement.



Au début; on a trouvé ça rafraîchissant : le prédécesseur de Sarkozy Jacques Chirac; avait pris l'habitude de se cacher derrière son petit doigt; se cantonnant à la politique étrangère. Enfin un président qui assumait ! Après quatre mois; l'atmosphère tend à devenir étouffante : vite, un jour sans Sarkozy pour reprendre la proposition d'une association ! Car comment ne pas voir dans cette omniprésence; dans cette omnipotence; une régression démocratique ? Sarkozy le cannibale nous ramène à l'âge de pierre de la politique :
«Nous avons des institutions et une pratique institutionnelle qui sont, je le dis en pesant mes mots, indignes d'un grand pays comme le nôtre, indignes d'une démocratie», a justement déclaré ce week-end François Bayrou; ajoutant : «Nous, le pays de la Révolution, nous acceptons tous les jours quelque chose qui n'est accepté dans aucun pays démocratique : nous acceptons l'absolutisme présidentiel.»


François Fillon est arrivé à Matignon en affirmant bien haut la préséance de l'Elysée. Il ne revendiquait qu'un rôle de «copilote». Il est traité comme un vulgaire «collaborateur» par un président qui semble irrité à l'idée que le Premier ministre qu'il a choisi; qu'il présentait il y a peu comme un «ami», lui vole ne serait-ce qu'une parcelle de pouvoir. A l'Elysée comme à Matignon; on s'efforce de colmater la brèche. Mais Fillon; plus orgueilleux qu'il n'y paraît; est blessé. Il en est réduit à mendier pour exister.

Le sort des ministres n'est pas plus enviable. Ainsi Christine Lagarde. Sarkozy a assuré qu'« elle allait exploser si elle suivait ses conseils». En attendant; la ministre de l'Economie est au bord de l'implosion. Pas seulement parce qu'elle paie sa gaffe sur l'annonce d'un «plan de rigueur» pour la fonction publique. La considérant comme une novice; le président traite directement avec Stéphane Richard; un ami proche qu'il a imposé à Lagarde comme directeur de cabinet; comme il l'avait imposé à son éphémère prédécesseur; Jean-Louis Borloo. C'est le trio Sarkozy-Richard-Pérol (le secrétaire général adjoint de l'Elysée) qui fixe la politique économique de la France. Lagarde la commente.
«Je décide, il exécute» : Sarkozy avait été mortifié que Jacques Chirac le tance ainsi; le 14 juillet 2004. Je décide; ils exécutent : telle est pourtant aujourd'hui sa ligne de conduite. Encore cette formulation fait-elle la part trop belle aux ministres. Car l'Elysée se charge souvent de l'exécution. C'est le sherpa du président; Jean-David Levitte; et non le Quai-d'Orsay; qui a négocié avec le gouvernement kiribatien l'immobilisation du navire qui a provoqué la mort d'un pêcheur breton le 17 août. C'est l'Elysée; et non Bercy; qui a établi les modalités de la fusion Suez-Gaz de France. «Je décide, ils (ou elles) font tapisserie» : voilà qui rend mieux compte du traitement infligé par le président à ses ministres.

Posté par werdna à 00:06 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Sarkozy joue l’étouffement des syndicats par son activisme.

Marianne 18 septembre 2007-09-19

Les syndicats craquent ! Les confédérations en ont ras le bol de l’activisme de Sarkozy. Dans le trimestre à venir, elles doivent assumer trois conférences de négociation (conditions de travail, égalité hommes-femmes, emplois et revenus), plus le « Grenelle de l’environnement », le financement de la protection sociale (transmis au Conseil Economique et Social) et voilà maintenant les régimes spéciaux avec, en perspective, la réforme de la fonction publique. Ouf !

Dans ce tourbillon, les syndicalistes ont très peur de se faire « instrumentaliser » par le gouvernement. François Chérèque l’a fait savoir à François Fillon, lors d’une discrète entrevue le 11 septembre, et lui a demandé un « agenda social » clair. Les conseillers du gouvernement de leur côté, se sont bien aperçus que les syndicats manquent de forces vives pour suivre tant de dossiers, alors que de l’autre côté, le Medef a les moyens d’aligner « des juristes et des économistes époustouflants ».

Posté par werdna à 00:05 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Bruno Julliard : «Le gouvernement nous a trompé»

Par François Vignal LIBERATION.FR : mercredi 19 septembre 2007

Valérie Pécresse a annoncé qu'il y aurait 50.000 étudiants boursiers de plus pour la rentrée 2008. Pas assez pour l’Unef, qui dénonce des «mesures paillettes».

La ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, a présenté ce matin en Conseil des ministres ses nouvelles mesures pour le système des bourses étudiantes. A la rentrée 2008, 50.000 étudiants supplémentaire en bénéficieront, portant le nombre de boursiers à 550.000. Plus de bourses au mérite sont prévues, ainsi qu’une revalorisation de l’aide de 4,5% pour les 100.000 étudiants les moins favorisés. Ce n'est pas assez selon Bruno Julliard, président de l’Unef, qui dit s’être fait «tromper» par le gouvernement. Entretien.

Le ministère annonce pour 2008 plus de boursiers et d’aides. Mais rien sur le point noir : le logement.

Cette réforme était très attendue alors que les enquêtes font état d’une baisse continue du niveau de vie des étudiants. En lançant au printemps la concertation sur la réforme instaurant l’autonomie des universités, Valérie Pécresse avait jugé essentielles les questions de la vie étudiante étaient et promis des mesures à la rentrée. Le logement étudiant, un des points cruciaux, a été séparé, des annonces sont prévues en décembre, après la parution du rapport du député Jean-Paul Anciaux attendu fin novembre.

Vous vous déclarez «très déçu» par les annonces de Valérie Pécresse. Pourquoi ?


D’abord elle n’annonce absolument rien pour cette année. Tout est reporté à 2008. Il y a juste une légère revalorisation des bourses qu’elle avait déjà annoncée il y a trois mois. Or c’est maintenant qu’il faut de nouvelles mesures. Pour la sixième année consécutive, il y a une baisse de pouvoir d’achat des étudiants et ils n’augmentent que de 50 000 le nombre de boursiers alors que nous en voulions 200.000.

Quelle est la situation sociale des étudiants aujourd’hui ?
Le système d’aide sociale est insuffisant parce qu’il y a de plus en plus d’étudiants qui travaillent, davantage de situation de vraie pauvreté. On estime qu’un étudiant sur deux travaille “en concurrence“ avec ses études. Les annonces de la ministre ne vont rien y changer.

Vous êtes plus offensif qu’au moment de la présentation du projet de loi sur l’autonomie des universités en juin dernier…
On est très mécontent parce qu’on a l’impression de s’être fait tromper sur la question des bourses. Nicolas Sarkozy nous avait dit après son élection «aider nous à faire passer la réforme de l’autonomie et derrière les moyens suivront, les étudiants seront la priorité». Là c’est un peu la douche froide. Je pense que le gouvernement, et Valérie Pécresse notamment, souffre d’un excès de confiance en soi. Ils sont convaincus qu’après avoir pu faire passer une réforme, ils peuvent se permettre tout et n’importe quoi. On est bien déterminé à leur faire comprendre que ce ne sera pas le cas. On ne sera pas les pompiers du gouvernement. S’il ne respecte pas ses promesses sur les différents chantiers, ça se passera mal.

Posté par werdna à 00:04 - Education - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Plus importants que les ministres : les 3 personnages qui, à l'Elysée, fabriquent la politique économique et sociale de Nicolas

Martine Gilson Le Nouvel Observateur 19/09/07


Raymond Soubie, l'expert social, Henri Guaino, l'économiste antilibéral, François Pérol, le spécialiste des affaires industrielles sont les mécanos de l'Elysée.

On les appelle «la bande des trois». Des missi dominici indispensables, soumis en permanence à la pression du chef de l'Etat. Dévoués corps et âme le jour, bien sûr, mais aussi la nuit, le samedi, le dimanche, chacun différent, tous complémentaires, même s'ils échangent entre eux parfois de violents coups de gueule. Bref, des superministres réunis sous la houlette du vice-président, Claude Guéant.


Prenez la politique sociale du chef de l'Etat, sa réforme des régimes spéciaux de retraite notamment, et la méthode avec laquelle il va s'y prendre. C'est le talentueux Raymond Soubie qui s'en occupe. Ce mélomane est aussi calme que l'élu du 6 mai est frénétique. Ancien conseiller social du Premier ministre Jacques Chirac en 1974, puis de son successeur Raymond Barre, Enarque, c'est l'un des papes de la négociation sociale en France. Lorsqu'il quitte l'or des palais en 1981, il prend la tête de Liaisons sociales, un groupe de presse spécialisé dans les relations du même nom. Onze ans plus tard, il passe dans le privé et crée Altedia, une société de conseil en relations humaines, «adossé» depuis à Adecco, le leader mondial du travail temporaire. Une jolie réussite : en 2004, 80% des entreprises du CAC 40 sont clientes de la société. Raymond Soubie est riche. PDG d'un groupe privé, celui que les syndicats surnomment gentiment «Raymond-la-science» continue d'être consulté et donne son avis sur tout, des grèves de 1995 au conflit du CPE en passant par le changement de statut d'Air France.

Deux jours après avoir été élu, le nouveau chef de l'Etat lui demande de venir à l'Elysée. Soubie accepte. Il persuade très vite le président de la République de ne pas passer en force sur le service minimum dans les transports publics. Il fait de même avec les régimes spéciaux. Le 18 septembre, Sarkozy annonce qu'en la matière ils seront alignés sur celui de la fonction publique - contrairement aux voeux de sa majorité, désireuse d'aller plus loin, plus vite -, mais en passant par le dialogue, entreprise par entreprise. Lorsque le dimanche 9 septembre François Fillon fait sa sortie sur l'imminence d'un projet de loi sur les retraites de la SNCF et de la RATR entre autres, ce ne sont pas les conseillers au premier ministre que les leaders syndicaux appellent, c'est Raymond Soubie.

Regardez ensuite la politique macroéconomique du chef de l'Etat, ses critiques virulentes contre Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne. Ou encore la volonté du chef de l'Etat de parvenir à 3% de croissance en dépit du pessimisme des experts et de la crise boursière. C'est Henri Guaino, anti-maastrichtien, séguiniste, antilibéral ! Un homme sympathique à l'accent du Midi, 50 ans, la mine épanouie, il a concocté avec Philippe Séguin, aujourd'hui président de la Cour des Comptes, le programme de Jacques Chirac sur la fracture sociale lors de la présidentielle de 1995. C'est lui qui en 1994, quand le maire de Paris est au plus bas dans les sondages, convainc le candidat de rompre avec la rigueur d'Edouard Balladur.

En privé, Guaino dit volontiers qu'il se moque des déficits, de la dette. Economiste de formation, il est devenu le parolier de Nicolas Sarkozy, cite volontiers Malraux, Hugo, Jaurès. Affirme qu'il ne faut en rien confondre Molière et Walt Disney. Bien sûr, Nicolas Sarkozy peaufine les discours de ce conseiller social, il le retoque parfois. Guaino est depuis longtemps un fan de la TVA sociale. Il attendra. Il a perdu une bataille, en tout cas jusqu'aux municipales de mars prochain. Il n'a pas perdu la guerre. C'est en partie à cause de ce conseiller que Christine Lagarde, la ministre de l'Economie, s'est sévèrement fait tacler par le président pour avoir osé prononcer le mot de «rigueur» à propos des suppressions d'emplois dans la fonction publique.

Le troisième homme, c'est François Pérol, 43 ans, secrétaire général adjoint de l'Elysée, chargé des affaires industrielles. Un spécialiste que tout le monde trouve brillant. Il vient de la maison Rothschild mais il est, lui aussi, un fidèle du président de la République. Mais dans son domaine, la politique industrielle, son influence est moins grande. Parce que le chef de l'Etat adore se plonger lui-même dans ces dossiers concrets. Quand Alcatel a des problèmes, il invite les syndicats. En cette matière, c'est un étatiste. Quand éclate l'affaire Suez-GDF, il reçoit lui-même en tête à tête à la Lanterne, la résidence de week-end du couple présidentiel, le secrétaire général de la fédération CGT de l'Energie, Frédéric Imbrecht. Le président de la République le connaît bien. N'a-t-il pas en 2004, quand il était à Bercy, au moment du changement de statut d'EDF, conclu un bon deal avec la CGT ?


Ce n'est un secret pour personne : le chef de l'Etat a su s'entourer.  Mais aujourd'hui il est au pied du mur. Après avoir dit, il doit faire. Sans froisser ni sa majorité ni le patronat, encore moins les organisations syndicales. Peut-il continuer à gouverner avec sa bande ? C'est une autre paire de manches.

Posté par werdna à 00:04 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4   Page suivante »