jeudi 20 septembre 2007
Logement étudiant : pour une chambre de 12 m2, 40 candidats dans l’escalier
Par AMELIA BLANCHOT Libération jeudi 20 septembre 2007
Trouver un toit à Paris : une course semée d’embûches.
A Paris, tout est bon pour proposer des offres alléchantes aux étudiants désespérés. Ambre, 20 ans, étudiante en première année de médecine, s’est laissée avoir : «Ne trouvant rien chez les particuliers, j’ai souscrit un contrat dans une agence qui, pour 169€, me promettait de me trouver un logement en six mois. Résultat : rien. J’avais pris contact avec des propriétaires, en vain, je ne leur convenais pas. Je n’avais pas de garants physiques mais Locapass m’avançait ma caution. J’avais en plus un CDI en restauration rapide. Cela n’a pas suffi.»
Sans garants.
En province, la course au logement est moins violente. François, 24 ans, étudiant en journalisme, pensait que «ça allait être plus dur». Locataire auparavant d’un appartement à Nancy, «où les loyers sont moins chers, évidemment», il a trouvé un 35m 2 pour 450euros en plein centre de Marseille.
Parfois, les jeunes privilégient le loyer au détriment de l’hygiène. Ainsi Geoffrey, 18 ans, qui étudie le cinéma. «J’ai pris le premier que j’ai visité: pour 260€, une chambre de bonne de 11m2, au 7e étage sans ascenseur, sans douche, avec toilette à l’étage. Je n’ai pas le choix : je suis boursier mais je n’ai pas été pris en résidence universitaire.» Les 3242 logements universitaires proposés par le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) de Paris ont été pris d’assaut.
Parmi ces chasseurs de toits, Aurélie, 19 ans, fraîchement débarquée de Besançon. C’est sa première visite. Elle se soldera par un échec. « Je passe exclusivement par les particuliers, les agences sont trop chères. Mais les propriétaires ont rapidement les répondeurs saturés, il est difficile d’obtenir des visites», souligne cette étudiante en anglais. Arrivée mi-septembre dans la capitale, Aurélie n’a pas pu s’y prendre plus tôt : «Je n’ai eu la réponse de la Sorbonne que le 5 septembre.» Pour faire face aux exigences financières de la vie parisienne, la jeune fille a contracté un prêt étudiant de 5000euros. Qui s’ajoute à un petit boulot, à hauteur de 10 heures par semaine. Elle explique ce choix: «Je ne suis pas boursière, mais cela ne veut pas dire que mes parents peuvent tout me payer.»
Sur la petite annonce, la propriétaire avait fixé le rendez-vous à midi, devant un immeuble du Xe arrondissement. Une chambre de 12m2 avec douche et toilettes pour 385 euros. Une affaire. Les plus avisés étaient sur le pied de guerre à 11h30. Sur la porte du bâtiment, un bout de papier scotché indique «Pour visiter la studette, veuillez appeler le 06…». Le portable est vite dégainé et une fois le code en poche, direction le studio. Après une cour en travaux aux allures de chantier, un escalier envahi par les aspirants locataires. Une quarantaine de personnes forment la file d’attente. L’ambiance est mitigée. Certains se perçoivent comme des concurrents, silence de rigueur et regard en coin, d’autres plutôt comme des compagnons de galère, échangeant en riant leurs anecdotes sur le marathon du logement à Paris.
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