lundi 10 septembre 2007
Quand commissions et comités concurrencent les travaux du gouvernement...
Le 07 septembre 2007 - L'analyse d'Éric Zemmour, grand reporter au service politique du Figaro.
Dans l'inconscient républicain, la commission est un grand cimetière. « Quand je veux enterrer un problème, je crée une commission » : mot devenu légendaire de Clemenceau, autant que les « comités Théodule » chers au général de Gaulle. Si l'on suivait notre inconscient républicain, Nicolas Sarkozy ferait figure de croque-mort de masse. Pas un jour sans sa commission, pas un sujet sans son groupe de travail. Commission Balladur pour la « modernisation des institutions ». Commission Attali « pour la libération de la croissance française ». Commission Pochard sur la revalorisation du métier d'enseignant. Commission Larcher sur l'hôpital public. Commission Ménard sur le plan Alzheimer. Etc.
Selon les pouvoirs publics, il ne s'agit pas bien sûr d'ouvrir un grand cimetière des réformes. Au contraire. « En début de quinquennat, il faut de l'évaluation et du diagnostic », explique l'Élysée. « Les groupes de travail servent à prendre de la hauteur », dit en écho Laurent Wauquier, le porte-parole du gouvernement. Même si l'on crédite le nouveau pouvoir de sa bonne foi, on reconnaît sans difficultés la patte Sarkozy : l'avalanche d'annonces pour saturer l'espace médiatique ; préparation intense d'artillerie médiatique pour préparer l'opinion à la réforme ; le mouvement permanent pour donner l'impression de l'action permanente.
Un tel foisonnement finit quand même par susciter des questions. Ces commissions venaient déjà sur un champ déjà abondamment labouré par leurs prédécesseurs. Ainsi, quelle sera la plus-value du futur rapport Attali comparé au récent rapport Camdessus, qui était, si l'on s'en souvient, le livre de chevet du candidat Sarkozy ? Et si tous les sujets de fond sont traités par les commissions, que restera-t-il aux ministres ?
C'est sans doute le premier objectif caché de cette commissionnite aiguë. Selon les principes du management moderne dans les entreprises privées, croiser les points de vue, ouvrir portes et fenêtres, métisser les expériences et les regards. Bref, en finir avec la dictature des administrations, et de leurs technocrates tout-puissants qui se croient dépositaires exclusifs de « l'intérêt général ».
Dans notre longue histoire, ce gouvernement par les comités a un précédent resté célèbre, sous la Régence. Lorsque le duc d'Orléans prit le pouvoir à la mort de Louis XIV, il instaura d'innombrables conseils chargés de l'assister dans sa tâche. Il s'agissait déjà dans l'esprit de son grand concepteur, le duc de Saint-Simon, d'en finir avec la tyrannie des « bureaux », qu'avait selon lui instaurée Colbert. Ce fut un fiasco, et le régent rétablit vite la gestion centralisée héritée de Colbert. Jusqu'à Bonaparte qui lui donna la force indestructible du granit.
On a souvent comparé Sarkozy à Bonaparte. La nouveauté est que le président associe « hyperprésidence » personnalisée et multiplication des comités. Car la dictature des bureaux n'est supportable que lorsque les ministres ont assez de poids et d'autorité pour leur en imposer. C'était déjà le problème de la monarchie française après la mort de Colbert. Ou la disparition de Bonaparte. Ou la mort du général de Gaulle. À chaque fois, les bureaux relèvent la tête et n'en font qu'à leur guise. Or, Sarkozy sait mieux que personne que les ministres qu'il a nommés ne sont pas, pour la plupart, à la hauteur de cette tâche. C'est d'ailleurs qu'ils n'ont pas été choisis par le président pour leur compétence, leur expérience, ou même leur poids politique. Les critères de sélection ont été tout autres : sexe, origines, couleur, âge. Sarkozy a composé un gouvernement pour satisfaire aux canons du politiquement correct médiatique. C'est « United Colors of France ». On est plus près du gouvernement de Zapatero que celui du général de Gaulle.
Autres temps, autres moeurs. Le marché mondialisé a ôté l'essentiel de ses pouvoirs de régulation aux ministères des Finances des États. Quand la crise financière gronde, les gouvernements regardent passer les trains. Bruxelles a transformé les différents États en traducteurs de ses directives. Le rôle des ministres s'est vidé de sa substance. Sarkozy n'a jamais oublié une lointaine conversation avec Silvio Berlusconi qui lui expliqua un jour qu'il les choisissait en fonction de leurs talents télégéniques. Sarkozy connaît mieux que personne les limites de ceux qu'il a choisis. D'abord, parce qu'il passe son temps, avec Claude Guéant, à corriger leurs « gaffes », comme on l'a encore vu avec le « plan de rigueur » de Christine Lagarde. Surtout, Nicolas Sarkozy a gardé la nostalgie du premier gouvernement auquel il a participé, celui dirigé par Édouard Balladur, composé de poids lourds comme Simone Veil, Pasqua, Juppé, etc. Il faisait déjà la différence avec ses collègues des gouvernements Raffarin et Villepin. On peut penser qu'il fut aussi impressionné par la « dream team » de Lionel Jospin en 1997. Depuis, de DSK à Védrine, en bon « directeur des ressources humaines », Sarkozy puise sans se gêner ni se lasser dans ce vivier d'exception.
Le doute s'installe sur les marchés financiers
De PLantu

Oussama Ben Laden réapparaît : curieuse coïncidence
L'éditorial de Pierre Rousselin - Le Figaro 10 septembre
Six ans après les attentats du 11 septembre 2001, Oussama Ben Laden réapparaît alors qu'on le croyait mort. La vidéo qui le montre avec les traits rajeunis et la barbe joliment colorée n'apporte par ailleurs rien de très nouveau.
Toujours est-il que Ben Laden est encore là. Véridique ou trafiqué, le message, arrive à point nommé, à la veille du sixième anniversaire des attentats qui ont changé la face de l'Univers. À la veille, aussi, du grand débat qui s'ouvre cette semaine aux États-Unis pour évaluer la stratégie en Irak.
Comme chaque 11 septembre, tout le monde se remet à parler du cerveau des attentats d'il y a six ans. Depuis le temps, Ben Laden est devenu une icône, une figure mythique, source d'inspiration des djihadistes de la planète, sans véritable rôle opérationnel dans les attentats qui secouent l'Occident comme le monde musulman, sa réapparition sur Internet est avant tout un geste de propagande.
La vague terroriste mise en mouvement il y a six ans continue de déferler dans le monde sans qu'il lui soit nécessaire de l'orienter avec précision. Ces derniers jours l'ont montré : au Maghreb et en Europe, des organisations locales se réclamant d'al-Qaida ont voulu frapper ou ont réussi à provoquer des carnages.
Six ans après le 11 Septembre, la menace terroriste n'a pas faibli. Cela donne à George W. Bush un argument pour mobiliser l'opinion en faveur de sa politique à Bagdad. Il faut, dit-il, éviter que l'Irak, longuement évoqué par Ben Laden, ne se transforme en un « sanctuaire » d'où al-Qaida pourrait « lancer ses attaques contre l'Amérique ou tout autre allié ».
La précédente vidéo de Ben Laden était intervenue à la veille des élections présidentielles de 2004 et avait bien aidé Bush face à Kerry. Cette fois-ci, l'image du chef d'al-Qaida apparaît juste avant le débat au Congrès sur la stratégie américaine en Irak. Curieuse coïncidence…
Loyer étudiant : le comparatif de 115 villes françaises
Le Figaro - Alexandre Panizzo. Publié le 10 septembre 2007
Les prix des loyers étudiants font le grand écart, allant de 160 euros à 900 euros suivant les académies. C'est bien sûr à Paris, Créteil et Versailles qu'ils sont le plus élevés.
Alors que la rentrée a déjà commencé pour certains, certains retardataires sont toujours à la recherche d'un appartement proche de leurs lieux d'études. Dans son guide consacré au logement étudiant, Century 21 publie la cote des loyers pratiqués dans cent quinze "villes étudiantes". Certes, l'accalmie observée sur le marché de l'immobilier depuis deux ans se vérifie également pour les logements étudiants, mais la note est toujours très salée pour des jeunes qui doivent mettre la plus grande partie de leur budget dans cette dépense pourtant essentielle.
L'étude analyse les loyers mensuels charges comprises, pratiqués pour une chambre ou un studio entre 15 et 20 mètres carrés, voire 25 mètres carrés, au confort standard. Sans surprise, c'est Paris qui se place en tête des villes plus chères, avec des loyers qui peuvent atteindre 800 et 900 euros dans le 5e et le 6e arrondissent. Dans le 13e, soit le cœur de la capitale, il faudra débourser entre 450 et 750 euros mensuels. Les académies de Créteil et Versailles sont également particulièrement onéreuses, avec des loyers qui peuvent respectivement atteindre 680 euros dans le 94 et 800 à Nanterre, dans le 92. Le loyer national moyen d'un bien immobilier loué à un étudiant s'élève, quant à lui, à 347 euros. Lyon ne s'éloigne pas trop de cette règle, puisque dans son académie, les prix sont compris dans une fourchette allant de 250 à 500 euros. Mais c'est surtout au Havre que les prix sont les plus intéressants. Pour un prix de départ de 160 euros, la ville affiche le tarif le plus intéressant de tout le comparatif.
Bio, éthique et durable Consommer intelligent devient tendance !
Doan Bui - Nouvel Observateur - 10 septembre
Nous sommes tous consommateurs, mais aussi citoyens effarés par la dégradation de notre environnement, les inégalités de la mondialisation et la menace du réchauffement climatique. La solution ? Consommer mieux. Mais oui, c'est possible ! Sans renoncer à la qualité et au style, comments'y retrouver dans une offre foisonnante et décrypter la stratégie des multinationales qui, elles aussi, se lancent à la poursuite des « alterconsommateurs » ?
Chez Monoprix on ne jure plus que par le vert : l'enseigne a été la première à mettre en avant les Max Havelaar et compagnie, mais elle a son propre label, Monoprix Bio et Monoprix Vert. Elle a sa ligne d'habits en coton bio et équitable, qui font un carton ( + 50 % en 2006 ). Ses voitures de livraison roulent au gaz naturel.
Les alterconsommateurs. Les « créa cul » - pour « créatifs culturels » . Ou, plus pointu, les lohas : Lifestyles of Health and Sustainability ( modes de vie autour de la santé et du développement durable ), un nouveau mouvement qui fait fureur aux Etats-Unis et au Japon. « Aux Etats-Unis , le marché loha représente au bas mot 200 milliards de dollars : plus aucune marque ne peut désormais l'ignorer », dit ainsi Gwyne Rogers, de Natural Marketing Institute, un institut d'études américain. Qui va lancer une étude - encore une ! - sur les lohas européens. Une tribu qu'on ne peut désormais plus rater. En témoigne l'ouverture début juin de Whole Foods Market, à Londres, le plus grand supermarché bio d'Europe, avec queues interminables et scènes d'émeutes et de piaillements.
Qu'on se le dise, être écolo est au top de la tendance. Regardez Al Gore. Depuis qu'il s'est métamorphosé en héraut anti-CO 2, l'ex-loser à la présidentielle est désormais « la nouvelle rock star américaine » pour le « Washington Post ». Le magazine glamour « Vanity Fair » a consacré au printemps un numéro spécial vert aux célébrités les plus écolos. George Clooney, Robert Redford, ou bien Leonardo DiCaprio, dont le prochain film, « la 11 e Heure », est consacré au réchauffement climatique : l'idole des filles est aussi total-DD dans sa vie, il roule en hybride, s'est converti à l'énergie solaire... En Angleterre, les ravissantes Heather Graham et Sienna Miller ne jurent plus que par le CO 2 workout , le régime anti-CO 2, qui vous fait réduire non votre apport calorique, mais vos émissions de carbone.
S'afficher plus vert que vert ? Les grandes entreprises ont entendu le message. Le pétrolier BP s'est ainsi relooké avec un nouveau logo en forme de fleur verte et tente de faire oublier son nom, British Petroleum, reconverti en un habile « Beyond Petroleum ». Total chante les vertus de ses énergies éoliennes dans des champs de blé ondoyant sous le vent, et tant pis pour l' « Erika »... Leroy-Merlin nous fait rêver de maisons « où l'air est plus pur ». Renault achète des pages de publicité verte pour son programme Eco 2, histoire de rattraper la coolissime Toyota Prius, devenue le symbole de la génération DD. La déferlante est telle qu'on commence à parler de greenwashing, enfin plutôt de « blanchiment écologique » .
L'Alliance pour la Planète, qui regroupe plusieurs ONG écolos, a d'ailleurs décidé de réagir en créant un Observatoire indépendant de la Publicité pour contrôler les dérives.
L'Alliance a ainsi déjà mis au piquet plusieurs pubs écolo-incompatibles. On se régale ! Il y a le « moteur qui respire » de la Range Rover, les 4 x 4 étant particulièrement forts pour se la jouer nature sauvage. Les camions Iveco et leur slogan croquignolet : « Le nouveau geste pour l'environnement : rouler en camion. » Ou encore Mitsubishi qui se vante d'avoir été créé « au pays des accords de Kyoto »... Alors beaucoup de blabla et pas d'actions ? Pas si simple. « Les entreprises ont mûri sur le sujet. Il ne s'agit plus de faire du mécénat et de se donner bonne conscience. Celles qui se contentent de faire des annonces pour la galerie risquent d'avoir un retour de bâton car les ONG sont hypervigilantes ! », dit Elisabeth Laville, consultante en développement durable.
Gare au ripolinage... A l'heure des boycotts sur internet, de la montée en puissance des associations de consommateurs via les blogosphères, l'information circule vite, très vite. Sans compter la multiplication des agences de notation éthique comme Vigeo, dirigée par Nicole Notat. Les fonds ISR ( comprenez investissement socialement responsable ) pullulent. Bref, les financiers commencent sérieusement à s'exciter sur le sujet.
L'autre avantage d'avoir une stratégie spéciale DD ? « C'est une façon de souder le personnel en interne. Et d'attirer la nouvelle génération de jeunes diplômés », dit Thierry Maillet, auteur de « Génération participation ». Même offensive dans la mode, où l'on ne jure plus que par les nouvelles fibres écolos renouvelables. Très tendance dans les magazines féminins, la fibre de bambou, l'ortie, voire le chanvre. Les aventureux essaieront les chaussettes en maïs fermenté ou les matières à base d'algues et de bois de la marque Ekyog, qui en plus auraient des « vertus anti-inflammatoires et antidémangeaisons ». L'individu CO 2-correct n'a pas l'intention d'aller se réfugier dans le Larzac, mais plutôt de flâner en toute bonne conscience dans les centres commerciaux. Bienvenue dans l'ère de l'écologie de marché.
Enfant tué lors d'un rallye : le pilote sous l'emprise de cannabis?
20Minutes - 10/09/2007 -
Le pilote de rallye dont la sortie de route samedi a causé la mort d'un enfant de cinq ans près de Béthune (Pas-de-Calais) a été mis en examen lundi à Arras pour «homicide involontaire aggravé par usage de cannabis», et placé sous contrôle judiciaire, a-t-on appris de source judiciaire.
Le pilote, Fabien Véricel, âgé de 35 ans, «va être déféré ce matin. Une information judiciaire va être ouverte contre lui», a déclaré sans autre précision à l'AFP le procureur de la République d'Arras Jean-Pierre Valensi. Il est en garde à vue et entendu par les gendarmes depuis samedi soir.
L'accident s'est produit lors du Rallye du Béthunois, samedi vers 18h: sa voiture, une Toyota Corolla WRC, est sortie de la route dans un virage en épingle, avant d'aller percuter l'enfant qui est décédé de ses blessures.
Des corridas automobiles d'une autre époque
La loi sur le droit au logement opposable risque d'être vidée de sa substance par son décret d'application
LE MONDE | 10.09.07 | Bertrand Bissuel
Six mois après sa promulgation, la loi sur le droit au logement opposable (DALO) du 5 mars risque d'être vidée de sa substance si certaines mesures, contenues dans un projet de décret, entrent en vigueur. C'est en tout cas l'opinion de plusieurs personnalités, issues du monde associatif ou appartenant au Haut Comité pour le logement des personnes défavorisées, qui siègent au Comité de suivi de la mise en œuvre du DALO.
Cette instance s'est réunie, le 5 septembre, pour examiner une version – non définitive – d'un décret d'application. Préparé par les services de la ministre du logement et de la ville, Christine Boutin, ce texte, riche d'une quinzaine d'articles, précise notamment la composition, les prérogatives et le fonctionnement des commissions de médiation qui doivent être mises en place dans chaque département d'ici à la fin de l'année.
A partir de 2008, elles auront pour mission de désigner les personnes à loger ou à héberger en urgence. Chaque dossier sera apprécié "au regard des circonstances locales", selon la formule retenue dans le projet de décret – c'est-à-dire en fonction de l'offre locative existante et des capacités d'accueil des structures d'hébergement.
Un tel critère contredit l'essence même de la loi, aux yeux de certains membres du Comité de suivi, car il permet de gérer les demandes dans la limite des stocks disponibles. L'opposabilité du droit au logement doit, au contraire, conduire les pouvoirs publics à adapter l'offre au niveau des besoins, estiment-ils.
"Si la mise en application du dispositif est modulée en fonction de l'état du marché locatif, la loi risque de ne pas jouer le rôle de levier que l'on attendait d'elle", résume Christophe Robert, de la Fondation Abbé-Pierre, qui a participé aux travaux du Comité de suivi.
AUCUNE INCIDENCE
Autre sujet d'inquiétude : le projet de décret mentionne quatre publics éligibles alors que la loi en cite six. Les personnes dépourvues de logement et celles qui vivent "dans des locaux impropres à l'habitation ou présentant un caractère insalubre ou dangereux" ne figurent pas dans le texte élaboré par les services de Mme Boutin.
Lors de la réunion du 5 septembre, le directeur général de l'urbanisme, de l'habitat et de la construction, Alain Lecomte, a fait valoir que la loi l'emportait et que l'absence de ces deux catégories dans le projet de décret n'avait aucune incidence. Mais l'argument n'a pas convaincu tout le monde.
Dans l'entourage de Mme Boutin, on souligne que le texte n'est pas définitivement arrêté et qu'une deuxième séance de consultation se tiendra avant la fin du mois de septembre. En attendant, plusieurs membres du Comité de suivi indiquent qu'ils donneront un avis défavorable au décret si celui-ci est maintenu en l'état.
La loi est dure pour certains
Moins de com' pour les ministres
20 minutes - 10 septembre
Le porte parole du gouvernement Laurent Wauquiez a annoncé dimanche que le gouvernement allait s’attaquer dans les prochains jours «à la réduction du budget communication des ministères».
«Savez-vous combien de personnes travaillent au service communication du ministère de l’Education nationale ? Plus de 600 !», a t-il lancé devant un millier de militants UMP du Rhône réunis dimanche à Saint-Pierre-de-Chandieu. «Ces économies permettront d’alléger la dette publique et de faire baisser les impôts», a expliqué le ministre, qui a indiqué que Bercy (ministère des Finances) serait le premier ministère concerné «dans une quinzaine de jours».
Enfin de vraies économies.. attendons de voir
L'opposante sud-africaine Helen Zille arrêtée
REUTERS : lundi 10 septembre 2007
LE CAP - La police sud-africaine a arrêté dimanche la principale dirigeante d'opposition du pays en raison d'une manifestation dont elle avait pris la tête pour protester contre des barons de la drogue qui sévissent dans les secteurs pauvres du Cap, a dit un responsable de son parti.
Helen Zille, dirigeante de l'Alliance démocratique (DA) qui est aussi maire du Cap, a été arrêtée après s'être rendue à un poste de police pour obtenir des éclaircissements sur l'arrestation d'un chef religieux qui avait pris part à la manifestation, a dit Grant Pascoe, conseiller de la DA.
"Plusieurs manifestants et elle se sont vu donner trois minutes pour se disperser hors du poste parce que les policiers y voyaient un rassemblement illégal. Aussitôt, la police a arrêté 15 personnes dont (Zille)", a déclaré Pascoe à Reuters.
Selon la radio nationale, Zille a été relâchée après avoir été inculpée d'infraction à une loi sur les rassemblements. Elle doit comparaître mardi devant un tribunal, a ajouté la radio.
La police s'est abstenue de tout commentaire jusqu'ici.
"La dernière fois que j'étais été mise en garde à vue comme ça, c'était sous l'apartheid", a déclaré l'opposante blanche connue pour son franc-parler et dont les propos étaient diffusés à la radio.
"C'était une marche entièrement pacifique, pour laquelle nous avions une autorisation. Elle était conforme à la loi, il s'agit d'une arrestation totalement injustifiée et d'une accusation malveillante", a-t-elle ajouté.
Le Cap est la seule grande ville sud-africaine que ne contrôle pas le Congrès national africain (ANC) du président Thabo Mbeki. Une coalition dominée par la DA administre la ville côtière depuis les élections municipales de 2006, qu'elle a remportées face à l'ANC.
Zille, élue à la tête de la DA en mai, s'est promis de protéger la démocratie contre ce qu'elle appelle la politique "raciale" de l'ANC.
Ars Electronica, le doyen des festivals d’arts électroniques, scrute la fièvre sécuritaire qui nous encercle.
MARIE LECHNER Libération lundi 10 septembre 2007
Pour vivre heureux, vivons caché. Mais des endroits où se cacher, il n’y en a plus guère… Goodbye Privacy, «adieu vie privée», constate l’Ars Electronica, doyen des festivals d’arts électroniques qui se penche sur notre société de surveillance et sur la déconcertante facilité avec laquelle nous renonçons à un droit essentiel sous prétexte de fièvre sécuritaire. A cette occasion, le festival qui s’achève demain à Linz en Autriche, a quitté ses quartiers généraux pour investir l’espace public - squares, rues, églises, jardins - créant une Second City dans la ville, reliant monde réel et cyberespace, avatars et humains, par le biais de technologies de surveillance. Point névralgique : la Pfarrplatz, place transformée en plage avec sable et transats, réplique parfaite d’une plage existant dans le monde virtuel de Second Life. Ne manquait que le ciel bleu : dans le monde réel, on ne choisit pas le temps (pourri) qu’il fait. L’Ars Electronica scrute depuis 1979 les impacts des nouvelles technologies sur l’art et la société. Longtemps célébrées comme des outils d’autonomisation de l’individu, les technologies sont également un moyen de le contrôler. Puces Rfid, biométrie, géolocalisation, caméras de vidéosurveillance, la crainte d’être tracé en permanence est vive. Cependant, jamais on n’aura mis plus de zèle à publier les moindres détails de sa vie privée sur Flick’r, Youtube ou Myspace, transformant la Toile en «vaste décharge de confessions sans fin» d’après le sociologue Richard Sennet. Ce qu’on sait moins, c’est que toutes ces traces disséminées sur le Net sont précieusement conservées dans les banques de données d’opérateurs privés, analysées de façon systématique et automatique (datamining), revendues à notre insu à des fins commerciales ou de contrôle. D’après David Lyon, professeur de sociologie à la tête du projet de recherche The Surveillance Project, ces données sont utilisées pour établir une «classification sociale» , pour établir des profils. «On sera traité différemment en fonction de la catégorie à laquelle on appartient», prédit l’universitaire lors du symposium.
Zombie. Cette surveillance affecte également l’espace public, en voie de disparition. «Quand chacun maintient l’autre sous surveillance, la sociabilité décroît, le silence étant la seule forme de protection», écrit Richard Sennet, une référence pour la cinéaste et Net-artiste autrichienne Manu Luksch (1), qui présentait son projet Faceless. Installée à Londres, elle ne s’est jamais habituée à l’omniprésence des caméras de vidéosurveillance : «Il y en avait tellement partout que j’ai trouvé superflu de rajouter la mienne.» Elle décide de réaliser un long-métrage de science-fiction en utilisant exclusivement les images de vidéosurveillance, un projet rendu possible grâce à la loi britannique sur la protection des données qui permet aux personnes filmées de réclamer une copie des enregistrements où elles apparaissent. «ll est urgent, estime Brian Holmes, libre penseur et critique d’art, que les artistes créent de nouvelles images, de nouvelles métaphores pour sensibiliser le public à cette surveillance intrusive.» La solution proposée par Konrad Becker est plus expéditive. «Pour maximiser la sécurité, il faut minimiser la vie», claironne l’artiste et hacktiviste viennois, qui vient de fonder la (sarcastique) Global Security Alliance, un organisme qui propose ses services de maintien de la paix musclés. Lors du symposium, il s’est livré à une séance de (dés-)envoûtement du public à coups de slogans provocateurs et de bombardement d’images de somnambules, de possédés, de zombies. «Notre existence unique est en train d’être supplantée par une pluralité de copies, de multiples avatars», prévient-il. C’est dans les marges du festival qu’il fallait traîner, en dehors de sa grosse exposition d’art interactif, dont on retiendra tout de même l’hypnotique Camera Lucida, qui exploite le phénomène de sono luminescence et Cloaca, la poétique machine à caca de Wim Delvoye. En sous-main, la résistance s’organise, des artistes retournent les armes contre le système. Leurs œuvres disséminées le long de la Marienstrasse agissent comme des piqûres de rappel entre les façades clinquantes de Second Life sorties de l’écran de l’ordinateur et placardées dans la rue, et les gens (réels) qui déambulent avec leur nom d’avatar flottant au-dessus d’eux, fixé sur un serre-tête.
Secrets. Mongrel, collectif britannique, pionnier du Net-art et défenseur acharné du «média libre», organise des «Spy Kiting», consistant à construire un petit cerf-volant et à le doter d’une caméra de surveillance afin d’en faire un film collaboratif. Dans une version plus sophistiquée, l’artiste slovène, Marko Peljhan présentait au musée Lentos, un prototype avancé du drone qu’il développe avec une équipe d’ingénieurs et de chercheurs indépendants, destiné à la contre-surveillance civile. Contre-surveillance encore, avec Terminal Air, installation du collectif new-yorkais Institute for Applied Autonomy, simulacre d’agence de voyage, qui affiche sur un écran des vols aux destinations «spéciales», comme le Guantanamo Bay Express. L’Institute met en scène une pratique répandue de la CIA consistant à faire transporter des détenus soupçonnés de terrorisme des pays occidentaux vers des sites secrets pour les soumettre à des interrogatoires et à la torture. Avec l’aide du journaliste d’investigation Trevor Paglen et d’une armée de trainspoteurs qui hantent les aéroports, notant les horaires des vols, et qui furent les premiers à rapporter des anomalies, ils ont réussi à dresser une carte interactive de tous les vols suspects.
Autre forme de rébellion, la soirée 100 % analogique Second Krebs, où l’on pouvait consulter l’oracle Google en lui glissant des requêtes sur des feuilles de papier, envoyer des mails (distribué par un coursier à cheval), jouer à Streefighter pour de vrai, ou reprendre des forces à la zone de téléchargement (le bar). Le portier a du refuser des avatars à l’entrée.
(1) www.ecrans.fr/La-surveillance-est-une-activite, 2048.html

