jeudi 6 septembre 2007
Des bombes nucléaires dans le ciel américain
Par Jean-Dominique Merchet LIBERATION mercredi 5 septembre 2007
Pour des raisons de sécurité, les bombardiers ne volent jamais avec leurs armes nucléaires. Et pourtant...
Un bombardier américain B 52 a traversé les Etats-Unis, le 30 aout dernier, avec cinq bombes atomiques embarquée par erreur à son bord. L'information a été révélée mercredi par le site spécialisé Militarytimes et confirmé de source militaire.
Pour des raisons de sécurité, les bombardiers ne volent jamais avec leurs armes nucléaires. Le 30 aout, les armes ont donc été embarqués suite à une négligence sur un avion qui a décollé au Dakota du Nord pour se poser en Louisiane. Les têtes nucléaires n'avaient pas été retirées des cinq missiles de croisière accrochées sous les ailes du bombardier. L'affaire a été découverte à atterrissage, au terme d'un vol de 3h30. Le président Bush a été ausitôt prévenu et des enquêtes sont en cours.
Citant un expert nucléaire, le journal en ligne Militarytimes précise qu'en cas d'accident, les armes n'auraient pas explosés, mais le plutonium qu'elles contiennent aurait été dispersé, causant une très grave pollution.
«Entre 1959 et 1968, les bombardiers étaient en alerte en vol, avec leurs armes atomiques », raconte Fréderic Lert, auteur de «B 52, cinq ans d'opérations» (Larivière, 2005). Mais il y a eu plusieurs accidents, notamment en Espagne en 1966 puis au Groenland en 1968. C'est à la suite de ce dernier accident que ces vols baptisés Chromedome ont été interdits par la Maison Blanche».
Bonjour la bavure !
La lettre de Daniel Schneidermann, producteur de l’émission Arrêt sur images
LE 05/09/07/
Bonjour à toutes et à tous,
En ces jours de rentrée, je souhaite vous donner de bonnes nouvelles de l'avenir d'Arrêt sur images.
Nous avons été silencieux cet été. Pourtant, du Tour de France à la libération spectaculaire des infirmières bulgares, en passant par les nouveaux empiètements de la presse people, nous aurions eu beaucoup de sujets à traiter, dans un univers médiatique plus monocolore, et plus violent que jamais. Mais nous préparions la rentrée. En un mot comme en cent, nous avons décidé de construire un site.
Puisqu’aucune chaîne de télé ne veut produire ni diffuser Arrêt sur images, et puisque au fond seuls ses téléspectateurs veulent que cette émission continue, nous allons nous passer de la télévision. Nous allons faire l'émission sur Internet. Evidemment, ce ne sera pas la même émission. D'ailleurs, ce ne sera pas vraiment une émission. Ce sera...un site.
Avec des textes, comme dans les blogs. Avec des images diffusées par les télés, évidemment. Avec des reportages, filmés ou écrits, sur les personnages de la tragi-comédie médiatique. Et avec des débats en plateau, comme dans l'émission supprimée par France 5. Les débats seront évidemment plus courts. On ne regarde pas des images sur Internet de la même manière qu'à la télévision.
Le site sera essentiellement financé par ses abonnés.
Nous avons beaucoup hésité à choisir ce mode de financement. Ne fallait-il pas tout miser sur la pub ou faire appel à de généreux investisseurs? C'est votre nombre, qui a emporté notre décision. Votre nombre, et la motivation de tous ceux d'entre vous que nous avons croisés cet été, au hasard de nos déplacements.
Nous n'avons donc pas fait appel à des investisseurs. Et nous souhaiterions que le recours à la pub soit modéré. En choisissant ce mode de financement, nous savons que nous allons à contre-courant d'un certain air du temps. L'air du temps répète que l'évolution vers la gratuité de tous les services produits sur Internet est inéluctable.
Nous n'aimons pas trop écouter l'air du temps. Nous faisons donc le pari inverse. Nous parions qu'assez de citoyens estimeront qu'une information indépendante sur l'univers médiatique est un service qui a un coût.
Pour autant, nous ne souhaitons pas nous limiter aux convaincus. Certaines parties du futur site seront accessibles à tous. Nous voulons qu'il contribue fortement au débat public. Nous voulons que ses analyses, ses informations, irriguent Internet, et viennent contrarier le ronron de la grosse machine.
La campagne d'abonnements sera lancée courant septembre, le temps d'achever les derniers préparatifs. Tous les détails de la résurrection d'Arrêt sur images vous seront alors dévoilés, à vous tous qui avez signé pour que votre émission continue.
Vivement 2008 !
La négociation sur le service minimum à la SNCF débutera en octobre
La Tribune - 04/09/07
La négociation sur la prévention des conflits débutera le mois prochain et celle sur la prévisibilité du service en novembre, selon un courrier de la direction adressé aux syndicats. Les fédérations de cheminots se retrouvent mercredi pour décider d'actions à mener.
Les négociations entre la direction et les syndicats de la SNCF s'annoncent chargées pour les prochaines semaines. Celle sur le service minimum, qui vise à appliquer à l'entreprise ferroviaire les dispositions de la loi du 21 août 2007, débutera en octobre, selon un courrier du DRH de la SNCF, François Nogué, adressé mardi aux syndicats et cité par l'AFP. Des tables rondes sur les salaires et le fret sont prévues pour septembre, octobre et novembre.
La négociation sur le service minimum sera en fait double: la première, sur la prévention des conflits, se déroulera "au cours du mois d'octobre", tandis que la prévisibilité du trafic fera l'objet d'une seconde négociation début novembre. "La préparation de cette négociation demandera plus de temps, notamment parce qu'elle suppose un premier travail de fond sur les dessertes prioritaires, les niveaux de service attendus par les autorités organisatrices et les plans de transport proposés par l'entreprise", écrit François Nogué.
La loi du 21 août 2007 sur le service minimum oblige les entreprises de transport concernées à signer un accord-cadre avant le 1er janvier 2008. Les syndicats sont hostiles à cette loi, qui prévoit l'obligation pour tout salarié désirant faire grève de le signaler à son employeur 48 heures avant le début du mouvement sous peine de sanction disciplinaire et la possibilité de consulter le personnel par vote secret après huit jours de grève. Ils voient dans ces mesures une atteinte au droit de grève.
Les huit fédérations de cheminots se rencontrent mercredi pour décider d'action à mener. Outre le service minimum, les syndicats ont comme motifs de mécontentement l'emploi, la restructuration du fret, les salaires, le dialogue social, la réforme du régime de retraites. La CGT-cheminots (majoritaire) plaide pour un rendez-vous avec la direction et le ministère des Transports, tandis que Sud-rail, deuxième organisation syndicale, est favorable à une action nationale interprofessionnelle.
Les ONG doivent-elles intégrer les comités d’entreprise ?
GUILLAUME LAUNAY Libération mercredi 5 septembre 2007
Jugée contre-productive, la proposition a reçu l’accueil glacial des syndicats.
«Alerte». Dans le détail, la proposition vise à réformer les CE en créant un collège de salariés élus réservé aux associations écologistes. Celui-ci aurait des prérogatives en matière de santé publique dans l’entreprise, un «pouvoir d’alerte» en cas de non-respect des normes et une expertise sur les conséquences écologiques des activités de l’entreprise.
Les deux syndicats préfèrent défendre la nécessité d’élargir aux questions d’environnement le champ d’action des instances élues dans les entreprises. «La révolution, pour les organisations syndicales, c’est d’intégrer ces questions dans leur corpus revendicatif», assure Bernard Saincy. Ce qui laisse Nadir Saïfi sceptique, même s’il souligne de nombreux points d’accord avec les partenaires sociaux : «Pendant longtemps, les syndicats ont bradé les problèmes environnementaux pour remporter des victoires sociales. On ne peut plus continuer ainsi.»
Sceptique.
(1) Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CE, composé d’élus du personnel et éventuellement de représentants syndicaux, est obligatoirement consulté sur l’organisation, la gestion et la marche générale de l’entreprise.
Le groupe n° 5 se réunira de nouveau mardi prochain. «Il y a intérêt à ce que notre proposition soit discutée», prévient Nadir Saïfi.
La contre-proposition syndicale, qui rejoint d’ailleurs la vision du Medef, tient à l’organisation, à échéance régulière, de réunions entre élus des salariés, patronat, riverains de l’entreprise et associations… mais pas dans le cadre d’une instance interne à l’entreprise.
Présentée hier après-midi devant le groupe 5, la proposition d’Ecologie sans frontière, membre de l’Alliance pour la planète, a reçu un «accueil glacial» des syndicats, selon Nadir Saïfi. «C’est un des points de désaccord, confirme Dominique Olivier, un des coordinateurs du Grenelle à la CFDT. On ne pense pas que le CE soit le bon endroit» pour intégrer les ONG. «Ce serait même contre-productif, ajoute Bernard Saincy, responsable des questions de développement durable à la CGT. On ne peut pas avoir deux types de délégués élus. Cela reviendrait à diviser les élus du personnel, en opposant l’intérêt environnemental et la question de l’emploi et des salaires.»
Autre conséquence, la mesure impliquerait la mise en place d’une liste d’associations représentatives, un «tri» que réclament plusieurs ONG.
Pour France Nature Environnement (FNE), autre ONG qui participe aussi au groupe, la question n’est pas neuve. «Ça fait dix ans qu’on en parle, pointe Arnaud Gossement, son porte-parole. Mais on se heurte toujours à des difficultés juridiques.» Ce que FNE retient, c’est la nécessité de faire un lien direct entre ONG et salariés : «Aujourd’hui, les seuls interlocuteurs que nous ne voyons jamais, ce sont les salariés, souligne-t-il. Il faut créer un espace d’éducation à l’environnement au sein des entreprises.»
Les ONG aimeraient profiter du Grenelle de l’environnement pour mettre un pied dans les entreprises. C’est un des objectifs d’Ecologie sans frontière, une des ONG (spécialisée dans le droit de l’environnement) ayant participé à la mise en place du Grenelle. Son vice-président, Nadir Saïfi, résume ainsi sa proposition : «Prendre la pollution à la source : l’entreprise.», avoir des élus représentant les ONG dans les comités d’entreprise (1).
Rigoberta Menchu brigue la présidence
David BACHÉ. Ouest-France mercredi 5 Septembre
Rigoberta Menchu, la candidate maya n'est créditée que de 4 % des voix, alors que les indigènes représentent 60 % de la population. :
Les Guatémaltèques se rendront aux urnes dimanche pour des élections locales et nationales. La lauréate du prix Nobel de la paix est la première candidate maya à la présidence.
GUATEMALA CIUDAD (correspondance). - « Un de mes grands rêves, c'est qu'un jour l'État guatémaltèque soit véritablement pluriel. Que les peuples indigènes, les Xincas, les Garifunas, les Mayas y soient présents. » Son rêve, Rigoberta Menchu, prix Nobel de la paix 1992, s'y consacre. Elle est candidate à l'élection présidentielle, sous l'étiquette « Ensemble pour le Guatemala », un parti de gauche. Dimanche, 5,7 millions de Guatémaltèques éliront leur président, leurs députés ainsi que leurs représentants locaux.
Les Indiens représentent 60 % des habitants du Guatemala, mais ils n'ont jamais eu le contrôle de leurs institutions, politiques ou financières. Rigoberta Menchu, Indienne maya, voudrait rendre à ces populations leur juste représentation : « Il faut qu'il devienne naturel qu'ils participent à la vie intellectuelle, professionnelle, universitaire et politique du pays. »
Les populations indigènes, majoritairement composées de paysans, sont les plus touchées par la pauvreté. Plus de la moitié des Guatémaltèques vivent sous le seuil de pauvreté, parmi eux 56,2 % sont indiens. « Si on regarde la campagne, on voit massivement une population délaissée au cours de l'Histoire », déplore Rigoberta Menchu. Aussi son programme est-il largement fondé sur le développement rural : « Qu'est-ce qui, mieux que mère nature, peut nous offrir de nouvelles options de vie ? C'est pour cela qu'il faut renforcer les coopératives, entreprises et associations paysannes. »
Une campagne limitée faute de financements
Dans le dernier sondage publié par la presse guatémaltèque, l'amie de Jacques Chirac n'arrive pourtant qu'en cinquième position, avec 4,13 % des intentions de vote. La faute, en premier lieu, à une campagne électorale en forme de quinzaine commerciale, à laquelle Rigoberta Menchu n'a pas eu les moyens de participer. Distribution de shampoings, spots publicitaires omniprésents à la télévision, les partis traditionnels ont dépensé des sommes considérables. « Nous ne voulons pas rentrer dans ce jeu. Et de ce fait, les autres partis nous ont distancés. Mais nous, nous arrivons avec les mains propres. Notre campagne est auto-financée à 100 %. »
Beaucoup d'Indiens ont le sentiment que la candidate maya ne les représente pas, qu'elle fait partie d'une élite. Ils lui reprochent sa compromission dans le gouvernement actuel, de droite, comme ambassadrice des accords de Paix, ou son choix d'un homme d'affaires libéral comme potentiel vice-président. Qu'importe, la simple candidature de Rigoberta Menchu ouvre un espace inédit de représentation. « Il ne s'agit pas de l'investiture d'une seule personne, rappelle-t-elle, il s'agit de tout un peuple. La nouveauté que nous sommes en train d'introduire dans le panorama politique guatémaltèque, c'est l'exercice du pouvoir. » Entre 15 et 20 députés indigènes devraient intégrer le Congrès de la République, sans compter les nombreux représentants locaux susceptibles de l'emporter. La conscience politique indigène se réveille. Une évolution politique dans les institutions, une évolution sociale dans les moeurs.

