mercredi 5 septembre 2007
Darcos présentera fin octobre un projet pour l'école primaire
REUTERS : mercredi 5 septembre 2007
PARIS (Reuters) - Xavier Darcos annonce qu'il présentera à l'automne un grand projet pour l'école primaire, récemment épinglée par un rapport du Haut conseil à l'éducation.
"Il faut à nouveau un grand projet pour l'école primaire. Je l'annoncerai d'ici la fin du mois d'octobre", a déclaré le ministre de l'Education nationale sur LCI.
Xavier Darcos a notamment l'intention de mettre en place, en fin de CM2, "un dispositif de vérification, de remédiation" sous forme de petits groupes de travail "pour faire en sorte que tous les élèves qui rentrent en sixième ne soient pas (en) difficulté".
Selon un rapport remis le 27 août au président Nicolas Sarkozy, quatre élèves sur dix sortent de l'école primaire avec de graves lacunes et 15% sont en grande difficulté.
Autre constat des experts dans ce document : l'école primaire n'aide pas à gommer les inégalités de départ entre les enfants et "semble s'être résignée à l'échec des élèves qui accumulent les insuffisances".
Europe 1, une rentrée un peu gauche
GÉRARD THOMAS Libération mercredi 5 septembre 2007
Tour à tour sérieux, sarcastique, amusé ou grinçant, Jean-Pierre Elkabbach, PDG d’Europe 1, s’est même essayé au lyrisme hier matin pour évoquer la phase de «conquête» dans laquelle il souhaite engager sa station pour la saison à venir. La présentation de la grille de rentrée d’Europe 1 - étonnant one-man-show d’Elkabbach qui demande à ses collaborateurs de se lever, les convoque sur l’estrade, leur coupe la parole et les renvoie à leur place d’un geste de la main - était plutôt organisée sous forme de contre-attaque face à une conjoncture nettement défavorable pour la station la saison précédente.
Seule radio généraliste à ne pas avoir su tirer les marrons du feu de l’audience malgré une actualité politique chargée, la station du groupe Lagardère a même dû encaisser au début de l’été le départ de plusieurs de ses poids lourds. Pire, le qualificatif de «radio Sarko» collait à l’image de la station en raison de la supposée complaisance de son patron pour le nouveau pouvoir. Mais qu’on se le dise : «Nous ne sommes ni partisans, ni courtisans, ni opposants», gronde Jean-Pierre Elkabbach. Pour preuve, selon lui, une grille de rentrée remodelée aux deux tiers dont les fondements reposent sur «l’impertinence et la liberté». La rédaction y est placée sous l’autorité de Benoît Duquesne, en provenance de France 2.
«Liberté».
Peau du dos. Pour le reste, la grille a été musclée autour d’une matinale allongée jusqu’à 11 h (le 5-7 de Thierry Fréret, puis le 7-11 sous la houlette de Jacques Pradel) suivi du Grand Direct de Jean-Marc Morandini (11h-14 h). Laurent Ruquier, rattrapé par la peau du dos, resigne pour On va s’gêner (16 h), et Guillaume Durand fait son retour à la radio avec A l’air libre(18 h-20 h). «Nous n’avons pas d’objectif d’audience, martèle Elkabbach. Je suis simplement chargé par le groupe Lagardère de renouveler Europe 1.»… Et d’arrêter l’hémorragie
Sarkozyste Europe 1 ? Et son patron d’égrener les noms des chroniqueurs amenés à officier à compter d’aujourd’hui sur les ondes (Jacques Attali, Jean-François Kahn, Jacques Marseille, Olivier Duhamel, Michel Field…). Jusqu’à Pierre-Louis Basse ( Faites comme chez vous les samedis et dimanches de 12 h à 14 h) qui bondit de sa chaise pour affirmer ses convictions d’«homme de gauche». Il reste bien Catherine Nay le matin à 7 h 45, mais en intervalle les mardis et les jeudis avec Pierre Haski, directeur du site Rue89 (et ancien de Libération ), «qui est exceptionnellement de droite», note ironiquement Elkabbach. Cerise sur le gâteau rose du nouvel Europe, la station a récupéré Frédéric Bonnaud, congédié en juin de France Inter en raison de ses idées «gauchistes» et de la «mauvaise audience» de son émission la Bande à Bonnaud ( «Attention Frédéric, ici, l’audience ça compte !» le tance Elkabbach).
Le vent tourne vite, et on va l’aider à souffler dans le bon sens.»
Elkabbach a présenté une grille de programmes censée changer l’image politique de la station.
La TVA sociale mijotera jusqu’aux municipales, d’autres réformes sont en réserve
Muriel Gremillet Libération mercredi 5 septembre 2007
Faute de conjoncture favorable, la parution du rapport Besson est repoussée.
«Franchement, ça n’est guère le moment.» Dans l’entourage d’Eric Besson, le secrétaire d’Etat chargé de la Prospective, on la joue modeste. Le rapport attendu sur la TVA sociale, qui devait être rendu cette semaine au président de la République et au Premier ministre, attendra sans doute encore un peu.
La TVA sociale doit permettre de baisser une partie des cotisations payées par l’employeur sur les salaires, contre une augmentation de la TVA. Un dispositif qui doit assurer de nouvelles sources de financements pour la protection sociale, tout en baissant le coût du travail. Le sujet avait été lancé entre les deux tours des législatives par une confidence maladroite de Jean-Louis Borloo. La gauche s’était engouffrée dans le débat, fustigeant un impôt injuste.
Pédagogie. Après un été d’atermoiements, le message paraît simple : il n’y aura pas de hausse de la TVA au nom de la création d’une TVA sociale. François Fillon comme le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, Jean-François Copé, le répètent : la mesure n’est pas opportune. La conjoncture morose semble avoir eu raison des efforts de pédagogie qu’appellent de leurs vœux un certain nombre de députés favorables à la mesure. «Les Français voient les prix s’envoler, note un député UMP. Et ils ne voient pas encore la traduction directe sur leur fiche de paie du travailler plus pour gagner plus . Alors on ne va pas les embrouiller avec des problèmes de TVA.»
Pierre Méhaignerie, député UMP et président de la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale, très en verve pour torpiller le projet, abonde : «Alors que nous connaissons une conjoncture faible, la mesure sur la TVA sociale n’est pas très favorable, dit-il. L’urgence est plutôt de faire toutes les réformes de structure dont la France à besoin.» Comme celle sur les licenciements, ou l’assouplissement du CDI.
Les élus un peu plus dégagés des contraintes électorales utilisent moins de précautions oratoires. Jean Arthuis, sénateur UDF de la Mayenne, estime que « la majorité comme l’opposition devraient sortir de leurs tabous. Nous avons un problème de compétitivité en France. Je n’ai pas l’intention de baisser la garde sur la TVA sociale.»
Mais d’autres réformes sont en réserve, une simplification des licenciements, entre autres, est envisagée.
La «TVA sociale seule ne suffira pas à sauver la France», dit Jean Arthuis. Et comme pour confirmer ce cri du cœur, c’est en fait à un ensemble de mesures que réfléchissent le gouvernement et la majorité. Avec un seul objectif, faire baisser le coût du travail, en rénovant la fiscalité.
«La hausse du coût du travail est un facteur de délocalisation, c’est contre ça que nous devons lutter», affirme Jérôme Chartier. Le député du Val d’Oise rendra le 24 septembre son rapport sur le sujet. Il se borne à lâcher que «la question n’est pas d’augmenter la TVA ou la CSG, notre souci est de réussir à baisser fortement le coût du travail.»
Tout un cortège de réformes, dites de structures, pourraient accompagner cette refonte de la fiscalité. Une simplification des licenciements par une rupture dite «négociée», la réforme de l’Etat, une renégociation du système des marges arrières qui pèsent sur les prix à la consommation dans la grande distribution, un assouplissement du marché du travail par la fin des professions réglementées, comme les taxis ou les notaires. Des chantiers ouverts par Nicolas Sarkozy, dans son discours lors de l’université d’été du Medef.
Petites touches. A première vue, des sujets qui semblent loin de la TVA sociale. Mais qui par petites touches contribuent à jouer sur le niveau des prix ou de la consommation. C’est là le point aveugle de la TVA : qu’une augmentation ne plombe pas l’ardeur consommatrice des Français.
La TVA sociale, nouvelle ligne Maginot ?
Par Danièle Blondel, économiste, membre de l’Académie des technologies
Le débat sur la TVA sociale(ou TVA antidélocalisations) s’inscrit dans une interrogation lancinante sur les meilleurs moyens de restaurer la compétitivité française et ainsi de relancer la croissance et l’emploi. Cette recherche procède d’un postulat souvent proposé comme un théorème par le Medef : tous nos problèmes de compétitivité et d’emploi s’expliquent par des coûts salariaux trop élevés, de sorte qu’il est à la fois nécessaire et judicieux d’exonérer le travail des charges sociales qui le plombent.
Chacun peut comprendre que, pour notre position concurrentielle, il ne s’agit là que d’une piètre défense à courte vue, car même si cette baisse du coût du travail est capable de retarder quelques transferts d’emploi, il se trouvera toujours, sur la planète, des zones d’emploi à bon marché pour concurrencer efficacement nos salaires : autant vider la mer avec une petite cuillère !
Mais, au-delà des critiques sur son efficacité au premier degré, la tactique proposée met aussi cruellement en lumière l’indigence de l’analyse économique qui l’inspire. Depuis plus de trente ans, les nouvelles formes de la concurrence internationale répondent un modèle beaucoup plus complexe de compétition par l’innovation et la différenciation.
La répartition des nations et des secteurs entre les leaders, les suiveurs et les largués, se construit donc, au cours du temps, sur des investissements de recherche et de formation de la main-d’œuvre, des services, de capital financier et aujourd’hui, de plus en plus, de capital humain.
L’exemple des délocalisations est très éloquent à cet égard. Tout en restant très prudentes sur les statistiques en la matière, leurs études montrent que, en Europe comme aux Etats-Unis, les délocalisations (offshore) n’ont représenté, en ce début de siècle, qu’un faible pourcentage (12 % environ) des causes de licenciements par ailleurs très majoritairement expliquées par les faillites et les réduction d’effectifs..
Alors, pourquoi nos responsables économiques et politiques font-ils une propagande disproportionnée à l’effet négatif des délocalisations, au lieu de rechercher les moyens de tirer un bénéfice net de la nouvelle division internationale du travail structurée par l’économie de la connaissance ?
Finalement, la TVA sociale, comme tous les autres dispositifs publics onéreux destinés à faire baisser le coût du travail, doit être dénoncée non seulement comme une solution d’arrière-garde inefficace, mais surtout comme une solution perverse. Alors qu’aujourd’hui, les blindés de la guerre économique mondiale sont la recherche et le capital humain, cette attitude obsolète du combat pour l’emploi siphonne dramatiquement et durablement la capacité contributive de la nation alors que cette dernière devrait être investie prioritairement dans les activités et les emplois d’avenir.
Gagner la bataille contre le chômage ne consiste pas à défendre les emplois du passé, mais à créer et surtout à développer, sur notre territoire, les activités, à haute valeur ajoutée, qui répondent à la demande de notre temps. Les occasions ne manquent pas : développement durable, santé, nouvelles énergies, communication…
Nos voisins européens, l’Allemagne ou le Danemark, par exemple, semblent avoir compris ce nouveau modèle, et leurs succès commerciaux tiennent probablement plus aux synergies de leur système de recherche et d’innovation et de leur système de financement public et privé, qu’à la taxation de la valeur ajoutée.
Mais peut-être est-il déjà trop tard pour dissuader le gouvernement français de consacrer notre faible trésor de guerre à la construction des fortins d’une nouvelle ligne Maginot destinée à protéger nos troupes mal équipées et de plus en plus tentées de déserter le territoire français.
Libération mercredi 5 septembre 2007
Cette taxe antidélocalisations est une solution perverse et obsolète qui n’empêchera pas les entreprises de déserter le territoire français.Immigration clandestine : le bluff de Brice Hortefeux
Lundi 03 Septembre 2007 - Philippe Cohen Marianne
Le discours très ferme de Brice Hortefeux contre l'immigration clandestine cache mal l'impuissance de l'administration à lutter contre le phénomène : alors que l'objectif de l'Etat était de 3580 expulsions à Paris, 1300 reconduites ont été enregistrées au 31 aout.
Le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale Brice Hortefeux avait annoncé, le 21 août dernier, que l'administration était légèrement en dessous de ses «objectifs» en matière de reconduites à la frontière, soit 25 000 sur tout le territoire national. La fixation d'objectifs de reconduites dans ce domaine a quelque chose d'étrange : le rôle de l'Etat est-il de « faire du chiffre » ou de faire respecter la loi ? Le propos de Brice Hortefeux avait par ailleurs inquiété les milieux associatifs, et notamment SOS Racisme, qui avait établi une relation entre les consignes du ministre et l'accident dramatique survenu le 9 août, lorsqu'un petit garçon d'origine tchétchène avait sauté par la fenêtre pour rejoindre son père en fuite.
En visite à la Préfecture de Paris, Brice Hortefeux n'avait pas, cependant, souhaité donner le chiffre des reconduites effectives parisiennes. Marianne2007.info s'est procuré cette information : en réalité, les services de police ont expulsé environ 1300 personnes au 31 août alors que l'objectif est de 3580 reconduites sur l'année entière. En réalité, la « base » policière renâcle à appliquer les consignes du ministère dans la mesure où la complexité de la règlementation, la multiplication des recours et la guérilla juridique menée par les associations rendent très difficiles les reconduites effectives. Du coup, bien des policiers préfèrent relâcher les sans papiers interpellés que de les enfermer dans des centres de détention déjà bien garnis.
Finalement, le contraste entre le discours, plutôt « sécuritaire », et les pratiques réelles, impuissantes à enrayer l'immigration clandestine, risque fort de s'accroître à l'avenir. D'autant que persiste un conflit de compétence entre le ministère de l'Intérieur de Michelle Alliot-Marie et celui de l'Immigration et l'Identité française de Brice Hortefeux : alors que la responsabilité du dossier de l'immigration clandestine revient à Brice Hortefeux, l'expérience et les compétences, elles, se situent plutôt place Beauvau, siège du ministère de l'Intérieur. Tandis que le cabinet de Brice Hortefeux espère voir le boss « piquer » son poste à MAM (notamment lors du rebondissement du dossier Clearstream), les hauts fonctionnaires se moquent souvent de l'ignorance manifestée par les membres du cabinet Hortefeux sur le sujet de l'immigration clandestine. Comme on le voit, l'ambiance est au beau fixe dans le gouvernement Fillon, parfaitement uni pour relever les défis du pays....
Delanoë et Paris: des réalisations marquantes, des critiques sur le logement social
Marianne - 04/09/2007
PARIS (AFP) - Le maire de Paris Bertrand Delanoë, qui brigue sa propre succession, peut se prévaloir de réalisations marquantes dans le paysage parisien, mais l'opposition rappelle son échec dans la candidature de Paris aux JO de 2012, et dénonce des lacunes dans le logement social.
Au titre de ses indéniables succès: la construction d'un tramway sur le boulevard des Maréchaux du pont de Garigliano à la porte d'Ivry, inauguré le 16 décembre 2006 et qu'il songe à prolonger.
Autre succès, le lancement du système de vélos en libre-service Vélib' qui comptera 1.451 stations à la fin de l'année, et le doublement des aménagements pour cyclistes à Paris depuis 2001.
Le maire, qui a réduit la place de l'automobile dans la ville (notamment par les tarifs résidentiels de stationnement ou l'augmentation des couloirs de bus protégés), affirme qu"il n'est "pas anti-voiture" mais "anti-pollution". Il revendique ses convictions écologistes doublées d'une "exigence gestionnaire". Affichant déjà une baisse de 9% des gaz à effet de serre à Paris, il souhaite atteindre pour la prochaine mandature une baisse de 25%. Le prochain plan Climat de la capitale devrait encore accentuer les efforts pour faire baisser la pollution.
Le maire a aussi mis l'accent sur la création durant la mandature de 4.500 nouvelles places de crèche et halte-garderie qui devraient finalement passer à 5.299 places en mars 2008. Les manifestations festives comme Paris-Plage et Nuit blanche qui ont exporté leur succès à l'étranger sont aussi des vitrines de l'ère Delanoë, de même que la gratuité dans les musées municipaux. Et la mairie fait valoir qu'il n'y a pas eu de hausse des impôts locaux depuis le début de la mandature.
Françoise de Panafieu (UMP), sa principale rivale, insiste surtout sur "le nombre record de demandeurs de logements sociaux", les 60.000 RMistes parisiens et le fait que le chômage à Paris est plus important qu'ailleurs. Elle propose pour sa part de "construire 4.000 logements neufs par an" à Paris dont un tiers de logement social, un tiers d'accession sociale à la propriété et un tiers en logement intermédiaire.
Le maire reconnaît qu'il faut "aller au-delà" des 30.000 logements sociaux financés prévus à l'horizon mars 2008 et souhaite atteindre dès 2014 l'objectif de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbains) imposant 20% de logements sociaux en 2020. Il a aussi mis en chantier la résorption de l'habitat insalubre, alors que des incendies meurtriers ont marqué 2005.
Enfin de l'aveu même d'Anne Hidalgo, première adjointe (PS) de Bertrand Delanoë, l'équipe du maire doit "encore travailler sur les relations avec les communes voisines", même si l'impulsion a été donnée.
Bertrand Delanoë se déclare favorable à une nouvelle étape sur l'intercommunalité où la région Ile-de-France jouerait "un rôle central".
Russie : aggravation des violences racistes
Le 05/09/2007 à 0 h 00 - par Skander Houidi
Selon Sova, l’organisation russe de défense des droits de l’Homme, le nombre de victimes de violences racistes ou de crimes perpétrés par des groupuscules néo-nazis est en augmentation : + 23% depuis 2006.
Un an après les émeutes de Kondopoga – fin août 2006, dans les rues de cette petite ville de Carélie, une bagarre de bistrot meurtrière avait dégénéré en chasse aux « culs noirs » (terme péjoratif désignant les caucasiens) –, l’organisation russe de défense des droits de l’Homme, Sova, avance des données sur l’ampleur des violences racistes en Russie. Entre le 1er janvier et le 31 juillet 2007, 310 victimes de crimes racistes ou d’agressions commises par des groupes néonazis ont été recensées par ses soins. Soit une augmentation de 23% depuis 2006. Parmi elles, 38 sont mortes.
Les premiers visés sont les ressortissants des pays du Caucase ou d’Asie centrale, mais aussi les étudiants étrangers (africains, asiatiques, sud-américains) de la capitale, obligés de se terrer dans leur campus. Les principales villes concernées étant Moscou, Saint Petersburg et Nizhny Novgorod, la quatrième localité du pays. Rien qu’à Moscou, 24 personnes auraient été tuées pour des motifs xénophobes, crimes perpétrés par des « skinheads », terme générique qui désigne tous les activistes d’extrême droite dont Sova estime le nombre à 60.000. Depuis le printemps, l’organisation mesure même une « augmentation drastique » des agressions contre des membres de groupes antifascistes, lesquelles représentent 40% du total.
En conséquence, Sova dénonce l’apathie des médias russes sur ce sujet, l’instrumentalisation du nationalisme par le Kremlin, ainsi que le manque d’empressement des autorités à endiguer les ferments de cette haine ethnique qui se propage dans le pays. Si l’arsenal juridique s’est étoffé, aboutissant à des poursuites plus nombreuses devant les tribunaux, celles-ci concernent avant tout les supports de propagande. Les auteurs des violences, eux, voient rarement leurs actes requalifiés en crimes à motivation raciale. Seule une trentaine de personnes ont été condamnées pour ce mobile en 2007. Un chiffre à mettre en regard des 310 agressions recensées la même année. Et encore, en l’absence de statistiques officielles, Sova ne se base que sur les témoignages qu’elle a elle-même recueillis, d’où la déduction que ces chiffres ne représentent qu’une « petite part » des crimes racistes perpétrés en Russie.
En attendant la peine de mort …
Politis par Denis Sieffert 30 Aôut 2007
Un peu trop vite, nous avons oublié l’un des mots finalement les plus révélateurs de la campagne électorale. Un jour, Nicolas Sarkozy s’était gaussé qu’on puisse interroger des candidats à la Fonction publique sur la Princesse de Clèves. « Vous vous voyez parler à votre guichetier de la Princesse de Clèves ? », avait-il lourdement ironisé. On en déduisit que le futur président n’aimait guère la littérature. Il faut en conclure aujourd’hui qu’il aime encore moins la Fonction publique. Il rêve d’un monde où les fonctionnaires seraient tous des guichetiers, et des guichetiers qui ne parleraient que de guichet. Et pour cet apprentissage-là, il est vrai que l’on aura toujours trop de professeurs. Car nous ne pouvons nous résoudre, pour notre part, à considérer les nouvelles coupes claires annoncées dans l’Éducation nationale comme de vulgaires mesures d’austérité. Le choix de réduire massivement le nombre d’enseignants n’est jamais économique. Ces onze mille postes qui disparaissent du budget 2008, c’est un choix de société. Un monde à l’endroit devrait faire un pont d’or à nos profs, les porter aux nues, comme le fit jadis la République (non sans arrière-pensée idéologique d’ailleurs). Il devrait rendre possible la modulation des effectifs selon les lieux, et faire de l’école un puissant correctif social (pourquoi pas des classes de dix élèves là où c’est nécessaire ?). Mais c’est peu dire que notre monde est à l’envers.
Ce n’est certes pas Nicolas Sarkozy qui l’a mis cul par-dessus tête. Il n’y a pas si longtemps, un président (socialiste) qui aimait trop la littérature, au point de confondre parfois son destin politique avec un roman, s’était déjà résigné à ce renversement des valeurs. Mais Nicolas Sarkozy ne se résigne pas. Il jubile. L’école forme des citoyens. C’est-à-dire des gens qui ne se réduisent pas à leur qualité d’usager, de consommateur ou de guichetier, et qui n’agissent pas seulement selon leurs émotions. Point trop d’école, donc ! Après trois mois d’expérience, on comprend bien aujourd’hui que Nicolas Sarkozy n’a que faire de ces citoyens-là. Tout son système, au contraire, repose sur l’avilissement du citoyen en petit propriétaire gouverné par ses émotions et jaloux de son pré carré.
À chaque fait divers correspondent un discours, menton en avant, une cellule de crise, une promesse et peut-être même une loi. L’empressement à gaver une opinion légitimement bouleversée par des crimes qui font l’ouverture des journaux télévisés de solutions en trompe-l’oeil est devenu la marque de ce régime. Le discours politique peu à peu s’apparente à la loi de Lynch. Ce que les avocates Françoise Cotta et Marie Dosé ont appelé le « populisme pénal » [1]. La fièvre qui agite perpétuellement Nicolas Sarkozy échauffe notre démocratie. La politique qu’on nous propose devient la négation de toute politique puisque la loi finit par réaliser ce que, précisément, la loi devrait éviter : la réaction pulsionnelle et la vengeance. Nous ne croyons pas exagérer en affirmant qu’une certaine forme de barbarie culturelle et sociale guette.
Le comble est peut-être atteint quand le président de la République demande à la ministre de la Justice de « réfléchir » à la possibilité de traduire devant un tribunal les criminels déclarés pénalement irresponsables. Régulièrement, certains États des États-Unis, comme évidemment le Texas, exécutent des débiles mentaux. Nous cheminons à grand pas vers cet idéal social. Et que l’on ne nous dise pas après cela que Nicolas Sarkozy n’est pas adepte d’une société ultralibérale régulée par la sélection naturelle et par l’élimination sociale ou physique de tout ce qui échappe à la norme du consommateur-propriétaire.
Face à ce désastre, quoi ? Un parti socialiste réduit à l’addition de personnalités déjà soucieuses de se placer pour les futures échéances, et à une boîte vocale réglée pour produire mécaniquement des communiqués d’opposition. Des communiqués qui, quelle que soit leur pertinence, ne nous feront pas oublier de sitôt que leurs auteurs sont pour beaucoup à l’origine du désastre. Un parti socialiste qui ne trouverait pas incongru, semble-t-il, que son futur leader le leader de la « gauche » en quelque sorte soit directeur du Fonds monétaire international. C’est-à-dire l’organisme qui, précisément, a pour mission d’imposer à la terre entière la déréglementation libérale. Face à cet autre désastre, la gauche antilibérale et les Verts pansent péniblement leurs plaies. Mais le pire n’étant jamais sûr, qui dit que le mouvement social ne se remusclera pas dans l’adversité, ou que l’agité de l’Élysée ne commettra pas la faute qui le perdra ?
En attendant, nous serons attentifs à toutes les initiatives à gauche, nous pointerons les lieux de résistance sociale, et nous donnerons à partir de la mi-septembre une large place au débat d’idées. Nous vous en reparlerons très prochainement.
Notes
1 Tribune dans Libération du 24 Août
Encore deux démissions au cabinet de Rachida Dati
04/09/2007-10h27 - Rubrique coordonnée par Irène Inchauspé -Le Point
Mais que se passe t-il au sein de la Chancellerie ? Après les démissions de Michel Dobkine, Philippe Lagauche, Françoise Andro-Cohen, Xavier Samuel en juillet dernier, Michel Marquer en poste depuis à peine 1 mois et demi qui avait justement remplacé Michel Dobkine c’est Jacques Carrère, le conseiller technique pour l’organisation judiciaire et la magistrature de la ministre de la Justice qui délmisionne alors que Valérie Bonnard, sa conseillère technique pour le dialogue social et les affaires budgétaires et administratives, a été congédiée dans des conditions particulièrement houleuses.
Ces nouveaux départs portent à sept le nombre de défections depuis l’installation de Rachida Dati place Vendôme.
Du côté du Ministère on parle de réorganisation, de mouvements tout à fait "naturels", d'accords communs... dans les couloirs on continue à dire que ces départs sont bien dûs à la très mauvaise ambiance qui règne au sein du Ministère et à la manière plutôt autoritaire dont Rachida Dati ménerait les affaires....
En se présentant lundi soir sur Canal + comme la «chef des procureurs» pour justifier la convocation à la chancellerie d’un magistrat du parquet de Nancy qui aurait critiqué sa loi contre la récidive, la ministre a suscité de nouveaux courroux.
«Chef des procureurs, cela n’existe dans aucun texte légal , explique Laurent Bedouet, secrétaire général de l’Union syndical de la magistrature (USM). De même que la convocation de notre collègue à la chancellerie dans des conditions inouïes est totalement illégale. Beaucoup de collègues sont inquiets : ils ne comprennent pas que la garde des Sceaux puisse ainsi s’affranchir de la loi.»
« Ecouter voir » La messe est dite par Jean-Claude Guillebaud
Téléobs 18-24/08/07
Les cours de la bourse, dont nous nous fichons bien, influent pourtant sur notre moral
A la radio, la vraie messe n’est pas celle qu’on croit. Les journaux parlés - comme on disait jadis - ne diffusent pas seulement les informations. Jour après jour ils propagent un minimum de sens, de conventions sociales, de repères, de signaux symboliques. Ils fonctionnent comme des balises émettrices : le monde va mieux ou plus mal, etc …
Pour l’heure, c’est vers la fin des journaux qu’on donne l’impression de passer aux choses sérieuses. Une fois expédiés la politique et les faits divers ( broutilles ! ) on en vient à la Bourse. Le ton change. Place aux fondamentaux. Ou du moins à ce que l’étourderie de l’époque prend pour tels. Au ton général on sent que la Bourse est devenue la donnée principale. Une balise sonore. Un obsédant signal. Nous nous sommes accoutumés, à force, à ces litanies incessantes dont l’étrange patois ne nous surprend plus. Le Dow Jones à New York, le nikkei à Tokyo, le Cac 40 à Paris ou le TF100 à Londres. Ingénument nous sommes charmés d’apprendre, juste avant le déjeuner, que « le Matif ouvre en hausse » ou que « le Cac 40 résiste bien ».
En réalité, bien sûr, le vulgum pecus n’est pas directement concerné. Nul n’a jamais entendu, deux ménagères de moins de 50 ans se congratuler ainsi à la boulangerie : « C’est une belle journée madame Martineau, le Dow Jones est à la hausse ! » Nul n’a jamais ouvert ses fenêtres un beau matin en lançant vers le ciel un soupir heureux : « Cette reprise du CAC 40, ma chérie est une vraie joie ! ».
En vérité, 99% des auditeurs se fichent royalement d’apprendre que le dollar s’échangeait la veille à 105,61 yens. Cette récapitulation boursière qu’on psalmodie à chaque fin de journal * - et chaque jour que Dieu fait - est surtout un rituel religieux, une messe laïque, une liturgie incantatoire. Rien de plus, rien de moins.
Quand au message global, il vise à persuader chacun que son sort personnel, son salut, son bonheur dépendent de ce latin de cuisine. A la limite le moindre quidam finirait par écouter quotidiennement la radio comme si sa propre destinée se trouvait liée aux fantaisies du Nekkei. C’est l’effet de sens qui compte : La bourse est bonne tout va bien mes maîtres … A l’inverse, si la Bourse plonge, cela signifie que tout va mal. Cette vision binaire, rudimentaire, finit par s’imposer à chacun de nous. C’est une preuve de la puissance hallucinatoire du médiatique.
Il se trouve que, depuis plusieurs semaines, en ce fichu été 2007, un détail trouble le bel ordonnancement de l’optimisme collectif à tel point que le paysage mental s’en trouve – une fois encore – chamboulé. Sous l’effet de la crise immobilière américaine, les Bourse plongent un peu partout dans le monde. Nom d’une pipe ! Une autre sorte de vérité prévaut soudain. Le temps s’assombrit. Tout se passe comme si une injonction nous était faite de voir cette fois tout en noir. C’est aussi sot que pouvait l’être la béatitude proclamée et comminatoire d’avant Pâques. La messe est dite …
* Et tout au long de la journée sur France Info !
Jean-Claude Guillebaud est journaliste /écrivain /essayiste,ancien président de Reporters sans frontières

