vendredi 31 août 2007
Nicolas Sarkozy a donné sa feuille de route à Kouchner
NOUVELOBS.COM | 31.08.2007
Le chef de l'Etat demande au ministre des Affaires étrangères de faire du Quai d'Orsay un "ministère de la Mondialisation".
Nicolas Sarkozy a demandé à Bernard Kouchner de faire du Quay d'Orsay un "ministère de la Mondialisation", susceptible de "redonner à notre pays sa pleine place dans le monde et en Europe", dans la lettre de mission au ministre rendue publique vendredi 31 août par l'Elysée.
Souhaitant une "rationalisation" des moyens de l'Etat à l'étranger, Nicolas Sarkozy demande notamment au ministre des Affaires étrangères de préparer pour la fin juin 2008 un "livre blanc" sur les réformes à apporter au Quai d'Orsay, qui gère le deuxième réseau diplomatique après celui des Etats-Unis.
Ce livre blanc sera accompagné des "projets de dispositions législatives et réglementaires (...) nécessaires pour adapter l'organisation administrative et les statuts des agents du ministère des Affaires étrangères et européennes", précise le chef de l'Etat.
L'Afrique, priorité de la politique d'aide au développement
Le président de la République demande aussi des propositions sur "la nature et l'ampleur de nos implantations à l'étranger", dans "un contexte d'intégration européenne de plus en plus forte et de volonté de création d'un réseau consulaire européen unique".
Il souhaite une "nouvelle politique de coopération et d'aide au développement", concentrant les moyens sur des "priorités géographiques et sectorielles" dont "l'Afrique" et "la santé, l'éducation, la formation et le développement durable".
"Vous saisirez l'opportunité de la création d'un service civique obligatoire pour redonner une dimension ambitieuse (...) au réseau des coopérants français à l'étranger", indique également Nicolas Sarkozy.
Une politique d'attractivité des élites étrangères
Il souhaite également un "plan de développement" du réseau scolaire de l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE).
Nicolas Sarkozy évoque aussi une "politique d'attractivité de la France en direction des élites étrangères, pour qu'elles viennent notamment s'y former" et "une réorganisation de notre réseau culturel" pour être "plus présent dans les nouveaux centres de foisonnement culturel, en particulier en Asie et en Amérique".
S'agissant de la future présidence française de l'Union européenne (second semestre 2008), Nicolas Sarkozy demande à Bernard Kouchner de proposer "au-delà des thèmes de l'immigration, de l'énergie, de l'environnement et de la défense, des priorités bien identifiées", telles que la croissance et l'emploi, la sécurité, la politique industrielle.
Un des blogs politiques les plus populaires : inventerre.canalblog.com
Pour info et pour remercier tous ceux qui participent à la vigilance et la résistance, à minima en se tenant informés entre autres par les billets que nous mettons sur ce blog :
"Résistance Inventerre"figure dans le Top 100 consacré aux
blogs politiques les plus populaires : http://www.wikio.fr/blogs/top/politique
à la place indiquée ci dessous
Nucléaire : Paris réfléchit à des sanctions hors ONU contre l'Iran
LE MONDE | 31.08.07 | Natalie Nougayrède
La France est disposée à passer à une phase de sanctions contre l'Iran en dehors du cadre de l'ONU. Ce tournant a été imprimé par le président français, Nicolas Sarkozy, sans faire, pour l'heure, l'objet d'annonces publiques, et sans qu'une décision n'ait encore été prise quant au contenu de telles sanctions.
Il s'agit d'un changement car, sous la présidence de Jacques Chirac, une approche de nature unilatérale, hors de l'ONU, était rejetée par l'Elysée. Les Etats-Unis appliquent depuis les années 1980 une série de sanctions unilatérales, notamment d'ordre financier, contre la République islamique.
Les diplomates français ont désormais intensifié la réflexion, aux côtés de leurs interlocuteurs américains et d'autres Européens, à propos de mesures coercitives supplémentaires contre l'Iran hors ONU. L'idée d'agir en dehors de l'ONU a été évoquée à Paris fin juin, lors d'une rencontre entre M. Sarkozy et la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en marge d'une réunion sur le Darfour. M. Sarkozy a alors signifié qu'il était ouvert à cette option. En avril, pendant la campagne électorale française, M. Sarkozy avait déjà indiqué que, pour lui, des sanctions hors ONU ne posaient "pas un problème de principe".
La recherche de nouveaux moyens de resserrer l'étau contre l'Iran est motivée par un double constat. D'une part, Téhéran refuse toujours de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium, en dépit des injonctions successives du Conseil de sécurité. D'autre part, le processus de négociations à l'ONU sur une troisième résolution contenant des sanctions risque de s'enrayer - du moins de traîner en longueur.
Un élément nouveau, intervenu cet été, menace en effet de fissurer l'unité entre les grandes puissances à l'ONU sur le dossier nucléaire iranien. Il s'agit d'un accord conclu le 21 août, entre l'Iran et le secrétariat de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), sur un "plan d'action" où Téhéran s'engage à répondre de façon échelonnée, jusqu'en novembre, à une série de "questions en suspens" sur ses activités nucléaires, qui sont soupçonnées de comporter un volet militaire.
Les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France ne voient pas cet accord d'un bon oeil. Ils ont rappelé que la demande centrale faite à l'Iran, par la communauté internationale, était de suspendre l'enrichissement d'uranium, et qu'il n'était pas question de s'y soustraire en détournant l'attention vers d'autres questions. Ils ont réitéré leur intention de préparer à l'ONU un troisième train de sanctions.
La Russie, en revanche, a déjà fait passer le message aux Occidentaux que l'accord sur le "plan d'action" était à prendre en compte et qu'il ne fallait pas presser la cadence vers de nouvelles sanctions à l'ONU. Elle pourra aussi tirer argument du fait que, dans son dernier rapport sur les agissements nucléaires de l'Iran, le directeur de l'AIEA, Mohamed ElBaradei, a qualifié l'accord de "pas en avant significatif".
Le consensus à l'ONU sur l'Iran avait été obtenu avec difficulté à l'été 2006. Il portait sur un double mécanisme de "carotte" et de "bâton" : les Etats-Unis acceptaient de s'associer à une offre européenne de coopération avec l'Iran appuyée par Moscou, tandis que la Russie acceptait de voter des sanctions à l'ONU. Ce processus a mené à l'adoption de deux textes de sanctions, en décembre 2006 et en mars 2007.
Le passage à des sanctions hors ONU constituerait une rupture dans le traitement diplomatique de ce dossier, assuré au niveau européen depuis 2003 par trois pays, le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne. Un consensus pourrait être difficile à arracher entre Européens car des pays comme l'Allemagne et l'Italie ont de forts intérêts économiques en Iran. L'Union européenne a déjà adopté, par le passé, des mesures contre l'Iran séparément de l'ONU - notamment un embargo sur les ventes d'armes et des restrictions de visas. Mais cela s'était fait assez discrètement. M. Chirac se méfiait d'un engrenage de sanctions pouvant mener à un conflit armé, ou à des risques d'attentats. Dans un discours prononcé lundi, M. Sarkozy a parlé de "sanctions croissantes" contre l'Iran. "L'alternative catastrophique" serait le fait d'avoir à choisir entre "la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran", a-t-il dit. Les efforts français portent donc sur la préparation de sanctions à l'ONU, mais aussi en dehors - si le front commun avec les Russes devait se rompre.
On ne va quand même pas aller en Iran avec Bush ???
L’insoutenable hausse des loyers
TONINO SERAFINI Libération vendredi 31 août 2007
Immobilier. + 2,7 % sur un an. Et cette moyenne nationale cache bien des dérapages.
Bailleurs et professionnels de l’immobilier jouent profil bas. Hier, ils ont rendu public les chiffres d’évolution des loyers, mesurés par l’indice Clameur (1). Commentaire : «Le temps des hausses rapides de loyers paraît maintenant terminé. On assiste à un retour au calme.»
En réalité, les loyers continuent à galoper à un rythme de 2,7 % par an, nettement supérieur à l’inflation (+ 1,1 % sur les douze derniers mois). Depuis 1999, ils ont augmenté en moyenne de 3,9 % par an, avec un pic de 6,8 % entre 2001 et 2002.
Offre. Pour 2007, la hausse moyenne nationale de 2,7 % cache en réalité bien des dérapages. Certains départements affichent des augmentations de loyer spectaculaires ! Comme le Nord (+ 8,5 %), la Marne (+ 6,7 %) ou l’Eure (+ 5,4 %). Idem dans nombre de grandes villes : + 4,2 % à Rennes, + 6,6 % à Reims, + 3 % à Lyon comme à Paris, où les loyers sont déjà au zénith : 20,8 euros le mètre carré loué dans la capitale, selon Clameur. En Ile-de-France, où le marché est très tendu en raison d’une offre locative insuffisante, les loyers poursuivent leur flambée (+ 3,1 %).
Une autre étude publiée en juillet par l’Olap (Observatoire des loyers de l’agglomération parisienne), un organisme au statut associatif agréé par le ministère du Logement, donne des chiffres similaires avec une augmentation générale des loyers de 3,2 % en région parisienne en 2006. L’Olap note que, à l’occasion d’un changement de locataire, les bailleurs en profitent pour revoir à la hausse leurs tarifs (+ 5,6 % pour ces appartements reloués).
Au niveau de l’Hexagone, Clameur a passé au crible l’évolution des loyers dans plus 1 113 villes. Sur ce nombre, 275 affichent des hausses supérieures à 5 % et 325 des augmentations de 2 à 5 %. Difficile de prétendre à un «retour au calme», même si des baisses de loyers sont signalées dans 305 localités. Au-delà du montant choquant de certains loyers (jusqu’à 750 euros pour un studio et 1 000 euros pour un deux-pièces dans la capitale), cette inflation locative pose la question de l’accès au logement des ménages modestes.
Une étude publiée en février dernier par l’Iaurif (Institut d’aménagement et d’urbanisme de la région Ile-de-France) montre que les prix de l’immobilier repoussent les ménages ouvriers franciliens au-delà de la grande banlieue, vers les huit départements limitrophes du Bassin parisien (Oise, Loiret, Eure-et-Loir, Aisne…).
Face à ces dérapages, les pouvoirs publics laissent faire un marché alors que l’offre insuffisante avantage les bailleurs. Un immobilisme de plus en plus contesté. Reçue le 26 juin par Christine Boutin, la Confédération nationale du logement (CNL, la principale association de locataires) a demandé à la ministre du Logement, «un blocage général des loyers», dans le secteur privé comme dans le secteur public.
Etude. «On peut se priver de beaucoup de choses mais pas d’un logement, pointe Serge Incerti Formentini, secrétaire confédéral de la CNL. Or, depuis dix ans, on assiste à une spirale d’augmentation des loyers qui ne cesse de grignoter le pouvoir d’achat des familles.» Ce que confirme une étude publiée au début de la semaine par 60 Millions de consommateurs. Dans ce document, l’Institut national de la consommation (INC) met en exergue la faible progression du pouvoir d’achat des ménages, plombé par les dépenses liées au logement. Bailleurs et professionnels de l’immobilier ont plutôt intérêt à jouer profil bas.
(1) L’indice Clameur (Connaître les loyers et analyser les marchés sur les espaces urbains et ruraux) a été créé par des professionnels de l’immobilier (Cnab, Foncia, Nexity, Tagerim, SNPI) ou des bailleurs (UNPI)
«Parfois, j’ai honte de faire visiter»
C’est un logement style mouchoir de poche : une studette d’à peine 15 m2 nichée sous les toits d’un immeuble du XVIe arrondissement. L’ascenseur va jusqu’au 5e étage. Pour atteindre le 6e , il faut prendre un escalier. Ce minuscule lieu de vie comporte une petite salle d’eau-WC et une kitchenette. Reste un peu plus de 10 m2 d’espace à vivre. Clientèle captive : des étudiants, des jeunes qui viennent de trouver un travail. Mais le loyer est dissuasif : 570 euros par mois ! «On l’a fait baisser. Avant le propriétaire en voulait 620 euros», affirme l’agent immobilier qui a mis cette studette dans sa vitrine. «Mais c’est encore cher. D’ailleurs, on n’arrive pas à la louer.» Ce professionnel confesse avoir «parfois honte de faire visiter certains logements» qui lui sont confiés. Sur le même palier une chambre de 9 m2 est à louer à 450 euros.
N'y a t-il pas urgence à légifèrer là aussi ?
Au Medef, Sarkozy assure le show avec trois fois rien
FRANÇOIS et WENZ-DUMAS ALAIN AUFFRAY Libération vendredi 31 août 2007
Le Président a eu l’annonce modeste, hier, devant une assemblée de patrons conquis.
Ce devait être la «seconde étape» du programme économique du président de la République. C’est en tout cas ainsi que le discours tenu hier par Nicolas Sarkozy, devant plus de 3 000 participants de l’université d’été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), avait été annoncé par l’entourage présidentiel. A la place, on a eu droit a un bel exercice de campagne, le chef de l’Etat ne résistant pas au plaisir de tenir meeting devant un auditoire déjà conquis.
Gloussements. Car côté annonces, le résultat est maigre. Hormis celles sur le crédit d’impôt recherche, le droit des affaires et l’ouverture des magasins le dimanche, (lire ci-contre) le chef de l’Etat n’avait pas grand-chose à proposer de plus.
Sur le pouvoir d’achat, le président de la République a surtout renvoyé la balle à la présidente du Medef, qui lui reprochait de mener davantage une politique économique cherchant à booster la consommation plutôt qu’à améliorer la compétitivité des entreprises.
Petit lait. Il rappelle «à quel point il est favorable à ce que soit ouverte la possibilité d’un licenciement à l’amiable dont les conditions pourraient être fixées à l’avance». Une revendication récurrente de Laurence Parisot. Mais la question étant soumise à la négociation entre patronat et syndicat, Nicolas Sarkozy s’est gardé d’en dire plus ou d’évoquer la notion de contrat de travail unique.
Même prudence sur la question de la TVA sociale, bottée en touche par une affirmation générale : «La question de la taxe professionnelle, la question de la taxe sur les salaires, la question de l’assiette des cotisations sociales : elles doivent être posée.» Quand ? Comment ? Dans quel cadre ? Le chef de l’Etat n’en dira pas plus.
Finalement, le seul point sur lequel il s’est montré précis est celui de l’élargissement du crédit d’impôt recherche. Dans leur majorité, les patrons ont bu du petit lait. «Il est vraiment très très bon», commentait à chaud un chef d’entreprise breton, ne cachant pas que ses sympathies politiques allaient «à droite». D’autres, comme Regis Bello, PDG de De Dietrich, jugeaient sa prestation «enthousiasmante». Quant à la présidente du Medef, Laurence Parisot, elle n’hésitait pas à parler de moment «historique».
L’ex-directeur de cabinet de Dominique de Villepin, Bruno Le Maire (UMP), estime aussi qu’il est «très sage» de se donner le temps de la concertation, «sur des sujets aussi sensibles que la fiscalité des entreprises et le droit du travail». Une façon de reconnaître que du «grand discours de politique économique» annoncé, il ne restait finalement pas grand chose.
L’ouverture des magasins le dimanche libéralisée.
A l’université du MEDEF, le président s’est taillé un joli succès auprès des patrons en annonçant que l’ouverture des commerces le dimanche allait être libéralisée. «Il est quand même bizarre que le moitié des Champs-Élysées soit considérée comme zone touristique et l’autre moitié fermée le dimanche!» a-t-il lancé.
Pas le choix !

La France redéploie ses avions de combat dans le Sud afghan
LE MONDE | 30.08.07 | Laurent Zecchini
La France a décidé de s'impliquer davantage en Afghanistan. Le ministre français de la défense, Hervé Morin, doit effectuer un voyage au Tadjikistan et en Afghanistan, du 6 au 8 septembre. Il profitera de cette occasion pour annoncer que les avions de combat Mirage 2000 D et Mirage F-1, qui se livrent à des missions de bombardement dans le sud de l'Afghanistan à partir de l'aéroport de Douchanbé au Tadjikistan, vont être prochainement stationnés sur celui de Kandahar, la grande ville du sud afghan.
Cette décision, prise à la mi-août et officiellement présentée comme un "redéploiement technique", souligne la volonté politique de la France de répondre favorablement aux appels pressants lancés par l'Alliance atlantique et Washington pour une plus grande implication militaire des pays européens en Afghanistan, en particulier dans le Sud et l'Est où se déroule l'essentiel des combats contre les talibans. Elle confirme aussi de facto la volonté de rapprochement avec les Etats-Unis, récemment affirmée par le président Nicolas Sarkozy.
Sur les six avions de chasse actuellement basés à Douchanbé, trois auront rejoint Kandahar à la fin du mois de septembre, et trois autres mi-octobre. Les quelque 150 personnels de soutien de ce dispositif aérien les rejoindront progressivement. Il n'est cependant pas question d'abandonner le site de l'aéroport de Douchanbé, chèrement négocié par Paris avec les autorités du Tadjikistan et convoité par les Etats-Unis. "Douchanbé, précise un officier, reste le cordon ombilical, le point d'entrée sur le théâtre afghan."
Les deux avions de transport C-160 Transall y resteront donc, et la France maintiendra un ou deux avions de ravitaillement C-135 à Manas, au Kirghizstan. L'aéroport de Kandahar est désormais le principal site militaire pour les opérations que l'OTAN poursuit en Afghanistan, via sa Force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF) : 11 000 soldats étrangers y sont stationnés, ainsi qu'une centaine d'avions de combat, notamment américains, britanniques, néerlandais, australiens et canadiens.
Sur le plan diplomatique, il est significatif que la France accepte de positionner ses avions de combat dans le sud de l'Afghanistan, qui plus est sur une base qui est sous la responsabilité des forces américaines.
PAS DE DÉSENGAGEMENT
Début juin, recevant son homologue américain Robert Gates, Hervé Morin avait réaffirmé que les soldats français n'ont pas vocation "à rester éternellement" en Afghanistan, un propos tenu par M. Sarkozy pendant la campagne électorale présidentielle, qui avait été interprété outre-Atlantique, comme une volonté française d'amorcer un désengagement du "théâtre afghan". Il n'en est rien. Comme l'a récemment annoncé M. Sarkozy, la France va augmenter de 150 soldats le nombre de ses instructeurs militaires, qui seront affectés auprès du 201e corps de l'armée afghane, dans la région de Kaboul.
A quand un contingent français en Irak ?
Vers une interdiction des enquêtes pénales sur lettre anonymes
REUTERS : jeudi 30 août 2007
Nicolas Sarkozy annonce son intention de faire interdire les enquêtes pénales déclenchées à partir de lettres anonymes, procédure relativement courante en France et à l'origine de certains des plus importants scandales financiers des dernières années.
"J'ai demandé à la Garde des sceaux Rachida Dati d'interdire la pratique des dénonciations anonymes, et je me moque des procès d'intention", a-t-il déclaré dans un discours devant l'université d'été du Medef, le syndicat patronal.
"A quoi sert d'expliquer à nos enfants que Vichy et la collaboration, c'est une page sombre de notre histoire et de tolérer des contrôles fiscaux sur dénonciation anonyme ou des enquêtes sur dénonciation anonyme", a ajouté le chef de l'Etat.
Nicolas Sarkozy a connu personnellement l'expérience. Une enquête pénale avait été déclenchée en 2004 sur lui-même et d'autres personnes, après la remise à la justice sous forme de lettres anonymes de listings de la société financière luxembourgeoise Clearstream, qui se sont révélés être des faux.
Ces listings laissaient croire qu'il détenait des comptes bancaires à l'étranger où avaient été versés des fonds de corruption. L'enquête l'a blanchi en 2005 et a mis en cause, depuis, son ex-rival à droite et ex-Premier ministre Dominique de Villepin, qui est mis en examen comme instigateur présumé des courriers présentés comme anonymes et versés au dossier.
De très nombreuses instructions financières ont commencé par des lettres anonymes qui ont dénoncé de véritables faits.
Il en fut ainsi de l'affaire Elf, engagée en 1994 par la juge Eva Joly et soldée cette année par la confirmation de lourdes peines de prison ferme pour les principaux dirigeants de la société pétrolière française en 1989-1993. La partie de cette affaire ayant visé l'ex-ministre socialiste Roland Dumas, finalement relaxé, est notamment partie d'une lettre anonyme.
"Si quelqu'un veut dénoncer, qu'il donne son nom et l'administration garantira son anonymat", a expliqué le président de la République jeudi. Cette procédure existe déjà en partie depuis les lois Perben, avec le témoignage "sous X", relativement peu utilisé.
Le chef de l'Etat a en outre évoqué de manière plus générale une limitation des poursuites pénales contre les entrepreneurs. "La pénalisation de notre droit des affaires est une grave erreur je veux y mettre un terme", a-t-il dit.
"Un certain nombre de gens font appel au droit pénal pour obtenir un chantage. Rachida Dati s'est déjà saisi de ce dossier et fera très prochainement des propositions", a-t-il dit.
Il n'a pas précisé ses intentions exactes. Les syndicats patronaux réclament de longue date une limitation, par le biais d'une prescription plus large, des faits "d'abus de biens sociaux", incrimination qui sert souvent à poursuivre le financement politique occulte ou la corruption.
"Il y a un certain nombre de procédures, notamment économiques et financières, qui voient le jour après de telles lettres. Les gens ne veulent pas forcément nuire ou agir de manière calomnieuse. Ils agissent souvent comme cela car ils risqueraient quelque chose s'ils agissaient tout de suite au grand jour", a dit Emmanuelle Perreux, présidente du Syndicat de la Magistrature.
"Qu'est ce qui compte ? Qu'il y ait moins de poursuites possibles en matière économique et financière ? Si c'est cela, il faut le dire. On n'incarcère jamais les gens sur le seul fondement de lettres anonymes, il faut que les faits soient vérifiés et corroborés", a déclaré Laurent Bedouet, secrétaire général de l'USM.
La CGT s'oppose à de "nouveaux sacrifices" sur les retraites
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy n'a rien proposé pour sortir d'une situation économique "très préoccupante" et la situation des retraites ne justifie pas de nouveaux sacrifices, déclare Bernard Thibault.
Dans Le Parisien, à paraître vendredi, le secrétaire général de la CGT souligne que le chef de l'Etat a reconnu enfin devant le Medef "un problème de pouvoir d'achat." Mais "nous attendons encore les mesures concrètes pour y remédier", dit-il.
Selon le leader syndical, Nicolas Sarkozy a prononcé un discours "favorable aux employeurs" mais les salariés doivent eux se contenter de "formules incantatoires."
Interrogé sur le souhait de la présidente du Medef de relever l'âge légal de la retraite, Bernard Thibault souligne que les réformes Balladur et Fillon se traduites "par une dégradation du niveau des pensions."
"Il faut bien sûr remettre à plat la situation des retraites. Il y a un besoin de financement mais celui-ci ne justifie pas de nouveaux sacrifices", assure-t-il.
Pour le secrétaire général, il faut au contraire "conforter le droit à la retraite à soixante ans."
REUTERS : jeudi 30 août 2007
Les pays industrialisés contre des quotas d'émissions de CO2
REUTERS : jeudi 30 août 2007
Réunis à Vienne pour préparer l'après-protocole de Kyoto, les délégués des pays industrialisés se trouvaient dans une impasse jeudi soir, incapables de s'entendre sur les objectifs à fixer dans le cadre de la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Un millier de délégués venus de 158 pays débattent cette semaine dans la capitale autrichienne des lignes directrices du prochain protocole sur l'environnement, qui devra succéder à celui de Kyoto après 2012. Selon une copie de travail qui circule à Vienne, ces pays doivent s'accorder sur une réduction comprise entre 25% et 40% des émissions enregistrées en 1990, et ce d'ici 2020.
Mais la Russie, le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande et la Suisse estiment que de tels objectifs seraient trop contraignants s'ils étaient appliqués dès la fin de la validité du protocole de Kyoto, prévue pour 2012.
L'Union européenne est également favorable à ce qu'aucun objectif chiffré ne vienne gêner les discussions à venir entre gouvernement. "J'espère que nous parviendrons à un accord fixant une fourchette", a toutefois déclaré Leon Charles de Grenade, qui préside le comité qui a ébauché ce document de travail.
L'enjeu déterminant sera la participation des Etats-Unis et de la Chine à ce nouveau code de conduite, qui sera débattu en décembre à Bali, en Indonésie.
Les défenseurs de l'environnement estiment que les nations industrialisées doivent assumer le leadership de la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre afin d'éviter une augmentation du nombre de catastrophes naturelles.
"La seule chance pour le monde d'éviter les excès dus au changement climatique, c'est que les pays industrialisés s'entendent pour réduire leurs émissions d'au moins 25% à 40% d'ici à 2020", assure Stephanie Tunmore, de Greenpeace.
Le protocole de Kyoto lie 35 pays qui se sont engagés à diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre d'au moins 5% en dessous de leur niveau de 1990.
