vendredi 31 août 2007
Manger va nous coûter de plus en plus cher
Ouest-France Jean-Michel Niester
Les prix de tous ces produits vont grimper. Au grand dam d'un gouvernement dont la marge de manoeuvre pour contrer le phénomène est très étroite. :
Les prix des matières premières agricoles augmentent. Des pâtes au chocolat, ceux des étiquettes vont suivre. Le gouvernement tente de freiner le mouvement. Nicolas Sarkozy doit s'exprimer sur le sujet aujourd'hui.
Sus à la vie chère ! Il ne s'agit pas d'un slogan de grande surface, mais du mot d'ordre du gouvernement. Préoccupation majeure des Français, le pouvoir d'achat s'est inscrit à l'agenda des ministres. Et Nicolas Sarkozy doit s'exprimer, aujourd'hui, sur le sujet, à l'université d'été du Medef. Mais, au-delà des incantations et des effets d'annonce, quelle marge de manoeuvre possède l'équipe du président de la République ?
Demande mondiale, mauvaises récoltes...
Le prix de la baguette - tout un symbole - promet de décoller. Christine Lagarde, ministre de l'Économie se dit « attentive » et met « en alerte » la direction de la consommation. Mais, depuis 1978, le prix du pain est libre. Chaque boulanger fixe à sa guise ses tarifs, sans que l'État n'ait rien à redire. Même chose pour les prix des autres produits alimentaires.
Les étiquettes des glaces, de la moutarde, des biscuits ou des compotes s'apprêtent à bondir, soumises à la hausse des cours des matières premières. Responsables : la demande mondiale de plus en plus forte, les récoltes désastreuses dans de grands pays producteurs (Australie, Ukraine) et la place accordée aux biocarburants parmi les surfaces cultivables. Aucun facteur sur lequel le gouvernement peut agir, excepté, de concert avec Bruxelles, les quotas de production.
Dernière possibilité, jouer sur les marges des distributeurs. « Nous avons déjà fourni de gros efforts ces dernières années, prévient Jérôme Bédier, président de la Fédération des entreprises de commerce et de distribution (FCD), en renégociant nos marges arrières (ristournes demandées aux fournisseurs en échanges d'actions commerciales). » Le président de la République ne dispose plus de cette cartouche. Il l'avait utilisée quand il était ministre de l'Économie, en 2004.
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