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-:¦:- Information Non-Violence, Environnement TERRE -:¦:- "Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent" Lucie Aubrac

jeudi 30 août 2007

Une petite entreprise qui ne connaît pas la crise

Du Site Créatifs Culturels 30 Août

Les glaces Ben et Jerry, entreprise créée par deux chômeurs sans formation, achètent leur lait 20 % plus cher à de petits fermiers du Vermont, pour être sûrs qu'il soit sans hormones, leurs usines sont implantées dans des quartiers défavorisés, leurs salariés peuvent s'occuper de causes humanitaires sur leur temps de travail, il n'y a pas de publicité pour la marque, tout se fait par le bouche à oreille ou lors d'organisations d'événements. (Des concerts qui permettent de vendre des glaces !)

Lorsqu'ils ont eu besoin de capitaux, les fondateurs, plutôt que d'entrer en Bourse, ont proposé à chaque famille du Vermont d'acheter une action pour que l'entreprise ne perde pas son indépendance... et ça a marché ! Ils ont pour devise : "si ce n'est pas drôle on ne le fait pas.... même si ça doit rapporter beaucoup d'argent".

Avec des principes pareils on peut penser qu'ils n'iront pas loin dans la jungle économique. Eh bien Ben et Jerry vient de prendre la première place sur la marché américain des crèmes glacées, le plus grand du monde !

Ca donne des idées... 

Posté par werdna à 18:59 - Economie - Emploi - Insertion - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Après l’ouragan Dean, Sarkozy va dédommager les bananiers antillais, gros pollueurs.

Epandage d’indemnités pour éliminer les polémiques

RENAUD LECADRE Libération jeudi 30 août 2007

Toujours prompt à réconforter ostensiblement la moindre victime, Nicolas Sarkozy à reçu hier à l’Elysée une délégation d’élus locaux de Martinique et Guadeloupe, après le passage dévastateur de l’ouragan Dean. Signe de mobilisation générale, le chef de l’Etat avait également convié ses ministres compétents : Intérieur, Agriculture, Tourisme, Dom Tom. Manquait seulement - absence remarquable - le super ministère de l’Environnement.

La réparation des dégâts pourrait s’élever à 500 millions d’euros, selon Christian Estrosi, ministre des Dom Tom, le premier à s’être rendu au chevet des Antillais, aussitôt rejoint par François Fillon, lequel s’est prudemment abstenu de tout chiffrage. Le lobby de la banane revendique la moitié de la somme, les plantations ayant été détruites en quasi-totalité. Leur réclamation tombe au plus mal, Martinique et Guadeloupe étant surtout victimes d’une pollution généralisée due à un pesticide employé sans vergogne pendant un quart de siècle.

Mansuétude.  L’objet du délit s’appelle le chlordécone, phytosanitaire destiné à éradiquer le charançon (coriace coléoptère amateur de bananes). Un produit dangereux, interdit aux Etats-Unis dès 1976, qui a bénéficié d’une étonnante mansuétude dans les Antilles françaises. Les bananiers obtiennent une première dérogation en 1981, après un ouragan ravageur - déjà. Le chlordécone est enfin interdit en 1990 par le gouvernement français, mais le lobby bananier obtient du ministère de l’Agriculture trois ans de rab. Formellement interdit à partir de 1993, on retrouvera pourtant un stock de 9,5 tonnes de pesticide en… 2002, dans le hangar d’une bananeraie.

Le chlordécone a pollué toutes les Antilles. Les plantations de bananes étant situées en amont des terres agricoles, il a contaminé les cultures de patates douces en aval, puis l’eau des rivières et leurs élevages d’écrevisses, les crabes en bord de mer, les bovins, le lait de vache, jusqu’au sang de 90 % des femmes enceintes. Seules les bananes - sauf à en déguster la peau - échappent à cette contamination.

«Pause banane».  Selon le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM), l’élimination par écoulement naturel du chlordécone des terres et eaux antillaises prendrait sept mille ans (1). A court terme, il est question de décréter une pause banane. «La seule solution est l’arrêt pur et simple des activités agricoles», préconisent des hydrologues : pendant quelques années, les plantations de bananes seraient remplacées par des fleurs (ou des patates douces non commercialisables), histoire de régénérer les sols. L’ouragan Dean est l’occasion de faire table rase du passé. Bien sûr, les bananiers ont vocation à être indemnisés, l’interdiction de culture étant d’intérêt public. Mais les signaux envoyés par Estrosi, Fillon et Sarkozy sont d’une autre nature : il s’agirait de renflouer les planteurs en vue de repartir comme si de rien n’était. D’inventer le principe du pollueur-payé. C’est pourquoi Jean-Louis Borloo et Nathalie Kosciusko-Morizet, en charge de l’Ecologie, auraient aimé être conviés à l’Elysée. Cela «ne les regarde pas», leur a-t-on dit.

Cette incongruité est d’autant plus malvenue que la justice s’en mêle. Sous les cocotiers, le scandale du chlordécone est vécu comme l’équivalent de l’affaire du sang contaminé doublée de Metaleurop, exacerbant un peu plus l’antagonisme entre riches békés et créoles désœuvrés. Des associations ont porté plainte pour empoisonnement et mise en danger de la vie d’autrui, visant moins les bananiers que le laxisme des pouvoirs publics. Me Claudette Duhamel, avocate de l’Association de sauvegarde du patrimoine martiniquais (Assaupamar), dénonce une «volonté délibérée de l’Etat français, autorisant les gros planteurs à utiliser un poison, dans le silence et la désinformation». En Guadeloupe, le parquet a tenté de contester la recevabilité des plaintes. En vain : le 2 août, la cour d’appel de Basse-Terre leur donnait le feu vert en rappelant - ironiquement ? - que le parquet est «en charge de l’intérêt collectif».

Résidus. En 2001, le gouvernement annonçait la création d’un Observatoire des résidus de pesticides ; on attend toujours sa mise en place, faute de moyens. Quand aux épandages aériens, les pesticides étant pulvérisés indistinctement sur les ouvriers agricoles, un arrêté s’est contenté de les interdire à moins de 50 m des cours d’eau, mais pas sur la tête des hommes. En 2005, l’Assemblée nationale confiait à Joël Beaugendre, député UMP de Guadeloupe, une mission d’enquête parlementaire sur le chlordécone. Son rapport a lavé les pouvoirs publics de tout soupçon, louant le «contrôle vigilant des services compétents», regrettant une «identification tardive de la pollution». Faute bénigne qui ne relèverait «pas d’une carence» mais d’une «attention moins grande qu’aujourd’hui aux problématiques de pesticides». Il a été rayé de la carte aux législatives, avec un score (42 % au second tour) indigne d’un député sortant.

(1) Le BRGM évalue à 1 250 tonnes la quantité de chlordécone répandue avant interdiction. Selon un rapport parlementaire, il s’agirait plutôt de 6 000 tonnes, soit un temps d’évacuation théorique de 336 siècles.

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Les nouveaux riches flambent dans la pierre haut de gamme

La fortune de cette poignée de millionnaires suit la hausse de l'immobilier haut de gamme.

Tonino SERAFINI LIBERATION Jeudi 18 mai 2006 -

C'est une petite niche très prospère constituée d'un peu plus d'un millier de clients millionnaires en euros. Ils sont capables de signer des chèques avec six zéros pour s'offrir des hôtels particuliers dans la verdure à la porte d'Auteuil ou à Neuilly. Ou de grands appartements du côté du parc Monceau ou du Trocadéro, avec terrasses végétales et vue panoramique sur la capitale. Ou encore des logements plus anciens, plus atypiques, dans le Paris historique du Marais ou de l'Ile-Saint-Louis, où la vieille pierre et les parquets patinés valent de l'or.

35-40 ans. Prix du ticket d'entrée : un million d'euros minimum, et beaucoup plus si coup de foudre, «Parfois ces clients ne nous fixent pas de budget. Ils nous disent : "Voilà ce que je recherche, et je m'adapterai"», affirme un agent immobilier établi à Saint-Germain-des-Prés. L'an dernier, 22 ventes se sont faites à 4 millions d'euros et plus, selon des chiffres dévoilés hier par le groupe Feau, conseil en immobilier haut de gamme. Le profil des acquéreurs «est nettement plus jeune qu'il y a dix ou quinze ans», précise Charles-Marie Jottras, président de Feau. «On a beaucoup de couples de 35-40 ans avec des budgets supérieurs à 2,5 millions d'euros.» On devine des fortunes vite faites. «Ce sont des gens qui ont gagné beaucoup d'argent dans la finance, les nouvelles technologies. Il y a aussi des avocats d'affaires.» Sans oublier les professions libérales et les milieux du show-biz. Un microcosme prospère grâce à l'envolée des dividendes distribués par les entreprises à leurs actionnaires ou les stock-options et autres golden parachutes dont s'arment les cadres dirigeants. «A New York, une agence immobilière haut de gamme a fait une étude démontrant que les revenus des personnes travaillant dans la finance et des avocats d'affaires avaient augmenté aussi vite que les prix de l'immobilier», indique-t-on chez Feau.

A Paris, pour les quatre premiers mois de l'année, Feau annonce une hausse de 18 % du nombre de ses transactions, alors que le reste de l'immobilier stagne. Et les prix supérieurs à 8 000 euros le m2 ne semblent pas dissuasifs.

Art déco. Récemment, dans le quartier de l'Etoile, des lofts se sont vendus jusqu'à 15 000 euros le m2 dans un immeuble style Art déco rénové de fond en comble. Certains acquéreurs ont déboursé jusqu'à 6 millions d'euros pour des pied-à-terre à deux pas des Champs-Elysées. Nul besoin d'argent de la banque pour boucler les budgets. Lorsque les gens ont recours à l'emprunt, c'est «pour diminuer leur assiette ISF [impôt sur les grandes fortunes, ndlr] quitte à donner en garantie d'autres biens immobiliers situés à l'étranger», explique Charles-Marie Jottras. La plupart des achats se font par le biais de SCI (Société civile immobilière). Ensuite, certains font appel à des architectes de renom pour personnaliser leur demeure. Des clients font venir des décorateurs de New York. Et les sommes investies dans le réaménagement et la décoration de ces logements peuvent égaler le prix de l'appartement.

De quoi acheter quelques baguettes de pain !

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Des «stages intensifs» pour griller les camarades de classe

Scolarité. A la fin de l’été, sous la pression parentale, des milliers d’élèves préparent la rentrée sous la conduite d’organismes de soutien.

Marie-Joelle Gros Libération jeudi 30 août 2007

Pendant qu’une majorité d’élèves profitent des derniers jours des vacances, ils sont de plus en plus nombreux à s’échauffer le cerveau quelques jours avant la rentrée. Leur ambition : reprendre les cours sur les chapeaux de roues et griller leurs petits camarades de classe dès la première interro écrite. La course à la réussite ne connaît pas de limite. Tout comme il existe des classes préparatoires pour réussir les concours des grandes écoles et même des prépas aux classes préparatoires, quelques milliers de collégiens et de lycéens s’enferment désormais une semaine à la fin de l’été pour revoir le programme. Ça rassure considérablement leurs parents.

Les cours Legendre, Acadomia ou Complétude se disputent l’antériorité de la formule et son efficacité. Les cours particuliers tout au long de l’année restent l’essentiel de leur activité, mais le stage intensif de pré-rentrée limité aux matières dans lesquelles un élève ne brille pas semble une formule choc vouée au succès. Il s’agit en général de deux heures de cours en groupe restreint (entre cinq et huit élèves), sur cinq ou six jours consécutifs, avec souvent des devoirs à faire pour le lendemain.

Les parents déboursent en moyenne entre deux cents et trois cents euros pour offrir une longueur d’avance à leur rejeton au moment de la reprise des cours. Mais ils y trouvent leur compte. Ainsi, le cahier de vacances d’antan exigeait que les parents surveillent eux-mêmes le travail de leurs enfants sur un temps dévolu aux vacances d’où agacements dégénérant fréquemment en engueulades. Le stage intensif, lui, a le mérite de scinder les choses: il y a le temps des vacances en famille, et le temps des révisions assurées par des professionnels.

Qualifié de marché de l’angoisse parentale par ses détracteurs, l’activité du soutien scolaire ne s’est jamais aussi bien portée. Tout ce qui est sujet à inquiétude est vendu comme un module de formation rassurant: passage du primaire au collège. «Il y a quelques années, les parents attendaient les mauvaises notes pour réagir et payer des cours particuliers, note-t-on chez Acadomia. Ils sont aujourd’hui davantage dans l’anticipation des difficultés». Les bulletins de notes qui invitent un élève à «travailler plus» semblent désormais une aubaine pour ce marché. Souvent d’ailleurs, les stagiaires ne sont pas des cancres, mais des élèves moyens voire bons.

En tout cas, si le gros des troupes reste issu de familles aisées (cadres sups et professions libérales), les déductions fiscales offertes aux parents pourraient peu à peu changer la donne. Chez Complétude, 28% des parents sont ouvriers ou employés, 12% artisans, et 6% sans emploi, assure la direction. Sans compter que les comités d’entreprise et les régions proposent de plus en plus d’aider au financement du soutien scolaire.

Cerveau, Boulot, Conso… la Vie moderne !

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Un indice des prix qui fait débat

C.Al. Libération jeudi 30 août 2007

La remise en cause de la mesure du coût de la vie établi par l’indice des prix de l’Insee est devenue un thème récurrent dans l’appréciation du pouvoir d’achat des Français. Selon l’étude récente de 60 millions de consommateurs, sa hausse n’aurait été que de 0,8 % sur les douze derniers mois, soit 24 euros en moyenne par Français. Ce qui contraste avec l’Insee qui évoque 3,2 % de progression.

L’écart s’explique par une différence dans la pondération de l’énergie et des loyers et dans la prise en compte des achats de logement. L’Insee les considère comme un investissement et ne les intègre pas dans son indice, alors pour l’INC, il s’agit d’un acte de consommation.

Bien sûr, tout marche à la baguette

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«Les structures sociales encouragent, ou pas, le fait d’entreprendre»

Boris Cyrulnik, psychiatre et membre de la commission Attali : la psychologie peut jouer sur la croissance :

C. L. Libération jeudi 30 août 2007

Neurologue et psychiatre, Boris Cyrulnik, est l’un des membres de la commission Attali sur les «freins à la croissance», qui sera installée aujourd’hui, et doit réunir une quarantaine de personnalités, françaises et étrangères, pour rendre un rapport à la fin de l’année. Il s’agit, selon Bercy, de faire en sorte que «toutes les propositions y [soient] étudiées, chiffrées, analysées, notamment en matière de compétitivité et d’innovation, de justice sociale, de mobilité des élites et de sécurisation des parcours professionnels» .

Que peut apporter un psychanalyste au chevet de la croissance ?

C’est Jacques Attali qui m’a contacté. Il y avait déjà des gens d’argent, des gens issus des milieux de la banque ou de la politique. Je ne connais rien à l’économie, mais je pense qu’il y a des structures sociales qui encouragent ou découragent le fait de se lancer dans la vie et d’entreprendre. De s’entreprendre. Il y a des blocages psychologiques et psychosociaux.

La tendance n’est-elle pas à la mise en compétition des hommes, à l’exacerbation des rivalités et du stress ? Ne faudrait-il pas «libérer» les gens des pressions du travail plutôt que la croissance ?

Les nouvelles manières de travailler et de vivre ensemble provoquent de plus en plus des souffrances psychologiques, qu’on ne peut pas toutes soigner à coups de médicaments. On vit dans une société de la performance, une économie de la hiérarchie. Si on n’est pas en haut, on est humilié. Une institution, une entreprise qui ne permet pas d’évoluer, c’est de la perversion.

Dans ce cas, la vie au travail va contre la résilience. Comment travaille-t-on sur la confiance ?

On éprouve le désir d’explorer, de s’aventurer, d’oser que si on a une base de sécurité, un projet d’existence, y compris dans le cadre de sa scolarité, de sa famille comme de son travail. Sinon, on tue le plaisir. Et on érode la confiance.

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Jacques Attali fait l’économie des économistes

Christian Losson et Grégory Schneider Libération jeudi 30 août 2007

A la tête d’une commission sur les freins à la croissance, il s’en prend à ces experts qualifiés de «rebouteux».

Jacques Attali aime faire parler de lui. D’abord parce qu’il installe sa commission sur «les freins de la croissance», dont il a pris la tête à l’appel de l’Elysée. Et dans laquelle 40 personnalités, dont une ridicule poignée d’économistes vont plancher jusqu’à décembre, date de remise d’un rapport destiné à «libérer» une croissance française qui, loin de ­décoller, a tendance à piquer du nez.

«Art de se vendre». Ensuite, dans son édito hebdomadaire dans l’Express, Attali étrille les économistes avec une vigueur vitrioleuse. «Leur réputation est sulfureuse et chacun les considère au mieux comme des experts aussi doués que les météorologues et au pire comme des rebouteux, estime Attali. Et, comme le disait très justement un des meilleurs prêtres de cette église […], Kenneth Boulding, Un économiste est un expert qui saura parfaitement vous expliquer demain pourquoi ce qu’il a prévu hier ne s’est pas passé aujourd’hui’’.»

Pourquoi une telle sortie, la veille d’une mission chargée, justement, de se pencher sur l’économie ? «Je n’y ai même pas pensé, confie Attali. Même si je suis sûr que vous allez adorer faire monter la sauce. J’ai fait un premier livre sur la question il y a trente-cinq ans et il se trouve que c’est un des rares sujets sur lequel je n’ai pas changé d’avis.» Il persiste plutôt. «Cette science n’excelle que dans l’art de se vendre : comme le disait un des plus lucides de ses maîtres, John Kenneth Galbraith ! Un économiste, c’est quelqu’un qui ne sait pas de quoi il parle, et qui vous fait sentir que c’est de votre faute .» La sortie de l’ex-sherpa de Mitterrand commence à susciter un tollé parmi les intéressés. Qui ne s’étonnent plus, du coup, de ne voir qu’une poignée d’entre eux figurer au sein de la commission.

«Démagogie». Premier à réagir, Olivier Bouba-Olga, professeur à Poitiers et à Sciences-po Paris. «Le discours d’Attali rejoint celui de Sarkozy, qui assure ne rien comprendre à la théorie économique et qu’il faut s’inspirer de ce qui marche, souffle-t-il. Bien sûr, si vous avez une panne de voiture, vous irez sûrement voir un garagiste, mais s’agissant d’économie, pourquoi diable demander leur avis aux économistes ?» Directrice du laboratoire d’économie d’Orléans, Anne Lavigne, trouve, elle, que les diatribes d’Attali ne sont que «démagogie et populisme, de l’anti-intellectualisme». «On attend des économistes qu’il vous balance les prévisions du Cac 40 pour fin 2007 ou trouve des formules magiques, simples, note-t-elle. Or, être économiste, c’est aussi faire de la recherche, des hypothèses, des analyses.» Dans son blog un article récent, s’intitule : «Economistes, préparez votre reconversion», dans lequel elle revient sur les attaques du ministre de l’Education, Xavier Darcos, contre les «filières sans débouchés», comme «l’économique et le social», ou les piques de l’UMP Jean-François Copé, contre le Conseil d’analyse économique…

«Ecrivailleurs». «Il ne faut pas jeter l’anathème sur une profession, regrette Jean-Paul Fitoussi, professeur des universités à l’Institut d’études politiques. Ces arguments ne sont ni très convaincants, ni très scientifiques.» Si Jacques Attali cite Galbraith, Fitoussi convoque lui Keynes : «Généralement, les hommes politiques ou les technocrates sont victimes de la pensée d’un écrivailleur universitaire défunt il y a quelques décennies», rappelle-t-il. Economiste de banque, Marc Touati, abonde : « Les freins à la croissance, on les connaît depuis trente ans. Le truc d’Attali, avec ses économistes de salon, c’est un énième rapport destiné à finir dans un tiroir comme celui de Camdessus [ex-patron du Fonds monétaires international, ndlr]. Le drame français, c’est l’instrumentalisation de l’économie à des fins politiques.»

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Sarkozy lance devant le Medef la "2ème phase" des réformes économiques

PARIS (AFP) - 29/08/2007

Nicolas Sarkozy lance jeudi devant le Medef "la deuxième phase" de ses réformes économiques, avec des annonces en faveur des entreprises et du pouvoir d'achat pour contrer une croissance en berne et des prix à la consommation en hausse.

Le président veut mettre à profit l'université d'été du patronat, réunie à Jouy-en-Josas (Yvelines), pour "prononcer un grand discours sur la politique économique qui marquera la deuxième phase des réformes économiques", selon David Martinon, porte-parole de l'Elysée.

L'ouverture de cette deuxième phase - après le "paquet fiscal" censé provoquer "un choc de confiance" - intervient dans un contexte économique difficile.

D'où la volonté affichée par le président, plus de trois mois après son entrée en fonction, de relancer la machine économique pour "gagner le point de croissance qui manque au pays", comme il l'a martelé pendant sa campagne et depuis son élection.

Un calendrier social et économique très chargé l'attend d'ici à la fin de l'année. Le 30 août se met en place la commission sur les freins à la croissance. Début septembre Eric Besson, secrétaire d'Etat chargé de la Prospective, lui remettra son rapport sur l'expérimentation de la TVA sociale, avec les avantages et inconvénients d'une mesure largement impopulaire.

Le 7 septembre débutera la négociation entre partenaires sociaux pour la réforme du marché du travail, qui devrait entraîner, selon le Premier ministre François Fillon, une "modernisation d'ampleur de notre démocratie sociale". Le 25 octobre se tiendra la conférence sur les salaires et le pouvoir d'achat.

Alors que Laurence Parisot, présidente du Medef, a jugé que la venue de M. Sarkozy à Jouy-en-Josas était "un bon signe pour tout le monde", deux des principaux syndicats, CGT et FO, ont déploré le lieu choisi par l'Elysée pour ce discours de rentrée. "Ce n'est pas l'endroit idéal", selon Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT.

Pour désamorcer ce début de polémique, M. Sarkozy a tenu à recevoir les syndicalistes avant son discours. Jean-Claude Mailly (FO), M. Thibault, ainsi que François Chérèque (CFDT), se sont succédé à l'Elysée en début de semaine.

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Fillon admet comprendre la régulation massive des sans-papiers en Espagne en 2005

20 Minutes 30 Août

A nouveau amis. François Fillon a téléphoné mercredi à son homologue espagnol, José Luis Zapatero, «afin de dissiper tout malentendu», après un début de polémique sur l'immigration. «Il l'a assuré que la France comprenait que la régularisation massive d'immigrants clandestins à laquelle il avait procédé en 2005 était, à l'époque, la seule solution pour mettre fin à une situation complexe et délicate», a déclaré Matignon. Selon la rue de Varenne, les deux hommes «ont convenu que la politique d'immigration devait continuer de faire l'objet d'une étroite coopération entre nos deux pays».

Une précision qui devrait calmer le dirigeant espagnol qui avait contesté mardi l'affirmation de François Fillon selon laquelle José Luis Zapatero «regrettait amèrement» d'avoir régularisé des centaines de milliers de travailleurs étrangers clandestins en Espagne en 2005 et qu'il s'était, «en tout cas, engagé à ne plus le refaire». Le gouvernement espagnol avait demandé une clarification à Paris. C'est désormais chose faite.

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Un impôt-plancher pour quoi faire?

Pierre Koetschet 20 Minutes 30 Août

Pour que personne n’échappe à l’impôt. En raison des niches fiscales — dons, investissements outre-mer, achats d’art, emploi d’un salarié à domicile… — et des abattements (journalistes, députés…), des foyers peuvent faire baisser leur impôt, jusqu’à être totalement exonéré. En 2006, en plein débat sur les niches fiscales, Henri Emmanuelli avait montré que grâce aux niches et abattements, il échappait complètement à l’impôt : «C’est formidable! Cette année, sur un impôt de départ de 11.000 euros, c’est finalement le fisc qui me doit 217 euros.»

Qu’est-ce qu’un impôt plancher?
Le principe est simple, il est d’ailleurs appliqué aux Etats-Unis depuis 1969. Il s’agit de fixer un impôt minimum dont doit s’acquitter un foyer, en fonction de ses revenus (et de la composition de la famille). Dans le cas d’Henri Emmanuelli, il pourrait par exemple être fixé à 5.000 euros.

Qui serait concerné?
Tout ceux qui profitent des 400 niches fiscales, donc beaucoup de monde. Ces niches fiscales représentent 45 milliards d’euros de manque à gagner pour l’Etat. La mesure toucherait évidemment d’abord les hauts revenus. «Comme la France se caractérise par un grand nombre de niches fiscales, il ne faut pas que les hauts revenus s'extraient de leur participation à la vie du pays», estime le député UMP Pierre Méhaignerie, qui a révélé que Christine Lagarde travaillait sur un tel projet de loi. A priori, seule «la dernière tranche, ou les deux dernières, mais certainement pas au-delà». Pour mémoire, la dernière tranche concerne les foyers qui ont plus de 66.679 € de revenus annuels (au taux d'imposition de 40%).


Quelle forme prendrait l’impôt plancher?
Les modalités du projet ne sont pas encore connues. Ni le taux minimum d’imposition, ni les niches concernées. En 2005, Dominique de Villepin avait tenté d’imposer une telle mesure, mais devant le tollé, certaines niches (investissement dans les DOM-TOM, mécénat) avaient été retirées, jusqu’à rendre le projet incompréhensible, puis censuré par le Conseil constitutionnel car le projet remettait en cause l’«égalité devant l’impôt».

Quelle est la cohérence de la politique fiscale du gouvernement?
Après le bouclier fiscal voté juste après l’élection de la nouvelle législature, ce projet apparaît comme un pas en arrière, salué par ceux-là même qui le voyaient d’un mauvais œil (le Nouveau Centre). Le Parti socialiste a dénoncé mercredi «les zigzags fiscaux du gouvernement» qui en réfléchissant à un impôt-plancher, reconnaît et essaie «de corriger les injustices de ses propres baisses d'impôts». A la sortie du conseil des ministres, Laurent Wauquiez a confirmé que le gouvernement explorait cette «piste de réflexion» et que ce n’était pas «un scoop».

Ranger vos niches voilà le plancher ...

Posté par werdna à 01:25 - Fiscalité - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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