lundi 27 août 2007
Nicolas Sarkozy : Priorité à L’Europe et il n’est pas "acceptable" que l'Iran se dote de l'arme nucléaire.
Vincent Hervouet- LCI - 27/08/2007
Europe, Irak, Iran mais aussi Afrique. Pour son premier grand discours de politique étrangère, le président de la République Nicolas Sarkozy a balayé lundi l'ensemble des fronts sur lesquels la France souhaitait jouer un rôle. "Je me fais une très haute idée de la France et de sa place dans le monde", a appuyé le chef de l'Etat. Sarkozy a une "totale confiance" en Kouchner.Premier chantier, l'Europe. "La France prendra des initiatives très fortes" pour un renforcement de l'Europe de la Défense, a-t-il assuré, ajoutant qu'"opposer la Défense européenne et l'Otan n'a aucun sens car nous avons besoin des deux". Pour Nicolas Sarkozy, "la construction de l'Europe reste pour la France une priorité absolue".
Le chef de l'Etat souhaite d'ailleurs que la France soit le premier pays à ratifier, au parlement, le futur traité européen, dont il a été un des initiateurs les plus actifs. Enfin, le président français a suggéré la création d'un comité sur l'avenir de l'Europe d'ici la fin de l'année, composé "de dix à douze sages de très haut niveau" chargés de réfléchir à l'avenir de l'Europe à l'horizon 2020-2030.
Autre point abordé, l'Irak. Nicolas Sarkozy a rappelé que "la France demeure hostile à cette guerre". Le chef de l'Etat a d'ailleurs appelé à définir "un horizon clair" concernant le retrait des troupes étrangères d'Irak. "Il n'y aura de solution que politique", a-t-il estimé. Le président français s'est par ailleurs dit favorable à un dialogue sous conditions avec la Syrie pour résoudre la crise au Liban. "Le dialogue qui y a repris doit se poursuivre pour aboutir à une sortie de crise (...) Tous les acteurs régionaux, dont la Syrie, doivent agir pour favoriser une telle solution." Au sujet de l'Iran, Nicolas Sarkozy a dit qu'"un Iran doté de l'arme nucléaire, c'est pour moi inacceptable", estimant que la crise autour du programme nucléaire de Téhéran était "sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international".
Pour lutter contre les mouvements terroristes en Afghanistan, le chef de l'Etat a ensuite appelé le Pakistan à une "politique plus déterminée" contre Al-Qaïda et les talibans. "Nos actions en Afghanistan seront vaines si de l'autre côté de la frontière, le Pakistan demeure le refuge des talibans d'Al-Qaïda avant d'en devenir peut-être la victime", a fait valoir le président de la République. La France ne se résignera pas à la création d'un "Hamastan" à Gaza
Au sujet d'Israël et de la crise à Gaza, Nicolas Sarkozy a affirmé que la France ne se résignerait pas à la création d'un "Hamastan" dans la bande de Gaza. "Dans l'immédiat, nos efforts, ceux du Quartet et des pays arabes modérés, doivent aller à la reconstruction de l'Autorité palestinienne, sous l'autorité de son président", a déclaré le président français. "Mais il est tout aussi indispensable de relancer sans délai une authentique dynamique de paix conduisant à la création d'un Etat palestinien."
Dans son discours de près d'une heure, le président de la République n'a pas oublié l'Afrique e a répété que "seule" une solution politique pouvait répondre à la crise actuelle dans la région soudanaise du Darfour.
Au cours de son discours, Nicolas Sarkozy a rendu hommage à plusieurs reprises à Bernard Kouchner, affirmant qu'il travaille avec lui "en totale confiance", au moment où le ministre des Affaires étrangères est au coeur d'une polémique après des propos sur le Premier ministre irakien. Le président de la République a insisté sur le fait que "la France a la chance d'avoir à la tête du ministère des Affaires étrangères et européennes quatre personnalités remarquables", citant en premier Bernard Kouchner, puis associant les trois secrétaires d'Etat rattachés aux Affaires étrangères : Jean-Pierre Jouyet (Affaires européennes), Jean-Marie Bockel (Coopération), et Rama Yade (Droits de l'Homme). Le chef de l'Etat a notamment salué la visite de son ministre en Irak la semaine dernière, au cours de laquelle il a "apporté à Bagdad un message de solidarité et de disponibilité". Bernard Kouchner "a eu raison de se rendre à Bagdad" et il "a conduit ce voyage de façon remarquable", a-t-il affirmé.
Il a juste omis de parler des forces du mal…
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