jeudi 16 août 2007
Une caisse régionale du Crédit agricole épinglée par la Commission bancaire
LE MONDE | 15.08.07 | Jacques Follorou
Deuxième caisse régionale de France au sein du groupe, cet établissement est dirigé par Jean-Paul Chifflet, vice-président du conseil d'administration de la Caisse nationale et secrétaire général de la Fédération nationale des caisses du Crédit agricole.
Cette décision, publiée, fin juillet, par la Banque de France dans son bulletin trimestriel relève l'existence de "dysfonctionnements et de lacunes dans la mise en oeuvre du dispositif de prévention du blanchiment et de financement du terrorisme de nature à nuire gravement à son efficacité".
La Commission bancaire illustre sa décision de nombreux exemples emblématiques de ces dérives. Un couple, dont le mari est au chômage et l'épouse sans profession, dépose entre mars 2004 et février 2005, 250 000 euros sur le compte puis retire 160 000 euros. Un cadre, demeurant à l'étranger transfère, en 2004, sur son compte 830 000 euros avant d'en retirer une grande partie en espèces. L'origine avancée : des gains du PMU. D'autres cas évoquent des "rapatriements douteux" et "des opérations suspectes en lien avec des casinos".
La Commission reproche aussi à la caisse régionale des manquements en matière de déclaration de soupçon. L'enquête mentionne un cas où les informations transmises sur "un commerce en apparence de voitures avec la Chine" étaient "si lacunaires" qu'elles étaient "inexploitables" par Tracfin, l'agence antiblanchiment française.
Enfin, la Caisse aurait manqué à ses devoirs en matière de formation interne. "C'est une vieille affaire, dit-on à la direction générale de la Caisse nationale du Crédit agricole, ces lacunes ont été depuis corrigées." !
En Inde, au milieu du boom économique, une pauvreté criante.
Dernières Nouvelles d’Alsace 15 Août 07
Les rêves indiens de puissance économique dominatrice se heurtent à une réalité criante : le sous-continent demeure un « champion » de la misère et des inégalités.
Le Premier ministre Manmohan Singh du Parti du Congrès, élu en 2004 pour réduire la pauvreté, douche régulièrement l'enthousiasme en rappelant les fléaux du sous-développement.
Sur 457 millions de travailleurs, près de neuf sur dix gagnent moins d'un demi-dollar par jour. 46 % des enfants de moins de trois ans souffrent de malnutrition, le taux d'alphabétisation plafonne à 60 % et 78 % des Indiens n'ont pas de toilettes. L'Inde compte également le plus grand nombre de séropositifs au monde. Sur l'indice de développement, le pays se traîne à la 126e place mondiale.
Les routes, aéroports, ports, voies ferrées et réseaux électriques sont dans un état lamentable, admet M. Singh. Et l'agriculture, qui fait vivre les deux tiers de la population, traverse une crise profonde. Preuve du malaise, des milliers de paysans cotonniers criblés de dettes se suicident chaque année.
Pour noircir encore le tableau, Maria Misra, professeur d'histoire à Oxford, rappelle que la « plus grande démocratie du monde » est rongée par la corruption, ensanglantée par le terrorisme et en proie aux tensions religieuses et entre castes.
Alliot-Marie pour un renforcement de la vidéo-surveillance
REUTERS : mercredi 15 août 2007
ANTIBES (Reuters) - Michèle Alliot-Marie s'est prononcée pour un renforcement de la vidéo-surveillance en France, après la mort la veille d'un journaliste italien agressé dans le métro parisien.
La ministre de l'Intérieur a souligné que la station Bir-Hakeim où s'était déroulée l'agression était l'une des dernières de la capitale à ne pas être équipée de caméras, ni sur les quais ni dans les couloirs.
"Dans un cas comme celui-ci, nous ne savons pas ce qui s'est passé exactement", a-t-elle déclaré lors d'une rencontre à Antibes dans les Alpes-Maritimes avec les forces de l'ordre mobilisées pendant la période estivale.
"Ce drame plaide donc pour un renforcement du maillage de vidéo-surveillance en France où nous sommes encore loin de celui existant en Grande-Bretagne", a-t-elle ajouté.
Michèle Alliot-Marie a dit travailler avec ses services sur la façon d'améliorer les interconnexions entre les différentes institutions utilisant chacune la vidéo-surveillance.
"Ce qui s'est passé à Londres est l'illustration de l'utilité de ce système, c'est un moyen de protection important et efficace contre le terrorisme, le banditisme et les violences contre les personnes", a-t-elle souligné.
"Il n'est pas question de vouloir tout couvrir. La vie privée et les libertés individuelles doivent être protégées, mais dans un certain nombre de lieux, il faut pouvoir savoir ce qu'il s'y passe".
Michèle Alliot-Marie s'est prononcée par ailleurs pour le maintien de la gratuité des secours, en mer comme en montagne.
Elle joue la dame aux caméras
Les banques guettent leurs clients au coin du bois
Le Canard Enchaîné du mercredi 15 Août
Plombés par la crise qu’ils n’ont pas vue venir, les établissements financiers ne vont pas tarder à se refaire une santé grâce aux frais bancaires et au coût du crédit. En attendant mieux…
Cette tourmente sur les marchés financiers aura des effets immédiats pour les clients particuliers. Tout d’abord, une augmentation du coût des crédits immobiliers et aussi une difficulté accrue pour emprunter, les établissements échaudés exigeant de plus en plus de garanties. La « France des propriétaires » promise par Borloo et Sarko va en prendre un sérieux coup.
En dix ans, les principales banques françaises ont vu leurs résultats multipliés par vingt. Par vingt-huit, même, pour la BNP ! Elles y sont parvenues en prêtant de plus en plus, en développant les opérations sur les marchés boursiers et les « produits dérivés » et en encaissant toujours davantage de commissions sur les opérations qu’elles réalisent pour leurs clients.
Dans la banque de détail, 46% des revenus de BNP Paribas proviennent des frais de tenue de compte, de virements, de découverts, de change, etc… Un record historique !
Et même si l’actuelle crise financière ne devait pas durer, il y a au moins un risque qu’aucune banque n’est prête à prendre : se priver de ces frais bancaires, une source de revenu qui, elle, ne présente aucun risque !
Fin de pique-nique à Kennebunkport

Morin fait et défait le planton
Le canard enchaîné mercredi 15 Août
Un gendarme qui fait le pied de grue 24 heures devant un ministère, c’est cinq gendarmes en poste durant la journée et la nuit. C’est fort de cette équation qui figure dans un rapport de la Direction générale de la gendarmerie qu’Hervé Morin a décidé de supprimer les 500 factionnaires qui protègent les bâtiments officiels de la capitale.
Retour donc aux brigades, et seuls les ministres s’en plaindront.
Même si Sarko est de plus en plus entouré de gardes du corps, pour cause de train de vie de l'état, ses prédecésseurs sont, dans ce registre, soumis au régime de peau de chagrin. Le dispositif de sécurité du Château-Chirac de Bity (Corrèze) va être sérieusement allégé. Valéry Giscard d'Estaing est lui aussi dans le collimateur de la défense. Les deux gardes statiques mobilisés jour et nuit devant son manoir auvergnat lui seront bientôt retirés au profit dd'un système de vidéo-surveillance.
A quand le bracelet électronique pour l'Ex ?
Pour l’exemple, Bravo !
Kenya: manifestation pour réserver 50 sièges aux femmes au Parlement
Agence France-Presse Nairobi 15 Août
Plusieurs centaines de Kényanes ont manifesté mercredi dans le centre de Nairobi et remis au Parlement une pétition ayant recueilli un million de signatures pour réclamer que 50 sièges soient réservés aux femmes au Parlement kényan, a constaté une journaliste de l'AFP.
Dans une ambiance festive, environ 700 femmes, originaires des 8 provinces du Kenya, ont défilé dans le centre de la capitale kényane, arborant des tee-shirt rouges où s'inscrivait en blanc «Dites +oui+ à 50 sièges pour les femmes au Parlement» et entonnant des slogans, comme «les femmes ne dorment pas, elles continuent à se battre».
Elles ont ensuite remis leurs pétitions au secrétaire administratif du Parlement.
«L'un des problèmes du Kenya est la disparité entre les riches et les pauvres, et nous voulons que les femmes siègent au Parlement afin de travailler à un développement plus équitable, parce qu'elles penseront avant tout à la santé, à l'éducation, à l'accès à l'eau», a expliqué à l'AFP Wanjiku Kabira, de l'Alliance politique des femmes du Kenya (WPAK), précisant que la pétition avaient recueilli un million de signatures.
Le Parlement kényan ne compte que 18 femmes sur 222 élus. Pour la secrétaire d'État à l'Education, également députée, Beth Mugo, présente à ce rassemblement, «on ne peut pas parvenir à la démocratie, ni au développement, si on ne parvient pas à l'égalité des sexes».
De son côté, Happy Gloria Akhayalu, de l'Institut de développement Maendeleo Ya Wanawake du district de Busia (ouest), était venue défendre la nomination de députées originaires du milieu rural, «où les femmes sont victimes d'atteintes aux droits de l'homme et n'ont pas leur mot à dire dans la famille».
Le Kenya, pays pauvre d'Afrique de l'Est, doit organiser des élections générales (présidentielle, législatives et locales) en décembre.
En matière de proportion de femmes parlementaires, le Rwanda est en tête du classement mondial avec 48,8% de femmes parlementaires, selon les statistiques annuelles de l'Union interparlementaire (UIP) publiées en mars dernier.
Les gardiens de la révolution iraniens sont des terroristes pour les É.-U.
Agence France-Presse Washington Mercredi 15 Août
Le gouvernement américain a décidé de qualifier de «terroriste» l'organisation des Gardiens de la révolution iraniens, a rapporté mercredi le Washington Post.
Cette décision permettra aux autorités américaines d'agir contre les opérations économiques et financières des Gardiens. Selon le journal, l'administration Bush soupçonne cette force militaire d'élite de 125 000 hommes de soutenir des extrémistes en Irak, en Afghanistan et au Proche-Orient.
Cette décision, estime le Washington Post, est la conséquence de pressions du Congrès sur la Maison-Blanche pour qu'elle durcisse sa position vis à vis de Téhéran et reflète aussi la frustration de la présidence devant l'inefficacité des résolutions onusiennes contre le programme nucléaire iranien.
L'ordre exécutif, qui doit être publié dans les jours qui viennent par le président Bush, permettra aux États-Unis de bloquer les actifs des «terroristes» et d'interdire les activités de compagnies étrangères qui «fournissent un soutien, des services ou une assistance, ou coopèrent de quelque manière que ce soit avec les terroristes», selon le journal.
Les Gardiens de la révolution seront la première force militaire nationale à être inscrite sur la liste américaine d'individus, compagnies, organisations d'aide et groupes extrémistes soupçonnés d'activités terroristes.
Après Lyon et Paris, Marseille va bientôt pédaler
mer. août 15, 2007
PARIS (Reuters) - Après le succès du système Vélo'v depuis deux ans à Lyon et celui du Vélib' à Paris, Marseille lancera une opération de vélo en libre-service fin octobre, confirme le premier adjoint au maire, Renaud Muselier.
"Ce sera un mode opérationnel intéressant dans la mesure où pour nous, le vélo était jusqu'à maintenant un mode de vacances. Là, c'est vraiment le premier transport public individuel qui sera mis à la disposition des Marseillais", a-t-il déclaré sur RMC. Entre 700 et 750 vélos gérés par le groupe français JCDecaux, comme à Paris, seront présents dans 130 stations pour de courts déplacements dans le centre de Marseille. "Je veux 20% de voitures en moins dans Marseille en cinq ans, le tram et les vélos sont là pour ça", a récemment précisé Renaud Muselier dans La Provence.
A Paris, le cap du million et demi de locations a été franchi moins d'un mois après l'inauguration du Velib" le 15 juillet, un système qui attire curieux, touristes et militants des transports "verts".
Accessible à partir de 14 ans, moyennant un abonnement de 1 euro pour un jour, 5 euros pour 7 jours ou 29 euros pour un an, le vélo est utilisable gratuitement pendant la première demi-heure, les tarifs étant modulés progressivement ensuite en fonction de la durée.
"Quand l'ensemble des stations seront déployées, Vélib' tranportera chaque jour autant de monde que le tram", prédit le Vert Denis Baupin, adjoint au maire. Le déploiement dans la capitale française de 20.000 vélos, en échange d'un contrat d'affichage publicitaire, constitue pour le groupe français JCDecaux une "vitrine mondiale" dans sa conquête de nouveaux marchés.
Le maire de Londres, Ken Livingston, a dit réfléchir à la mise en place d'un système de location de vélos en libre service dans la capitale britannique. A Barcelone, le "Bicing" existe depuis mars dernier et y remporte un franc succès.
Le Pakistan à la dérive
Jean claude Kiefer – Dernières Nouvelles d’Alsace Mer 15 août 2007
C'est dans la discrétion que le Pakistan - l'autre grand État issu du sanglant partage de l'Empire britannique des Indes - célèbre ses soixante ans d'indépendance. Non pas tant à cause du passé fait de trois guerres avec son voisin, de l'interminable conflit du Cachemire ou de la sécession du Bangladesh en 1971, mais par peur de l'avenir.
Au grand désarroi de Washington qui avait cru trouver en lui un allié sûr dans la lutte contre le terrorisme, le général-président Pervez Musharraf, déjà cible de deux attentats ratés, est à bout de souffle. La petite et authentique opposition démocratique ne l'inquiète guère mais la prise, le mois dernier, de la Mosquée rouge d'Islamabad par les fondamentalistes montre que les islamistes deviennent maîtres du pays.
Certes, depuis des années les attentats terroristes sont courants au Pakistan et on n'ignore pas l'influence des religieux extrémistes sur la majorité de la population. Toutefois, par commodité politique, les Etats-Unis et les Occidentaux engagés dans l'Afghanistan voisin feignaient de croire que l'armée contrôlait le pays, à l'exception des zones tribales du Wazaristan. Apparemment, il n'en est rien. Des troubles secouent aussi le Nord, et la grande province du Baloutchistan, voisine de l'Iran et de l'Afghanistan, n'est pas sûre non plus.
Puissance nucléaire, le Pakistan vit dans un extrême dénuement sous des structures rigides qui lui interdisent d'accéder au rang de « pays émergent ». Son Produit intérieur brut par habitant - indice de richesse - est, avec 736 $ voisin de celui de la Mauritanie. Des familles féodales et une riche bourgeoisie accaparent la propriété foncière qui n'a jamais été redistribuée. L'institution militaire domine la vie politique et sociale : le budget de la défense est presque le triple de celui de l'éducation...
Cette armée si favorisée est-elle fiable pour autant ? Après la troupe, le fondamentalisme gagnerait le corps des officiers et les puissants services secrets militaires sont réputés ambigus. Ils auraient « fabriqué » les talibans afghans dans les années 1990 et ces derniers gardent appuis et bases arrières dans les zones tribales qui abriteraient aussi les djihadistes d'al-Qaida. A moins que le double jeu ne soit une constante, ce que soupçonne Washington : le pouvoir, pour se maintenir, donne le change aux Américains et aux tribus, combat des islamistes dans telle région de la frontière afghane en tolérant ou en encourageant d'autres groupes qui opèrent un peu plus loin...
Le Pakistan, le deuxième pays musulman du monde, peut à tout moment basculer dans l'islamisme. Ce serait une vraie catastrophe avec des répercussions que personne n'ose encore envisager.

