mercredi 15 août 2007
HUMOUR DU JOUR

© Chappatte dans "International Herald Tribune"
Produire son propre Biogaz
Réalisation d'un biodigesteur de démonstration
La méthanisation est un procédé de valorisation des déchets agricoles permettant d’obtenir une énergie renouvelable : le biogaz. En l’absence d’oxygène, la matière organique est transformée en matière minérale par la flore méthanogène. Cette réaction entraîne la production de biogaz, composé de 55 à 70% de méthane (Gaz Naturel).
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OGM : Un moratoire pour garantir le droit de produire sans OGM
Communiqué de presse de la Confédération Paysanne - 10 août 2007
Les semis 2007 de maïs OGM Mon 81O confrontent les paysans et les apiculteurs à une situation de contamination de fait.
L’opacité de l’information sur les localisations associée à l’absence de règles de responsabilité et de réparation des préjudices sont des éléments qui alimentent les tensions que vit actuellement le monde paysan.
La Confédération paysanne dénonce la pression exercée par les semenciers sur les paysans en les incitant à utiliser des solutions de court terme, quelque fois en l’absence même de pyrale, sans autre objectif que leur profit immédiat par la pollution génétique généralisée.
Par ailleurs, une minorité d’agriculteurs ayant semé moins de 1 % des surfaces de maïs n’est pas légitime à imposer son choix technologique aux 62 % de paysans et d’apiculteurs et aux 86 % de citoyens qui veulent un moratoire.
L’inquiétude s’amplifie quand on constate sur le terrain la présence de parcelles de multiplication de semences OGM et de parcelles « clandestines » qui montrent bien la volonté de pollution génétique généralisée et l’approximation de l’Etat dans la gestion de ce dossier.
En effet, ce sont bien les gouvernements successifs qui portent aujourd’hui la responsabilité des évènements présents alors qu’ils disposent de suffisamment d’éléments pour notifier le moratoire aux autorités européennes à l’instar des pays membres ayant adopté cette mesure de protection des systèmes agricoles, de l’environnement et de la santé (Autriche, Hongrie, Grèce, Irlande,…).
Pour la Confédération paysanne, le droit à produire sans ogm est une liberté fondamentale et un droit pour lequel elle se bat depuis plus de dix ans.
C’est sa mission de syndicat agricole que de poursuivre la défense de ce droit.
Elle réaffirme que le moratoire immédiat sur les cultures ou les récoltes est la décision politique forte nécessaire à l’apaisement.
Ce geste ouvrirait l’espace du débat public dont le Grenelle de l’Environnement peut alors devenir le lieu d’élaboration.
Contact :
Olivier Keller responsable commission OGM 06 26 45 19 48
André Bouchut secrétaire général 06 73 39 58 99
Michel Dupont animateur dossier OGM 06 70 04 91 14
Crime à l’abbaye
par Sylvain Mouillard
Pratique d’un autre temps, on la croyait révolue. Le saccage de près de 10 000 livres lors des rencontres littéraires de Lagrasse (Aude) semble bien loin du simple acte de malveillance ou de la mauvaise blague. Il rappelle même la symbolique de l’autodafé, tant le procédé utilisé en est proche. Dans la nuit de mercredi à jeudi dernier, des inconnus ont donc aspergé d’huile de vidange et de gasoil les 10 000 ouvrages de la librairie installée dans l’abbaye de Lagrasse. En cause, le thème de cette manifestation littéraire qui se tient depuis maintenant dix ans dans le village des Corbières, terre des hérétiques. Cette année, c’était « La nuit sexuelle », titre du prochain ouvrage de Pascal Quignard (voir l’Humanité du 6 août dernier). Au programme, projection de films sur le sujet (Salo, de Pasolini, l’Empire des sens, d’Oshima), lectures et débats, le tout à quelques pas des bâtiments d’une communauté de chanoines, qui vit là depuis 2004.
Pas du goût de certains. Dès le mois de juin, un « réseau de chrétiens engagés » avait lancé une campagne de protestation contre le « tristement célèbre banquet du livre ». Aujourd’hui, l’indignation le dispute à l’inquiétude devant la violence de cette destruction. L’intolérance des extrémistes de tout poil rappelle en effet des heures bien sombres pour la culture.
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L’interdiction de grève levée
Allemagne. Les personnels roulants de la Deutsche Bahn obtiennent en partie gain de cause.
par H. R.
Une victoire pour le syndicat des cheminots allemands (GDL). Vendredi dernier, le tribunal du travail de Nuremberg a décidé de lever l’interdiction de grève qui visait le syndicat. Saisi par la Deutsche Bahn (la compagnie ferroviaire allemande - NDLR) dont les négociations, engagées avec la GDL depuis le mois dernier, sont dans l’impasse.
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Le Machiavel de la Maison-Blanche démissionne
États-Unis . Le départ annoncé de Karl Rove, tête pensante du clan néoconservateur, illustre la détérioration de la position de George W. Bush.
par Jacques Coubard
Karl Rove, l’homme à qui George Bush doit la présidence des États-Unis, a annoncé au Wall Street Journal qu’il quittait son bureau de l’aile ouest de la Maison-Blanche pour « s’occuper de sa famille ». Une justification peu convaincante pour le départ de celui que Bush avait qualifié « d’architecte » de sa stratégie politique.
Homme de l’ombre (il avait été surnommé par les journalistes accrédités à la Maison-Blanche « le type du siège arrière », celui qu’on ne voit jamais), il est à l’origine de presque tous les coups tordus qui ont permis à Bush d’arriver au pouvoir.
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À la tête d’une officine de consultants, il a mis au point quelques-uns des plus sales coups de la vie politique. Afin d’écarter Ann Richard du poste de gouverneur du Texas en 1994, il lance la rumeur selon laquelle elle s’entoure d’une équipe de lesbiennes. Elle perd les élections. Pour assurer le succès de George W. Bush à la candidature républicaine, il fait savoir que son concurrent, le favori des sondages, McCain, est un homme instable, peut-être un traître, fait prisonnier lors de la guerre au Vietnam. Lors de la dernière présidentielle, il fait subventionner par un milliardaire texan, de ses amis, un groupe de vétérans du Vietnam qui, dans les - médias, accusent le candidat démocrate John Kerry de mensonge sur ses exploits pendant la guerre du Vietnam. On le retrouve dans les campagnes contre Fidel Castro et Chavez…
Dernier fait d’armes connu de cette carrière machiavélique : la « fuite » révélant que l’épouse de l’ambassadeur Joseph Wilson, qui s’était permis de démentir l’achat d’uranium au Niger par Saddam Hussein, était membre de la CIA. C’était lui qui l’avait fait savoir à des journalistes pour déconsidérer la révélation du mensonge présidentiel. Lewis Libby, qui fut l’intermédiaire de cette manoeuvre, a été condamné à six mois de prison, une peine commuée par Bush. Rove s’est prévalu de son statut de conseiller à la Maison-Blanche pour refuser de répondre aux enquêteurs.
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Gandhi, mythe sacré de l’Inde indépendante
Gandhi, est une figure plus complexe que ne le suggèrent les clichés habituels, explique le chercheur François Carlier.
En ce début du XXIe siècle, l’Inde, géant démographique et économique, a été séduite par une des superproductions bolywoodiennes, Munna Bhai Lage Rao, qui met en scène un malfrat chargé de l’expropriation des - demeures vétustes de la grande cité industrielle de Bombay au profit de promoteurs véreux. Hanté par la figure de Gandhi, qu’il redécouvre presque par inadvertance, le héros est pris de remords et se range finalement aux côtés des plus démunis.
Ce film a remis au goût du jour le personnage charismatique auprès de la jeunesse urbaine de l’Inde. Toutefois, c’est à une Inde rurale paupérisée par presque deux siècles de colonisation que Gandhi destinait ses derniers projets politiques. Soixante ans après l’indépendance, où en sont ceux qu’on appelle les « enfants de minuit » - comme Salman Rushdie nomme les Indiens de la génération post-indépendance ?
une des premières « stars » du monde moderne
En dehors du sous-continent, peu sont ceux qui conservent des images du 15 août 1947 en mémoire. En revanche, la figure de Gandhi reste puissamment évocatrice comme incarnation de l’Inde et de valeurs universelles de paix et de non-violence. Aux côtés de Charlie Chaplin, d’Einstein ou de Staline, il est certainement une des premières « stars » du monde moderne. Comme Romain Rolland l’a décrit, Gandhi a eu le génie d’incarner tout à la fois les valeurs de la société occidentale et celui d’unifier la nation indienne dans sa lutte pour l’indépendance.
Dans une Europe sous la menace imminente d’un nouveau conflit, il représente l’espoir d’un monde aux valeurs spirituelles permettant de dépasser les contingences politiques.
En Inde, Gandhi s’avère un stratège efficace et pragmatique qui galvanise les foules et rassemble, usant de son autorité, les élites engagées dans la lutte nationaliste sous la houlette du Parti du Congrès. Il rassure les autorités britanniques, sans hésiter pour autant à mettre tout le poids de sa popularité contre ces dernières lorsqu’il le juge opportun.
Les communistes indiens s’irritent parfois de ses méthodes non violentes face à une présence coloniale qui, elle, est coercitive. D’autres lui reprochent l’utilisation de la symbolique religieuse dans le combat politique. Gandhi répond à ses détracteurs que la nation indienne a besoin d’un étendard unificateur.
La figure de martyr vient consacrer celle du saint
En 1947, l’Inde indépendante apparaît comme un immense espoir pour les nations colonisées. Gandhi incarne une voie alternative aux antagonismes qui opposent un Occident colonisateur et un Orient colonisé à travers l’image d’un révolté pacifique. Bien vite cependant, Gandhi, âgé de soixante-dix-neuf ans, tombe sous les balles d’un tueur au service d’une organisation hindoue qui lui reproche d’avoir laissé l’ancien Empire britannique des Indes se diviser en deux patries distinctes sur des bases religieuses : l’Inde d’un côté, le Pakistan occidental et oriental - le Bangladesh actuel - de l’autre.
La figure de martyr vient consacrer celle du saint. Et le mariage de la fille de Nehru, Indira, à Feroze Gandhi, un Parsi sans aucune relation avec le leader assassiné, allait perpétuer la légende, jusqu’à aujourd’hui.
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Safie, la « Dame de fer » de Cachan
par Marie Barbier
Cachan, un an après
De toutes les négociations, Safiatou Ba, dite Safie, rappelle le rôle primordial des femmes dans le succès de la lutte. En hôtel, elle attend encore un relogement durable.
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Elle n’aime pas être mise en avant. Une seule chose compte : la lutte. Tout particulièrement celle des femmes. Elle cite comme modèle Rosa Parks, mère du mouvement des droits civiques aux États-Unis. Safie serait plutôt la mère des 1 000 de Cachan. À quarante-cinq ans, elle a le port altier d’une princesse, ce qui lui a valu ce surnom du temps de la lutte. On l’appelait aussi la « Dame de fer », parce qu’elle ne cédait rien.
Safiatou Ba, dite Fatie, débarque dans ce qui était alors le plus grand squat de France, un peu par hasard, en avril 2004. « Le tournant de ma vie. » Aujourd’hui, elle sourit en se rappelant son arrivée. « Je ne pensais pas y rester. Il n’y avait ni eau chaude, ni lumière dans les escaliers le soir. Ça craignait.
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« Les femmes ont joué un rôle primordial, elles ont été à la base de la lutte », tient à rappeler Safie, un poil énervée qu’à peine un an après certains l’aient si facilement oublié.
Au fil des réunions, les liens se tissent. Safie découvre les joies de la lutte et le féminisme. Elle parle contraception et alphabétisation. « Je me découvrais des capacités que je ne me connaissais pas : savoir parler devant les gens. La patience aussi, car il en fallait ! » Pendant deux ans, les menaces sont régulières. Les intimidations aussi : aux alentours du squat, les interpellations sont de plus en plus fréquentes. Alors que d’autres font leurs valises en vue de l’expulsion, Safie continue d’y croire. Jusqu’au dernier moment. Pourtant, le 17 août… « Tout ce qu’on avait voulu éviter s’est produit. Surtout les humiliations devant les enfants. » Et, là encore, le rôle des femmes. Elles jettent leurs ballots sur les CRS, refusent de monter dans les bus.
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Safie garde le souvenir d’un énorme bleu, reçu lors d’une bagarre avec les CRS qui lui a valu d’être hospitalisée. Elle est de toutes les négociations. Et pousse pour un vote en faveur du protocole de relogement. Lors d’une réunion avec le préfet, elle dit : « Si vous nous aviez écoutés depuis le début, on aurait pu éviter tout ça. » Réponse de Rachida Dati, alors conseillère du ministre Sarkozy : « On ne refait pas l’histoire. »
Son histoire à elle commence à Dakar, Sénégal, où elle naît aux débuts des années soixante. Une famille ni riche, ni pauvre. Un père fonctionnaire, « docteur vétérinaire », qui meurt trop tôt. Elle a douze ans à peine quand le diabète l’emporte. Une mère restée seule avec quatre filles et cinq garçons. Safie, quatrième de la fratrie, obtient un diplôme de dactylo qui ne la préserve pas du chômage. Elle a vingt-sept ans quand une tante en Normandie lui offre le sésame pour un visa : un certificat d’hébergement. Dakar-Paris, aller simple. Elle ne reverra pas le Sénégal avant quinze longues années. Elle y laisse une fille de sept ans, qu’elle confie à sa mère. À Paris, elle partage un studio avec une amie et gagne sa vie en coiffant les femmes africaines. « Peu à peu, on découvrait la réalité, et ce n’était pas si facile que ça. »
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Aujourd’hui, elle reçoit dans une chambre d’hôtel aux murs blancs. Petit univers aseptisé. Une pièce trop étroite pour tant de souvenirs. Dans cet hôtel d’Arcueil, trois autres familles attendent impatiemment d’être relogées définitivement. Safie pourrait alors se consacrer à ses projets : travailler dans le social pour « aider les autres ». Des envies d’écriture aussi. Un livre sur Cachan, bien sûr.
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Amiante : forte hausse des demandes d’indemnisation
Rapport . Entre juin 2006 et mai 2007, le Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante a reçu plus de 22 000 demandes de réparation.
par Yves Housson
Les experts le répètent depuis des années : le scandale de l’amiante est une bombe à retardement, le plus grand nombre des victimes de l’exposition à ce produit étant à venir. Le dernier rapport du Fonds d’indemnisation des victimes (FIVA) le confirme. Il fait état d’une forte croissance du nombre de demandes d’indemnisation de nouvelles victimes durant l’année écoulée (juin 2006-fin mai 2007) : le FIVA en a reçu 10 479, chiffre en progression de 32 %. Soit une moyenne de 873 dossiers par mois.
Si l’on y ajoute les demandes nouvelles de victimes déjà connues du FIVA mais dont la santé s’est aggravée (justifiant la constitution d’un nouveau dossier), le FIVA dénombre 22 681 dossiers en un an. Au total, depuis sa création en 2002, le FIVA a été saisi de 41 737 demandes de réparation. La durée de latence des maladies de l’amiante étant très longue, « on entre dans les années où les maladies, contractées dans les années soixante - soixante-dix, vont se déclarer », souligne le FIVA, qui estime que le nombre de déclarations de victimes va « probable- ment » encore augmenter dans les prochaines années.
Pour l’Association des victimes de l’amiante (ANDEVA), l’exposition à ce produit, aujourd’hui interdit mais dont l’utilisation dans l’industrie est restée longtemps licite alors que sa dangerosité était avérée, est déjà responsable en France de 3 000 morts par an. Elle chiffre à 100 000 le nombre de décès à venir.
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La croissance du nombre de victimes se traduit aussi dans le montant des sommes versées : le FIVA, qui indemnise en fonction du taux d’incapacité et des autres préjudices subis, y compris le préjudice moral, a vu ses dépenses augmenter de 45 millions d’euros en un an.
Au total, depuis 2002, le fonds, alimenté par l’État et la branche accidents du travail de la Sécu, a versé 1,43 milliard d’euros. Aujourd’hui mieux reconnus, grâce à l’action de l’ANDEVA et des syndicats, les malades de l’amiante doivent cependant subir des délais d’attente dépassant la durée réglementaire pour voir leur dossier instruit : le rapport fait état d’une « nette dégradation des délais d’instruction » pour les maladies graves, qui sont passés à cinq mois et deux semaines durant le deuxième trimestre 2007, contre trois mois et trois semaines depuis la création du FIVA.
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La richesse faite corps
Par Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, directeurs de recherche au CNRS.
La richesse doit s’inscrire dans les corps pour achever sa métamorphose : les propriétés extérieures à la personne doivent être perçues comme des qualités de la personne elle-même. Tout en fondant une assurance de soi exceptionnelle, cette métamorphose, en modelant les corps et les comportements, crée des signes de reconnaissance entre pairs.
La position sociale s’inscrit dans les corps
La position sociale, en s’inscrivant dans les corps, induit une sorte de seconde nature. L’idéologie du sang bleu de la noblesse en était une manifestation, pas si fausse que cela puisque, à travers tous ses privilèges, cette caste avait pu acquérir des qualités rares et transmissibles par l’éducation, légitimées comme dons de naissance.
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En tranchant en faveur de l’inné contre l’acquis, du génétique contre le culturel, les notions de noblesse et de don insistent sur l’existence d’une essence spécifique, d’une personnalité originelle dont les vertus et les imperfections renverraient d’abord aux potentialités inscrites de manière naturelle dans l’individu dès sa conception.
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Dans le champ politique, les positions de droite penchent du côté du génétique. Les délinquants sexuels présenteraient ainsi un héritage génétique spécifique. À l’opposé, la tradition de gauche attribue plus volontiers ce type de délinquance à de mauvaises conditions sociales, économiques, avec des problèmes de promiscuité et d’échec éducatif et scolaire.
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Une ouvrière de Cellatex, une usine de la vallée de la Meuse, dans les Ardennes, ayant participé à une table ronde télévisée, en compagnie de cadres, de hauts fonctionnaires et de journalistes, a confié son désarroi à François Bon, qui l’a citée dans son récit Daewoo. « Moi, ce qui m’énerve, déclarait-elle, ce sont nos tronches. La différence, qu’on en porte autant sur soi-même, de ce qu’on est et de ce qu’on fait. On peut faire des efforts, courir les soldes, les démarques. Tu en reviendras au même : une manière des épaules, de tenir les mains ou le sac quand tu marches. »
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Les inégalités face aux soins du corps
Le corps porte les stigmates, positifs ou négatifs, de ses origines et de ses conditions de vie. Les mains ouvrières montrent les traces de leur travail. Celles des princesses manifestent aussi le travail, mais celui de la manucure. Les visages révèlent les conditions difficiles ou confortables de l’existence : les traits tirés et les rides précoces, pour les uns, les peaux toujours légèrement hâlées et lisses pour les autres.
Les caricaturistes dessinaient, autrefois, des capitalistes rondouillards, rebondis comme les sacs de dollars de l’oncle Picsou. Cette tradition se perd : croquer le riche d’aujourd’hui sous les traits d’un gros bedonnant serait un contresens. Au XIXe siècle, le patron était gras, repu, l’ouvrier, maigre, ne mangeait pas toujours à sa faim. L’élévation du niveau de vie s’est traduite d’abord par l’accès des familles les plus modestes à un régime alimentaire de plus en plus riche, tandis que les classes aisées prenaient conscience de la nécessité de surveiller leur alimentation : la diététique fit son apparition. Et les corpulences se sont inversées, au point que l’obésité, problème de santé majeur dans les pays riches aujourd’hui, y menace en priorité les pauvres, certes à l’abri de la faim, mais dans l’impossibilité monétaire et dans une certaine mesure culturelle de s’alimenter de manière à éviter ce mal moderne.
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L’habitat grand bourgeois est à la mesure des corps théâtralisés qui s’y meuvent. Généreux en espaces, permettant la mise en scène heureuse de corps faits pour la société, au sens d’assemblée, pour la représentation et les mondanités. La description de la villa louée pour le président Sarkozy et sa famille donne une idée de ces demeures faites pour recevoir, pour rencontrer et gérer les relations sociales.
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Les soins que réclament ces « corps d’élite » sont exigeants. Le suivi médical de ces corps est à leur image : très soigné. Les franchises à l’ordre du jour pour les soins médicaux doivent faire sourire à Neuilly. Les riches habitants de cette commune, où est implanté le très chic et très cher Hôpital américain, ont l’habitude de faire ce qu’il faut pour être soignés dans de bonnes conditions, même si le remboursement n’est que partiel. On ne lésine pas sur les soins dentaires, même lorsqu’ils relèvent d’une préoccupation esthétique. À l’opposé, les dentures des plus démunis sont souvent en deuil. Paradoxalement, les corps les plus maltraités par le travail sont aussi les plus mal soignés.
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