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samedi 4 août 2007

En Chine, des jouets sous-traités fabriqués au mépris de la sécurité

SÉGRÉTIN ABEL Libération samedi 4 août 2007

Face à l’accumulation de scandales, Pékin promet des normes plus strictes.

Aujourd’hui, 80 % des jouets du monde sont fabriqués dans le sud de la Chine ! Là, près de la frontière avec Hongkong dans un environnement d’usines tournant 24 heures sur 24 et de rivières noires de pollution, les fabricants de jouets délèguent une grosse partie de leur production à des sociétés locales. Le scandale lié au rappel de 1,5 million de jouets Mattel (ce qui va coûter 30 millions de dollars à l’entreprise) est dû, selon la société californienne, aux «fautes graves» d’un de ses sous-traitants qui aurait contourné les normes pour arrondir ses marges. Mattel vient de menacer de rompre tous ses contrats avec l’industriel chinois qui aurait utilisé de la peinture au plomb, toxique, dans ses jouets. On ne connaît pas le nom de ce dernier, mais on sait que le partenariat existait depuis de nombreuses années. Ce qui pousse à s’interroger sur la fiabilité des contrôles de qualité effectués par le numéro 1 mondial du jouet sur ses sous-traitants.

Dangereux. Car, à part quelques usines dont la compagnie a le contrôle, les deux tiers de la production de Mattel sont fabriqués en Chine par des sous-traitants, le plus souvent hongkongais, qui eux-mêmes délèguent à d’autres sous-traitants locaux. C’est tout le problème : pour économiser, ceux-ci font accélérer les cadences, surtout en période de production des jouets de Noël comme actuellement, et les produits défectueux se multiplient. Ils optent aussi pour des matériaux moins chers mais dangereux pour la santé. Dans la région, les patrons d’usine rassurent souvent leurs clients : les inspections sont rares et les sanctions n’affectent pas la production.

Esclavage économique. Sur place, le scandale est permanent, même si on en parle surtout lorsque des produits non conformes sont détectés aux États-Unis ou en Europe. Les employées - des jeunes filles de moins de 24 ans pour la plupart - vivent loin, très loin des standards occidentaux. Payées à peine quatre-vingt euros par mois elles doivent tenir des cadences excessives dans un environnement toxique irrespirable. Elles dorment au mieux à douze par chambre, et n’ont aucun recours si elles subissent des abus. Coûts de production peu élevés et matières premières bon marché écrasent le prix de revient des jouets. C’est ce qui attire les investisseurs étrangers désireux d’augmenter leurs marges.

Les autorités chinoises se montrent, elles, rassurantes. L’industrie du jouet en Chine est un gros poste à l’export. Aussi, pour calmer les craintes, des normes plus strictes viennent d’être imposées il y a moins d’un an par le gouvernement central. Et ces normes doivent encore être renforcées, a promis le gouvernement. Piqué par la polémique, le ministre chinois du Commerce Bo Xilai a même déclaré que 99 % des produits chinois à l’exportation n’avaient aucun problème de qualité.

Aucun problème, tant qu’on ne les découvre pas. La Chine a certes toujours porté une attention particulière aux produits destinés aux marchés étrangers. Mais une enquête officielle des autorités chinoises de contrôle de qualité et de sûreté a récemment montré que 23 % des produits testés destinés à la production locale (plusieurs centaines de produits, notamment alimentaires et sanitaires) ne passaient pas les tests de qualité minimum. Il n’est pas étonnant que, dans ce contexte, des entreprises étrangères implantées en Chine aient des problèmes de fournisseurs.

Pour l'exemple, Boycottons Mattel  !

Posté par werdna à 08:38 - Solidarités - Social - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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