lundi 23 juillet 2007
En direct du ministère de la Crise du logement
Libération 23 juillet
Trois associations, des artistes et huit familles se sont installés fin décembre au 24 rue de la Banque, dans le IIe arrondissement parisien. Le 11 janvier 2007, ce bâtiment de 1000 m2 donnant sur la Bourse est devenu le «ministère de la Crise du logement». Carnet de bord des occupants.
Logeons les étudiants... puisque l'Etat ne le fait pas
Entre maison et le boulot, le matin, levez la tête ! Vous permettrez à un étudiant en galère d'enfin trouver un logement décent... Si vous apercevez un bâtiment aux vitres sales ou ouvertes, bref qui a l'air inoccupé, rendez vous ici pour le recensement par Jeudi Noir et MACAQ des bâtiments vides (bureau ou logement).
«D'accord mais à quoi ça sert ??», me direz-vous. Rien de moins qu'à pointer l'un des gros problèmes de la jeunesse actuellement : le manque criant de logements, et, conséquemment, leur prix hallucinant.
En septembre, nous ouvrirons les meilleurs de ces bâtiments (les plus salubres, les mieux situés, voire les plus symboliques...) et en ferons des résidences universitaires. Mais du genre haut de gamme ! Wifi dans tout le batiment et tout confort avec clés aux portes, etc.
Si l'Etat ne fait rien pour les 350 000 étudiants boursiers ou tous ceux contraints de travailler pour financer leurs études et leur loyer, nous montrerons l'exemple...
Evidemment le but c'est de frapper les esprits... Si des associations arrivent à loger des étudiants de manière décente dans des bâtiments vacants, pourquoi l'Etat ne serait-il pas en mesure de le faire ?
Pour rappel, 10,3% des logements de Paris sont vacants, et on comptabilise 2,6 millions de mètres carrés de bureaux vides. 2,6 millions. C'est quoi la taille de votre studio, de votre chambre ? Non à l'arithmétique facile, évidemment, mais quand même, 2,6 millions...
Alors que les prix de l'immobilier ont doublé en 10 ans, que les taux d'emprunt flambent et que les agents immobiliers redoutent le krach, on ne s'est toujours pas penché sur la question du logement vacant. Et pourtant en maniant la carotte et le bâton, soit l'incitation à louer et la taxation des logements vacants voire la menace de la réquisition, l'Etat pourrait mobiliser ce parc en jachère et faire en sorte qu'il soit remis sur le marché. Histoire de patienter en attendant que tout le monde soit propriétaire... même les étudiants!
Attention par contre : on s'en prend plutôt à l'institutionnel. Par exemple le CIC, qui gardait le bâtiment de la place de la Bourse au chaud et en jachère depuis 3 ans... Jusqu'à ce que nous le réquisitionnions pour en faire le «ministère de la crise du logement», et que le groupe accepte de vendre son bâtiment à l'OPAC pour en faire des logements sociaux. (Victoire !)
Mais pas question de faire du tort à un particulier, nous visons bien les groupes qui se passent délibérément de loyers, pour compter sur la pénurie et la spéculation.
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