mardi 3 juillet 2007
Le pluralisme enjeu démocratique
par Claude Baudry
Médias . Des journalistes et des syndicalistes disent leur attachement à l’indépendance des rédactions et à la défense de la diversité de la presse. Ils réclament un texte législatif.
Le fait est inédit : les journalistes de 27 rédactions demandent à être reçus par Nicolas Sarkozy, « garant d’une démocratie impartiale, afin de faire modifier la loi pour que le pluralisme de l’information soit respecté ». À l’origine de cette interpellation publique du président de la République, la volonté de Bernard Arnault, propriétaire de la Tribune et PDG de LVMH, de racheter l’autre quotidien économique les Échos. Une mise en cause du pluralisme et de l’indépendance des rédactions qui va au-delà même de la situation créée par cette opération d’achat-vente de quotidiens. La bataille pour le pluralisme de la presse est devenue un enjeu essentiel pour nos démocraties. Fait notable, jeudi dernier, 200 journalistes du Wall Street Journal se sont mis grève pour manifester leur attachement à l’indépendance du quotidien, qu’ils jugent menacée par l’offre de rachat de Rupert Murdoch. Cela montre combien les grands patrons de la planète ont décidé de faire main basse sur l’opinion. En France, ces derniers mois, la presse a vécu sur pression politico-économique l’éviction du directeur de Paris Match, la censure d’un article du Journal du dimanche ou d’un autre de Matin Plus, la perquisition du Canard enchaîné… C’est avec cette affaire des Échos - la Tribune face à « cette accumulation insupportable » que le Forum a décidé d’interpeller le président de la République lui-même. Depuis des années Sarkozy a tissé un réseau d’amitiés et de proximité avec les médias, et les patrons du CAC 40. Lagardère, Pinault, Arnault, Bolloré, ou Bouygues, tous largement impliqués dans les médias sont ses intimes. Tout comme Alain Minc qui s’accroche au poste de président du conseil de surveillance du Monde (voir en page médias). Faut-il rappeler qu’en son temps, le Conseil national de la Résistance oeuvrait pour « la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression, la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ». Tout un programme d’une criante actualité encore aujourd’hui. Les représentants de la finance ont fait de la propriété de la presse un enjeu. Ils concentrent entre leurs mains une part prédominante des médias. C’est dire s’il est également un enjeu que de faire vivre le pluralisme de la presse pour tous ceux qui luttent à une transformation sociale. Mais ce combat concerne autant les citoyens que les journalistes. C’est un enjeu démocratique. L’affaiblissement du pluralisme, la disparition de titres, la concentration dans les médias affaiblissent aussi l’indépendance des journalistes.
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Paris-Bamako : la légitime défense enfin légitimée
par Émilie Rive
Justice . Le tribunal de Bobigny a reconnu que Salif Kamaté, sorti évanoui du vol Air France le 26 mai, n’avait fait que se défendre contre les policiers.
Salif Kamaté comparaissait vendredi devant le tribunal de Bobigny pour « refus d’embarquement, séjour irrégulier sur le territoire et violences sur dépositaires de l’autorité publique ». Ce refus d’embarquement dans le vol Air France Paris-Bamako du 26 mai a été largement médiatisé, puisque les conditions dans lesquelles les policiers ont tenté de l’empêcher de respirer ont suscité l’indignation des passagers
- dont l’équipe du cinéaste - Laurent Cantet - et amené le commandant de bord à annuler le vol.
Salif Kamaté, entré régulièrement sur le territoire en 1972 au titre du regroupement familial, a eu une jeunesse perturbée et a été condamné deux fois pour trafic de drogue. Il a purgé ses peines, devenues doubles quand elles ont été assorties d’une interdiction du territoire. Cette interdiction l’a rattrapé quand il est allé en préfecture vérifier l’avancement de son dossier de régularisation. Salif Kamaté a aujourd’hui cinquante ans, et plus aucun lien avec le Mali. Si le tribunal a confirmé le défaut de titre de séjour et le refus d’embarquement, il ne fixera la peine encourue que le 14 mars 2008, lui laissant le temps de « justifier de démarches de régularisation ». Les violences « sur dépositaires de l’autorité publique », qui concernaient un policier mordu au bras dont la blessure avait été justifiée par sept jours d’interdiction temporaire de travail, ont été « commandées par la nécessité de la légitime défense » en raison du « caractère manifestement - excessif de la contrainte exercée par les policiers », a estimé la présidente du tribunal.
Rappelons que les policiers avaient fait avaler à Salif Kamaté, diabétique et asthmatique, un cachet blanc « pour se sentir mieux », après lequel il s’est mis à trembler, a eu des nausées, s’est senti étouffer. D’où sa réaction de vouloir sortir pour trouver de l’air, contrecarrée par une intervention policière très musclée, au cours de laquelle il a, effectivement, mordu le policier qui l’étouffait, et qui s’était achevée par sa perte de connaissance. Les policiers et les passagers l’ont même cru mort. Il a été sorti de l’avion évanoui. Malgré l’examen médical qui a suivi et qui l’a déclaré apte à une garde à vue, refusée ensuite par le juge des libertés, on ne connaît pas la substance qui lui a été donnée. Si le parquet a annoncé sa volonté de faire appel, Salif Kamaté va, lui, saisir aujourd’hui l’inspection générale des services.
Le Réseau Éducation sans frontières a salué, par la voix de Richard Moyon, une « décision exceptionnelle », que Laurent Cantet estime devoir faire jurisprudence : « C’est une décision assez inédite et je suis très content de l’avoir entendue d’un représentant de la justice. Il y a eu quarante-cinq personnes dans cet avion qui se sont levées pour protester. Toute tentative pour trouver un bouc émissaire est aussi insupportable que celle qui atteint, demain, les deux passagers du vol Paris-Bamako, du 28 avril cette fois, appelés à comparaître pour rébellion (lire l’Humanité du 5 juin 2007). De ce jugement, je - retiens surtout que cela vaut le coup de se battre. Et, pour un sans-papiers, cette mobilisation - j’ai reçu en une nuit plus de deux cents signatures sur mon appel à soutien - est une reconnaissance de son existence. Il n’est plus un banni, il n’est plus seul. C’est rassurant, valorisant. D’un point de vue psychologique, c’est énorme. »
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Un drone au-dessus de Bruxelles
C'est bien un contrôle technologique total de la population qui est en train de se mettre en place !

L’info n’a eu l’honneur que d’une brève, tant dans « Le Soir » que dans « La Libre ». Pourtant les tests d’un drone silencieux par la police de Bruxelles-Nord ne relèvent pas du fait divers. Que ce minuscule avion sans pilote circule au-dessus de Bruxelles n’est pas innocent : la ville abrite le parlement et le palais royal. Mais aussi les institutions européennes, l’Otan et biens d’autres lieux sous haute sécurité.
Le chef de corps, David Yansenne, imagine déjà les applications d’un tel appareil, équipé d’une caméra infrarouge ou d’un appareil photo : maintien de l’ordre sur une manifestation, observation pour une perquisition, descente sur un chantier pour traquer des travailleurs au noir...
Les images captées en altitude sont instantanément envoyées au sol, sur un ordinateur portable ou dans une paire de lunettes spéciales portées par un policier.
Si les tests de ce damné drone s’avèrent concluants, il y a fort à parier que l’on voit se multiplier ce genre de coucous infernaux, tant à Bruxelles que dans les villes importantes comme Liège, Charleroi, Anvers, Gand... Manifester, entre autres auprès des institutions démocratiques installées à Bruxelles, deviendra-t-il un acte surveillé par un oeil céleste ?
Au Royaume-Uni aussi
Début juin, l’état major du Merseyside a, lui aussi, lancé un drone espion dans la ville de Liverpool, dans le cadre de la lutte contre la criminalité. Les tests devraient durer trois mois avant une possible mise en place définitive.
Avec son mètre de diamètre et son poids plume – « plus léger qu’un gros sachet de sucre » (sic) – ce drone patrouilleur était à l’origine destiné à des fins militaires. Il peut prendre des clichés d’une altitude de 500 m et peut être contrôlé à distance grâce à une télécommande ou encore grâce à un système de navigation pré-programmé et géré par GPS. Plus intéressant, ce drone est ultra silencieux et possède des capacités de vision nocturne.
La gendarmerie locale planche d’ores et déjà sur un système d’armement embarqué.
La porte s’ouvre lentement sur le cauchemar de « 1984 ».
« On ne pouvait en général présumer que l’on se trouvait plus en sécurité à la campagne qu’à Londres. Il n’y avait naturellement pas de télécrans. Mais il y avait toujours le danger de microphones cachés par lesquels la voix peut être enregistrée et reconnue. Il n’était pas facile, en outre, de voyager seul sans attirer l’attention. Pour des distances inférieures à une centaine de kilomètres, il n’était pas nécessaire de faire viser son passeport, mais il y avait parfois des patrouilles qui rôdaient du côté des gares, examinaient les papiers de tous les membres du Parti qu’elles rencontraient, et posaient des questions embarrassantes. » (George Orwell, « 1984 »)
Sources :
« La Libre Belgique » et « Le Soir » du 25 juin 2007.
RTL-TVi du 23 juin 2007.
http://www.generation-nt.com/ du 3 juin 2007.

« Big Brother is watching you ».
Edmond O’Brien dans le rôle de Winston Smith,
dans le film « 1984 » (trourné en 1956).
Des traces de pesticides retrouvés jusqu'au coeur de Paris !
Selon une étude d’Airparif sur les traces de produits phytosanitaires dans l'air en Ile-de-France, des pesticides sont présents dans l'air jusqu'au coeur de Paris et des villes qui l'entourent. Cela renforce des études menées dans d’autres zones urbaines telles que Lille, Orléans…
Dans cette étude, on apprend que sur 80 pesticides recherchés, une trentaine ont été retrouvés en zone rurale et une vingtaine dans l'agglomération francilienne. Certaines molécules utilisées dans les jardins ou en agriculture se retrouvent en concentrations importantes en agglomération.
Les molécules retrouvées dont la trifluraline, le chlorothalonil et la pendiméthaline ou encore
le lindane (désormais interdit) posent la question de la réduction de l’exposition des populations à ces substances et donc de la réduction de l’utilisation. On constate en effet que les molécules retrouvées ont des propriétés relativement inquiétantes, par exemple :
Trifularine : c'est un cancérigène possible (C : selon le classement de l’US-EPA - agence de l’environnement américaine) – c’est une molécule en outre considérée comme étant perturbateur endocrinien selon certaines sources (Colborn List), enfin c’est un polluant des eaux.
Pendiméthaline : c'est un cancérigène possible (C : selon le classement de l’US-EPA - agence de l’environnement américaine) – c’est une molécule en outre considérée comme étant perturbateur endocrinien selon certaines sources (Colborn), enfin c’est un polluant des eaux.
Lindane (aujourd’hui interdit en France en agriculture):il y a certains éléments suggérant sa carcinogénicité selon l’US-EPA. En outre le lindane a des effets perturbateurs endocriniens selon les sources officielles européennes (classé A).
Cela n’a rien d’étonnant quand on sait que 25 à 75% des produits appliqués se retrouvent dans l'atmosphère, soit au moment du traitement soit après, en se volatilisant.
« La présence de ces pesticides confirme l’urgence pour la France de mettre en place un plan de réduction d’utilisation des pesticides. C’est ce qu’ont ré-affirmé hier les parlementaires européens lors du vote en commission environnement concernant la directive européen pour l’utilisation durable des pesticides .» déclare François Veillerette, président du MDRGF.
Procurez vous ces documents d'Air Parif sur notre site : http://www.mdrgf.org/news/news072706_Pesticides_Airparif
MM. Prodi, Verhofstadt et Juncker dénoncent un traité simplifié illisible
LE MONDE | 25.06.07 ROME, BRUXELLES CORRESPONDANTS
Un accord, mais au rabais." Ce titre de la presse dominicale traduisait l'amertume ressentie par les négociateurs italiens au lendemain de l'accord sur le traité "simplifié" obtenu in extremis par les Vingt-Sept, samedi 23 juin, à Bruxelles. Au-delà du compromis de sortie de crise, dont il est satisfait "en tant qu'homme politique", le président du Conseil italien, Romano Prodi, s'est dit "amer, en tant que proeuropéen, du spectacle auquel (il a) assisté"
« Certains sont venus à Bruxelles avec le mandat politique de freiner le processus européen et ils l'ont respecté", a déclaré l'ancien président de la Commission européenne, jugeant désormais "inévitable une Europe à deux vitesses". M. Prodi dénonce "le recul de l'esprit européen", n'ayant jamais vu auparavant "un euroscepticisme aussi explicite, aussi programmé". Dans le passé, a-t-il expliqué dimanche 24 juin, dans un entretien au quotidien La Repubblica, "cela est arrivé sur des points spécifiques, tandis qu'à ce sommet chaque prise de position semblait la proclamation d'une doctrine".
"ADN PROTECTIONNISTE"
Sur les questions de l'hymne et du drapeau européens, M. Prodi a été "profondément attristé" de constater "l'acharnement de certains gouvernements à nier les aspects émotionnels de l'Europe", citant en particulier la Pologne, la République tchèque, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne. "Ce sont pourtant ces mêmes gouvernements, dit-il, qui reprochent à l'Europe d'être loin des citoyens."
Mais c'est le retrait de la notion de "concurrence libre et non faussée", dans la première partie du traité, qui a provoqué la réaction la plus violente des Italiens. "La responsabilité principale en revient à Nicolas Sarkozy qui, à la première occasion, s'est comporté comme l'aurait fait son prédécesseur Jacques Chirac", regrette Il Corriere della sera dans un éditorial titré "Sarko retro".
Pour le journal, le président français a montré, "encore une fois, l'ADN protectionniste de la politique française". "Une annulation absurde" qui "humilie et décourage" les partisans de l'élargissement du marché unique, a martelé Giuliano Amato, ancien vice-président de la Convention européenne et ministre italien de l'intérieur.
Fédéralistes et partisans d'une Europe supranationale, les négociateurs belges n'ont pas caché non plus leur relative déception. Guy Verhofstadt, le premier ministre démissionnaire, et Karel De Gucht, le ministre des affaires étrangères, tous deux membres du Parti libéral flamand ont estimé qu'avec sept autres Etats membres, ils avaient préservé "l'essentiel", mais sans doute pas la clarté. "Le but du traité constitutionnel était d'être plus lisible, le but de ce traité-là est d'être illisible", a estimé M. De Gucht, qui qualifie le texte de "traité des notes de bas de page".
"TRAITÉ SIMPLIFIÉ TRÈS COMPLIQUÉ"
Les responsables belges considèrent que si le compromis a été possible, cela a été dû davantage au premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker, qu'à M. Sarkozy. Fervent partisan de la Constitution, M. Juncker estimait ironiquement, samedi matin, que les négociations avaient débouché sur "un traité simplifié très compliqué".
Belges et Luxembourgeois ont averti que les concessions obtenues ne garantissaient pas le succès du projet. Ils montraient déjà du doigt les Pays-Bas, où une coalition de socialistes et populistes de droite a immédiatement dénoncé le résultat de la négociation de Bruxelles et exigé l'organisation d'un nouveau référendum.
Des doutes identiques ont été soulevés, au Parlement européen par certains fédéralistes. Daniel Cohn-Bendit, président du groupe des Verts, constate que "ce texte ne permettra pas à l'Europe de parler d'une seule voix", en raison, notamment, des dérogations obtenues par le Royaume-Uni. L'eurodéputé Vert s'inquiète de la manière dont les avancées obtenues seront transcrites lors de la conférence intergouvernementale (CIG) : "Qu'est-ce qui nous garantit que le jumeau du jumeau polonais et Gordon Brown ne vont pas revenir sur la parole donnée, puisqu'ils ont montré qu'ils peuvent revenir en arrière sur tout ? Je rappelle que la Charte, ils l'avaient tous signée !"
Le libéral démocrate anglais Andrew Duff, qui sera l'un des trois représentants du Parlement européen à la CIG, estime qu'il faudra "surveiller de près" la rédaction du traité. Il se dit préoccupé du fait que "le Royaume-Uni est devenu un membre de seconde classe de l'Union européenne", en s'exemptant de la Charte des droits fondamentaux.
Jean-Jacques Bozonnet, Rafaële Rivais, Jean-Pierre Stroobants
Rugby. Les transferts des stars du Sud boostent la grille des salaires
Rugby. Les transferts des stars du Sud boostent la grille des salaires
STÉPHANIE PLATAT - Libération mardi 3 juillet 2007
Plus guère de clubs sans son Australien, son Sud-Africain ou son Black.
Durant cette période de transferts la méthode Boudjellal a été largement copiée dans le championnat, Top 14 et Pro D2. Le marché des joueurs de rugby s’est enflammé comme jamais, faisant craindre une dérive footballistique. Gregan, Kelleher, Oliver, Matfield, Montgomery, tous ces grands joueurs d’Australie, de Nouvelle-Zélande et d’Afrique du Sud se retrouveront dans le championnat français la saison prochaine à Toulon, Clermont-Ferrand, Toulouse, Perpignan. «Nous avons remarqué une mobilité croissante des joueurs, explique Sylvain Derœux, président de Provale, le syndicat des joueurs professionnels. On peut le déplorer mais on ne peut pas l’empêcher, c’est le droit du travail.»
A l’automne dernier, Tana Umaga, capitaine de l’équipe nationale de Nouvelle-Zélande débarquait sur la rade de Toulon pour disputer huit matchs. Pour 500 000 euros, Mourad Boudjellal, le président, a eu sept victoires et a vu passer son club de la 11e à la 3e place au classement.
Valse des étiquettes.
Même si l’on reste loin du foot, ces joueurs coûtent cher dans un sport professionnel depuis à peine dix ans. Aux alentours de 400 000 euros de salaire annuel à Toulon pour George Gregan le demi de mêlée de l’équipe d’Australie; l’Argentin du Stade français Juan Hernandez se verrait promettre 700 000 euros par an à Leicester. C’est la valse des étiquettes. Les spectateurs sont plus nombreux dans les stades, le montant des droits télé a presque doublé, les recettes des clubs augmentent, mais tout cet argent versé pour se payer des stars vient de la poche de riches chefs d’entreprises que le rugby passionne ou «fait kiffer», tel Jacky Lorenzetti, le nouveau boss du Racing Metro, classé 71e fortune française, qui a rhabillé de bleu et blanc David Auradou (ex-Stade français), Jeff Dubois (ex-Stade toulousain), Agustin Pichot (ex-Stade français) et devrait mettre au bord du terrain Pierre Berbizier, l’entraîneur sélectionneur de l’équipe nationale d’Italie. Problème, que se passera-t-il quand ces mécènes se seront lassés ?
La Direction nationale d’aide et de contrôle de gestion (DNACG) veille à la bonne tenue des comptes. Pour que les clubs ne vivent pas au-dessus de leurs moyens, elle les oblige ainsi à présenter des capitaux propres égaux au moins à 10 % du leur budget. Sauf qu’à force de faire monter les enchères, les clubs vont bientôt se trouver dépassés : «Cette inflation est incroyable, commentait Serge Blanco, président de la Ligue nationale de rugby, les clubs ne pourront pas tenir. Les sommes annoncées sont astronomiques, au-delà de l’entendement.»
C’est sûr qu’avec une augmentation moyenne des salaires de 30 % par an, ce n’est pas avec la recette de la buvette que les plus petits pourront s’aligner.
Anes, chevaux et mulets à l'assaut de l'agriculture biologique avec Prommata
AFP | 30.06.2007 | 19:26
L'âne avance doucement dans un petit champ d'Artigat (Ariège) sous les yeux attentifs de Laurent Girousse, stagiaire à Prommata.
"On s'attend à quelque chose de beaucoup plus dur, mais c'est vraiment étonnant comme on y arrive bien", s'étonne, après avoir réussi la manoeuvre, ce conservateur de musée qui veut se reconvertir dans le maraîchage biologique. Entouré des sept stagiaires et de son âne Pépita, Jo Ballade, un des formateurs de Prommata (Promotion du machinisme moderne agricole à traction animale), l'assure: "en trois jours, tu mènes les bêtes et tu butes les patates tout seul comme pour la plupart des travaux".
Cette petite révolution pour ces futurs professionnels s'accompagne également d'un gain de temps, l'âne multiplie par trois la surface parcourue par un motoculteur, et ceci à un faible coût: l'animal et l'outillage complet pour moins de 3.000 euros."On a la démarche inverse du système actuel où le fabricant invente du matériel toujours plus performant pour le vendre et l'agriculteur ne cesse d'acheter pour le remplacer, fait valoir Jo Ballade. Là, c'est l'utilisateur qui par ses besoins provoque l'offre".
En 16 ans, Prommata, seul organisme en France à assurer la formation et la conception de machines, a développé dans son atelier ariégeois de Rimont, toute une gamme d'outils légers agro-écologiques, qui s'attèlent à ses porte-outils. Preuve du succès de ce mode de production loin des logiques productivistes, les ventes ne cessent d'augmenter avec notamment trois exemplaires de son produit phare, le porte-outils la Kassine fabriqués chaque mois pour la France mais aussi pour les pays d'Europe de l'Est et d'Afrique.
Et les douze stages annuels dans l'Aude, l'Ariège et le Limousin affichent presque complets. S'y inscrivent le plus souvent des personnes désireuses de compléter leur revenu en exploitant un à cinq hectares dans les régions les moins riches ou à la pointe de l'agriculture biologique comme la Lozère, la Haute-Loire, la Basse-Normandie ou la Charente.
Pour Gilles Przetak, qui, à 27 ans, compte s'installer sur six hectares de terre à Montech (Tarn-et-Garonne), "c'est avant tout un confort de travail très important par rapport aux outils anciens, qui rendent les travaux très durs pour l'animal et le maraîcher". "Et c'est beaucoup plus calme que le tracteur", renchérit un autre stagiaire Julien Chandezon.
Revaloriser les terres laissées en friche, rester libre, ne plus utiliser de produits chimiques... tel est le rêve de ces jeunes, dont certains souhaitent vendre leur production 100% bio sur les marchés - plantes médicinales, arboriculture, viticulture et maraîchage - et utiliser les animaux de trait pour le tourisme.
"La traction animale est une valeur ajoutée. Quand on travaille dans une serre avec un motoculteur, les métaux lourds retombent sur les légumes et la terre n'est jamais renouvelée", souligne Jo Ballade, un des fondateurs de l'association qui compte 220 adhérents.
Devant tant d'avantages, cet ardent défenseur de l'environnement émet cependant une réserve: la maîtrise des animaux. Face à cette difficulté, nombre d'agriculteurs abandonnent leur porte-outils au fond d'un champ jusqu'à ce que Prommata les remette en selle en se déplaçant chez eux pour des journées techniques.
Devedjian : la France "a besoin d'une opposition moderne !
Déclaration commise lundi 2 juillet au point presse de l'UMP !
Il est vraiment.... phénoménal ! lalalala
Le jardin secret des cannabiculteurs
Chanvre. Enquête sociologique chez ceux qui rêvent d’autosubsistance et de fumette bio.
Gros Marie-Joelle Libération mardi 3 juillet 2007
Un début d’été aussi frisquet, c’est catastrophique pour toutes les cultures, légales ou pas. Une pensée pour les cannabiculteurs. Eux qui bichonnent leurs plantations depuis la graine qui va germer en février jusqu’à la récolte à l’automne, ont peu de chance, cette année, de parvenir à déguster leur production. « C’est une année pourrie », lâche l’un d’eux, écœuré. Loin de vouloir faire l’apologie de la culture du cannabis, il faut reconnaître à ceux qui se lancent dans cette entreprise une certaine forme de courage. Pas dans la version culture intensive qui va rapporter beaucoup d’argent. Non, notre compassion va aux cannabiculteurs amateurs, ces fumeurs de joints bio qui rêvent simplement d’autosubsistance et plantent sur leur balcon, dans leur jardin ou dans leur penderie.
Clandestinité oblige, difficile d’évaluer le nombre de cannabiculteurs : entre 10 000et 20 000 peut-être (sur 850 000 fumeurs réguliers). Ils ont en commun de fumer depuis quelques années, et de s’être lassés de devoir s’approvisionner auprès de gens peu fréquentables, ou de consommer du haschisch coupé au henné ou au cirage. D’après le sociologue, leur nombre devrait croître puisque la répression s’intensifie sur le trafic. Mais aussi parce que la tendance correspond à l’époque, plutôt portée sur le repli sur soi, le bio et le «do it yourself».
Le passage à l’acte reste à ce jour le fait d’une minorité de fumeurs. Tout le monde n’a pas la main verte. Malgré l’intense littérature sur le sujet (livres et sites web) et les quelques boutiques militantes qui délivrent d’excellents tuyaux, le découragement guette souvent le cannabiculteur : la plante est fragile, les changements de pots au cours de sa croissance périlleux, et l’ampleur de la récolte toujours aléatoire.
Le chercheur confirme au passage « l’hypocrisie » qui encadre la cannabiculture. En marge des échoppes militantes, la plupart des enseignes de jardinage propose tout l’équipement nécessaire à l’installation d’une serre tropicale à l’intérieur un placard. Sans jamais nommer la plante concernée. L’hydroponie a le vent en poupe. Elle permet de se libérer des aléas météorologiques, mais perturbe les relations familiales.
Cannabiculteur d’un jour, cannabiculteur toujours ? Rarement. De mauvaises récoltes, un emménagement dans un logement sans balcon, ou trop ensoleillé, ou avec trop de vis-à-vis, ou avec quelqu’un de résolument allergique à la culture, peuvent casser un élan. Le sociologue, lui, interroge: « face au coût social et économique du trafic de cannabis, une autoproduction, même réglementée, peut-elle être acceptable comme solution de rechange » ? Pas gagné.
Coincé entre la dette et les promesses
Fillon veut se poser en garant de la santé des finances publiques, mais les premières mesures coûtent déjà cher.
Muriel Gremillet Libération mardi 3 juillet 2007
Un Premier ministre garant de l’orthodoxie budgétaire? François Fillon semble tenté de s’inventer un rôle de supersurveillant des finances publiques. Faire appliquer les promesses de campagne de Nicolas Sarkozy, notamment en matière fiscale, tout en s’engageant à stabiliser la dette de l’Etat, le Premier ministre pourrait s’employer devant les députés à montrer qu’il peut concilier l’inconciliable.
Pas sûr, pourtant, que même sur ce créneau-là, François Fillon ait toute la latitude qu’il espère. Sa propre majorité pourrait être tentée de lui couper l’herbe sous le pied. «Pendant les campagnes électorales, on fait des promesses, note ainsi un député UMP. Pendant les débats, on recadre tout ça. Les impératifs de désendettement, ce sont les députés qui en sont les meilleurs garants.»
Rappel à l’ordre. Dès la semaine dernière, les membres UMP de la commission des finances de l’Assemblée nationale ont symboliquement rappelé à l’ordre le gouvernement sur les véritables objectifs du quinquennat : le désendettement et la baisse de quatre points des prélèvements obligatoires. Objectif d’autant plus difficile à tenir que le «paquet fiscal», qui arrive à l’Assemblée dès le 10 juillet, risque de coûter au bas mot 11 milliards d’euros aux finances de l’Etat. Certes, Sarkozy comme Fillon ont promis des redéploiements de crédit, des suppressions de postes de fonctionnaires pour financer la réforme de l’impôt sur la fortune, ou la déductibilité des intérêts d’emprunt. «Mais on sait que ça ne suffira pas, dit un député UMP. La croissance a intérêt à être au rendez-vous rapidement, sinon c’est la dette qui va encore se creuser.»
La dette est aujourd’hui un vrai sujet d’inquiétude pour la droite: l’Insee, vendredi, a rendu public les chiffres de l’endettement de l’Etat pour le premier trimestre 2007. La dette représente désormais 65% du PIB (une hausse de 1,3 point par rapport à la fin 2006). Et le candidat Sarkozy s’est engagé à la faire redescendre à 60% du PIB.
Inquiétude européenne. En la matière, la politique de cession d’actif entamée la semaine passée par la vente d’une partie d’actions France Télécom ne pèse pas lourd. Ni même l’annonce du non-remplacement de 30 000 à 40 000 fonctionnaires, qui représente au mieux 500 millions d’euros d’économie. Ces annonces ne rassurent guère les autres pays de l’UE. Hier, José Sócrates, le Premier ministre du Portugal (qui préside actuellement l’UE), a d’ailleurs invité la France à avoir «une politique budgétaire exigeante».
Autre difficulté, le président de la commission des finances, le PS Didier Migaud, ne se privera pas de dire tout le bien qu’il pense de la politique fiscale du gouvernement.
Voici donc un Premier ministre écrasé par le Président et sous contrôle des plus orthodoxes en matière budgétaire de sa propre majorité. Il ne pourrait lui rester qu’une mission: annoncer les mauvaises nouvelles à ses ministres, privés de crédits. On a vu rôle plus enthousiasmant.

