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lundi 12 mai 2008

Eco-Terre - Le maire de Millau interdit les OGM

Libération : samedi 10 mai 2008 De notre correspondant à Toulouse GILBERT LAVAL

Le docteur en droit public et nouveau maire socialiste de Millau, Guy Durand, entend faucher les OGM jusque sur sa commune. Il n’y a déjà plus de pesticides dans les serres municipales. Les cantines des écoles servent des repas bio. La ville est le siège de l’interprofession du fromage de Roquefort qui a proscrit les OGM dans le lait de brebis.

Et c’est à partir du démontage du McDonald’s de Millau par José Bové en 1999 que s’est développée l’opposition aux organismes génétiquement modifiés. Guy Durand met en délibération au 23 mai un arrêté qui en interdit la culture dans son ressort. «Les bases constitutionnelles de cet arrêté sont solides», estime-t-il.

Arrêté.

Le président du Conseil général du Gers a échoué, lui, dans sa tentative d’organiser un référendum sur le thème. «Parce qu’un président de Conseil général n’a pas de pouvoir de police sur son département, développe l’élu. C’est le préfet qui le détient. Un maire a ce pouvoir sur sa commune.»

Le Conseil d’État a déjà jugé que la santé publique faisait partie de l’ordre public auquel les maires ont le devoir de veiller, par leurs pouvoirs de police justement. Guy Durand juge dès lors qu’il lui revient de protéger ses administrés des «risques que les OGM pourraient faire peser sur eux». Au nom du principe de précaution, précise-t-il. Ce principe figure en préambule de la Constitution depuis que Jacques Chirac y a fait intégrer la charte de l’environnement en 2005.

«Lorsque la réalisation d’un dommage […] pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent […] à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage» , indique l’article 5 de cette charte.

Ordre public. Ce qui vaut pour l’environnement, fait valoir Guy Durand, ne peut que s’appliquer à la santé et à l’ordre public. La boucle juridique serait ainsi bouclée. Ce professeur de droit ne doute pas que son arrêté sera attaqué. Il ne doute pas non plus qu’il saura le défendre : «Et ce fera une belle jurisprudence».

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Tout est raisonnable en Sarkofrance. Mais pour qui ?

Marianne - Dimanche 11 Mai 2008 - Juan

Par Juan. De l'«offre raisonnable d'emploi» à la réduction de la couverture maladie, tout est raisonnable, en Sarkofrance… Du moins pour certaines catégories sociales.

Le mot clé de cette 53ème semaine depuis l'élection de Nicolas Sarkozy fut «raisonnable.» Le gouvernement a en effet présenté et détaillé son projet d'«offre raisonnable d'emploi» qu'un chômeur devra accepter à l'avenir sous peine, après deux refus, d'être radié pendant 2 mois. C'était l'une des promesses présidentielles. La voici explicitée. Ce n'est pas la première fois, en un an, que Nicolas Sarkozy ou ses proches usent (et abusent) d'un soi-disant pragmatisme.

«raisonnable», adjectif
Sens 1 Qui est doué de raison.
Sens 2 Qui agit avec parcimonie
Sens 3 Convenable, acceptable.

Raisonnables la précarisation des chômeurs et des retraités ? Raisonnable, le paquet fiscal ? Raisonnable, l'immigration choisie ? Il importe de savoir pour qui ces «réformes» sont vraiment "raisonnables.»

Précariser le chômeur est raisonnable en Sarkofrance
Concept intéressant, le caractère raisonnable d'une offre d'emploi n'est pas modéré en fonction des métiers, du niveau de salaire ou de l'ancienneté. Le chômeur sera même obligé d'accepter un emploi précaire s'il veut échapper à la radiation. Laurent Wauquiez estime donc que sa proposition aux chômeurs est convenable :

«Concrètement, une offre «raisonnable» d'emploi, [tel que l'entend le gouvernement, lequel veut limiter à deux ces offres «valables» que les chômeurs auront le droit de décliner, NDLR], çà peut vouloir dire un job qui est à 30 km de chez vous. Ou encore, si vous étiez employé dans un garage Renault, un emploi qui s'ouvre dans un garage Peugeot - je parle d'un exemple véridique ! » (source LES ECHOS, jeudi 8 mai 2008)

Laurent Wauquiez choisit ses exemples. Il aurait pu choisir une autre illustration. Par exemple, un chômeur avec 6 mois d'ancienneté à l'ANPE, habitant à Saint Denis en banlieue nord de Paris, et dont le dernier salaire brut était 1200 euros, sera désormais contraint d'accepter un boulot payé 960 euros bruts, à Massy Palaiseau (distance 30,4 km de mairie à mairie). Dernier détail, il devra prendre une carte orange 4 zones à 88 euros par mois... à moins de prendre la voiture à essence (123 dollars le baril jeudi 8 mai)...

Aggraver les déficit publics par le paquet fiscal est raisonnable en Sarkofrance
En 2007, Nicolas Sarkozy a très rapidement fait voter son «paquet fiscal.» Il a eu raison de dire que le bouclier fiscal et l'exonération de droits de succession ne représentent qu'une part marginale de son coût. Le pire est ailleurs. L'exonération de cotisations sociales sur les heures supplémentaires plombe un peu plus et durablement la protection sociale et les retraites. Le régime des retraites perd par exemple 2,5 milliards d'euros par an de financement. Il sera ensuite «raisonnable» d'expliquer aux assurés sociaux qu'ils font qu'ils se serrent la ceinture.

Réduire la couverture maladie est raisonnable en Sarkofrance
Les malades supportent de nouvelles franchises médicales (depuis janvier); les plus durement touchés sont les plus pauvres des malades de longue durée et des retraités. La ministre de la Santé a aussi expliqué que les frais d'optique devraient être à terme pris en charge par les mutuelles et l'assurance privée. En France, 5 millions de personnes n'ont aucune assurance complémentaire. Le 1er mai dernier, le décret modifiant les allocations familiales versées aux foyers avec adolescents est entré en vigueur. Les familles apprécieront.

Précariser les seniors est raisonnable en Sarkofrance
Cette semaine, les (futurs) retraités ont eu confirmation que (1) leur pension n'augmenterait que de 1,9% (1,1% en mars, 0,8% en septembre), (2) les pré-retraités de 57 à 60 ans devraient pointer prochainement au chômage, (3) la durée de cotisation retraite passerait mécaniquement à 41 ans et (4) ils risquent d'être radiés du chômage après deux refus d'emploi comme tout chômeur. 60%* des seniors (55 à 65 ans) ont été ainsi précarisés en quelques jours !

Améliorer la fiscalité des plus riches est raisonnable en Sarkofrance
Nicolas Sarkozy a rapidement mis en place l'une de ses promesses de candidat : abaisser le bouclier fiscal de 60% à 50%. En 9 mois, ce bouclier a servi à rembourser 129 millions d'euros à 3500 foyers... Quand une députée UMP s'est émue des inégalités devant l'impôt, la ministre Lagarde a promis une vaste étude sur les niches fiscales. On avait cru à un «grand soir» culpabilisé. Que nenni. Le rapport est tombé. Il confirme que l'impôt sur le revenu, le plus progressif que notre pays ait inventé, souffre de quelques 200 exonérations fiscales diverses qui coûtent 39 milliards d'euros par an. Mais les auteurs ne s'attardent que sur ... 3 d'entre elles qui représentent un peu moins d'un milliards. Les ambitions de justice fiscale sont ... «raisonnables.»

Exclure les immigrés de certains emplois, sur la base de leur nationalité, est raisonnable en Sarkofrance
Brice Hortefeux a profité du déplacement de Nicolas Sarkozy en Tunisie pour signer un accord sur l'immigration. Il y a quelques mois, le Ministère de l'Identité Nationale avait défini 182 métiers potentiellement ouverts aux immigrés. mais pour les candidats tunisiens au départ pour la France, seuls 77 métiers et certaines filières (mécanique, bâtiment, électronique et informatique) sont ouverts... «L'immigration choisie» ressemble furieusement aux pratiques (post)coloniales qui faisaient réserver les emplois difficiles à une main d'oeuvre docile car loin de chez elle, bon marché car précarisée. La politique de Brice Hortefeux est très certainement raisonnable ... pour certains patrons français.

C'est à l'épreuve des faits - et des mesures - que le pragmatisme politique se juge. Celui de Nicolas Sarkozy n'apparaît «raisonnable» que pour certaines catégories sociales. Qui le niera ?

Ami Sarkozyste, où es-tu ?

* Moins de 40% de cette tranche d'âge travaille en France.

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"Mauvais pain, mauvais gouvernement !", par Steven L. Kaplan

LE MONDE | 10.05.08

Steven L. Kaplan  - Professeur d'histoire européenne à l'université Cornell (Etats-Unis)

Ce sera la semaine de la Fête du pain en France du 12 au 18 mai. Créée voilà douze ans pour aider la boulangerie artisanale à retrouver un moral ébranlé par la concurrence industrielle et par la chute ininterrompue de la consommation depuis 1900, et vouée à sensibiliser le public au retour promis du bon pain, la fête est la célébration d'un métier noble et d'un produit qui reste sui generis, malgré sa banalisation, dans le régime alimentaire quotidien.

Comment donc rester indifférent à cette photo bouleversante (Le Monde du samedi 3 mai) d'un manifestant au Sénégal brandissant un pain sous une banderole appelant "Au secours, on a faim" ? Depuis plusieurs mois, des émeutes et des manifestations contre la cherté et la rareté du pain, des céréales, de l'huile et d'autres produits de base secouent une trentaine de pays, tant en Afrique qu'en Asie et en Amérique latine. Elles nous rappellent que le pain fut pendant des siècles un des grands protagonistes de la scène historique en France.

A l'époque actuelle du pain plaisir et du pain santé, on oublie que cet aliment a été longtemps marqueur de misère et de subordination. Dès avant le Moyen Age jusqu'en 1947, l'histoire française est scandée de milliers d'"émotions" frumentaires et de révoltes du pain. On s'en prenait aux spéculateurs ("les accapareurs") par une violence symbolique ou physique ; on confisquait grains ou farines, y mettant parfois un prix considéré "juste" selon les normes collectives ("la taxation populaire").

Souvent appuyées par les autorités locales, les femmes prenaient l'initiative dans l'attroupement ou le soulèvement, toujours un signe de la gravité de la situation aux yeux du pouvoir. On s'assemblait pour empêcher le départ ("nocturne", donc suspect) des céréales.

Plus tard, en 1947, 6 000 manifestants investissent la préfecture de la Nièvre sur la foi d'une fausse nouvelle signalant le départ à l'étranger d'une importante quantité de blé, tandis que la CGT organise des "sentinelles de nuit" près de Caen pour déjouer "un trafic mystérieux de blé". La revendication canonique est triple : du pain en quantité suffisante, à un prix accessible, et d'une qualité raisonnable.

Contrairement aux idées reçues, les affamés ne sont pas toujours prêts à manger n'importe quoi, même si l'on retrouve trace dans l'Ancien Régime de la consommation de pain fait d'écorce et d'herbe, voire d'os de cadavres broyés, et en Haïti aujourd'hui de boulettes de sucre, d'huile et de boue.

Jules Romains saisit bien la signification du pain pour les Français à la veille du XXe siècle : "Elev(ons) la boulangerie à la hauteur d'une institution nationale : pain gratuit et obligatoire", programme aussi beau et utopique pour l'Hexagone jadis que pour le Maroc ou la Côte d'Ivoire aujourd'hui.

L'élément commun à l'expérience historique française et aux drames actuels est le caractère politique de la question du pain. L'exemple classique : la marche en 1789, en pleine disette, de milliers de femmes sur Versailles pour ramener à Paris "le Boulanger, la Boulangère et le Petit Mitron", c'est-à-dire le prince nourricier, fournisseur de pain en dernière instance.Ce contrat social de subsistance, que Louis XVI n'a pas su respecter, est le ciment de légitimité qui, aujourd'hui encore, lie les gouvernés aux gouvernants.

Craignant d'être débordé par un mouvement populaire contre le manque de pain subventionné, à la suite de bagarres mortelles devant des boulangeries, le régime Moubarak a mobilisé l'armée égyptienne voilà deux semaines pour fabriquer et distribuer cette denrée, dernier rempart de la stabilité politique. Le manque de pain est toujours la faute du gouvernement aux yeux du peuple consommateur. En 1951 en France, où la qualité du pain était en question, "mauvais pain, mauvais gouvernement", disait-on.

L'audace des libéraux des Lumières fut, dans leur projet de régénération, de commencer par le plus difficile, le plus radical et le plus périlleux : le pain. C'est par le pain qu'on démolit la première Bastille idéologique de l'Ancien Régime : la libéralisation du commerce des grains en 1763-1764 inaugure la longue bataille du libéralisme en France, qui dure encore.

Dans une remontrance au roi fustigeant cette "altération de la Constitution française", le Parlement de Rouen écrit à Louis XV : "Que l'on supprime tous les règlements en laissant la liberté indéfinie, on détruit le ressort des sociétés ; les peuples se confondent, les souverains ne sont plus que des grands que quelque éclat distingue mais que nulle utilité accompagne ; ainsy ce système qui paroit tout fonder et établir tend dans le fait à tout ébranler et détruire".

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans un contexte tendu de pénurie prolongée, le pain resurgit, comme au temps des Lumières, parce que rien ne relie plus fortement la vie réelle à l'administration publique.

Encore une fois, le pain impose un choix politique fondamental entre le dirigisme et le libéralisme, structurant un grand débat qui dépasse la question des subsistances, problème primordial et urgent, mais transitoire à l'âge atomique : il s'agit de redéfinir les attributs et les responsabilités de l'Etat, de décider comment piloter, sur le plan politique et institutionnel, la modernisation de la France.

Aujourd'hui, comme hier, le problème reste politique. S'il y a sécheresse et autres facteurs dits naturels (mais le sont-ils quand on sait le rôle qu'a pu jouer le dérèglement du climat ?), il semble bien que des mauvais choix plutôt que la mauvaise chance expliquent les difficultés actuelles qui, aux yeux de certains observateurs, risquent de s'installer.

Est-ce que l'ère de la nourriture à bas prix est derrière nous ? Sans une remise en cause des stratégies déployées depuis une vingtaine d'années, tant dans le Nord que dans le Sud, la crise ne peut que s'aggraver.

Je ne suis pas un rabat-joie. Il faut faire l'éloge du pain avec ferveur, notamment de celui dit "de tradition française", chose vivante ensemencée tous les jours par le boulanger qui "monte la pâte", mène la première fermentation décisive, et fabrique sans additifs, engendrant des arômes envoûtants et des saveurs somptueuses.

Aliment de partage, le pain inspire une pensée de solidarité avec ceux qui en manquent. Mais ce serait encore mieux si la fête, historiquement souvent proche de la révolte, débouchait davantage sur la réflexion citoyenne que sur la compassion bien intentionnée. Car la baguette est d'abord politique, avant d'être magique. Comme disait Jean Anouilh : "J'aime la réalité, elle a le goût du pain."

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Au mot - «Ça a été ?»

Libération : samedi 10 mai 2008 par  Didier Péron

Il ne semble plus possible de se nourrir désormais dans un restaurant moyen sans que le personnel (serveur, serveuse) s’enquiert avec une plus ou moins grande désinvolture de votre sentiment après la dégustation du/des plat(s) d’un retentissant  « Ça a été ? »

Comme nombre de formules formelles, le code social implicite indique que la question n’appelle pas de réponse. Le passé composé introduit illico à l’oreille un léger déphasage temporel, qui téléporte le repas sitôt consommé dans une espèce d’arrière-monde déjà inaccessible : car ce qui a été ne sera plus.

C’est sans doute que manger est tout à la fois une action positive qui permet de reconstituer des forces physiologiques et un processus de destruction qui dévore (néantise, dirait Sartre, qui adorait les haricots verts) des éléments existants, les fait disparaître. Par métonymie, il est possible d’assimiler le mangeur aux instruments de table, comme lorsque que l’on dit qu’un tel, en léger surpoids, est une sacrée fourchette.

Généralement, les convives, polis ou fatalistes, expriment un satisfecit de façade («- Ça aaah étééééééh ??? - Oui, oui, très bien, merci. Vous avez de la Boldoflorine ?») quand il faudrait en réalité dire que non, pas du tout, que le gigot était mort depuis trop longtemps sur son lit de carottes mauves et que la nage de fruits frais semblait surtout un raccourci efficace en direction de l’hépatite A.

Parmi les variantes de «sahahété», il faut citer le non moins menaçant «Tout s’est bien passé ?» qui assimile peu ou prou le repas à une opération chirurgicale. Si l’on veut bien accepter que le client occupe alors la place du praticien, ayant avec sa bouche, arraché de l’assiette une horrible tumeur à base de boudin-purée, et le serveur celle d’un proche tenaillé par l’angoisse essayant de se rassurer sur l’ampleur des dégâts après ablation.

Souvent, aussi, en cours de repas, on entend à la volée : «bonne continuation !» Les plus paranos, qui hésitent toujours entre l’appétit et l’écœurement, iront jusqu’à imaginer le rire collectif en cuisine d’une équipe d’empoisonneurs professionnels. Le festin en cours est probablement le dernier et au prochain menu, on mangera les pissenlits par la racine. Avec «ça a été ?» le mangeur est tout bonnement prié de la fermer. On ne lui demande pas son avis, qui n’intéresse personne, et la maison pose elle-même le couvercle sur l’orifice dûment rempli.

Tout irait donc pour le mieux dans le bon sens du tube digestif s’il ne fallait encore payer l’addition. Elle est souvent (et de plus en plus) «salée», doux euphémisme pour signifier l’amertume du gourmet qui, non content d’avoir mal mangé et de n’avoir pu se plaindre, doit maintenant avaler une ultime couleuvre : l’évidente disproportion entre la qualité des denrées servies et le prix exigé à la sortie que rien ne saurait justifier, et surtout pas le salaire de l’esclave pakistanais sans papiers qui fait la plonge au sous-sol.

Il faut dire qu’ici, l’on se goberge, mais les récentes émeutes de la faim (en Afrique, en Indonésie, à Haïti) ont montré qu’au terme d’une dispersion aberrante des fruits d’une agriculture libéralisée, ça n’allait déjà pas fort, mais là, ça ne va plus du tout.

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MéDIAS et POUVOIRS - Vive polémique entre Christine Albanel et l'AFP

NOUVELOBS.| 11.05.2008 | 10:32

A la suite des critiques qu'aurait émises Nicolas Sarkozy, la ministre de la Culture suggère que l'agence de presse pourrait diffuser l'intégralité des communiqués des partis et des syndicats. La société des journalistes de l'AFP estime qu'"on n'est plus dans le domaine du journalisme".

En pleine polémique autour des critiques que Nicolas Sarkozy aurait émises contre certains médias, la ministre de la Culture Christine Albanel suggère dans Le Journal du dimanche que l'Agence France Presse (AFP) pourrait diffuser l'intégralité des communiqués de presse des partis et des organisations syndicales. La société des journalistes de l'AFP s'insurge contre l'idée, estimant qu'"on n'est plus dans le domaine du journalisme".

Selon le JDD, le principe de ce "service supplémentaire" de l'AFP est inclus dans le projet de loi autorisant les journalistes à ne pas divulguer leurs sources, que Christine Albanel et la ministre de la Justice Rachida Dati présenteront à l'Assemblée nationale la semaine prochaine. La ministre de la Culture juge que les partis et syndicats pourraient ainsi exprimer "plus largement et de façon totalement neutre leurs points de vue".

Ces communiqués apparaîtraient "sur un espace spécifique et facilement accessible, selon des modalités à préciser et à organiser", précise-t-elle, avant d'ajouter qu'elle soumettra cette idée au directeur de l'AFP vendredi.

"On traite un communiqué" -
Christine Albanel assure toutefois que ce "service" ne se substituerait "en aucun cas au travail de rédaction et d'éditorialisation des journalistes de l'AFP sur les sujets politiques ou sociaux quand ils le jugent nécessaires et pertinents".

Christophe Beaudufe, représentant de la Société des journalistes (SDJ) de l'AFP, s'est élevé contre un mélange des genres. "Notre travail de journaliste, c'est de faire une information vérifiée, recoupée et remise dans son contexte", a-t-il rappelé sur France-Info, on "ne publie jamais un communiqué, on traite un communiqué".

Pour ce journaliste, l'idée de Christine Albanel est "un peu curieuse et pas très pratique car il y aurait des centaines de communiqués". "Créons une boîte aux lettres géante où tout le monde viendra mettre ses communiqués, et on verra bien ce qu'il en ressortira", suggère-t-il, "mais on n'est plus dans le domaine du journalisme".

Interrogée sur les relations tendues entre le président de la République et les médias après qu'il a accusé certains titres de "s'attribuer la fonction d'opposition", Christine Albanel rappelle que c'est Nicolas Sarkozy qui "avait pris l'engagement d'inscrire le principe de la protection des sources des journalistes dans la loi" quand il n'était encore que candidat.

"Comme tout un chacun, le président a le droit de réagir à certaines critiques, notamment lorsqu'elles sont systématiques, qu'elles le ciblent, qu'elles sont violentes et récurrentes", estime-t-elle. "Cela étant, ce n'est pas contradictoire avec son profond attachement à la liberté de la presse".

"Fonction d'opposition" -
Selon Le Parisien/Aujourd'hui en France de jeudi, Nicolas Sarkozy a accusé la presse lors d'une réunion de l'UMP de ne pas avoir donné assez d'écho à la récente condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices parlementaires. Il aurait également mis en cause L'Express, Marianne, l'AFP et le Journal du Dimanche, les accusant de "s'attribuer la fonction d'opposition".

Quant à l'opposition, elle se plaint de la surexposition de l'UMP. Les socialistes sont "inaudibles" car ils sont "au pain sec et à l'eau médiatiques", estime Arnaud Montebourg, dans le JDD. "Aujourd'hui, l'expression en faveur de l'UMP, président de la République et collaborateurs compris, a augmenté de 256 % sur TF1 et 196 % sur France 2", selon le député PS de Saône-et-Loire, qui cite des chiffres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). L'élu accuse par ailleurs "le sarkozisme" de "s'attaque(r) à tous les contre-pouvoirs: juges, avocats et journalistes". (avec AP)

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Médias et Pouvoirs - Sarkozy, aigri de ne pas être Berlusconi...

Marianne  Dimanche 11 Mai 2008 - 07:13

Pour les Mariannautes, les attaques de Nicolas Sarkozy visant cinq médias face aux députés UMP s'expliquent très simplement : n'ayant plus les médias de son côté, le Président se trouve seul face à son impopularité.

L'AFP, L'Express, le JDD, Marianne et Le Parisien-Aujourd'hui en France figuraient sur la liste noire du président de la République, déroulée dans son discours du 7 mai face aux députés UMP. « Voilà une bonne manière d'identifier les organes méritant encore le qualificatif de « presse » et par là même les vrais journalistes..., s'amuse Yann, quoique concernant l'Express, je suis dubitatif. »

Pour vous, les titres épinglés par Nicolas Sarkozy comme « s'attribuant le rôle d'opposition » sortent grandis de ces accusations. Même si vous trouvez tout de même des faiblesses : le directeur de l'AFP « ne serait-il pas plutôt de son bord ? », interroge Jean31, et le JDD ne serait-il pas tenu par le « frère et ami Arnaud » Lagadère, comme le remarque Marius Porcher.

« Vous tapez là où ça fait mal ! »  - Mais dans l'ensemble, vous vous réjouissez ouvertement de ce coup de nerf, révélateur pour vous de ce que le Président est à bout : « Ces menaces à peine déguisées montrent que vous tapez là où ça lui fait mal ! », encourage Usher. Pour Bibi, c'est la frustration de ne pas être Berlusconi, « qui a sa propre presse » qui fait parler ainsi Sarkozy. A vouloir une presse sur mesure, il n'a, selon CF, « aucun sens des réalités. »

Le ton, cependant, inquiète certains d'entre vous qui flairent un mauvais coup. Un coup d'autorité « à la Poutine », selon Remi 86. « Pour la nième fois, l'heure est grave ! », clame Millames.

Vous imaginez le président de la République tirant ses dernières cartouches, capable de tout. Sans aller jusqu'à l'inquiétude de Laurrissa, qui voit poindre un « fascisme rampant », SoDem pense ainsi que, entre interventions et sanctions, les journalistes vont lever le pied, « il suffit de voir France 2 en ce moment pour s'en rendre compte. »

Sarkozy va-t-il emprunter l'argent à Berlusconi pour s'acheter sa propre presse et censurer le reste, comme le suggère Nosfératu ? Et tous en coeur de vous demander : mais que fait Robert Ménard ?

L'opposition existe, vous l'avez rencontrée !  - « L'opposition n'existe plus en France ? Le parti socialiste, veut-il dire, corrige GR. Parce que l'opposition, aujourd'hui, c'est les 2/3 du peuple français ! » Un certain nombre de Mariannautes évoquent d'ailleurs un simple écran de fumée pour détourner l'attention, notamment des franchises médicales ou de la privatisation de la Sécu selon Chtulu. D'après vous, cette petite sortie ne fera qu'enfoncer le clou de l'impopularité.

SoDem émet une autre hypothèse : « Attendez-vous sous 48h à un sondage Opinion way disant que 80% des français trouvent que la presse est trop sévère avec lui. » C'est d'ailleurs déjà l'opinion de quelques sarkozystes discrets qui participent au débat comme Nan qui dénonce une « guerre totale » de la presse contre le Président.

Dans cet affrontement, vous donnez à Marianne l'honneur de figurer en première ligne mais vous étonnez que Le canard enchaîné ou Charlie Hebdo n'aient pas figuré au même rang dans le discours présidentiel. A ces titres, vous ajoutez Le Monde, Courrier international et une poignée d'autres. « Sarkozy révèle, par ses propos, sa véritable conception du journalisme », juge Alain. Et apparemment, ce n'est pas la presse que vous voulez lire !

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Internet : les pièges de l'abonnement

LE MONDE | 10.05.08

Comment résister aux pressions exercées au téléphone par certains fournisseurs d'accès à Internet pour faire abonner leurs interlocuteurs ?

Un lecteur du Monde a contacté le fournisseur d'accès à internet (FAI) Alice. Au téléphone, un conseiller lui a déclaré que s'il voulait recevoir un dossier d'abonnement, il devait lui communiquer ses coordonnées bancaires. Malgré ses réticences, notre lecteur a fini par obtempérer.

Le 1er mars, il a reçu un courrier daté du 27 février, le jour de son appel, avec un formulaire d'autorisation de prélèvement, le contrat d'abonnement et les conditions générales d'utilisation. Quatre jours plus tard, après s'être aperçu que le système ne lui permettait pas de conserver son fax, il a envoyé une lettre simple pour se rétracter. Cette lettre n'est apparemment jamais parvenue à destination et il a reçu un second courrier, daté du 6 mars, l'avisant que son dossier était complet et que l'offre allait être activée.

Il demande si la communication des coordonnées bancaires est l'équivalent légal d'une signature de contrat. Si le fournisseur d'accès peut le considérer comme abonné, même s'il n'a pas d'autorisation de prélèvement signée par le client ?

Sur le fond, Alice est dans son droit : l'abonnement aux services d'un FAI, au regard de l'article L.121-16 à 20 du code de la consommation, entre dans le cadre des " ventes à distance" qui n'imposent pas la signature d'un contrat, à l'inverse du démarchage par téléphone (article L.121-23). La communication des coordonnées bancaires a valeur d'engagement comme pour la réservation d'une chambre d'hôtel ou d'un billet d'avion.

DÉLAI DE RÉSILIATION - Mais, précise la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), le FAI a commis l'erreur de considérer que la date de l'appel téléphonique du client (le 27 février) était celle à partir de laquelle commençait à courir le délai de résiliation de sept jours.

En effet, la communication par courrier des conditions générales de vente dans lesquelles figure le délai de rétractation a été postérieure à la souscription, ce qui est contraire à l'obligation générale d'information (article L111-1 du code de la consommation). Pour respecter la loi, la date à prendre en compte pour le délai de rétractation aurait dû être celle de la réception du courrier de confirmation d'abonnement, soit le 1er mars, ce qui donnait au client jusqu'au 7 mars pour renoncer sans avoir à fournir de motif.

De plus, la formulation des conditions de rétractation (article 10 des conditions générales de vente de ce FAI) est ambiguë. Elle stipule que le client dispose d'un délai de sept jours "à compter de l'acceptation de l'offre des services ou de la réception du produit"... sans que soit défini clairement en quoi consiste le "produit". En l'occurrence, Alice considère que l'abonnement est un service et non un bien matériel (téléphone, clé USB) et que le délai part donc de la souscription.

Enfin, le FAI déclare ne pas subordonner l'envoi du dossier d'abonnement à la fourniture préalable des coordonnées bancaires. Pour en avoir le coeur net, nous avons demandé nous-même par téléphone l'envoi d'une documentation à Alice. Les téléconseillers nous ont réclamé obstinément notre numéro de téléphone pour pouvoir effectuer des tests. Et à notre demande répétée d'une simple documentation, ils ont répondu : "Ce n'est pas comme ça que nous procédons d'habitude : on vous explique l'offre, et vous souscrivez immédiatement."

Le cas de notre lecteur - qui avait saisi la DGCCRF - a pu être rapidement résolu. Mais pour éviter ce genre de mésaventure, il est prudent de ne jamais communiquer ses coordonnées bancaires si l'on n'est pas certain de vouloir s'abonner immédiatement ; et, en cas de rétractation, de toujours envoyer dans les sept jours un courrier recommandé avec avis de réception. 

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dimanche 11 mai 2008

En marge du Monde - Accès fermé, maisons gardées, rues privées

LE MONDE | 03.05.08 | 20h16  •  Mis à jour le 03.05.08  Villeneuve-Loubet Envoyés spéciaux

HtsVaug1

Les envoyés spéciaux du Monde s'invitent dans l'une des nombreuses résidences fermées et sécurisées de la Côte d'Azur, un monde autarcique que l'on ne pénètre que sur invitation.

Bienvenue dans les Hauts de Vaugrenier

Non badgés, file de gauche : s'arrêter devant la barrière et indiquer avec qui est le rendez-vous. "Avec Lionel Chary", directeur, pour Nexity Saggel, du site des Hauts de Vaugrenier, érigé sur une colline qui surplombe Villeneuve-Loubet et l'immense baie de Nice. Appelé sur son téléphone fixe, Lionel Chary confirme le rendez-vous : les gardiens ouvrent. Comme dans les nombreuses résidences fermées et sécurisées qui fleurissent sur la Côte d'Azur, on n'entre ici que badgé ou invité, l'hôte devant toujours confirmer de vive voix au poste de garde qu'il attend bien un invité.

L'avenue, large et déserte, est bordée d'eucalyptus, de palmiers, de lantanas en fleur, et monte en lacet dans la colline verdoyante. Elle serpente ainsi entre les onze hameaux qui composent le domaine et abritent 1 459 appartements et 473 villas : entre 5 500 et 6 000 habitants, dont 60 % résident ici en permanence.

Tout en haut du domaine, M. Chary, jovial syndic, dit, dans un sourire, "se considérer comme le maire". Il est responsable des parties communes de ce lotissement sécurisé, construit entre 1973 et 1993, et dont le succès ne se dément pas : 95 % des transactions, nombreuses, se payent comptant, alors que les prix sont 20 % à 30 % plus chers que de l'autre côté de la barrière qui ceint entièrement la résidence.

D'ailleurs, elle abrite quatre agences immobilières - et un architecte d'intérieur, car les nouveaux arrivants, qui ne trouvent pas une villa de 120 m2 à moins de 1 million d'euros ou un appartement de trois pièces à moins de 450 000 euros, font en général tout refaire quand ils s'installent. Les raisons de ce coûteux enthousiasme ? "La sécurité, et l'environnement, ce calme et cette verdure partout", explique M. Chary, qui précise volontiers que "les malfrats, qui savent que nous sommes toujours là, ne viennent jamais chez nous".

Cette sécurité et ce confort ont un prix, principalement celui des cinquante salariés de Nexity Saggel. Seize surveillants, non armés, vingt jardiniers, aidés de quelques administratifs et d'agents techniques, se partagent le travail d'entretien des 130 hectares et 24 kilomètres de rues, régulièrement balayés, des réseaux, tous privatisés, des trois lacs artificiels et des trois piscines. L'été, des agents d'une société de gardiennage viennent renforcer la surveillance avec leurs chiens : ce n'est pas inutile, paraît-il, pour cette période où les logements sont pleins, et souvent loués à des gens plus turbulents que les résidents permanents.

DÉCOR DE FEUILLETON TÉLÉVISÉ - La vie commune de ce monde autarcique s'organise autour des assemblées de copropriétaires, peu fréquentées mais décisionnaires. Il y en a une par hameau, chacun délégant un syndic et un membre à celle qui coiffe l'ensemble et constitue le conseil d'administration de l'Association syndicale libre principale, chargée des parties et charges communes. Les conflits d'usage et de voisinage constituent l'essentiel des débats.

Heureusement, les distractions communes offrent des manières de mieux cultiver l'entre-soi : le club-house, géré par une association, abrite des clubs de bridge, de tarot, d'informatique et de randonnée, à deux pas des tennis. Un restaurant, face au lac du bas, permet de recevoir décemment.

Parmi les habitants, dont la moyenne d'âge est de 63 ans et l'ancienneté moyenne d'installation de quatorze ans, certains ne fréquentent que la supérette Vival, le dentiste et le coiffeur du petit village du bas. Ruelle pavée, minigalerie marchande, bancs donnant sur le lac, ce hameau sort directement d'un décor de feuilleton télévisé des années 1970.

Mais de jeunes couples, étrangers ou français, viennent encore en nombre assez grand pour que l'école maternelle publique compte deux classes : située dans l'enceinte, elle accueille quelques enfants de l'extérieur, et leurs parents ont le droit, eux, de pénétrer dans le sanctuaire.

Paul Barelli et Michel Samson  Article paru dans l'édition du 04.05.08.

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BIRMANIE - 1,5 million de personnes sont en danger de mort, selon Oxfam

NOUVELOBS. | 11.05.2008 | 12:05

Si le bilan officiel du cyclone Nargis est d'au moins 23.335 morts et 37.019 disparus, l'organisation humanitaire britannique OXfam estime que ce bilan pourrait être multiplié par 15 par une catastrophe publique massive. De son côté, la junte se félicite de la participation au référendum.

L'organisation humanitaire britannique Oxfam a estimé, dimanche 11 mai, qu'un million et demi de Birmans se trouvaient en danger de mort dans le sud du pays frappé par le cyclone Nargis le 3 mai.

Le bilan officiel du passage de Nargis sur le delta de l'Irrawaddy est d'au moins 23.335 morts et 37.019 disparus mais la responsable régional d'Oxfam, Sarah Ireland, l'a jugé probablement plus proche des 100.000 morts.

Elle a mis en garde contre une nouvelle catastrophe humanitaire qui pourrait s'y ajouter et multiplier ce chiffre jusqu'à 15 fois. "Nous pensons qu'une menace réelle de catastrophe publique massive plane sur la Birmanie", a-t-elle dit. Nombre de rescapés de Nargis sont privés de toit et manquent d'eau propre et potable, ainsi que de nourriture et de produits de première nécessité. Les organisations humanitaires redoutent des épidémies.

Les visas, "question cruciale" -
Des vivres continuaient de parvenir aux victimes du cyclone dimanche grâce au déblaiement des routes encombrées jusque-là d'arbres et de débris, mais la junte militaire refusait toujours de laisser des spécialistes étrangers se charger de la distribution de l'aide humanitaire.
"Les visas pour le personnel humanitaire international restent une question cruciale", estime un rapport interne du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU

La dictature militaire insiste pour distribuer l'aide elle-même aux quelque deux millions d'habitants sinistrés et, selon Debbie Stothard, responsable de l'organisation ALTSEAN-Burma de défense des droits de l'Homme en Asie du Sud-Est, elle choisit les bénéficiaires sans se soucier des véritables besoins.

"Même dans la région de Rangoon, qui est accessible pour le régime, les gens se plaignent de ne pas recevoir d'aide. Ils ne reçoivent que du riz pourri", a-t-elle affirmé à l'Associated Press Television News à Bangkok, en Thaïlande. (avec AP)

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A LABUTTA partie la plus touchée

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ESCROQUERIE - Le gouvernement s’attaque au spam sur mobile

L'Expansion -  09/05/2008 

Une « escroquerie en très forte progression », selon le porte-parole du gouvernement Luc Chatel.

Les téléphones portables seront-ils bientôt équipés de filtre-anti spam bloquant les SMS qui contiennent les termes « cadeau », « gratuit » ou « rappelez le 08… » ? La question taraude en tout cas le gouvernement. Dans un communiqué, le secrétaire d’Etat chargé de l’industrie et de la consommation Luc Chatel s’inquiète ainsi du « nombre croissant de spams indésirables sur les téléphones mobiles, source d’escroqueries et de gêne pour les consommateurs, comme le dénoncent de nombreuses associations ».

« Le plus souvent envoyés sous forme de SMS personnalisés, ces spams ont pour but de conduire le destinataire à rappeler un numéro surtaxé, occasionnant en cas de rappel un gonflement conséquent de la facture de téléphone mobile du client. Même si le nombre de plaintes reste faible, il est en très forte progression », détaille un communiqué.

Un comité de déontologie - Relevant que les opérateurs téléphoniques sont « fortement préoccupés par ces pratiques, du fait du coût qu’elles génèrent par une occupation indésirable de leur réseau », Luc Chatel part en quête de solutions.

Sans trop de surprise, elle devrait venir d’un énième comité, le « comité de déontologie des services de communication au public en ligne », mis en place « au plus vite », et chargé de lutter avec des moyens qui restent à déterminer contre ces « pratiques frauduleuses, qui opèrent aussi bien sur les téléphones mobiles que sur l’internet ».

« Ce comité , annonce encore le secrétaire d'Etat, regroupera des représentants des pouvoirs publics, des éditeurs professionnels de services et des opérateurs et hébergeurs, afin de discuter des modalités techniques pour parer aux pratiques intrusives et renforcer la protection du consommateur ». Lesquels pourront commencer par propager ce conseil tout simple : ne jamais rappeler les numéros mentionnés dans ces messages indésirables.

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ANNIVERSAIRE -Une flotille quitte La Rochelle pour les 400 ans de Québec

NOUVELOBS. | 09.05.2008 | 10:30

La "Grande traversée de l'Atlantique", flottille d'une quarantaine de voiliers, va suivre les traces du fondateur de Québec pour rejoindre Quebéc, point de départ des festivités pour le 400e anniversaire de Québec.

A l'occasion du 400e anniversaire de Québec, une flottille d'une quarantaine de voiliers a quitté jeudi 8 mai sous les yeux de la gouverneure générale du Canada le port de La Rochelle à destination de Québec, point de départ des festivités.

La "Grande traversée de l'Atlantique", qui suivra les traces du fondateur de Québec, s'est élancée en fin d'après-midi depuis le vieux port derrière le Belem, trois-mâts école de la marine française, sous les applaudissements de 30.000 spectateurs massés sur les quais et les rives du chenal d'accès.

"Une grande aventure"
Avant le départ, depuis le pont du Belem, Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada, représentante de la reine Elizabeth d'Angleterre exerçant les fonctions de chef d'Etat, a assuré aux équipages qu'ils allaient "vivre une grande aventure, sur les traces d'une aventure plus ancienne".
"J'aurais le plaisir de vous accueillir à votre arrivée" le 24 juin, a-t-elle également indiqué, après 3.550 miles de navigation sur les traces de Samuel de Champlain, navigateur originaire des environs de La Rochelle, qui fonda Québec le 3 juillet 1608.
Avant le départ de la traversée, Michaëlle Jean s'était vu remettre par des élus locaux "le grand livre de Champlain", ouvrage de 500 kg constitué de 12 pages de 2,20m sur 1,5m sur lesquelles sont rassemblées des gravures représentant les voyages de Champlain au Canada.

La gouverneure du Canada effectue depuis mardi une visite officielle en France, au cours de laquelle elle a déjà rencontré le président Nicolas Sarkozy. Michaëlle Jean, d'origine haïtienne, doit également se rendre à Bordeaux où elle participera samedi à une cérémonie commémorant l'abolition de l'esclavage.

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Le Belem quitte la Rochelle

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BIRMANIE - La junte militaire a confisqué deux cargaisons d'aide de l'ONU

NOUVELOBS. | 10.05.2008 | 18:17

C'est ce qu'a constaté le Programme alimentaire mondial de l'ONU après l'arrivée de deux avions humanitaires destinés aux sinistrés du cyclone Nargis qui a fait au moins 60.000 morts et disparus et plus d'un million de sans-abri.

La junte birmane a confisqué deux autres cargaisons d'aide des Nations unies arrivées par avion et destinées aux sinistrés du cyclone Nargis, a affirmé samedi 10 mai le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU. Le PAM avait déjà eu vendredi deux cargaisons saisies par les autorités douanières birmanes à leur arrivée à Rangoun.
"La situation (des nouveaux arrivages) est similaire à celle des deux autres", a déclaré un porte-parole du PAM à Bangkok, Marcus Prior.

Le parti de l'opposante birmane Aung San Suu Kyi a d'ailleurs affirmé que le bilan du cyclone Nargis s'alourdissait "de jour en jour" à cause des restrictions imposées par la junte à l'aide humanitaire et a appelé l'ONU à envoyer une assistance "par tous les moyens".
"Les autorités imposent de nombreuses sortes de restrictions à l'aide internationale, notamment celle des Nations unies, si bien que le nombre de morts augmente de jour en jour", a estimé la Ligue nationale pour la démocratie (LND) de la lauréate du prix Nobel de la paix.

Deux camions - Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a annoncé dans un communiqué depuis Genève que le premier convoi d'aide des Nations unies par voie terrestre en provenance de Thaïlande a atteint sans encombre la Birmanie afin d'apporter de l'aide aux victimes du cyclone Nargis, qui a fait au moins 60.000 morts et disparus et plus d'un million de sans-abri. L'arrivée de trois jours de fortes pluies prévue en fin de semaine prochaine risque encore d'aggraver la situation.
Deux camions transportant 20 tonnes de matériel dont des tentes et des bâches en plastique, ont atteint la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie à 13H07 heure locale. "Nous espérons que (ce convoi) ouvrira un corridor humanitaire pour permettre à davantage d'aide internationale de parvenir aux victimes du cyclone", a déclaré Raymon Hall, représentant du HCR en Thaïlande cité par le communiqué.
Des responsables du HCR, présents à la frontière birmane, vont superviser le chargement du matériel sur des camions birmans et accompagner le convoi jusqu'à Rangoun, a précisé le communiqué.

187 millions de $ réclamés - Alors que les Nations unies lancent un appel d'urgence pour réunir 187 millions de dollars (121 millions d'euros) afin de venir en aide aux rescapés du cyclone pendant les trois prochains mois, l'ambassadeur de la Birmanie auprès de l'ONU, Kyaw Tint Swe, a assuré que la "Birmanie compte coopérer avec la communauté internationale pour faire à face à ce grand défi". L'ambassadeur birman a toutefois stipulé que l'aide doit être apportée de "façon ordonnée et systématique".
La Maison Blanche a annoncé de son côté que les généraux avaient finalement autorisé la venue d'un avion-cargo américain, un C-130 militaire, attendu lundi en Birmanie.

"Dans la bonne direction" - Ban Ki-moon a expliqué que le personnel de l'ONU discutait avec la junte pour sortir de l'impasse même si de "façon regrettable", les généraux ne sont pas entrés en contact directement avec lui. "Cela avance dans la bonne direction", a-t-il jugé, appelant "avec force" les dirigeants birmans "à faire tout ce qu'il peuvent pour faciliter cette aide".
Auparavant, le Programme alimentaire mondial (PAM) avait brièvement suspendu son aide après la confiscation de ses deux chargements parvenus jusque-là, dont 38 tonnes de biscuits hautement énergétiques, selon le porte-parole du PAM à Bangkok, Paul Risley. Le porte-parole du gouvernement, Ye Htut, a assuré que les autorités avaient voulu distribuer l'aide "sans retard".
Les Nations unies estiment qu'un million et demi d'habitants ont été "gravement affectés" par le cyclone Nargis du 3 mai, qui a fait selon les autorités birmanes au moins 23.335 morts et 37.019 disparus. La faim et les épidémies menacent, et certaines zones sinistrées sont très difficiles d'accès.

Premiers cas d'épidémie - L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état de cas de diarrhée et de dysenterie, mais le régime militaire a campé sur son isolationnisme, à la veille d'un référendum constitutionnel contesté par l'opposition. Il a soutenu jusqu'ici que le meilleur moyen de l'aider consiste à lui dépêcher du matériel, pas des hommes, et a renvoyé à l'expéditeur un avion-cargo dans lequel l'aide était accompagnée sans autorisation préalable par une équipe de secours et des médias.
La Croix-Rouge internationale estimait vendredi que les personnels humanitaires ont pu avoir accès à 220.000 victimes de Nargis en Birmanie, sur les quelque 1,9 million de personnes affectées par le cyclone.
Le personnel birman et étranger des organisations humanitaires sur place avant le cyclone assiste déjà les sinistrés mais depuis samedi les nouvelles demandes de visa restent sans résultat. Le PAM dit en avoir déposé dix.

Des villages entiers du delta de l'Irrawaddy, la région la plus durement frappée par Nargis, se trouvent sous les eaux. "Beaucoup (de cadavres humains et animaux) ne sont pas enterrés et traînent dans l'eau. Ils ont commencé à pourrir. La puanteur dépasse tous les mots", constate Anders Ladegaard, secrétaire général de la Croix-Rouge danoise, arrivé à Rangoon vendredi.
Vingt mille sacs seront distribués à des volontaires pour ramasser les dépouilles mortelles. Ce responsable a aussi témoigné des difficultés pour "acheminer l'aide dans le pays, puis dans le delta". "Il n'y a presque pas de bateaux ou d'hélicoptères, c'est vraiment une opération cauchemardesque à organiser."

Doutes sur la récolte - Des milliers d'enfants pourraient être devenus orphelins, des milliers de victimes se serrent dans les monastères bouddhistes, et Action contre la faim s'inquiète pour les rizières. "La région du delta est connue comme étant le grenier du pays, et le cyclone a frappé avant la récolte. Si la récolte a été détruite", prévient l'organisation, "cela aura un impact dévastateur sur la sécurité alimentaire de la Birmanie".

"Croyez-moi, le gouvernement n'autorisera jamais des étrangers à pénétrer dans la zone dévastée", estimait vendredi Joseph Kyaw, commerçant à Rangoon. "Le gouvernement ne se soucie que de son maintien. Il se moque de la situation désastreuse du peuple." (avec AP)

A Rangoon, la plus grande ville du pays, le prix de l'eau a été multiplié par 500, et ceux du riz et l'huile ont grimpé de 60% en trois jours, rapporte ACF. Le référendum sur la nouvelle Constitution, qui devrait renforcer les pouvoirs des militaires, a été reporté au 24 mai dans la capitale économique et dans les zones les plus sinistrées du pays, mais sur le reste du territoire, la dictature maintient le scrutin malgré les appels lancés notamment par l'ONU.
Pendant ce temps, l'aide internationale continue de s'accumuler de l'autre côté de la frontière, en Thaïlande, où de nombreux humanitaires attendent le feu vert de la Birmanie. Des navires, des avions sont prêts à intervenir dans toute la région, mais seule une aide limitée arrive à passer.

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samedi 10 mai 2008

Mémoire - L'esclavage et la traite des noirs seront enseignés en primaire dès la rentrée

NOUVELOBS. | 10.05.2008 | 12:05

Plusieurs associations ont appelé à manifester à Paris pour commémorer le 160ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage en 1848.

A l’occasion de la journée pour la mémoire de l'esclavage, Nicolas Sarkozy a annoncé, samedi 10 mai, que "la traite des noirs, l'esclavage ainsi que leur abolition" seraient inscrits dans les manuels scolaires de l'enseignement primaire dès la rentrée prochaine. Le président de la République a annoncé que le 23 mai deviendrait "une journée commémorative" de l'abolition de l'esclavage "pour les associations qui regroupent les Français d'Outre-mer de l'hexagone et qui souhaitent célébrer le passé douloureux de leurs aïeux".

Lors de cette cérémonie de commémoration dans le jardin du Luxembourg à Paris, le chef de l'Etat a prononcé une allocution dans laquelle il a notamment fait référence à Aimé Césaire, le poète martiniquais récemment disparu.
Plusieurs personnalités étaient présentes aux côtés du chef de l’état. Patrick Karam, délégué interministériel pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, ont également participé à cette cérémonie.



Première commémoration en 2007 -
L'abolition de l'esclavage en 1848 avait été commémorée pour la première fois en France le 10 mai 2007, six jours après l'élection du président Sarkozy et dix jours avant sa prise de fonction officielle. Il était apparu, pour l'occasion, aux côtés du président sortant Jacques Chirac.

Au cours de cette cérémonie, qui s'était également déroulée dans le jardin du Luxembourg, un extrait du chant "la liberté des nègres" et des poèmes avaient été lus par de jeunes élèves. Puis M. Chirac avait inauguré une sculpture - "Le Cri, l'Ecrit" - de l'artiste français Fabrice Hyber, constituée de trois maillons d'une chaîne brisée.
L'artiste avait alors affirmé que cette sculpture de bronze symbolisait "le cri, marque de l'abolition de l'esclavage, un asservissement aboli par les textes, mais aussi la mise en garde contre l'esclavage moderne".


Mémoire vive versus mémoire officielle -
Par ailleurs, plusieurs manifestations à l'appel d'associations noires sont prévues samedi à Paris, allant de "la marche des libertés" du Conseil représentatif des associations noires (Cran) à un défilé plus traditionnel du Collectif des fils et filles d'Africains déportés (Coffad).

Le Cran et la radio Tropiques-FM se sont associés pour une "marche des libertés" qui partira samedi à 14h00 de la place de la République. Escorté par 90 joueurs de tambours du groupe Miyo, le cortège se dirigera vers la place de la Bastille où devrait être organisée une chaîne humaine, ont annoncé mardi conjointement à la presse, Patrick Lozès, président du Cran et Claudy Siar, directeur de Tropiques-FM.

Patrick Lozès, dont le mouvement fondé en novembre 2005 regroupe plusieurs centaines d'associations noires, a souligné que cet appel à manifester samedi était "tout autant pour commémorer le 160ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage que pour démontrer notre volonté de lutter contre les discriminations".
Un autre mouvement, le Coffad (Collectif des fils et filles d'Africains déportés) se réunira également samedi à partir de 14h00 place de la République mais en direction de la place de la Nation pour commémorer l'abolition de l'esclavage et "demander réparation".

Christiane Taubira, députée (PRG) de Guyane, ainsi que l'écrivain Calixthe Beyala, le chanteur Joey Starr et le journaliste Harry Roselmack devraient être présents dans le cortège qui se rendra vers la Bastille.

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APPEL aux CITOYENS : Sarkozy et la presse : deux syndicats lancent une pétition pour l'indépendance

NOUVELOBS | 09.05.2008 | 18:56

La CFTC et l'Union syndicale des journalistes CFDT manifestent "leur inquiétude" après les attaques du chef de l'Etat contre plusieurs organes de presse et appellent "à renforcer les garanties législatives assurant l'indépendance des rédactions".

Le syndicat des journalistes CFTC et l'Union syndicale des journalistes CFDT ont exprimé, vendredi 9 mai, "leur inquiétude" après les attaques contre la presse auxquelles se serait livré le président Nicolas Sarkozy lors d'une réunion avec les députés UMP mercredi à l'Elysée. Ils invitent à signer une pétition "pour l'indépendance des rédactions".

"Les syndicats de journalistes expriment leur inquiétude, ayant appris que le président de la République a invité les députés UMP à s'en prendre à une liste de médias, qu'il soupçonne de lui être défavorable, lors d'une réception à l'Elysée le 7 mai", déclarent les deux syndicats dans un communiqué commun.

Selon Le Parisien/Aujourd'hui en France de jeudi, lors de cette réunion Nicolas Sarkozy a accusé la presse de ne pas avoir donné assez d'écho à la récente condamnation de Ségolène Royal dans l'affaire de ses ex-collaboratrices parlementaires. Il aurait également mis en cause L'Express, Marianne, l'AFP et le Journal du Dimanche, les accusant de "s'attribuer la fonction d'opposition".

Selon le syndicat des journalistes CFTC et l'Union syndicale des journalistes CFDT, "les journalistes concernés ont fait preuve d'une parfaite neutralité déontologique".

Renforcer l'indépendance -
Les deux organisations appellent donc "les Français de toutes les sensibilités, y compris les concitoyens élus, militants ou sympathisants de l'UMP, à renforcer les garanties législatives assurant l'indépendance des rédactions, et à condamner les dénonciations infondées contre les médias pour redonner confiance aux citoyens dans l'impartialité de la presse".
Ils invitent également à signer "la pétition pour l'indépendance des rédactions sur le site de
l'intersyndicale des journalistes". (avec AP)

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Interrogations sur le départ de la directrice de l'Agence de la biomédecine

LE MONDE | 08.05.08 | 15h08

Le non-renouvellement du mandat de la directrice générale de l'Agence de la biomédecine suscite de sérieuses interrogations dans les milieux scientifique et associatif quant aux intentions du gouvernement sur le dossier de l'éthique. Carine Camby, dont le bilan fait l'unanimité, était engagée dans la préparation des Etats généraux de la bioéthique, prélude à la révision de la loi du 6 août 2004, promise en 2009.

Le ministère de la santé a annoncé, vendredi 2 mai, la mise en place d'un "collège de personnalités qualifiées en vue de la nomination du prochain directeur général de l'Agence de la biomédecine". Celui-ci sera présidé par André Nutte, chef de l'inspection générale des affaires sociales, entouré d'une philosophe, Suzanne Rameix, et d'une scientifique, Dominique Meyer.

"UNE FEMME REMARQUABLE" -

Selon nos informations, il aurait été signifié à Mme Camby qu'elle ne serait pas renommée. "Je ne comprends pas cette éviction à laquelle aucune explication n'a été donnée, s'indigne le professeur René Frydman, spécialiste de l'assistance médicale à la procréation. On ne change pas une équipe qui gagne."

Siégeant au conseil d'orientation de l'agence au titre de l'Association française contre les myopathies, Marie-Christine Ouillade estime que "Carine Camby est une excellente directrice" et se dit favorable au renouvellement de son mandat.

A l'Elysée, comme au ministère de la santé, qui a la tutelle de l'agence, on dément tout limogeage. "Carine Camby est une femme remarquable. Son mandat arrivait à son terme, justifie Arnold Munnich, conseiller du président de la République. Le gouvernement a introduit une nouvelle procédure. Rien n'empêche Mme Camby d'être candidate si elle le souhaite." 

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Retrouver dans l'adversité la popularité perdue

LE MONDE | 09.05.08 | 16h09

Alors que sa cote de confiance se situe au niveau le plus bas jamais enregistré par un président, Nicolas Sarkozy montre des signes d'impatience. Le recentrage de son image, son exercice d'humilité à la télévision n'ont pas porté leurs fruits. Il a décidé sans attendre de se poser en victime, espérant retrouver dans l'adversité la popularité perdue. Débarrassé de ses ennemis politiques, il se cherche un nouvel adversaire.

Souvent, quand il veut apporter la preuve qu'il est la victime d'une cabale médiatique, le chef de l'Etat cite cette "une" de l'hebdomadaire Marianne parue avant le premier tour de la présidentielle : "Sarkozy est-il fou ?" "C'est grave de dire des choses comme ça. Moi ? Fou ?", ajoute-t-il, furieux.

Jeudi 8 mai, l'Elysée s'efforçait d'éteindre la polémique. Selon ses conseillers, le chef de l'Etat aurait davantage fait le procès de l'opposition que celui de la presse. "C'est parce que l'opposition est inaudible que la presse est dure avec nous", expliquait l'un d'eux. En s'en prenant aux médias, M. Sarkozy aura au moins trouvé une oreille attentive auprès de nombreux parlementaires et militants de l'UMP, très remontés contre ce qu'ils considèrent comme un "acharnement"

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