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samedi 4 juillet 2009

Le texte d'Hadopi 2 : la suspension, une peine complémentaire et non alternative

PC Impact        Le 24/06/2009        Par Marc Rees

Le texte sur Hadopi 2 ou "Projet de loi relatif à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet", vient d'être publié.

Plusieurs choses à remarquer :

  • Tout d'abord, la suspension est non une peine alternative, mais bien une peine complémentaire. Elle s'ajoute donc à la peine de contrefaçon.

  • La suspension n'empêchera pas le paiement de l'abonnement. L'internaute condamné pour contrefaçon et à la peine complémentaire de suspension, devra continuer à payer son abonnement. Il aura aussi l'interdiction de s'abonner chez un autre FAI durant la période concernée.
     

  • Sauf erreur, le texte ne fait pas état de la possibilité de transaction ou de l'aveu.
     

  • Ce texte est le deuxième étage de l'arsenal pénal que met en place actuellement Nicolas Sarkozy après la baffe du Conseil constitutionnel. Un décret réintroduit un délit de négligence cette fois  non contre le contrefacteur mais contre l'abonné qui n'aura su sécuriser sa ligne. Celui-ci risquera une amende de 1.500 euros. et en plus être suspendu d'internet selon le texte du décret (qui lui n'a pas été encore publié).


Article 1er

Après l’article L. 331-21 du code de la propriété intellectuelle, il est ajouté un article L. 331-21-1 ainsi rédigé :

« Art. L. 331-21-1. - Les membres de la commission de
protection des droits, ainsi que ses agents habilités et assermentés à cette fin dans les conditions déterminées par décret en Conseil d’Etat, peuvent constater les infractions prévues au présent titre lorsqu’elles sont punies de la peine complémentaire de suspension de l’accès à un service de communication au public en ligne et de communication électronique.

« Ils peuvent en outre recueillir les observations des personnes concernées.
« Leurs procès-verbaux font foi jusqu’à preuve contraire. »

Article 2

I. - Après le onzième alinéa de l’article 398-1 du code de procédure pénale (9°), il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« 10° Les délits prévus aux articles L. 335-2, L. 335-3 et L. 335-4 du code de la propriété intellectuelle. »
II. - Après le sixième alinéa de l’article 495 du même code (5°), il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
« 6° Les délits prévus aux articles L. 335-2, L. 335-3 et L. 335-4 du code de la propriété intellectuelle. »

Article 3


Après l’article L. 335-6 du code de la propriété intellectuelle, il est inséré un nouvel article ainsi rédigé :

« Art. L. 335-7. - Lorsque l’infraction est commise au moyen d’un service de communication au public en ligne ou de communications électroniques, les personnes coupables des infractions prévues aux articles L. 335-2, L. 335-3 et L. 335-4
peuvent en outre être condamnées à la peine complémentaire de suspension de l’accès à un service de communication au public en ligne ou de communication électronique pour une durée maximale d’un an, assortie de l’interdiction de souscrire pendant la même période un autre contrat portant sur un service de même nature auprès de tout opérateur.

« Lorsque ce service est acheté selon des offres commerciales composites incluant d'autres types de services, tels que services de téléphonie ou de télévision, les décisions de suspension ne s'appliquent pas à ces services.

«
La suspension de l'accès n'affecte pas, par elle-même, le versement du prix de l'abonnement au fournisseur du service. L'article L. 121-84 du code de la consommation n'est pas applicable au cours de la période de suspension.

« Les frais d'une éventuelle résiliation de l'abonnement au cours de la période de suspension sont supportés par l'abonné.

« Lorsque la décision est exécutoire, la peine complémentaire prévue au présent article est portée à la connaissance de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet, qui la notifie à la personne dont l'activité est d'offrir un accès à des services de communication au public en ligne afin qu’elle mette en œuvre, dans les meilleurs délais, la suspension à l’égard de l'abonné concerné.

« Le fait, pour la personne dont l'activité est d'offrir un accès à des services de communication au public en ligne, de ne pas mettre en œuvre la peine de suspension qui lui a été notifiée est puni d'une amende de 3 750 €.

« Lorsque le règlement le prévoit, la peine complémentaire définie au présent article peut être prononcée à l’encontre des personnes reconnues coupables des contraventions de la cinquième classe prévues par le présent code. Dans ce cas, la durée maximale de la suspension est de un mois. »

Article 4

A la fin du premier alinéa de l’article 434-41 du code pénal, après les mots : « ou 131 17 » sont ajoutés les mots : « , d’interdiction de souscrire un nouveau contrat d’abonnement à un service de communication au public en ligne et de communication électronique. »

Article 5

La présente loi est applicable sur l’ensemble du territoire de la République, à l’exception de la Polynésie française.

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Critique des enseignants de l'Éducation nationale : polémique sciemment lancée par RTL

« Accusés, levez-vous ! Une fois de plus, les profs sont montrés du doigt. Révélation RTL : selon une enquête confidentielle du ministère de l'Education nationale, l'enseignement primaire a enregistré, l'année dernière, 3 millions de jours d'absence, dont 2 millions pour cause d'arrêts maladie. Près d'un enseignant sur deux (45% exactement) a posé un arrêt pour raison de santé en 2007-2008. »

Avec une telle accroche, on est sûr de semer la zizanie dans la société française.

Une accroche creuse, puisqu'elle n'explique rien. Et un discours tendancieux qui cherche à créer un conflit public/privé. (ici)

Au reste, si l'on réfléchit quelques instants, et bien que cela soit beaucoup demander à certains journalistes, ce sont les médecins qui décident d'accorder des arrêts maladie, et non les salariés eux-mêmes qui se les prescrivent.

Un titre juste d'article eut été : « Les médecins accordent en moyenne 45 % d'arrêts maladie de plus aux professeurs des écoles qu'aux employés du privé ». Et du coup, le problème porterait sur ceux qui sont responsables de ces arrêts maladie, pas sur ceux qui en bénéficient. On ne va pas reprocher à une personne une décision qui ne dépend pas d'elle, n'est-ce pas ?

Par ailleurs, il est tout à fait compréhensible que dans cette profession à majorité féminine, des enseignants (en l'occurrence, des enseignantes) soient en arrêts maladie de façon récurrente, puisque ce sont elles qui sont enceintes lorsqu'un couple attend un enfant (jusqu'à preuve du contraire), et que l'arrêt de travail dans le cadre d'une grossesse s'appelle un « arrêt maladie ». À cela s'ajoute que ce sont généralement les mamans qui s'occupent des enfants lorsqu'ils sont malades, et comme là encore dans ce métier de professeur des écoles les employés sont surtout des femmes...


Luc Chatel est-il le nouvel ennemi des enseignants ?

Tout juste arrivé à la tête du Ministère de l'Éducation nationale, Luc Chatel s'est montré peu engagé contre l'étude révélée par RTL qui présente de façon malsaine le nombre d'arrêts maladies accordés aux professeurs des écoles, et constituant, de fait, une critique de ceux-ci.

On va même jusqu'à parler d'un « absentéisme » qui serait supérieur de près de 45% à celui des employés du secteur privé.

Mais, pourquoi opposer public/privé ? Quelle est l'intention de départ de cette enquête?

Pourquoi ne pas avoir titré : « Conditions de travail difficiles pour les professeurs des écoles du public : 45 % d'arrêts maladie de plus que dans le privé ! »

On se pose la question.


Cette étude serait un nouveau signal pour inciter les parents à mettre leurs enfants dans le privé plutôt que dans le public que cela ne nous surprendrait pas ! Avec un « double effet Kiss Cool » : les enseignants du public sont en outre montrés comme des personnes abusant du système, puisque prenant des arrêts maladie injustifiés lors des ponts du mois de mai : « Une autre envolée des absences survient au mois de mai au moment où les ponts sont les plus nombreux. Une donnée plus difficilement justifiable d'autant que, relève RTL, plus de 80 % des arrêts maladie sont concentrés autour des week-ends, jeudi vendredi ou lundi mardi. »

Quant à la question de l'absence de contrôles des arrêts maladies par le médecine du travail, il va falloir s'y résoudre car le gouvernement, par l'intermédiaire du MEDEF a décidé de la supprimer ! (ici)

Enfin, ces révélations calculées du Ministère de l'Éducation Nationale (quand on veut maintenir un document confidentiel, on y parvient), transmises avec la plus grande joie par des journalistes d'RTL, ne parlent pas de la spécificité de ce métier, ni de la difficulté de celui-ci. Autant dire, pour paraphraser les mots récents du conseiller présidentiel Henri Guaino, que ces sondages et statistiques sont « idiotes », « tellement bêtes » et « stupides » !

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vendredi 3 juillet 2009

Les Indégivrables - économies papier ... ?

Chech-list Le Monde du 03 Juillet 2009

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Hadopi 2 : le contrôle des emails fait son retour

Zdnet                                Le 26/06/2009                       Par Christophe Auffray

La mesure avait été évincée par les députés, mais elle fait son grand retour au sein de la nouvelle loi récemment présentée par Michèle Alliot-Marie en conseil des ministres. Désormais baptisé « projet de loi relatif à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet » mais déjà surnommé Hadopi 2, le texte prévoit entre autres choses que l'internaute qui sera frappé d'une suspension d'accès à Internet continue à s'acquitter du forfait associé au près de son fournisseur d'accès à Internet. Bien que le texte ne soit composé que de cinq articles, plutôt courts, il recèle également deux trois surprises et zones d'ombre qui, déjà, laissent poindre l'image d'un texte encore plus dur que la loi initiale !

Sous sa forme initiale, la loi Hadopi prévoyait que la sanction finale prononcée à l'encontre de l'abonné convaincu de défaut de sécurisation de sa ligne soit la suspension de l'accès à Internet. Cette mesure n'a pas été retoquée par le conseil constitutionnel, mais la portée en est quelque modifiée avec le texte qui sera soumis au Sénat les 8 et 9 juillet prochain, puis à l'Assemblée aux alentours du 20 juillet.

La nouvelle loi propose que la justice puisse «
recourir à des procédures simplifiées pour prononcer des sanctions contre les auteurs de téléchargements illicites ». Les sanctions passeront donc par le biais d'ordonnances pénales (sans audience publique), et devant « le tribunal correctionnel siégeant à juge unique », contre trois en temps normal.

Dans son article 3, le texte prévoit que les personnes qui se rendent coupables d'une infraction au droit d'auteur puissent «
être condamnées à la peine complémentaire de suspension de l'accès à un service de communication au public en ligne ou de communication électronique pour une durée maximale d'un an » dès lors que l'infraction a été commise « au moyen d'un service de communication au public en ligne ou de communications électroniques ».

Comme le fait remarquer Numerama, le champ d'application est ici bien plus large que le seul P2P, puisqu'il englobe l'ensemble des services de communication électronique, parmi lesquels l'email ou la messagerie instantanée. Pour l'instant, rien ne permet de dire que le secret de la correspondance ne sera pas respecté, mais se pourrait-il qu'un jour la surveillance des emails soit au programme ?

On observe par ailleurs que le texte fait référence aux «
infractions prévues aux articles L. 335-2, L. 335-3 et L. 335-4 », du Code de la propriété intellectuelle (voir les articles concernés). Les téléchargements illégaux ne seront donc pas les seuls à profiter de la nouvelle procédure : toute atteinte au droit d'auteur, dans les limites que posait en son temps la loi DADVSI, sera concernée. De nature « complémentaire », la suspension d'abonnement n'exclue donc pas l'amende ou la prison prévus par le CPI.

Un décret pour combler les failles ?

«
Lorsque le règlement le prévoit, la peine complémentaire définie au présent article peut être prononcée à l'encontre des personnes reconnues coupables des contraventions de la cinquième classe prévues par le présent code », indique l'article 3 de la nouvelle loi. Quel est donc ce règlement, évoqué en début de phrase ? Pour l'auteur du blog Dinersroom, repéré par PC Inpact, il interviendra par le biais d'un second texte, qui pourrait bien être le décret évoqué mercredi par La Tribune. En cours de rédaction, ce texte ne nécessitant pas l'approbation des deux chambres, prévoirait justement la mise en place d'une contravention de cinquième classe, assortie d'une amende de 1500 euros.

En l'état, les problèmes que soulevait la première occurrence de la loi Hadopi ne sont pas tous résolus. Pour n'en citer qu'un : comment les agents chargés de la détection des pirates prouveront-ils que la personne incriminée par leurs soins est bien l'auteur du téléchargement, préalable indispensable à toute condamnation pour infraction au droit d'auteur ? Puisque l'idée est de condamner vite et bien, une enquête au domicile n'apparait guère réaliste.


C'est donc là que le « défaut de sécurisation » de la ligne pourrait faire son grand retour avec, dans son sillage, de nouveaux problèmes, comme les questions de respect de la vie privée, de neutralité du net, d'interopérabilité technique, etc. Si les réponses ne sont pas encore trouvées, ceux-ci présentent à tout le moins l'avantage de ne pas attirer les foudres du Conseil constitutionnel...

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L'enquête sur le contrôle au faciès qui dérange !

Le journal Libération a publié le 1er juillet un article sur une enquête réalisée par deux chercheurs du CNRS démontrant la discrimination des contrôles de police sur cinq sites de contrôle parisiens, dans et autour de la Gare du Nord et des Halles à Paris. (ici)

Résultats : « Un Noir risque 6,2 fois plus de se faire contrôler sur les lieux observés (le ratio va de 3,3 à 11,5), un Arabe 7,7 fois (de 1,8 à 14,8). » (...) « Vous aimez le hip-hop, portez une casquette et un baggy ? Vous avez 11,4 fois plus de risques de vous faire contrôler que si vous êtes en costard ou qui si vous vous habillez «décontracté». »

L'étude et les conclusions qui en sont tirés ne sont pas toujours très judicieuses. À commencer par l'emploi du terme de « raciste » ou de « racisme », deux termes dont on sait aujourd'hui qu'ils n'ont plus aucune réalité objective et scientifique, et qu'il faudrait parler plutôt de xénophobie et de communautarisme, pour aborder sainement ces questions.

Ensuite, les chercheurs auraient dû recouper les informations sur les origines « ethniques » des auteurs des violences et tarfics principalement constatés par la police. Les résultats auraient pu expliquer pourquoi les contrôles se font plus souvent vers tel ou tel type de personne.

Si l'on pense aux problèmes de violences dans les banlieues, on n'entend jamais parler d'actes  de violences commis par des communautés asiatiques, indiennes ou latino-américaines. Donc la tendance à être plus attentif à certains types ethniques plutôt qu'à d'autres peut-être justifiée par les observations de terrain effectuées par la police.

Aussi, pointer du doigt sans recul des contrôles dits « au faciès », n'est pas très scientifique ni très rigoureux dans la démarche, tant que d'autres informations n'ont pas été croisées avec ces mêmes constats. D'ailleurs, un constat brut n'a aucun intérêt, et sa pertinence dépendra de la façon dont il sera analysé.

C'est pourquoi, présenter les choses de cette façon dans un article ou dans une étude sociologique ne peut qu'envenimer les choses, ce qui n'est pas vraiment judicieux !

Là où les conclusions de l'enquête doivent être prises en compte, c'est quand elle constate que sur les lieux considérés comme sensibles par rapport au plan Vigipirate, les contrôles n'étaient pas vraiment très crédibles et que les porteurs de bagages ou de valises étaient rarement contrôlés.

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Plantu - Le nouveau Sarko ...

Le Monde du 03 Juillet 2009

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jeudi 2 juillet 2009

La suspension d'accès infligée même pour une vidéo sur Youtube Lol MAM

PC Inpact              Le 25/06/2009           Par Marc Rees

On l’a vu, le texte d’Hadopi version 2.0 est court. Très court : à peine 5 articles. Avec Michèle Alliot-Marie aux commandes, la Rue de Valois se retrouve dépossédée du dossier. Mais ce dossier, outre ce changement de commandant de bord, n’a plus rien à voir avec le projet Création et Internet. Initialement, celui-ci visait le P2P, taxé à l’aide de faibles études, d’être l’origine de tous les maux dans l’assèchement des ressources. Désormais, Hadopi 2 ou plutôt PPPLAI (pour Projet de loi relatif à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet) devient un véritable bulldozer. La faute à son champ d’application. Démonstration.

hadopi youtube vidéo musique


Pour bien cerner le champ d’application d’Hadopi 2, il faut faire un petit jeu de piste entre deux des cinq articles du projet de loi.

L’article 3 dit ainsi que «
lorsque l'infraction est commise [en ligne], les personnes coupables des infractions prévues aux articles L. 335-2, L. 335-3 et L. 335-4 peuvent en outre être condamnées à la peine complémentaire de suspension de l'accès (...) pour une durée maximale d'un an ». La référence aux articles L. 335-2, L. 335-3 et L. 335-4 permet d’embrasser toutes les hypothèses de contrefaçons possibles et inimaginables. Cette brochette d’articles est en effet le socle juridique de ce type d’infraction.

Hadopi 2, déconnecté du P2P

On note ainsi une déconnexion manifeste avec la simple poursuite du P2P. Cette généralisation est confirmée par l’article 1er de la loi qui définit le champ d’application du texte en visant «
les infractions prévues au présent titre lorsqu'elles sont punies de la peine complémentaire de suspension de l'accès ». Le titre en question est le titre III du livre III du Code de la propriété intellectuelle, lequel vise la Prévention, les procédures et la sanction.

Nous l’avions déjà souligné, la suspension devient une peine complémentaire à une peine de contrefaçon. On doit bien insister là-dessus : en étant jumelée à la contrefaçon, la suspension est envisageable désormais pour toutes les infractions au droit d’auteur qui sont commises en ligne et plus lors d’un défaut de
sécurisation.

Toto88 suspendu pour une seule vidéo sous Youtube uploadée

La petite buse Hadopi 1 devient donc un vautour avec Hadopi 2. Quelques exemples pour en comprendre la portée.

Imaginons un internaute qui pompe en trois clics une photo de l’AFP pour illustrer son petit blog personnel. Il commet un acte de contrefaçon, qui plus est en ligne, il pourra donc être puni d’un an de suspension d’accès en plus d’une peine de contrefaçon (jusqu’à 3 ans de prison et 300 000 euros d’amende).

On peut continuer en roue libre puisque le périmètre du projet est infini pourvu qu’on agisse en ligne. Par exemple, Toto88, un internaute, met en ligne une vidéo de son enfant qui se vautre gentiment dans l’escalier de sa maison. Pour faire bonne mesure, il l’agrémente d’une musique,
protégée par le droit d’auteur. Les ayants droit dégainent les cartouches du projet de MAM et paf : Toto88 pourra être suspendu d’internet pendant un an. Et on se doit d'imaginer quelle sera la situation si Toto88 est un groupe politique de première importance qui a diffusé sans autorisation sur internet la musique d'un groupe anglosaxon...

Des problèmes de preuve

Ce n’est pas tout ; L’article 1er de la loi dit que «
les membres de la commission de protection des droits, ainsi que ses agents habilités et assermentés à cette fin dans les conditions déterminées par décret en Conseil d'État, peuvent constater les infractions (etc.) ». Cela signifie donc que la commission devient une administration dotée des pouvoirs de police judiciaire puisque les procès-verbaux font foi jusqu’à preuve de contraire. Tout ce régime n’est pas sans soulever de multiples problèmes. Revenons à notre article 1er. Il dit que les agents vont « constater la commission de l’infraction ». Constater la commission d’une infraction, ce n’est pas suffisant via écran interposé. Ce n’est qu’une pierre à l’édifice d’une action en contrefaçon. Pour constater l’infraction de Toto88, la simple mise à disposition ne suffira pas. Cela démontrera un acte de représentation, mais pas un acte de représentation sans autorisation. A aucun moment, les agents n’auront la preuve que Toto88 n’a pas eu d’autorisation d’un ayant droit et la seule transmission de l’adresse IP à un juge sera bien maigre à satisfaire son appétit intellectuel et procédural.

Le contradictoire en débâcle

Enfin, toute cette cuisine est placée dans un cadre où est normalement exclu le débat contradictoire puisque c’est le régime de l’ordonnance pénale qui va être privilégiée. Cette ordonnance est une voie où la rapidité est privilégiée et évacue par principe tous les échanges contradictoires. Une voie expresse, non une route de campagne. Seuls 26 juges seront nommés en France pour gérer cette usine, sans compter le risque d’appel qui engorgera les cours supérieures déjà astreintes à un régime minceur des plus rigoureux.

"On ne doit pas appeler ce projet Hadopi 2"

Commentaire éclairé d’un juriste : «
ce projet de loi, on ne doit pas l’appeler Hadopi 2. Le titre du projet de loi parle bien des atteintes à la propriété intellectuelle. Ce n’est pas la suite, c’est quelque chose de nouveau. C’est uniquement le décret qui est Hadopi 2. C’est lui qui va venir mettre la cartouche supplémentaire, la dernière étape de la riposte qui n’existe pas ici. »

Ce projet de décret est un autre texte qui est actuellement à l’étude et qui veut sanctionner de 1500 euros le délit de négligence d’un accès internet. Toutefois, selon les derniers bruits, son avenir serait maintenant incertain...


 "On ne doit pas appeler ce projet Hadopi 2", alors appelons le "La Plaie" (de "PPPLAI (pour Projet de loi relatif à la protection pénale de la propriété littéraire et artistique sur internet)" !

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Quand un journal fait l'éloge de la vidéosurveillance !

À la lecture de certains journaux, on se dit que la publicité est parfois déguisée en article de journaliste.

Ainsi cet article paru aujourd'hui sur LePoint.fr est pour le moins étonnant « Rue par rue, la vidéosurveillance à Paris ».

Extraits : "En France, la vidéosurveillance a longtemps été vue d'un mauvais oeil, la frayeur de "Big Brother" alimentant inquiétudes et protestations. Pourtant, la police utilise de plus en plus les caméras comme outil de prévention, mais surtout d'élucidation dans les affaires de délinquance sur la voie publique. En 2008, la Brigade des réseaux ferrés a eu recours à ce moyen dans 420 affaires. Résultat, 42 personnes ont été interpellées et une centaine d'autres sont actuellement recherchées à partir de photos. Même si les malfaiteurs se dissimulent souvent derrière une capuche au moment de commettre leur délit, ils oublient qu'ils sont aussi filmés avant et après. Au vu de ce succès, la France - qui compte aujourd'hui 20.000 caméras sur la voie publique - prévoit de dépasser les 60.000 d'ici à 2011."

En effet, le journaliste semble dire que la vidéosurveillance n'est plus vue d'un mauvais oeil. Serait-ce pour tenter de faire croire aux gens que l'on peut la considérer désormais avec bienveillance et enthousiasme, voire la demander ?

Il fait allusion à « Big Brother », mais le scénario de 1984 de George Orwell n'a pourtant pas perdu de son actualité, loin de là, tant nombre de projets et de stratégies en cours semblent reproduire le scénario dudit ouvrage (surveillance vidéo et des outils de communication, fichage de toutes les personnes, élaboration géopolitique du monde en « blocs », etc...).

Le chiffre avancé pour prouver l'efficacité du dispositif de vidéosurveillance, censé être triomphal, est plutôt ridicule : « dans 420 affaires. Résultat, 42 personnes ont été interpellées ». Il est même question d'un « succès » (sic) !

Et pour finir, il est affirmé«  Au vu de ce succès, la France - qui compte aujourd'hui 20.000 caméras sur la voie publique - prévoit de dépasser les 60.000 d'ici à 2011. ». Au travers de cette figure de style, de cette métonymie, « La France » au lieu « des français », qui prend vraiment la décision ?

Il y a fort à parier que cela soit, plutôt une affaire de gros sous, et d'amitié entre politique et industrie.

La présence de caméras n'empêche pas de se faire voler un sac à main, de se faire agresser, ou de bruler des voitures. Tout au plus, quand les caméras fonctionnent, ce qui n'est pas si fréquent que ça, peut-on éventuellement rechercher l'auteur du délit.

La vidéosurveillance est avant tout un marché très lucratif, qui en aucune façon ne rend les personnes plus policées ou davantage bienveillantes les unes envers les autres. Donc un système qui n'apporte pas de bonification dans les relations humaines, et à la société.

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La communauté internationale ne parvient pas à freiner l'érosion accélérée de la biodiversité

Le Monde        Le 02/07/2009


 

C'est le tableau le plus exhaustif de l'état de la biodiversité planétaire, brossé tous les quatre ans par l'Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN), et il n'est pas brillant. Son édition 2009, publiée jeudi 2 juillet, confirme l'effondrement du nombre des espèces à un rythme cent à mille fois plus rapide que lors des grands épisodes d'extinction du passé.

 

 

"Nous ne pouvons que constater que la communauté internationale, qui, en 2002, avait fixé pour objectif de freiner cette tendance d'ici à 2010, a échoué" note Jean-Christophe Vié, l'auteur principal du rapport.

Le diagnostic de l'UICN se fonde sur l'observation de 45 000 espèces animales et végétales, réunies sur une "Liste rouge" qui, au fil des ans, s'est imposée comme une référence.

C'est un petit échantillon : les experts estiment qu'il existe 15 millions d'espèces, dont 1,8 million seulement ont été décrites. Mais "à chaque fois que nous menons des enquêtes plus poussées sur une espèce spécifique, la tendance globale se confirme", explique Sébastien Moncorps  du comité français de l'UICN.

UN OISEAU SUR HUIT, UN MAMMIFÈRE SUR QUATRE

Sur 45 000 espèces, 16 928 sont menacées d'extinction, soit un oiseau sur huit, un mammifère sur quatre et un amphibien sur trois.

Derrière ces tendances globales, le rapport s'attarde sur le sort des espèces menacées utilisées par l'homme pour son alimentation ou pour la médecine traditionnelle. Pour conclure à une situation encore plus critique : "36 % des mammifères consommés par les hommes sont en danger, contre 21 % en moyenne", souligne Jean-Christophe Vié en pointant la menace que cela constitue pour la sécurité alimentaire.

Les auteurs du rapport ont par ailleurs essayé d'évaluer l'impact futur du changement climatique. Si la plupart des espèces de la Liste rouge sont sensibles au réchauffement, un plus grand nombre d'espèces, aujourd'hui considérées en bon état de conservation, seront, selon eux, gravement touchées par la transformation de leur environnement.

"L'étendue des espèces sensibles a de quoi faire frémir", observe M. Vié. Aujourd'hui, la destruction des habitats liée à la poussée urbaine et à l'intensification de l'agriculture, la surexploitation et la présence d'espèces invasives restent les principales causes de l'érosion de la biodiversité.

Dans ce panorama, l'UICN trouve cependant une raison d'espérer. Les actions de protection se multiplient au niveau local. En quelques années, elles ont, par exemple, permis à l'éléphant d'Afrique, au bison d'Europe, au zèbre de montagne, au cheval de Prévalsky, au rhinocéros unicorne d'Inde ou au tamarin lion noir du Brésil de sortir de la spirale du déclin.

"C'est bien, mais pour éviter la crise d'extinction, il faut aller plus loin et plus vite", conclut l'organisation.

Laurence Caramel

Article paru dans l'édition du 03.07.09.

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Contre la cécité volontaire, par Max Dorra

LE MONDE | 27.06.09

MAX DORRA Ecrivain et professeur de médecine

Auteur d'essais et de fictions, a reçu en 2001 le prix Psyché pour son livre "Heidegger, Primo Levi et le séquoia. La double inconscience" (Gallimard). Ses derniers ouvrages, "La Syncope de Champollion, entre les images et les mots" et "Quelle petite phrase bouleversante au coeur d'un être ?", sont parus chez Gallimard respectivement en 2003 et 2005

En ce temps-là - premières décennies du XXIe siècle -, l'absurdité le disputait à la barbarie. En France, dans les écoles, les classes de plus de trente élèves rendaient l'enseignement quasi impossible, sauf pour quelques privilégiés. Les ouvriers vivaient sept ans de moins que les cadres, et lorsqu'une canicule un été survint, 15 000 vieux, parmi les plus pauvres, moururent parce que personne n'était là pour leur donner à boire ; cela fut vite oublié.

Peu de jours se passaient sans que l'on annonçât un suicide parmi les détenus (et parfois même leurs surveillants) dans les prisons surchargées. Les hôpitaux gérés comme des entreprises, et se devant d'être "rentables", étaient l'objet d'évaluations, de classements, dont l'effet pervers ne se faisait pas attendre : les "meilleurs" services étaient ceux où la durée de séjour était le plus courte, ce qui incitait à une sélection des patients.

A la même époque, les Africains vivaient trente ans de moins que les Européens, 200 millions d'enfants sur la planète travaillaient comme des esclaves, 6 millions d'entre eux mourant chaque année de dénutrition. De tout cela, bien des citoyens certes s'indignaient mais la plupart, comme atteints de cécité volontaire, préféraient - tels les biologistes soviétiques qui jadis avaient nié les données de la génétique - vivre dans la méconnaissance de faits qui auraient pu les déranger.

Concernant le "déni de réalité", il est de nos jours, on le sait, un sujet souvent posé au bac : "commentez les phrases historiques prononcées par la ministre de l'économie, des finances et de l'emploi, Christine Lagarde, le 10 juillet 2007 à l'Assemblée nationale : "Entre l'égalité de tous sur la ligne de départ et les performances de chacun à l'arrivée, le travail fait de l'individu le seul responsable de son propre parcours (...). Cessons d'opposer les riches et les pauvres (...). La lutte des classes, cette idée n'est plus d'aucune utilité pour comprendre notre société.""

La population vivait ainsi dans une sorte d'anesthésie entretenue par les quatre heures quotidiennes que chacun consacrait aux grands médias. A la télévision notamment, "l'arme absolue" disait Georges Pompidou. Elle était partout, offrant - et pas seulement aux esseulés - un groupe imaginaire, une famille à laquelle on appartiendrait à condition d'en respecter les règles, le ton. Sur les plateaux, un sourire permanent était de rigueur, le temps de parole était bref, impliquant une simplification appauvrissante des sujets les plus complexes.

Une débilité lisse en somme, la plupart du temps, qui pouvait entraîner à la longue, on le découvrit après une enquête médicale, un risque accru d'apparition d'une maladie d'Alzheimer. Dans ces médias, les informations essentielles étaient rendues quasi imperceptibles parce qu'elles étaient précédées par un fait divers bouleversant et suivies par des résultats sportifs, d'autant plus excitants que partout régnait l'idéologie du "gagneur".

Ce dont la personnalisation du politique était d'ailleurs imprégnée. Le visage, la mimique des présentateurs parachevaient le détournement d'attention indispensable à ce numéro d'escamotage. Un procédé assez proche de ce qu'Eisenstein nomme "un montage pathétique". Et c'est bien dans une sorte de montage que chacun était ainsi enfermé, où les affects jouaient, entre les plans, le rôle de joints, de raccords innombrables et inapparents.

Autant de serrures assurant la séquestration dans un piège où même les plus avertis se laissaient prendre. Car l'idéologie dominante est un montage subtil, insidieux, à la fois objectif et producteur de subjectivité. Une prison sans paroi visible qui se donne pour indépassable. Or, de cela, certains avaient si peu conscience que l'on parlait à l'époque de "fin de l'histoire", alors qu'on n'était pas encore sorti de la préhistoire.

Les conservateurs traitaient donc les progressistes d'idéalistes, de rêveurs, voire d'utopistes dangereux, puisque bien des révolutions avaient jusqu'ici dramatiquement échoué. Pour se délivrer de ce boulet qu'ils traînaient depuis près d'un siècle - le stalinisme, le maoïsme -, les responsables de la gauche se décidèrent à en faire une analyse diagnostique de fond pour que jamais plus ne se renouvellent ces dérapages meurtriers.

La difficulté était que les partis progressistes, auxquels le suffrage universel aurait dû, étant donné la réalité sociale, apporter de légitimes victoires, étaient stupidement divisés. Une certaine vision du monde, pourtant, un discours clair, auraient pu les réunir au-delà de leurs querelles stériles. Celle, par exemple, entre "révolutionnaires" et "réformistes", le premier de ces vocables, appelant immanquablement l'image de désordres sanglants, bien sûr terrifiait, tandis que le second, synonyme de mollesse, voire de trahison, suscitait volontiers le mépris.

La réalité était en fait que tout changement véritable est radical, et que cette radicalité ne suppose nullement la violence mais exige à coup sûr une conviction forte, rigoureusement argumentée. Donc mobilisatrice. Obtenus ainsi grâce à un vigoureux mouvement social, les acquis du Front populaire en 1936, la Sécurité sociale en 1945, avaient apporté un réel changement de la vie même, qui aurait pu n'être qu'une première étape.

La sortie de ce mauvais film dans lequel on était malgré soi incarcéré avait commencé lorsque, la gauche étant redevenue de gauche, pugnace et imaginative à la fois, les pauvres avaient cessé de voter à droite - ou de s'abstenir. Marx, posthume Prix Nobel d'économie en 2012, avait eu raison en ce qui concerne le capitalisme et ses crises : on ne moralise pas une logique, celle des vautours. Il avait sans doute eu tort en revanche quand, évoquant avant tout le rôle des infrastructures économiques, il semblait sous-estimer la force des mots (et par exemple des siens propres...).

Agnès Guillemot, la monteuse de Godard, lorsqu'on l'appelait au secours d'un film abîmé par un montage médiocre et qu'elle cherchait à retrouver un sens perdu, visionnait soigneusement tous les rushes, et récupérait même parfois ceux qui avaient semblé inutiles. On découvrit que le cauchemar vécu par les humains jusque dans les premières décennies du XXIe siècle était dû à une maladie non encore diagnostiquée.

La maladie de la valeur vénale qui à partir de marchandises devenues folles avait contaminé les humains, envahissant leurs pensées, leurs désirs et jusqu'à l'image qu'ils avaient d'eux-mêmes, dans un univers triché, insolemment inégalitaire, exclusivement voué au profit et régi par l'argent. Tout y était évalué, classé et classant, ce qui résumait le sens même, pauvre à pleurer, de ce montage délirant. On n'a pas bien compris à vrai dire, rétrospectivement, comment cette abomination avait pu prendre fin. La seule chose dont on soit sûr, c'est que l'éducation et les médias devinrent l'objectif résolument prioritaire. Le but d'un projet éducatif qu'on ne peut ici qu'esquisser était que l'école ne soit plus une machine à déprimer, mais qu'on y trouve au contraire les concepts et les mots qui permettent de résister à la violence symbolique, à la manipulation.

Bref, de se libérer d'une angoisse en en démontant le mécanisme. On convint également d'enseigner l'histoire des innovations scientifiques et artistiques, chacune illustrant à sa manière le courage requis lorsque, minoritaire, on s'oppose à la pensée d'un groupe.

Quant aux médias, leurs rythmes, leurs montages illusionnistes finement analysés par le cinéaste anglais Peter Watkins, il fut décidé de n'en laisser passer aucun plan, aucun raccord. Les informations, si souvent erronées mais enrobées dans un jargon intimidant, assénées avec aplomb par des "experts" conservateurs, devaient être soumises au crible d'une analyse serrée par les journalistes eux-mêmes, ce à quoi certains "observatoires des médias" avaient déjà ouvert la voie.

Ce détricotage patient, sans doute fut-il essentiel pour contrecarrer la fabrication de l'opinion par les médias, médias dont il fut unanimement convenu - pour en finir avec l'autocensure apeurée - de défendre, bec et ongles, l'indépendance à l'égard de tout pouvoir, financier ou politique.

C'est alors seulement que reprit un sens le passage dans des isoloirs : il ne s'agirait plus désormais de cautionner par un vote apparemment libre des idées imposées au fil d'un formatage entretenu pendant des années.

Tout le monde, et notamment les intellectuels, avait participé à ce travail obscur, obstiné, inflexible, de déverrouillage de la pensée. L'indispensable préliminaire.


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Le Nouvel Obs : Sarkozy, c'est De Gaulle en plus glamour

Philippe Cohen

Huit pages d'interview passe-plat et trois pages de portrait sucré de Carla Bruni : cette fois-ci, c'est clair, le Nouvel Obs a décidé de devenir le grand journal d'opposition dont la France a besoin. On comprend mieux la révolte des journalistes de l'hebdomadaire face à ce véritable virage éditorial.

Le Nouvel Obs veut devenir la Gazette de la Cour

Marianne2 - Régis Soubrouillard

Conférence de rédaction tendue ce matin au Nouvel observateur. L'entretien négocié en exclusivité par le directeur du journal, Denis Olivennes, avec Nicolas Sarkozy contre la Une du journal reste en travers de la gorge des journalistes. Malvenu à un moment où certains choix éditoriaux d'Olivennes... 

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mercredi 1 juillet 2009

Lettre ouverte de Joseph Tual : « Nicolas, j'irai à ta convoc »

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C'est l'esprit tranquille que je me rendrai à la convocation de Nicolas Sarkozy. Les policiers, eux, ma foi, ne font que leur boulot. Ils ne sont en rien responsables de cette situation qu'eux-mêmes qualifient d'ubuesque. Ils sont simplement manipulés et détournées de leur mission de service public, comme nous à France Télévisions et dans bien d'autres entreprises publiques.

Le diktat est simple. Le mot d'ordre est « vous êtes tous à ma botte, les têtes qui dépassent seront toutes coupées » : voilà le message de monsieur Sarkozy, dont acte !

Tu es président de la République, ok ! Je vais à la convoc, mais après ? Tu vas me faire quoi ? Me passer au karcher ? Tu dis qu'on ne t'a pas respecté, mais Nicolas, pour cela, il faut être respectable, et d'abord respecter son prochain. François Mitterrand ou Jacques Chirac auraient pu venir même à pied de l'Elysée jusqu'à France Télévisions, seuls ou accompagnés de deux ou trois gardes du corps. Crois-moi, personne ne leur aurait manqué de respect ni importunés.

Ils seraient rentrés à France Télévisions sans difficultés, tranquillement. Etre président de la République en France, visiblement, ne consiste pas uniquement qu'à être élu. Il faut savoir occuper la fonction, avoir de la hauteur, altitude et attitude que le poste impose. Pour tout cela, dans ton cas, Nicolas, il faudra, je le crains, pour nous citoyens français, attendre encore, et longtemps.

Je suis Joseph Tual, carte de presse 60 128

Ceci dit, de nombreuses personnes parmi mes proches, me demandent de t'expliquer qui je suis, moi, Joseph Tual, carte de presse 60128, et ce, probablement, pour que tu puisses mieux évaluer le problème, et logiquement, demander poliment, Nicolas, aux personnes en charge du scénario de ce mauvais feuilleton d'y mettre un terme.

Je suis arrivé à France 3 en 1987. Je suis à l'époque journaliste reporter d'images, en bref un caméraman d'actualités. Politiquement, la France cohabite. Et moi, on m'envoie systématiquement, tous les jours ou presque, avenue d'Iéna, où la guerre dite des ambassades, entre la France et l'Iran, fait rage, fait sans précédent dans notre pays.

A la baguette ? Môssieur Pasqua ! Tu sais, le gars qui voulait terroriser les terroristes ! Wahid Gorji est réfugié dans l'ambassade d'Iran. Personne ne le connaît encore, moi je l'ai filmé. Mes images ont fait le tour du monde, et un an après, rebelote : le débat du second tour de la présidentielle, Chirac-Mitterrand, tu sais « les yeux dans les yeux, je le conteste ». Les deux hommes se lancent Gorji à la figure : deux mois entiers de planque, pour une poignée de secondes à l'antenne. Il faut dire que je suis très tenace.

Je suis né en Bretagne en 1961, j'ai couvert la fin de la guerre Iran-Irak, des deux côtés, et je me suis fais copieusement tirer dessus par tous les belligérants. J'ai filmé dans la ville d'Halabja (Kurdistan iranien), quelques jours après le terrible bombardement à l'arme chimique. Je te laisse imaginer la vision d'épouvante ! Je filme ! Des images qui informeront… Tu connais la suite, j'en suis sûr…

Le temps des révolutions

Pour moi, les années 1988, 1989, 1990, furent très denses sur le plan professionnel. En 1989, le bloc de l'est craque de toutes parts. Je suis à Prague pile poil au moment où Vaclav Havel prend la parole place Venceslas. Quand j'y repense, j'ai des frissons… donc plein de reportages que France 3 diffuse. Puis c'est au tour de la Roumanie de vouloir se débarrasser de son Nicolaï.

J'arrive donc dans Bucarest le 21 décembre 1989. Gros bazar dans la ville. Ambiance de rumeurs diverses et variées, toutes dramatiques. Je suis avec mes collègues de la 5, que De Carolis n'a sûrement pas oubliés. Gibault, Dutertre et Calderon. Nous sommes devant un hôtel glauque de la banlieue à nous demander tous : « que fait-on, où va-t-on ? » Jean-Louis Calderon, avec son équipe, part pour la place de la République. Nous aussi, mais en route, nous rencontrons une colonne de chars. Leur objectif : protéger la télévision, où la révolution audiovisuelle bat son plein.

J'ai passé la nuit dans l'immeuble de la télé roumaine. Une nuit à se faire tirer dessus sans discontinuer, où les rumeurs, là encore, allaient bon train. Je me souviens encore de l'une d'elles : « la Securitate est au quatrième étage ». Nous, on était au huitième, donc ambiance lourde genre : « plus que quatre étages et ce sont mes dernières images ». Jean-Louis Calderon et son équipe vivent la même situation à quelques encablures de nous, sur la place de la République. Mais au cours d'une manœuvre d'un char, Jean-Louis est écrasé. A la morgue, je t'assure, Nicolas, je n'en menais pas large. Tu vois, pour Jean-Louis et en mémoire de son travail, j'irai à ta convoc.

Ensuite ce fût la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie, des révolutions presque festives comparées aux autres. Puis vient la première guerre du Golfe. Je suis là, en Irak, avec les boucliers humains, les expats, retenus par Saddam Hussein. Puis la Jordanie, les manifs, puis le grand prix de karting à Amman, une grande et heureuse rigolade avec le grand, très grand, journaliste Paul Marchand. Pour lui, et en hommage à son travail, j'irai à ta convoc, Nicolas.

Je pourrais te parler d'une église au Rwanda

Je pourrais aussi te parler de l'année 1994, d'une église à Kibuyé au Rwanda. Mais je n'en ai vraiment plus le cœur. C'est dans ce pays que je pense avoir le plus psychologiquement souffert. Passons. Il y a eu des moments très durs aussi en ex-Yougoslavie, la guerre et sa barbarie. Tous ceux qui la connaissent le savent bien.

Quinze années pleines et entières avec ma caméra pour toi, et ceux qui regardent France 3. Cette caméra qui, elle, aura eu raison de mon dos : mes vertèbres ont rendu l'âme en 2001 quelque part dans la vallée du Panchir, en Afghanistan. Exit donc la caméra. Depuis, je cause dans le poste. Problème : je cause comme je filmais. Tout près de mon sujet, au taquet, direct dedans, sans mise en scène. L'info, rien que l'info. C'est peut-être là que ça coince pour toi.

Le journalisme dit d'investigation est devenu l'évolution logique et naturelle de mon expérience passée. Chose que personne ne conteste à France 3. L'affaire Ben Barka, que je connais bien, a visiblement du mal à passer chez toi. Je n'aurais peut-être pas dû informer le public de France 3 que le juge en charge du dossier avait signé cinq mandats d'arrêts internationaux contre d'éminents représentants de la haute hiérarchie sécuritaire marocaine.

Des personnes que tu as saluées. Oui, je sais, cela coïncidait avec ta première visite d'Etat au Maroc en tant que président de la République. Et je me rends bien compte que Mohammed VI et ses copains n'ont pas été très sympas, du coup, avec toi et ta délégation. C'était le 22 octobre 2007. Ah, j'oubliais, mon dirlo était dans ton charter commercial ! Faut vraiment pas lui en vouloir, il n'était pas au courant. D'ailleurs, les Alaouites lui ont réglé royalement sa note d'hôtel, sans rancune je crois.

GAK, l'affaire Ben Barka, Robert Boulin…

Bon, je sais aussi qu'avant tout cela, j'ai investigué dans l'affaire Guy-André Kieffer, tu sais ce journaliste disparu à Abidjan, en Côte d'Ivoire, le 16 avril 2004. Je t'ai quelque peu grillé la politesse. Tu avais gentiment reçu la famille de mon confrère le 22 août 2007. Et moi, j'en ai profité pour diffuser ce reportage où l'on voyait ce témoin qui racontait avec force détails et in situ, comment les préposés à la sécurité du clan Gbagbo, s'étaient débarrassés de Guy-André Kieffer.

Je te passe le coup sur l'affaire Boulin, où dans mon reportage, Raymond Barre parle de l'assassinat de son ministre du Travail par le RPR, et l'affaire dite du Beach de ton ami Sassou N'Guesso, ou l'affaire Borrel, l'affaire Mecili, etc.

Je ne vais pas non plus te remémorer un autre de mes dossiers qui d'ailleurs n'a pas encore abouti, mais que tu connais sûrement… Ah, une vieille marotte que cette histoire, qui ne demande qu'à être connue de l'ensemble de nos concitoyens. Je me demande toujours pourquoi ce monsieur, élu des Hauts-de-Seine, qui t'est si proche et si fidèle, n'est toujours pas ministre de la Justice… Je vais m'en tenir là.

Ah j'oubliais, désolé pour la mise à l'antenne, le 18 juin dernier, du rapport Nautilus sur l'attentat de Karachi en 2002, qui tua onze de nos compatriotes. Je ne pensais pas que cela pouvait te rendre si chafouin. Je pourrais encore t'écrire des pages et des pages sur mon activité journalistique, que tu connais bien grâce à ton réseau d'oreilles. Mais je crains que cela ne lasse les autres lecteurs.

Revenons-en au fait :  je ne suis ni voleur, ni receleur

Alors revenons-en au fait. Donc on me convoque le 2 juillet à 10 heures, pour cette histoire de cornecul dite du « Off Sarkozy à France 3 ». Tu veux me coller ça aussi ? Nicolas, je suis désolé de te le dire, je ne suis ni un voleur ni un receleur, ni un contrefacteur. La présidence de France Télévisions le sait très bien, puisque leurs enquêteurs internes ne m'ont même pas auditionné.

Et je ne peux pas m'attribuer l'œuvre d'autrui qui, il est vrai, avait un fort coefficient informatif sur ton Toi. Désolé, c'est pas moi ! Tu auras retenu la leçon que passer à la télé, ça n'a pas que des avantages. Mais ne t'inquiète pas, je te fais confiance, tu trouveras bien autre chose pour me punir.

Ah, j'oubliais, si je te tutoie, c'est que tu as commencé il y a bien longtemps au siège du RPR, rue de Lille, et encore en 2007 dans une cabine de maquillage de France 3. Allez, au revoir Nicolas, je tâcherai de t'envoyer des news de temps en temps.

Bien entendu, je t'invite toi et tous ceux pour qui la liberté d'informer et la démocratie sont des notions fondamentales dans notre pays, à venir le 2 juillet, vers 9 heures, au 122-126, rue du Château des Rentiers, dans le XIIIe arrondissement, à Paris. Je crois que nous aurons des débats et des échanges fructueux quant à l'avenir de la presse libre et donc libérée, je l'espère, en France.

   

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Les Indégivrables - Bernard Madoff à la peine ...

Check-list Le Monde du 30 Juin 2009

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lundi 29 juin 2009

Les nanoparticules dangereuses pour les poumons

Maxisciences        Le 28/06/2009

Chine - Des chercheurs de l'Académie des sciences médicales de Pékin ont mis en évidence les dommages que peuvent causer les nanoparticules sur les poumons, parmi lesquels certains cancers.

Les nanotechnologies font partie intégrante des projets médicaux et scientifiques et ont permis des progrès notables dans le traitement de certaines pathologies. Mais leur sécurité suscite beaucoup de questions. Si des réponses ont été apportées pour le court et le moyen terme (asthme et réponses inflammatoires pulmonaires, parfois chroniques), les effets à long terme sont encore inconnus.Les nanoparticules de type dendrimères polyamidoaminés (PAMAM) sont mis en cause dans cette recherche car elles pourraient être la cause de dommages pulmonaires en déclenchant une dégradation des cellules. Les expériences menées par l'équipe de Jiang Chengyu ont ainsi montré que les nanoparticules ont détruit des cellules pulmonaires.Cette étude va permettre de développer de nouvelles stratégies de prévention du cancer du poumon causé par ces nanoparticules. Jiang Chengyu ajoute : « La technologie avançant rapidement, nous devons commencer à trouver comment protéger les travailleurs et les consommateurs de tous les effets toxiques. L'idée est que pour améliorer la sécurité de la nanomédecine, des composés pourraient être introduits dans les nanoparticules pour prévenir les dommages causés aux poumons, ou les patients pourraient se voir administrer des comprimés pour contrebalancer ces effets négatifs. »

Posté par Mathieu2Loxley à 16:46 - Santé - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Martine Billard : sur Hadopi, "c'est Sarkozy qui décide tout"

PC Impact           Le 24/06/2009


Martine Billard a bien voulu répondre à nos questions en cette journée un peu particulière qui marque le départ de Christine Albanel, l’arrivée de Frédéric Mitterrand. La députée Vert nous indique aussi que sa circonscription législative est vivement menacée sur Paris, du fait d’un futur redécoupage de la carte électorale. Une manière de lui faire payer son combat contre la DADVSI ou l’Hadopi ?

billard


Christine Albanel a été remerciée, remplacée par Frédéric Mitterrand. Que vous inspire cette nomination ?

Disons déjà que la sortie de Christine Albanel est clairement une sanction par rapport à ce qui s’est passé pour la loi Hadopi. Maintenant, dans la nomination de Frédéric Mitterrand, il y a deux aspects : premièrement, faire croire que parce qu’on s’appelle Mitterrand, on est de gauche... Frédéric Mitterrand il y a très longtemps qu’il ne s’est pas réclamé de la gauche, je ne sais même pas s’il s’en est réclamé, mais dans tous les cas, depuis 95, il vote à droite. Deuxième chose, sur la Culture, on ne peut pas nier que c’est un homme qui baigne dans la Culture. Ensuite, quelle politique il proposera, quelle politique il mènera, cela ne changera pas grand-chose puisque c’est Sarkozy qui décide tout.

Sur Hadopi, la partie complémentaire du projet de loi Hadopi sera votée cet été ?

Absolument. Le projet de loi a été déposé aujourd’hui au Conseil des ministres. On l’aurait à l’Assemblée nationale autour du 22 ou 23 juillet, juste avant la sortie de l’Assemblée nationale, comme ça, pas question d’avoir une mobilisation. De toute façon, en juillet, c’est toujours plus difficile...

Nous avons eu en plus connaissance d’un projet de décret qui institue une amende de 1500 euros pour sanctionner le défaut de sécurisation, qui s’ajoute à ce projet de loi. Vous en pensez quoi ?

C’est quand même invraisemblable. D’abord, le Conseil constitutionnel a refusé la coupure sans décision judiciaire et surtout l’inversion de la preuve. Que le gouvernement passe outre par un décret, je trouve cela inadmissible. Nicolas Sarkozy l’a dit à Versailles : durant son intervention les seuls mots sur la Culture ont été « Hadopi, j’irai jusqu’au bout » mais c’est un point assez inimaginable de non-respect, finalement, des institutions et en plus de l’obstination absurde : comment peut-on obliger quelqu’un de sécuriser sa connexion internet alors que c’est infaisable ? Le commun des mortels n’arrive déjà pas à se sortir des antispams et autres logiciels de protection...

Finalement, bon nombre de députés ont prédit un avenir sombre à Hadopi. L’après Hadopi, ça pourrait être quoi pour vous ?

Les assises de la Création et Internet qui ont été annoncées se tiennent en automne pour un travail collectif entre artistes, internautes, élus, pour réfléchir ; autant pour la musique je pense que c’est simple. C’est vrai que les musiciens, les chanteurs, tous les artistes qui travaillent dans le champ de la musique ne tirent pas principalement leurs revenus de la vente de disques. Donc on peut, effectivement, par de modestes sommes, on dit 5 à 8 euros, sous forme d’une contribution payée par chacun dans le cadre de l’abonnement internet, financer la musique.

Pour le cinéma, il faut réfléchir, il faut travailler : il y a des pistes. Philippe Aigrain d’ailleurs travaille pas mal sur le sujet actuellement. Il faut qu’on travaille collectivement parce qu’il faut évidemment trouver des solutions pour les artistes et il ne s’agit pas de dire qu’on vit d’amour et d’eau fraiche quand on est artiste... en sachant quand même qu’il y a aujourd’hui très peu d’artistes qui vivent du droit d’auteur et il ne faut pas croire que tous les artistes sont impactés par les problèmes d’internet au niveau financier. Comme de toute façon ce n’est pas non plus Internet qui fournit l’ensemble des revenus que ce soit de la musique ou du cinéma, dans le cadre du cinéma, je pense qu’il n’est pas non plus scandaleux qu’il y ait un peu plus de solidarité au sein de ce monde sur une ressource qui serait tirée d’internet, et qui n’est pas la ressource principale des rémunérations de la création artistique et cinématographique.

Vous êtes l’une des députés les plus actives, notamment par votre présence en séance, sans parler de votre combat sur les dossiers comme DADVSI ou Hadopi. Pourtant, la 1re circonscription de Paris dont vous êtes l’élue, est menacée. Pourquoi ? Y voyez-vous une forme de règlement de compte pour votre combat ?


La seule explication cohérente jusqu’ici, c’est mon adversaire UMP, que ce soit les dernières législatives 2007 ou des précédentes de 2002, qui l’a expliqué : l’UMP ne peut pas reconquérir cette circonscription, il faut donc la supprimer. Il a dit cela à l’AFP il y a quelque temps. Donc je crois effectivement qu’il y a deux aspects : l’un, la députée très présente et qui a le don parfois de mettre le doigt sur ce qui fait mal sur les dossiers sur lesquels je travaille. Et puis le fait aussi d’être écologiste, qui est juste considéré comme secondaire par la classe politique. Donc, supprimer une circonscription de femme écologiste et qui en plus peut casser les pieds, cela explique beaucoup de choses...

Le choix de la suppression est définitif ou il peut encore être remis en cause ?

Je crains malheureusement qu’il soit définitif parce que dès le début, il a été dit que cette circonscription disparaitrait. Évidemment, ils ne peuvent pas dire officiellement que c’est pour les causes dites précédemment. Ils expliquent que c’est parce qu’elle est trop petite. Or, dans les circonscriptions actuelles, on calcule la taille pas par rapport au nombre d’électeurs, mais par rapport au nombre d’habitants. Il y a 10 circonscriptions plus petites que la première, sur les 21 que compte Paris. L’argument sur la taille ne tient pas !

Alors, Paris perd trois députés. Il faut effectivement supprimer des circonscriptions, ou redécouper de manière à ne plus avoir plus que 18 députés... Pour les éléments qui ont été jusqu’ici en ma possession, il semblerait que dans la proposition gouvernementale de redécoupage, il y ait une circonscription qui aura le même nombre d’habitants que l’actuelle 1re circonscription, c’est celle du XVIe arrondissement. Il est un petit peu surprenant d’expliquer qu’il faut supprimer la 1re circonscription parce qu’il n’y aurait pas assez d’habitants et qu’on en crée une à la même taille.

Et même s’il faut agrandir la 1re circonscription pour respecter les moyennes, ce que visiblement pour l’instant le gouvernement n’a pas prévu de faire globalement sur Paris, ce n’est pas compliqué : on peut agrandir un tout petit peu la circonscription au nord, soit sur le sud 9e soit sur le sud 10e. Il n’y avait aucune difficulté à maintenir la circonscription si ce n’est la volonté de faire disparaitre une circonscription écolo et gênante.

Si elle disparait, quel sera votre avenir politique ?

Vous savez, mon avenir politique peut exister en dehors de plein de choses, mais ce qu’il faut voir c’est qu’en fait, selon les informations que l’on a, c’est que la circonscription regroupe 4 arrondissements. : le 4e va partir sur la circonscription de Patrick Bloche. Sa circonscription est complètement modifiée et de fait, il peut être lui aussi fragilisé. Comme par hasard, et ce qui n’était pas prévu au début ! Le 3e partira avec le 10e, ce qui fait une circonscription de gauche qui continuera à exister. Je peux aller me présenter sur celle-ci si je le décide. Ensuite le 1er et 2e arrondissement seront avec le 9e et la quasi-totalité du 8e moins le quartier des Champs Élysée. C’est une circonscription complètement blindée pour Pierre Lellouche (NDLR nommé aujourd’hui secrétaire d’État chargé des affaires européennes). Alain Marleix (UMP, chargé de la future carte électorale) m’a dit « mais rien ne me prouve que ce n’est pas vous qui gagnerez contre Pierre Lellouche », ce qui prouve que c’est bien pensé pour Pierre Lellouche sauf que ça fait du 60/40 si ce n’est même du 65/35 compte tenu du résultat des dernières années dans le rapport droite gauche.

Si vous voulez un autre aspect, c’est que cela n’a plus de cohérence territoriale. Il y avait une cohérence territoriale de la circonscription regroupant les quatre premiers arrondissements de Paris, en plus de l’ensemble du Marais dans la même circonscription. Là, on va avoir le Marais divisé entre deux circonscriptions et le centre explosé, il me semble. C’est aussi un problème pour les réseaux associatifs, car tous quasiment fonctionnent sur l’échelle de la circonscription. Pas parce que c’est une circonscription législative, mais parce que c’est assez naturel de fonctionner sur le regroupement des quatre premiers arrondissements...

Merci Martine Billard.

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Les éoliennes pourraient satisfaire 40 fois la demande mondiale en électricité

Maxisciences    Le 29/06/2009

eoliennes_4930_w560États-Unis - Des chercheurs américains ont calculé ce que l'énergie éolienne pourrait, en théorie, fournir comme quantité d'électricité dans le monde.

Avec les technologies actuellement à notre disposition, on pourrait selon eux dégager 40 fois la consommation électrique mondiale grâce à l'énergie éolienne, poussée à sa capacité maximale.

Les auteurs pensent que l'énergie du vent près du sol avoisine les 10 puissance 14 watts. Ils se sont alors demandé quelle quantité d'énergie pouvait être extraite grâce aux éoliennes.

Pour le déterminer, ils ont tout d'abord éliminé de nombreux territoires comme ceux couverts par la glace (Antarctique, Groenland...), les zones de forêts et les régions densément peuplées.

C'est la Russie qui détiendrait le plus grand potentiel. Viennent ensuite l'Australie, le Canada, les États-Unis et l'Argentine.

Selon les résultats de l'étude, les États-Unis pourraient théoriquement générer 23 fois la quantité d'électricité qu'ils utilisent actuellement et la Chine, 18 fois. Les limites du système sont cependant bien réelles : l'électricité générée doit être transportée, souvent sur de longues distances, la demande varie et aux États-Unis par exemple, elle s'accroît l'été, alors que les vents diminuent en général à cette période.

Posté par Mathieu2Loxley à 16:40 - Ecologie et Environnement - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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vendredi 26 juin 2009

Les Indégivrables - " Lécado " ...

Check-list Le Monde du 25 Juin 2009

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jeudi 25 juin 2009

Il faut dégraisser le Mammouth : un lapsus ?

Cette formule aujourd'hui devenue classique n'en est pas moins absurde et le fait de l'ignorance la plus grossière.

À quoi peut donc être utile la graisse à un mammouth ?

Eh oui, vous avez trouvé : à survivre à l'hiver, et à vivre sa vie de mammouth !

Il lui fallait au moins ça pour survivre aux rudes conditions climatiques qui étaient les siennes.

Un mammouth sans graisse, c'est comme un poisson sans écailles, ou un oiseau sans ailes...

Une hypothèse crédible : cette formule a échappé à quelqu'un de trop bien portant, qui se disait justement qu'un petit régime serait le bienvenu. Et ce lapsus s'est produit devant des journalistes qui ont cru qu'il parlait d'autre chose...

Toujours est-il que les gens continuent à croire qu'un mammouth, ça doit être dégraissé, et les postes d'enseignants continuent à disparaître : 16.000 postes seraient supprimés en 2010 !

Posté par Mathieu2Loxley à 07:00 - Chronique de M2L - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mercredi 24 juin 2009

Examen des mesures visant à prévenir les violences dans les établissements scolaires, hier à l'Assemblée nationale.

Quand on imagine que ce sont des députés qui vont décider des mesures à prendre pour endiguer ou contrer les violences dans les milieux scolaires (ici), on ne peut s'empêcher de penser qu'ils ne sont pas du tout bien placés pour cela.

Que connaissent-ils de la réalité du terrain, du métier d'enseignant ?

Les personnes les mieux placées sur ce sujet pour faire des propositions pertinentes sont les enseignants eux-mêmes et le personnel d'encadrement des élèves (CPE, surveillants, Co-Psy, etc...).

« Fouiller le cartable des élèves » : est-ce que les personnes qui font ces propositions ont réfléchi ne serait-ce qu'un instant à la faisabilité de la chose, à l'humiliation qu'elle constitue, et à la transformation d'un établissement scolaire en lieu de crainte et de suspicion qu'elle impliquerait ?

Faudra-t-il que les élèves suspects soient convoqués une heure avant le début de leur cours, pour être fouillés ? Et qu'il y ait des personnes en permanence à l'entrée des établissement scolaires pour cela ? Mais qui ne soit pas un enseignant, car un enseignant n'est pas un policier, ni un agent de sécurité. Ainsi on va remplacer les adultes devant les élèves, pour les remplacer par des adultes derrières les élèves (puisqu'on supprime à un rythme barbare les postes d'enseignants).

Pourquoi fouiller cet élève plutôt qu'un autre ? Comment le faire sans le stigmatiser ?

Si l'école, qui peine aujourd'hui à faire l'unanimité chez les élèves et à se faire reconnaître comme un authentique lieu de savoir, d'apprentissage et de plaisir se comporte ainsi, elle accélèrera sa ruine. Et la ruine de l'école ne vient pas des élèves violents, mais des politiques de délitement de l'école.


Le premier Ministre François Fillon a affirmé qu'il ne "renoncerait à aucun moyen pour que l'école soit un sanctuaire".

Mais, n'est-ce pas se tromper de siècle ? La séparation de l'église et de l'Etat date de 1905, donc on n'attend pas d'un premier ministre qu'il fasse de l'école un lieu saint.

L'école n'est pas une église : elle n'enseigne pas à aimer Dieu mais à être libre.

Si, cependant, l'école était réellement telle que le premier ministre se la représente, pourquoi alors la dépouiller année après année de ses trésors, pourquoi supprimer à tours de bras des postes d'enseignants, pourquoi fermer autant de classes ? Pourquoi restreindre sans cesse le nombre de personnes fréquentant ce « Sanctuaire » ?


Les indemnités de fonction et les immenses avantages de la position d'élu politique en France les a rendus, pour la plupart, étrangers aux français (voir la rubrique « Train de vie de l'État » de ce blog).

Quant à ceux qui ont fait carrière en politique ou qui en rêvent, c'est déjà trop tard pour espérer qu'ils comprennent un jour ce qu'est la vie d'un français.

Qu'est-ce qu'il y a de commun entre une personne qui vit péniblement avec 1500 euros par mois, avec un loyer qui constitue la moitié du salaire, avec une famille à charge, parfois dans une situation familiale délicate, et un élu indemnisé parfois 20.000 euros par mois, même s'il ne siège jamais en Assemblée et n'effectue pas le mandat pour lequel il a été élu (ce qui est le cas du tiers des Sénateurs !), élu qui a déjà parfois une retraite généreuse garantie à vie pour quelques mois de mandat... ?

Non, de façon catégorique, ceux qui ont le pouvoir en France ne sont plus les mieux placés pour prendre les décisions pour les français.

Les élus politiques sont même parfois ceux auxquels il ne faudrait surtout pas confier le pouvoir !

La démocratie est à revoir, elle est à refaire, ou à faire, si l'on considère qu'elle n'a pas encore eu lieu.

Posté par Mathieu2Loxley à 20:10 - Chronique de M2L - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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mardi 23 juin 2009

Alliot-Marie promue à la Justice dans un remaniement à surprises

Reuters      Le 23/06/2009     Par Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

Nicolas Sarkozy a procédé à un vaste remaniement ministériel dont l'une des surprises est la promotion de la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie à la Justice et son remplacement par Brice Hortefeux.

L'autre changement inattendu, éventé par l'intéressé à la mi-journée, est l'entrée de Frédéric Mitterrand, neveu du président socialiste défunt, au ministère de la Culture et de la Communication, en remplacement de Christine Albanel.

Outre cette nomination que les socialistes s'emploient déjà à minimiser, le chef de l'Etat a rallié un ministre d'ouverture d'importance : le sénateur centriste Michel Mercier, proche de François Bayrou, qui est investi d'un ministère de l'Espace rural et de l'Aménagement du territoire.

La composition du gouvernement Fillon IV fait cinq autres victimes après Christine Albanel: Christine Boutin, Roger Karoutchi, Yves Jégo, André Santini et Bernard Laporte sont remerciés.

Au total, huit ministres quittent le gouvernement, dont Rachida Dati et Michel Barnier élus au Parlement européen, et huit nouveaux font leur entrée.

Le chef de l'Etat et son Premier ministre François Fillon - qui plaidait pourtant pour une refonte a minima - ont contredit les augures en opérant un jeu de chaises musicales au sein du gouvernement.

Rachida Dati est remplacée par Michèle Alliot-Marie, élevée au rang de ministre d'Etat à l'instar de Jean-Louis Borloo, avec un portefeuille élargi aux Libertés.

Le ministre de l'Agriculture sortant est remplacé, autre surprise, par l'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Bruno Le Maire, ancien directeur de cabinet de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin. Le portefeuille agricole recouvre désormais l'alimentation.

C'est le député UMP Pierre Lellouche qui officiera désormais aux Affaires européennes. Une promotion attendue de longue date.

DARCOS AU TRAVAIL, CHATEL A L'ÉDUCATION

Xavier Darcos abandonne l'Education nationale et hérite du portefeuille du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité. C'est Luc Chatel, autre promu du remaniement, qui lui succédera à l'Education nationale. Celui-ci conserve la fonction de porte-parole du gouvernement.

Au nombre des entrants, Christian Estrosi, pressenti selon les rumeurs pour un secrétariat d'Etat à la Sécurité publique, est nommé ministre chargé de l'Industrie. Une récompense de choix pour le député-maire de Nice, fidèle de longue date du chef de l'Etat.

La loyauté de Roger Karoutchi n'aura pas suffi : sanctionné, comme Christine Albanel, pour les ratés du projet de loi sur le téléchargement illégal sur internet, il est remplacé par Henri de Raincourt, président du groupe UMP au Sénat, aux Relations avec le Parlement.

Après le départ de Rachida Dati, la "diversité" sera désormais incarnée au gouvernement par la député européenne UMP Nora Berra, 45 ans, fille d'un tirailleur algérien, nommée à un nouveau secrétariat d'Etat chargé des Aînés.

L'autre figure de la "diversité", Rama Yade, remplace Bernard Laporte au secrétariat d'Etat aux Sports. Son secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme disparaît.

La Guadeloupéenne Marie-Luce Penchard, fille de la chiraquienne Lucette Michaux-Chevry et conseiller pour l'Outre-mer à l'Elysée, accompagnera Nicolas Sarkozy en Guadeloupe et Martinique puisqu'elle succède à Yves Jégo à l'Outre-mer. Autre nouvel entrant, le député UMP Benoist Apparu, est nommé secrétaire d'Etat chargé du Logement et de l'Urbanisme.


On ne comprend toujours pas pourquoi les ministres sont "recasés" d'un ministère à un autre, alors que rien n'atteste de leurs compétences dans le nouveau ministère dont ils ont la charge. Alors quand en plus ils ont fait preuve d'incompétence dans le précédent ministère qu'ils occupaient...
Rama Yade aux Sport...
Le neveu de François Mitterand dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy...
S'il était encore là, il aurait eu un infarctus...
Et puis Xavier Darcos au ministère du "Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité" on se dit que cela va encore faire des étincelles, vu qu'il va retrouver bon nombre des personnes qu'il s'est mis à dos dans le ministère précédent

Comme quoi, dans la caste politique française, la soif du pouvoir est infinie...de vrais potomanes !
Quand on a goûté au poste de ministre, on ne saurait s'en passer, c'est comme une drogue dure.

Mais est-ce vraiment pour les français qu'ils gouvernent ?

On en doute, et on ne peut en être convaincus avec une photo comme celle-ci, où la remise des portefeuilles ministériels ressemble à des bons points distribués par le bon maître à ses élèves les plus obéissants...

 

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Copyright © 2009 Reuters

Posté par Mathieu2Loxley à 23:30 - Démocratie - Institutions - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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